La première fois, je n’ai pas compris. Elle était accrochée à la clinche de la porte de la cuisine menant au hall d’entrée, chez ma cousine. Elle criait, elle pleurait, accrochait le premier venu en lui disant « dodo, moi! ». Nous étions là, rassemblés, en famille, pour fêter les 4 ans de ma filleule. Solène ne voulait pas nous accompagner dans le salon, décoré avec quelques ballons. Personne ne comprenait, personne n’arrivait à lui changer les idées, même pas moi, … Que faire? Céder en l’emmenant au lit alors qu’elle n’était pas fatiguée? Et si c’était un caprice? « Poser les limites! », me répétait-on souvent à la crèche.
« Dodo, moi! », nous l’avons entendu des milliers fois ensuite, à cause d’une tondeuse, d’un mixer, d’une moto, d’un camion, d’une sirène, d’un klaxon, de cris d’enfants, des pleurs d’un bébé, d’un rire bruyant, d’un éternuement, d’un aboiement, d’un ascenseur, d’un tensiomètre, de la sonnette, de l’aspirateur, des oiseaux… La liste est si longue.
Notre maison était devenu son meilleur refuge, après son lit. C’était inquiétant de sortir, même dans le jardin clôturé de notre maison à la campagne. Elle était sur le qui-vive en permanence, prête à déclencher une crise d’angoisse, à grimper dans les bras. Elle perdait tout contrôle, son visage exprimait vraiment la douleur.
Cette peur constituait une entrave terrible pour son développement. Nous en avions conscience mais n’avions pas de solution immédiate. Nous l’avons protégée de ce qui était prévisible. Nous étions en alerte, autant qu’elle, et nous aurions presque aimé avoir le contrôle de l’environnement pour lui éviter des peurs inutiles et fatigantes. Nous avons aussi expliqué tout ce qui pouvait être compris par un enfant de cet âge (2 ans).
Elle a fini par dire elle-même quand elle avait peur. C’était quand-même plus simple quand nous n’avions rien détecté! Elle avait besoin d’être entourée, de se sentir contenue. La poussette est devenue son second refuge et nous permettait de partir en promenade. Elle est curieuse et observatrice, ce qui lui a aussi permis de gagner du terrain sur la peur.
Cette peur, n’était-ce pas une manifestation ultime du manque de confiance en soi? Elle n’était pas très à l’aise avec son corps, maladroite, craintive, hyper prudente. De notre propre initiative, nous avons cherché, à cette époque, des séances individuelles de psychomotricité, pour qu’elle ose courir, sauter, grimper, etc … La thérapeute du centre Langu’Âge, compétente en psychologie et psychomotricité a été (et est toujours!) extraordinaire. Solène a fait d’énormes progrès grâce à son travail, chaque semaine et durant les stages. Elle est la première personne qui nous a écoutés, qui a compris les problèmes de Solène et a agi en conséquence.

Ce n’était malgré tout pas encore suffisant pour que Solène puisse marcher dans la rue, accompagner les autres enfants en classe. À l’école, l’an denier, elle manifestait souvent des attitudes de retrait et d’isolement. Monter dans le bus scolaire, préparer un spectacle de fancy-fair, danser des farandoles, … constituaient autant d’épreuves.
Enfin, au mois d’avril dernier (2009), un neuro-pédiatre est à notre écoute et observe attentivement Solène au cours de la visite. Il traduit ce que nous appelons « les peurs » et parle d’un état d’anxiété. Il nous propose un médicament neuroleptique qui peut à la fois régler le problème de sommeil et d’anxiété. On préférerait bien sûr ne rien donner à notre enfant, c’est clair, mais refuse-t-on des lunettes à un myope ?
C’est un nouveau départ. Je décris les progrès dans l’article hebdomadaire (promenade à pied sur le marché local, château gonflable dans une plaine de jeux, zoo…). Il ne s’agit pas non plus d’un miracle. Solène a encore un peu peur de l’aspirateur, des sirènes… mais là, on en revient à une situation plus « supportable ».
Cette hypersensibilité nous a préoccupés, presque jour et nuit, pendant plus de deux ans. Nous entrevoyons maintenant le bout de ce tunnel. Nous allons pouvoir nous consacrer pleinement à l’aspect développemental.

Pfiou je retrouve Maëlys!! Elle est « angoissable » à la moindre nouveauté, chose qu’elle ne connait pas, ou pire, chose qu’elle connait mais qui tout à coup devient synonyme de trouille.
Elle nous en a fait des angoisses… Dont une pour le sol, pendant deux heures, elle hurlait, et n’a jamais voulu remettre un pied par terre. Je te laisse imaginer la chose… C’est un état permanent difficile à gérer, car des fois je me doute que l’angoisse va poindre, et d’autres fois, pas du tout!!
Peur est l’un des tous premiers mots de Stan.
