Fin décembre, j’ai reçu un coup de fil de la part de la maîtresse de Matthieu. Elle était désolée d’apprendre que l’AVS qui devait s’occuper de lui et lui permettre de faire sa rentrée aujourd’hui avait démissionné, et qu’on devait maintenant attendre qu’une remplaçante soit trouvée pour que Matthieu puisse rentrer à l’école.

Cela fait longtemps que je vous lis, vous les parents qui avez votre enfant à l’école, et j’ai remarqué qu’il y a souvent des changements d’AVS en cours d’année ou d’une année sur l’autre.

En en parlant avec le pédopsychiatre de Matthieu, il m’a dit que c’était bien dommage (il nous encourage à faire rentrer Matthieu à l’école depuis un bon moment), mais que c’était malheureusement très courant. Selon lui, certaines AVS sont des étudiantes et ne savent pas combien ce métier peut être dur (on en sait quelque chose, nous les parents!). Donc, elles se sentent perdues, surmenées, pour un salaire qui ne vole pas bien haut.

Le métier de maman (ou papa) au foyer est difficile, et nous ne sommes pas payés pour le faire, même si nous ne pouvons pas reprendre d’activité en dehors de la maison, et que nos journées sont fatiguantes et parfois démoralisantes. Je ne comprends pas pourquoi les AVS, qui vont faire en gros la même chose que nous, ne sont pas mieux payées. Les parents d’enfants autistes comme leurs AVS ont un travail pénible, et devraient être rémunérés comme tel.

Ce qui est clair à mes yeux, c’est que c’est un métier où la personne doit être motivée, aimer l’enfant pour pouvoir tenir le coup au jour le jour, car les progrès ne sont pas toujours là, et les apprentissages peuvent être durs.

Ce que je ne comprends pas non plus, c’est pourquoi l’a recherche d’une autre AVS n’a pas été faite immédiatement dès que la première a posé sa démission. De ce que je me souviens, une démission ça ne se fait pas du jour au lendemain, si? Même si trouver une AVS est difficile, avec du temps à leur disposition ils auraient pu trouver une remplaçante qui aurait pris la relève tout de suite.

En tout cas, le résultat est là: Matthieu ne commence pas l’école aujourd’hui. Qui sait s’il pourra faire sa rentrée en février? Où est-il, ce droit de chaque enfant d’être scolarisé?