Depuis le début de la prise en charge de Matthieu, il y a bientôt deux ans et demi, nous travaillons à accrocher le regard.

Matthieu doit regarder quand il demande quelque chose, il doit regarder quand on lui parle, il doit regarder quand on joue.

D’un bébé qui ne nous accordait que rarement un regard, Matthieu est maintenant devenu un petit garçon à qui ce n’est quasiment plus la peine de rappeller qu’il faut regarder dans les yeux.

Depuis quelque mois déjà, je disais à son pédopsychiatre, que nous voyons toutes les semaines, que je n’avais quasiment plus besoin de lui rappeller de me regarder. Malheureusement, ce n’était pas encore le cas avec tout le monde, et il lui restait à généraliser ses progrès.

Et récemment, en fin d’année 2009, le pédopsychiatre de Matthieu a subitement réalisé que lui non plus, pendant les séances hebdomadaires, n’avait plus besoin de réclamer son regard. Il en a été surpris, parce que le regard de Matthieu était tellement naturel qu’il ne s’était pas rappellé qu’il fallait l’inciter à tout bout de champ il y a encore peu de temps.

C’est une belle victoire pour moi, qui lui ai demandé inlassablement pendant des mois de m’accorder une oeillade à chaque fois que nous interagissions. Et une encore plus belle victoire pour Matthieu, qui a réussi à se dépasser et à progresser, et dont je suis très fière.