Je crois que çà résume l’essentiel…
Il avait peur de tout, absolument tout.
et c’était particulièrement difficile quand il ne comprenait pas ce qu’on lui disait, nous contournions alors l’obstacle , rentrions à la maison quand notre promenade nous avait fait croiser un chien, nous arrêtions sur le trottoir, 10 mn quand on entendait au loin une voiture arriver, bouchions ses oreilles à chaque passage d’avion, décrochions nos tableaux préférés qui l’effrayaient, j’en passe et des meilleures.Stan jusqu’au mois d’aout dernier ne faisait pas de toboggan, de balancoire, ne voulait pas aller à la piscine, à l’aire de jeu kidzzy, …
Depuis qu’il parle et comprend c’est beaucoup beaucoup plus facile, (et l’ABA nous aide énormément depuis peu aussi à « affronter les peurs qui sont aussi en fait une expression de sa rigidité). Aujourd’hui , Stan fait du toboggan seul, de la balancoire avec renforçateur, de la piscine avec le sourire, les promenades sont beuacoup plus faciles etc
J’ai donné du risperdal pendant 7 mois à Adam parce que je n’avais pas trouvé la solution pour le faire dormir et que j’étais épuisée. Mais ce neuroleptique a eu un effet secondaire (dont m’avait informée la psy) très génant : la prise de poids. 7 kg en 7 mois. Et puis, Adam n’était plus le même enfant, il était beaucoup moins réactif.
Aussi, j’ai cessé de lui donné ce médicament de moi même. Bien sûr, son comportement n’est pas aussi facile que lorsqu’il était sous risperdal mais il est parfaitement gérable à la maison. A l’école, c’est plus difficile car quand il refuse de faire les exercices proposés, il a une tendance à se « rebeller ».
L’intérêt principal de lui avoir administré ce neuroleptique (et ce n’est pas rien), c’est qu’Adam a compris qu’un lit, c’est fait pour dormir. Quand il est éveillé, il reste quand même au lit.
L’essentiel, c’est que chaque enfant trouve son équilibre avec ou sans traitement médicamenteux. Si Solène se sent mieux, il faut continuer et réévaluer à intervalle régulier le traitement.
Mon grand garcon a eut trés peur également « des bruit soudains » motos etc… je n’aie pas trouvé de solutions, a part le rassurer verballement puisqu’il ne parle pas, et justement le sortir plus souvent pour l’habituer aux bruits, il a maintenant 8 ans et aurait tendance à sa mettre les mains sur les oreilles mais uniquement quand le bruit est soudain et ensuite se calme ou parfois exité comme l’aspirateur maintenant quand je l’allume il se met meme à me courir derrière, pour que je lui fasse peur!
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La peur c est personnel et cela n est controlable que par soit-même. Petite , Morgane avait des paniques trés intenses, un jour alors qu’elle avait 7 ans nous sommes passées dans une ruelle et dans une vitrine tronait un costume de king kong , ma fille a hurlé et m a dit » je peux pas passer la j ai trop peur « . J’ai regardé ma fille et je lui ai dit » Ok on passe ailleurs aujourd hui mais dans la vie il y aura plein de choses qui te ferront peur et tu dois apprendre à les affronter, maman ne peut pas le faire pour toi , il n y a que toi qui peut le faire » . Morgane décidé d affronter ses peurs, elle est passé devant cette vitrine en fermant les yeux ( je la guidais ) puis petit à petit elle les a ouvert. Elle a finit par passer devant la vitrine en se moquant du king kong . Depuis elle affronte chaque panique qu elle a avec ce système , petit à petit elle apprend a connaitre ce qui lui fait peur et ensuite elle l affronte. Je suis fière d’elle. Elle a toujours peur du bruit du feu d artifice mais nous le regardons et l écoutons de loin, elle apprend petit à petit comment le bruit se propage , bientot je suis certaine qu elle pourra assister a un feu sans avoir peur
Pendant plusieurs mois, Elouan avait peur d’entrer dans une pièce sans sorties visibles en face, peur de se retrouver face à un mur. Les ascenseurs, les salles de bains, les couloir en T, puis toutes les pièces un peu sombres sont devenus des sources d’angoisse. Il pleurait, hurlait, transpirait, même dans les bras, jusqu’à ce qu’on ressorte.
Et puis, pratiquement du jour au lendemain, sans que je m’en rende compte, cette peur a disparu,e comme elle était arrivée.
Déjà 2 ans que j’ai écrit cet article … Solène a maintenant 6 ans. Elle se gère mieux, demande souvent des explications sur tel ou tel autre bruit. Quand le bruit est agressif, elle se bouche parfois les oreilles. Elle n’aime toujours pas les appels au micro dans les supermarchés mais son seuil de tolérance a évolué, très bien évolué même. Le feu d’artifice reste un défi. Cet été, je croyais naïvement que le spectacle visuel supplanterait le bruit des explosion !