J’ai passé tellement de temps sur ce site, à vous parler d’autisme et d’enfance. Des années. Parce que je voulais me baser sur notre vécu et nos expériences pour pouvoir témoigner correctement, au lieu de supputer. Parce que pour être authentique, on ne peut pas se baser (que) sur les récits d’autres personnes pour trouver des réponses.

Ça y est, on peut officiellement dire que mes enfants autistes sont maintenant des ados autistes! Matthieu a 16 ans, Julien en a 14. Ils sont très différents l’un de l’autre concernant leur handicap, leurs idées, leurs façons d’être et de réagir. Et je me retrouver face à de nouveaux challenges, qui ne sont pas si inquiétants que ça. Pourquoi? Parce qu’avec tout le travail fait en amont avec eux, la vie est belle. Certes, il y a toujours des difficultés — un handicap, quoi. Et il y en aura toujours. Mais elles ne sont absolument pas insurmontables, et se règlent beaucoup plus facilement que lorsqu’ils étaient petits.

Matthieu a terminé son instruction en famille — l’obligation n’est plus en place cette année, puisqu’il a fait 16 ans en avril dernier. Ça ne veut pas dire qu’on arrête de travailler! On va juste travailler différemment, et se préoccuper uniquement de ce qui lui est utile. Est-ce que Matthieu a besoin de géographie ou d’histoire pour vivre? Non. Mais il a besoin de maths et de français et de résolution de problèmes, et d’un peu d’anglais et d’informatique. Alors les apprentissages sont axés là-dessus. C’était déjà le cas avant, mais l’Education Nationale voulait plus de matières, et on perdait un temps fou à faire des leçons qui ne rentraient pas et qui ne servaient à rien à Matthieu. Est-ce que pour autant je ne veux pas qu’il apprenne d’autres choses? Évidemment que non, mais s’il n’en émet pas l’intérêt, je ne l’y pousse pas.

La question est en train de se poser pour son avenir. Quel travail pourrait faire Matthieu? Probablement plein de choses, mais avec supervision. Dans cette ère du Covid, je n’ai pas envie de le pousser hors de la maison pour l’instant. Alors on apprend des compétences qui peuvent être réutilisées dans d’autres métiers, et on verra bien… on est pas aux pièces!

Julien, lui, est entré en troisième. Ça se passe plutôt bien, même si c’est un ado autiste, et donc pas franchement dans la socialisation avec les autres ados. Il a fait plein de progrès concernant son perfectionnisme et sa peur de rater, son alimentation, sa communication, et le fait d’être plus responsable. Il a envie de faire des sciences plus tard, peut-être de l’astronomie, et c’est un joli projet!

J’ai des compétences à leur faire travailler pour plus d’autonomie. Ils gèrent plutôt bien le lave-vaisselle, maintenant, et je voudrais qu’ils soient responsables de leur linge aussi. Ce sera le focus de l’année prochaine: laver, sécher, plier, ranger.

En ce qui concerne les déplacements à l’extérieur, ils se débrouillent plutôt bien si on leur montre le chemin quelques fois. Ils gèrent leurs allers-retours avec les taxis pour aller au collège pour Julien, et chez leurs thérapeutes pour tous les deux. Et vont à pieds à la psychomotricité. Si on m’avait dit il y a quelques années qu’ils feraient des trajets seuls, je n’y aurais pas cru! 😀

Bref… la vie est plutôt belle et souriante, pour mes deux ados, et j’en suis ravie!