Ce texte a été publié en 2009. Aujourd’hui, les connaissances en autisme ont changé, on ne dit plus Troubles Envahissants du Développement (TED), mais le dépistage précoce reste très important pour pouvoir obtenir un diagnostic et ainsi aider son enfant autiste le plus rapidement possible.

Il est très difficile de voir les signes de Troubles Envahissants du Développement (TED) chez les jeunes enfants. Les signes les plus évidents peuvent parfois être mis de côté de par la jeunesse de l’enfant, et c’est généralement le doute d’un spécialiste de la santé ou celui d’une personne qui a l’habitude des enfants qui permet d’enclencher le dépistage.

On a souvent une vision de l’autisme assez tranchée; on s’imagine Dustin Hoffman dans Rain Man, ou bien ces enfants dans les films qui se balancent sans arrêt en se cognant la tête contre les murs. Mais les TED englobent énormément de troubles, plus ou moins graves et plus ou moins visibles.

Les premiers doutes

Lorsque la pédiatre, lors de la visite médicale des deux ans de mon fils, m’a demandé de faire l’étude sur l’autisme, j’ai mis ça sur le compte de sa conscience professionnelle. Je n’avais pas vu ce qu’aujourd’hui me parait évident: j’ai attribué son mutisme à un retard de parole (qui avait l’air assez courant parmi les enfants dont on me parlait autour de nous), et le fait qu’il ne regarde pas la pédiatre à une timidité ou un désintérêt (puisque moi, il me regardait).

Mon fils ayant été suivi par une pédiatre consciencieuse mais très alarmiste avant notre pédiatre actuelle, j’étais un peu échaudée — de plus, mon enfant, si doué, si en avance sur des tas de choses, ne pouvait clairement pas avoir ce genre de troubles (!). Mais être autiste ne signifie pas forcément avoir un retard d’intelligence, et on ne nous instruit pas là-dessus.

Lorsque j’étais plus jeune, j’avais souhaité pendant un certain temps étudier afin de devenir éducatrice spécialisée sur l’autisme – j’avais vite déchanté, puisqu’on m’avait dit qu’il faudrait que je suive une branche scientifique, ce qui était alors le comble de l’horreur pour moi. J’avais lu beaucoup de livres témoignages sur le sujet, et je savais donc quelques petites choses: le flapping, le plaisir à faire tourner les objets, le mutisme, le désintérêt à ce qui se passe autour, les stéréotypies… J’étais bien loin de savoir tout ce qui rentre en compte dans les Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA).

Le dépistage

Mon fils montrait des signes si légers que je n’ai pas cru qu’il était autiste, jusqu’à ce qu’une psychologue du CeRESA vienne à notre domicile pour le tester. C’est en répondant à son questionnaire que j’ai réalisé petit à petit que j’avais tort.

Il est utile de faire confiance aux professionnels de la santé qui suivent l’enfant. En cas de doute de leur part, même si votre enfant semble être un génie, et que VOUS, vous n’avez aucun doute, il vaut mieux quand même faire le dépistage au cas où, et ce le plus tôt possible. Better safe than sorry.

Le dépistage de l’autisme est très compliqué, et les tests se basent sur énormément de paramètres. On va tester notamment la psychomotricité de l’enfant, son comportement face à certaines situations comme la frustration, les changements brusques d’activité, etc. On va aussi poser beaucoup de questions aux parents sur tout ce qui n’est pas facilement testable sur place, les interroger sur ce qu’ils auraient pu remarquer.

Et après?

Une fois le dépistage fait, si votre enfant ne rentre pas dans le spectre autistique, vous continuez de vivre votre vie comme si de rien n’était. C’est promis, on ne vous dira rien si vous laissez échapper quelques mots amers sur les « pédiatres alarmistes » qui vous ont fait perdre du temps. Ça ne veut pas dire que vous ne rencontrerez jamais de difficultés dans la vie de votre enfant, mais vous aurez échappé aux difficultés liées à l’autisme.

Si votre enfant entre dans le spectre autistique, il va falloir consulter un professionnel de la santé comme un pédopsychiatre pour poser un diagnostic officiel, qui vous permettra d’obtenir des aides, vous ouvrira les portes d’associations (comme le CeRESA ou le SESSAD). Il vous guidera aussi pour commencer au plus tôt les séances de travail avec un·e orthophoniste et un·e psychomotricien·ne. Il n’y a pas de temps à perdre pour aider votre enfant.