Je voudrais bien en faire mon principe de vie. Aller de l’avant, au delà des difficultés, trouver la force…

Le début du parcours semble le même pour tout le monde, nous visitons les hôpitaux, rencontrons les spécialistes. Nous avons consulté plusieurs neuropédiatres, un CRA, et accepté, non sans réticence, les investigations médicales (résonance magnétique, ponction lombaire, électro-encéphalogramme…) pour obtenir un diagnostic. Aucun ne s’est prononcé en faveur d’un TED, malgré les traits autistiques observés. Les troubles de l’attention (TDA) sont évidents, ainsi qu’un retard de langage (dysphasie). Solène est dans la zone « grise » de la médecine.

J’ai la conviction que les difficultés de Solène ont un rapport avec l’autisme et je parviens enfin à outre-passer ce besoin de diagnostic. C’est un nouveau départ. J’ai consacré beaucoup de temps à chercher, écrire, expliquer, raconter, pour trouver une prise en charge adaptée et des professionnels formés, qui connaissent l’autisme.

Comment développer ce que les autres enfants acquièrent naturellement? Comment réduire, idéalement supprimer les comportements inadaptés? C’est dans la recherche de solutions que je voulais placer toute mon énergie.

J’aurais tant aimé que Solène soit accompagnée en classe pour guider les apprentissages et faciliter l’intégration scolaire mais en Belgique francophone, nous n’avons pas d’AVS. J’ai multiplié les contacts, imaginé plusieurs solutions mais je n’ai rien trouvé de satisfaisant.

J’ai toujours été attirée, philosophiquement, par l’approche comportementale (ABA). C’est une méthode qui me « parle » parce qu’elle repose sur des éléments concrets. Il y a des objectifs à atteindre, des bases à asseoir avant d’entamer des choses complexes, on généralise les acquis, on mesure chaque échelon franchi… La méthode ABA n’est malheureusement pas très répandue de ce côté-ci de l’Atlantique. Des formations se donnent à Lille pour les professionnels. De mon côté, j’ai lu, échangé quelques idées avec des personnes impliquées dans cette méthode et regardé quelques séquences filmées.

J’ai manifesté mon intérêt sur Internet et reçu en retour le nom d’un centre de stimulation précoce où les méthodes s’inspirent à la fois de TEACCH et d’ABA. Loin de moi les débats stériles sur le bien-fondé des méthodes mixtes. La mise au point d’un programme d’éducation personnalisé est le point de départ de la prise en charge. C’est exactement ce que je souhaitais: un plan adapté à Solène et une échelle de progression où l’on assure chacun de ses pas.

Le projet d’alternance centre/école (2 jours/3 jours) est d’application dès la rentrée scolaire. J’espère qu’il portera ses fruits sans générer trop de fatigue pour Solène. J’accorde toute ma confiance au Chat Botté, un centre d’accueil de jour et de stimulation précoce, qui se chargera aussi d’assurer la cohérence dans les différents milieux de vie de Solène. Par ailleurs, nous essayerons de maintenir les séances de psychomotricité et de logopédie (orthophonie) après l’école, à condition que Solène soit réceptive.

Que la force…!