Après la grande victoire de la propreté, un des grands challenges restants pour Matthieu, c’est d’arriver à communiquer. Maintenant qu’il sait manger seul, aller aux toilettes seul, et que nous entamons l’habillage et l’hygiène, petit à petit, je sais que la prochaine étape gigantesque à franchir sera la parole.

Petit à petit, j’essaie de lui donner des astuces pour communiquer ce dont il a besoin:

  • Il a appris beaucoup de mots depuis ses deux ans, mais ils tournent tous autour de ses envies (nourriture, besoins physiques, divertissements). Par exemple, il sait me demander sa nourriture de préférence, ou me dire qu’il veut passer aux toilettes, ou bien me signaler qu’il veut jouer à la console.
  • Il communique aussi par les gestes. Le pointage du doigt est bel et bien là, il s’en sert autant pour désigner un objet ou un aliment qu’il convoite, que pour me signaler, par exemple, qu’une de ses dents bouge.
  • Il communique par lettres, surtout par rapport à tout ce qui est technologique. Il va nous faire naviguer dans les menus du lecteur vidéo en nous donnant la première lettre du dessin animé qu’il veut voir (M pour Monstres VS Aliens, R pour Raiponce, F pour Fantasia 2000). J’insiste depuis peu pour qu’il dise le nom du dessin animé, et je prévois ensuite de lui faire dire « je veux voir… » et « s’il-te-plait » (la politesse, c’est important).

Je travaille désormais aussi la communication par l’écriture. Je me dis que si j’arrive à lui apprendre à écrire, et par là même à lire, il va pouvoir élargir sa compréhension du monde qui l’entoure, puisqu’il est très bon visuellement, mais qu’au niveau de l’écoute et de l’attention il a parfois de grosses difficultés à s’adapter.

Communication difficile mais bien présente

Communication difficile mais bien présente

La psychomotricienne de Matthieu a beaucoup travaillé la compliance, l’acceptation de l’écrit, la tenue du stylo, et c’est sur ses bons conseils que je tente de structurer l’espace graphique en proposant à Matthieu des cases dans lesquelles écrire. On voit tout de suite la différence entre un mot dans un espace structuré, et un mot « libre » – mais je trouve qu’il ne se débrouille pas mal, et ses lettres sont relativement aussi grosses les unes que les autres.

Du coup, je profite de ses demandes pour lui faire écrire les mots, les décomposer avec lui, et les lui faire répéter. La nourriture reste un renforçateur et un motivateur puissant pour Matthieu, mais il n’en abuse pas.

Et vous, comment travaillez-vous la communication avec votre enfant autiste? Avez-vous des questions, ou bien des trucs et astuces à partager avec nous?