Depuis tout petit, Matthieu a une affinité particulière avec le temps qui passe. Lorsqu’il était tout bébé, et que nous réglions le réveil pour qu’il sonne à 7 heures du matin, il a pris l’habitude de nous réveiller à 7 heures même les week-ends et vacances.
Au début, nous nous disions avec son papa qu’il voyait peut-être l’heure sur le réveil lumineux. Nous l’avons donc tourné vers nous pour qu’il ne puisse pas le distinguer depuis son lit à barreaux, mais il nous réveillait tout de même à 7 heures. Puis, même lorsque nous avons déménagé au salon pour lui laisser la chambre, il a continué à nous appeller à l’heure précise où il fallait que l’on se lève.

Il était aussi capable de savoir avant nous quand est-ce que la mise en veille de l’écran de l’ordinateur allait se déclencher: à peine deux ou trois secondes avant qu’on ne voie l’écran s’assombrir, il se levait de sa place pour aller l’empêcher de passer en veille. Et ce, même le dos tourné, même depuis sa chambre – on aurait dit qu’il comptait les dix minutes dans sa tête.
Depuis qu’il n’a plus dormi dans un lit à barreaux, il est venu s’incruster quelques minutes avec nous avant que le réveil ne sonne, et cela tout les matins. Mais depuis que son frère est passé hors du lit à barreaux lui aussi, ce n’est plus aussi facile de grapiller du temps papa/maman comme avant.
Matthieu a donc changé son affinité avec les heures pour quelque chose de plus obsessionnel, malheureusement. Il vient toutes les soixante minutes assister au changement d’heure, rigole quand l’horloge affiche des heures du style 12:12, et est devenu complètement obsédé du chiffre 17, qu’il traque sur notre horloge avec la précision d’un métronome: une minute avant l’heure fatidique, il vient se coller à côté, et égrène soixante secondes en faisant des petits bruits: « trrrrrla… trrrrrla… trrrla… ». Puis, il se marre en disant I T, car il semble penser qu’il y a une relation entre les chiffres 1 et 7 et les lettres I et T.
Ce côté obsessionnel est assez difficile à contrer pour nous. Malgré tous nos efforts, il reste complètement fasciné par l’heure, et n’accepte pas de cesser de s’en préoccuper comme nous lui demandons. Pour l’instant, nous n’avons pas trouvé le moyen de le faire changer de méthode.

C’est fou ça! Je n’en avais jamais entendu parler! Maëlys au contraire, n’a semble t-il, aucune notion de l’heure! C’est nous qui devons initié tout moment de la journée.
Un peu les deux extrêmes quoi…
En lisant votre texte à propos des chiffres, je pense au livre de Daniel Tammet « je suis né un jour bleu ».
Je vous le recommande vivement, passé les premières pages qui sont un peu « techniques » le reste se lit très vite, et l’auteur explique sa compréhension « synesthésique » des chiffres, c’est tout simplement un autre univers.
Justement, je suis en train de voir par quels livres continuer ma lecture sur l’autisme. Je penserai à regarder si je le trouve, merci Maryline! =)
Bonjour,
Depuis la mise en place de la méthode des 3i pour notre fils Arthur,
nous avons pu constater sa capacité à sentir le temps qui passe.
Il a également appris à lire l’heure tout seul sur l’horloge analogique sans chiffre de sa salle de jeux.
Ces enfants sont épatants, non?
Merci pour ce merveilleux blog.
Christelle