Autisme Infantile (2)Je crois que je me souviendrai toute ma vie de cet été 2007 quand on m’a confirmé que Matthieu est autiste. Cela faisait quelques semaines que notre pédiatre avait soulevé ce doute, et après deux demi-journées de tests avec une psychologue du CERESA, on nous annonçait enfin ce que peu à peu j’avais commencé à croire: mon enfant n’était pas normal. Mon enfant avait un handicap. Mon enfant ne vivrait sans doute jamais normalement, et on ne pouvait me donner aucune réponse, aucune réassurance quant à son avenir.

Il pouvait devenir complètement autonome, ou ne jamais parler, ne jamais sortir seul, ou même ne jamais être propre. Et bizarrement, ce qui aurait du me paraître comme la fin du monde me donna justement quelque chose à quoi me raccrocher. Mon enfant allait s’en sortir. Je ferais ce qu’il faudrait pour ça.

Je crois que le plus dur, dans tout ça, a été de devoir me battre pour faire admettre que Matthieu est autiste. Les personnes autour de moi, croyant sans doute bien faire, me disaient que c’est impossible, qu’ils se sont trompés de diagnostic. Il a fallu beaucoup de temps pour qu’ils se rendent compte qu’il fallait accepter pour pouvoir passer au cap suivant: aider Matthieu à progresser.

Dans ce malheur, j’ai eu la chance d’avoir de merveilleux amis qui m’ont encouragée tout au long de ces deux ans, qui m’ont aidée moralement à continuer à être optimiste pour le bien-être de Matthieu.

Aujourd’hui, nous sommes sur la bonne voie: Matthieu fait d’énormes progrès, son avenir ne semble plus aussi sombre qu’il y a deux ans. À quatre ans, c’est un petit bonhomme au caractère bien trempé, avec une grande capacité à apprendre – c’est sans doute ce qui le sauvera.

Tout ce site, c’est pour toi mon fils, et pour tous ceux qui comme nous ont du faire face au handicap de l’autisme. J’espère qu’un jour tu pourras lire tout ça, et que tu sauras combien tout ce que nous avons fait ensemble a compté pour moi.

Avec amour,
Maman.