Nous sommes en janvier, Maëlys fait quelques progrès, sort enfin de son monde, et elle est beaucoup moins indifférente à nous. Mais elle reste très cyclique, et a des phases où ça va, et d’autres où tout va mal…

Je mets en place à la maison plein d’astuces de mon cru pour l’aider à avancer. Je vous en parlerais dans un prochain article.

Mais je ne suis pas une professionnelle, juste une maman qui fait du mieux qu’elle peut pour que sa fille reste dans notre monde et pas dans le sien. J’ai mes limites.

Maëlys ne voit toujours qu’une psychologue au CAMSP tous les 15 jours. Je commence donc à frapper à d’autres portes, mais on me redit que Maëlys est trop jeune, ou qu’ il y a au minimum un an d’attente. Je téléphone, on me promet de me rappeler, on ne le fait pas! Je commence à avoir sérieusement l’impression de « ramer » sévèrement et me demande si un jour je vais réussir à débloquer quelque chose…

Mon conjoint  a du mal à accepter le peu de rendez-vous que je trouve, il devient urgent de lui faire comprendre que Maëlys a bel et bien un problème même si c’est dur à accepter.

Ce qui va me sauver, ce sont nos vacances d’hiver au ski. Nous voilà fin février, nous partons une semaine au ski avec un couple d’ami qui ont un petit garçon de deux mois de moins que Maëlys. Pendant une semaine, nous vivons avec eux. Tout se passe très bien, on rentre ravis de ces vacances, mais deux choses ont changées: Maëlys repart dans une mauvaise phase qui va être assez importante.

Elle va se ré-enfermer, et cela va être difficile de la sortir de là. Et surtout, mon conjoint pendant cette semaine a découvert le fossé énorme qui sépare notre enfant des autres… Il s’est pris une « claque », change en quelques jours complètement d’avis, et décide de tout faire pour que sa fille « avance ». Il a enfin accepté sa différence.

Son aide dans mes démarches change tout. Il voit sa fille enfin comme elle est, et à son tour change d’attitude envers elle pour l’aider à avancer. Et ça marche: Maëlys, grâce à lui et à nos efforts conjoints, ressort de sa mauvaise période.

Même si nos démarches ont du mal à décoller, tout change à la maison, et Maëlys repart dans une phase de progrès. Même si ceux-ci ont l’air minimes, pour nous ils sont énormes.

Dans un même temps, après une bataille avec le CAMSP, ils acceptent que Maëlys commence la psychomotricité, et début juin c’est parti. L’évaluation du début est sans ambiguité. Maëlys vient d’avoir deux ans: au niveau moteur elle a ses deux ans, en attitudes sociales, un an à tout casser, et en communication, 10 mois…

Elle voit aussi le pédopsychiatre, qui est de l’ancienne école, décide qu’il est inutile de revoir Maëlys même s’il concède toutes les difficultés. Mais elle est jeune, et il a plein d’autres enfants en cours… Donc je comprend très vite qu’il est inutile de compter sur lui.

Au jour d’aujourd’hui, nous laissons passer les vacances d’été, mais en septembre nous avons un programme chargé avec des pistes et un seul objectif: faire diagnostiquer Maëlys et donc enfin mettre en place une vraie prise en charge pour elle.

Maëlys ne communique toujours pas avec nous, ni verbalement ni physiquement. Elle a de dures crises, des attitudes difficiles, des stéréotypies. Elle vient de passer une mauvaise phase encore une fois très dificile à gérer, mais on est confiants. En septembre, nous soulevons la montagne, et tant pis pour ceux qui tombent.

À très bientôt!