Deux mois d’été sont finis, nous allons reprendre les prises en charge et l’école pour mes deux fils Matthieu et Julien.

Matthieu a six ans, il a été diagnostiqué autiste atypique à l’âge de deux ans et demi. Il va, pour la deuxième année consécutive, être admis en moyenne section à l’école de notre village, avec une maîtresse motivée et, nous l’espérons, la même AVS que l’année dernière.

Julien a quatre ans, il n’est pas autiste mais a un retard dans plusieurs domaines de son évolution. Il rentre à l’école en moyenne section lui aussi, si j’ai bien compris le PPS de fin d’année dernière, avec une AVS qui le suivra, lui aussi, un jour et demi par semaine.

Tous les deux vont reprendre l’orthophonie, la psychomotricité, et vont recommencer à voir le pédopsychiatre qui suit notre famille depuis bientôt quatre ans.

Le bilan de cet été n’est que moyennement joyeux. Matthieu a regressé sur le plan de la nourriture, et ne veut plus se nourrir que de croissants ou de pain avec jambon et saucisson. Ou de petits gâteaux, évidemment. Julien s’est mis à parler et est propre de jour comme de nuit depuis deux semaines environ.

Pour Matthieu, nous avons toujours su que ça ne serait pas simple, et mon but principal aujourd’hui est de le rendre le plus autonome possible, en espérant qu’en grandissant il accepte d’utiliser son cerveau bien fait pour apprendre avec les autres au lieu d’apprendre seul dans son coin.

Pour Julien, c’est déjà plus ensoleillé, avec les premières phrases prononcées et la propreté, que j’ai eu beaucoup de mal à mettre en place.

Et pourtant, après avoir vu le jeune fils de mon cousin (19 mois) pendant les vacances, je me rends compte à quel point notre vie n’est pas « normale ». Les cris, les refus, les pleurs, les hurlements, les difficultés… Ils en connaissent, oui, mais à un niveau qui n’est pas comparable au mien. Difficile de ne pas s’imaginer au fond du trou, de ne pas déprimer quand on voir l’écart énorme entre mes enfants et les enfants des autres.

Je me sens de plus en plus fatiguée et de moins en moins en phase avec ce qu’il faut que je fasse pour aider mes enfants. J’ai l’impression de ramer de toutes mes forces mais de ne pas arriver à remonter le courant. Il va donc falloir que je redouble d’efforts pour les aider… en espérant trouver l’énergie pour cela.