L'amour d'un métierL’apprentissage de la lecture a été tout de même fastidieux pour Nicolas. Une année avant la CLIS, l’orthophoniste avait commencé l’initiation à la lecture avec la méthode syllabique. Sans relâche, elle essayait d’apprendre à mon fils, mais rien n’y faisait: pas de déclic! Bien sûr, il lisait l’alphabet—mais associer deux lettres pour faire un son était incompréhensible pour Nicolas.

Mon fils rentre en CLIS, il a sept ans. Au bout de deux mois, l’institutrice est désolée de me dire que rien se ne passe. Les questions se bousculent dans ma tête: blocage? Est-ce que Nicolas est allé au maximum de ses possibilités?

Entre temps, l’orthophoniste modula son travail avec Nicolas également la méthode de lecture de Suzanne Borel-Maisonny, qui consiste à associer les gestes aus sons. Et là, tout est devenu plus facile pour mon fils. L’apprentissage de la lecture pouvait commencer.

La méthode syllabique et la méthode gestuelle ne se court-circuitaient pas. Quand l’enfant n’en ressent plus le besoin, il abandonne peu à peu les gestes. Et c’est ce qu’a fait Nicolas. Il s’est aussi aperçu qu’il pouvait enfin lire les panneaux de signalisation (une de ses grandes passions de l’époque) et les noms des magasins. De ce fait, il a continué à progresser.

L’orthophoniste m’a dit, quelques temps plus tard, que, le soir, en rentrant chez elle, elle pensait à Nicolas et à son déclic, et en était toute joyeuse. Cette victoire la confortait un peu plus dans son amour pour son métier.