Autisme Infantile (3)Un jour où je proposais mon aide à l’école où va aller Matthieu à la rentrée, on m’a dit en rigolant qu’il fallait « couper un peu le cordon ombilical d’avec maman ». J’avoue que cette phrase m’a fait voir rouge.

Déjà, comment supporter qu’on insinue que c’est pour moi que je suis mon fils comme une ombre? Surtout quand on ne sait pas à quel point il a besoin de surveillance, à quel point il n’a pas conscience du danger, et à quel point il est habile lorsqu’il s’agit de comprendre les mécanismes, ouvertures ou autres astuces pour le garder quelque part, et s’enfuir dès le premier moment d’inattention.

Comment supporter ça alors que je ne demanderais qu’une seule chose: pouvoir avoir un enfant normal, qui n’aurait pas besoin de moi sans arrêt, et qui sait, peut-être jusqu’à sa mort ou la mienne?

Comment supporter ça alors que depuis quatre ans je n’ai pas de vacances, pas de temps sans mes enfants pour souffler, m’occuper un peu de moi, penser à autre chose que les cris, les stéréotypies, les dangers auxquel mon fils s’expose tous les jours?

De plus, après tout ce qu’on entend dire, que c’est la faute des parents (en gras et surligné: la faute de la maman) si les enfants sont autistes, parce qu’on ne les aime pas comme on devrait, qu’on ne les a pas élevés comme il faut, etc., comment ne peuvent-ils pas se douter qu’une « faute » à nouveau reportée sur moi va être la goutte d’eau qui fait déborder le vase?

Et puis enfin, comment peuvent-ils ne pas voir que ma proposition d’aide est aussi là pour alléger leur travail, qui ne sera pas simple avec un enfant qui rebondit sur les murs et n’écoute pas les raisonnements?

Par pitié, si vous êtes sur le point de dire ça à une maman d’enfant autiste, pensez-y à deux fois avant de laisser ces mots sortir de votre bouche. Nous ne sommes pas des mères possessives et envahissantes qui vivent à travers leur enfant. Nous ne sommes pas des personnes désoeuvrées qui se cherchent une occupation. Nous cherchons juste à ce que notre enfant puisse vivre la meilleure vie qui soit sans courir de dangers – des dangers auxquels vous n’avez même pas idée, parce que les enfants normaux ne se mettraient jamais dans un pétrin pareil.

Écoutez-nous. Personne mieux que nous ne connait les problèmes de notre enfant. Donnez crédit à nos conseils. Acceptez l’aide qu’on vous propose. Comprenez-nous. Facilitez-nous la tâche. Ne nous prêtez pas de mauvaises intentions. Nous aimons nos enfants. Nous savons.