« Hé, vous allez arrêtez de me casser les bonbons, un peu, avec X? J’ai dit NON. » C’est ce que j’ai envie de crier sur tous les toits en ce moment. Certes, on me trouve un chouia agressive, mais quand au bout de plusieurs années on continue de me poser la même question, encore et toujours, ça me fatigue. Et je suis moins jouasse. Surtout quand c’est toujours la même personne qui me la pose.

Lorsque je mets un véto à une activité, ou lorsque que je dis non pour une prise en charge, ou lorsque je dis non à une sortie scolaire, je ne le fais pas de gaîté de coeur.

Tu parles, j’adorerais ça que mon gosse fasse les mêmes sorties et activités que les autres, déjà parce que j’ai envie que mes enfants expérimente la vie au maximum de leurs possibilités, mais aussi parce que ça sera hyper trop super génial si paf, tout d’un coup, là, comme ça, finalement ils étaient plus handicapés. (T’imagines le soulagement? Plus d’inquiétude pour leur avenir. Plus de réveils nocturne angoissés à me demander ce qui va leur arriver quand je serai plus là.)

J’aimerais que les gens qui gravitent autour de mes gosses arrêtent de m’infantiliser—comme si je ne savais pas ce qui est bon pour mon enfant. J’aimerais qu’ils arrêtent de me prendre pour une ignorante—comme si je ne savais pas que les prises en charge que je refuse sont de la merde en branche bonne pour ceux qui ont pas envie de se casser le cul. J’aimerais qu’ils arrêtent de me prendre pour une flippée—si je dis que telle activité est dangereuse, je sais de quoi je parle: mon fils est handicapé, si il pouvait faire comme les autres, je le laisserais y aller.

C’est quoi cette lubie de vouloir que je me justifie de mes choix pour mes enfants? Ce sont mes choix. MES choix. Je n’ai pas à me justifier. Et quand bien même j’aurais tort et telle activité n’est pas dangereuse, je vous emmerde. C’est moi qui assume les choix que je fais pour mes enfants. C’est pas vous qui assumerez les conséquences d’un enfant avec une fracture, ou un enfant perdu dans la nature, ou pire. C’est pas vous qui assumerez la réduction du temps scolaire parce qu’il a été infernal à telle ou telle sortie. Et ce n’est pas vous qui mettrez des billets dans mon porte-feuille pour payer toutes ces activités.

Ça serait bien qu’on arrête de me prendre le chou avec mes choix. Sinon, vous allez continuer à trouver mon ton de moins en moins patient et de plus en plus agressif.

(Photo: Wrath/This Woman Scorned—Darwin Bell)