Dans les années 2002-2003, parler de CLIS était quand même malvenu; notre cheval de bataille et le sujet principal de conversation dans la salle d’attente chez le pédopsychiatre était l’intégration à tout prix.

Moi-même, je m’imaginai la CLIS comme une copie exacte de l’hôpital de jour où les enfants végétaient. Je pensais que Nicolas serait beaucoup mieux dans une classe ordinaire (accompagné d’une AVS) et que le mimétisme ferait le reste. Cela a fonctionné jusqu’en dernière année de maternelle.

À ce moment-là, il a fallu faire un choix. Une entrée au CP avec le constat suivant: une AVS à plein temps bien que Nicolas progresse énormément, ou la CLIS avec une institutrice spécialisée, certes, mais surtout avec 11 autres enfants « handicapés ». Voilà, le mot est lâché. Nicolas a toute sa place dans une classe d’handicapés. Jusqu’à présent, je disais que mon fils avait des soucis.

Une AVS à plein temps dans le système de l’éducation nationale est utopique. Mon mari et moi sentions Nicolas très immature et nous avions peur que notre enfant souffre du rejet; et puis l’intégration se faisait encore au compte-goutte, les autres enfants n’étaient pas encore habitués.

Toutes ces réflexions nous ont amenés à changer radicalement d’avis sur la CLIS. Lors de l’équipe éducative, nous avons fait ce choix d’orienter Nicolas en CLIS; par cette décision, nous avons également accepté le handicap de notre enfant sans en avoir le nom, et j’ai pu utiliser ce terme sans réaction épidermique.

Nous sommes en septembre: Nicolas fait son entrée en CLIS, dans la cour des grands.

Nous ne regrettons pas ce choix.