La première rentrée scolaire de Nicolas arrive. Non sans appréhension, je le mène à l’école pour sa première matinée. J’avais pris soin de rencontrer auparavant le directeur pour lui faire part des difficultés de mon enfant. J’espérais que mon fils se tienne tranquille à l’école. Ce fut le chaos et je trouve le directeur – qui fait aussi instituteur – désespéré, désorienté…

À la suite de cela, toute la machine de l’éducation nationale s’est mise en route: psychologue scolaire, médecin scolaire, référent, « équipes éducatives », et j’en oublie peut-être.

Autant la prise en charge se passait merveilleusement bien: pédopsychiatre une fois par semaine et orthophonie tous les jours avec deux intervenants – autant ce fut le début du parcours du combattant avec l’école… et le voisinage. Les nouvelles vont vite!

Lors des équipes éducatives, qui ressemblaient à l’époque à des tribunaux, on m’a dite mauvaise mère parce que je voulais que mon fils aille à l’école, mauvaise mère car j’ai refusé l’hôpital de jour. Pendant deux ans, j’ai marchandé les heures de scolarité de Nicolas, dérisoires, puis en augmentation gràce à la présence d’une AVS, obtenue en recours.

Ce fut aussi les lettres recommandées, la nécessité d’un témoin pour parler à l’institutrice de deuxième année tellement la compréhension entre nous était inexistante. J’ai montré les dents pendant deux ans pour me faire respecter dans cette école. L’équipe éducative n’a jamais digéré mon refus pour l’hôpital de jour, avec chacun leur égo démesuré.

Petit village, grands cancans

Nicolas est devenu « contagieux ». Tout le monde se moquait de lui et nous étions traités comme des pestiférés.

Avant de commencer l’école, Nicolas était turbulent. Après la rentrée scolaire, il était devenu « dangereux » selon les gens.

Pour les anniversaires, souvent on suspend des ballons à la porte pour dire aux enfants invités: « C’est ici! ». Nicolas avait compris que les ballons accrochés signifaient une fête dont il ne faisait jamais partie. Alors pour éviter les pleurs, chaque fois qu’un voisin suspendait des ballons, je partais pour la journée avec mon fils.

Au bout de deux ans et demi, c’en était trop. Nous avons fait nos valises. En route pour la ville, et je ne regrette pas ce choix. Là encore, j’ai été une mauvaise mère car j’ai fait subir à mon enfant un changement brutal… selon le psychologue scolaire.

Photo: Free Fun Happy Colorful Birthday Party Balloons (by D Sharon Pruitt)