Autisme Infantile (3)Ce n’est que lorsque j’en ai discuté avec la psychomotricienne de Matthieu que j’ai compris pourquoi il était si difficile pendant les quelques semaines auparavant. Nous avions tous remarqué une résistance plus accrue à se conformer, à se prêter aux exercices demandés par sa prise en charge, et Matthieu était devenu plutôt infernal à la maison. Lorsqu’elle m’affirma que Matthieu avait besoin de vacances, je me suis rendue compte qu’elle avait raison.

Mon fils, levé tous les jours à 7 heures pétantes, endormi tous les soirs après 21 heures trente—ma petite pile électrique était fatigué et n’en pouvait plus.

J’ai passé quelques temps à y réfléchir, et voici quelles sont mes pensées à ce propos:

Tout le monde a besoin de vacances

Si moi en fin d’année « scolaire » je me retrouve complètement à plat, au point de tomber malade dès que la tension se relâche, alors que c’est lui qui fait tous les efforts physiques de se restreindre et les efforts intellectuels d’apprendre, alors il est normal que mon fils soit fatigué après près d’un an de prise en charge intensive non-stop.

Ces trois semaines de vacances vont nous permettre de nous recharger en énergie, pour repartir plein pot fin août avec la reprise de la prise en charge, et début septembre avec (si le déménagement le permet) la rentrée scolaire.

Ce n’est qu’un enfant

Matthieu ne peut pas prendre le même niveau d’efforts et de travail qu’un adulte, ou même un adolescent. J’oublie souvent qu’il n’a que quatre ans, parce que dans notre optique d’effort pour lui apporter la meilleure prise en charge possible, on ne voit que les résultats, et pas forcément le coût physique et moral qu’il assume.

Il ne sait pas dire son degré de fatigue

Étant autiste, Matthieu n’est pas capable de s’exprimer facilement. Ce que nous avons pris pour une rebellion, des caprices, était au final juste une manière d’expliquer qu’il n’en pouvait plus, qu’il avait besoin d’un break.

Solution

Il va falloir que je mette en place des périodes étendues de vacances régulièrement tout au long de l’année. Durant environ un an, à chaque fois que les intervenants de son équipe thérapeutique me demandaient si on partait en vacances ou si on continuait les séances, je choisissais toujours de continuer les séances, pensant que c’était le seul moyen qu’il s’en sorte.

À partir de l’année prochaine, pour éviter que Matthieu ne repasse par cette période de lassitude, je pense que nous allons suivre les vacances scolaires pour décider des moments d’activité et des moments de repos de Matthieu. C’est un bon moyen de se repérer, et à part peut-être quelques séances en juillet pendant les vacances d’été (on ne peut pas le laisser deux mois sans prise en charge, tout de même), je vais veiller à ce qu’il ait des périodes de repos étendues.