Nathalie AyniéVoilà ce que je me suis entendu dire de la part de plusieurs personnes ces derniers temps lorsqu’il s’agit de Matthieu. Soit-disant, parce que je n’ai jamais souhaité aller perdre mon temps à visiter les IME, je ne pourrais pas savoir si ce sont des endroits appropriés ou pas pour mon enfant.

  • Le fait d’avoir entendu des histoires d’horreur à leur propos, qui vont être diffusées bientôt à la télévision dans un reportage de Zone Interdite, n’est donc pas une raison suffisante de se méfier des IME.
  • Le fait qu’aucun enfant ayant été en IME ne vive comme les autres dans la société, et que la plupart d’entre eux soient condamnés à une vie ultra-protégée ou dans des Foyers d’Accueil Médicalisés (FAM) parmi des personnes présentant des déficiences mentales sévères où ils n’ont pas leur place, quand ce n’est pas carrément enfermés dans les hôpitaux psychiatriques, n’est apparemment pas non plus une raison suffisante de se méfier des IME.
  • Le fait que la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise des prises en charge personnalisées avec du comportemental, alors que la plupart des IME sont à tendance psychanalytique, n’en est pas une non plus.
  • Le fait que les quelques IME ayant fait l’effort de se mettre au goût du jour n’accordent que quelques heures de formation à leurs employés, alors qu’il faut des années d’études en ce sens pour pouvoir se prétendre un réel intervenant, n’est toujours pas une raison suffisante.
  • Le fait que je veuille être au centre de la prise en charge de mes enfants, et que la plupart des IME le refuse au parents, on sait d’ailleurs bien pourquoi, n’en est toujours pas une.
  • Le fait que mon aîné soit sur le chemin de l’autonomie et des apprentissages, malgré la sévérité de son handicap, et que son avenir ne me semble pas être si noir qu’on me le laisse entendre, n’a pas d’importance car la psykk, c’est tellement mieux!

Moi vivante, mes enfants ne mettront jamais un pied en IME ou en HDJ. Leurs progrés, leur élan vers l’avenir, leurs capacités, leur droit à un futur non barré sont autant de raisons de refuser un autre type de prise en charge que celui qui fonctionne dans tous les autres pays développés.

Je n’ai pas visité de goulag, non plus, mais ça ne m’empêche pas de savoir ce qu’il en est et de me faire mes propres opinions. Merci de ne pas me prendre pour une andouille.