Avant de se passionner pour les carroussels, téléphones et fontaines, Nicolas a eu divers intérêts obsessionnels, notamment les aspirateurs (passion quelque peu encombrante), les panneaux de signalisation (une promenade pouvait durer longtemps car Nicolas ne pouvait résister à la tentation de les toucher) et aussi les oiseaux.

Pendant deux ans, Nicolas ne s’est interressé qu’à ces espèces volatiles. Sa chambre était placardée de dessins, d’images d’oiseaux. Quasiment tous les soirs, il regardait le film de Jacques Perrin « Le Peuple Migrateur » et ne s’en lassait pas. Je trouvais cette passion très intéressante et me surprenais parfois à penser que Nicolas serait peut être ornithologue.

À cette époque, pour rendre heureux Nicolas, il n’y avait rien de tel qu’un livre sur les oiseaux.

Son préféré était « Le guide des oiseaux des régions méditerranéennes », avec un tas de photos et une fiche signalétique de chaque espèce, tout un programme pour les néophytes.

Les visites dans les jardineries étaient un pur bonheur ainsi que les promenades au parc près de chez nous car il y a une volière. Et c’est comme cela que j’ai enrichi mon vocabulaire en noms d’oiseaux: le fuligule, la bergeronnette, la fauvette, l’outarde, le sterne…

Cette année-là, en classe, ils ont fait un exposé sur ce thème et Nicolas était très fier d’apporter ses livres sur le sujet et de monter ses connaissances à tous. L’institutrice était admirative, alors je ne vous dis pas, nous les parents! Et puis un jour, Nicolas m’a dit que c’était fini les oiseaux, et a enlevé presque toutes les photos. Il est passé à autre chose.