Maëlys a maintenant 17 mois, je prends en urgence un rendez-vous avec mon pédiatre et lui fait part du rendez-vous sur l’audition de ma fille, de mes doutes/certitudes sur Maëlys, son comportement, etc. Et surtout lui demande comment gérer ça.

Elle m’envoie alors, en urgence, au CAMSP (Centre d’Action Médico-Social Précoce) de ma ville. Le rendez-vous est pris pour 15 jours plus tard. Nous tombons sur une pédiatre adorable, qui nous écoute pendant deux heures. Le résumé de ce rendez-vous est:

  • Maëlys a des troubles du comportement certain,
  • nous sommes des parents très angoissés,
  • et surtout, elle n’a « QUE » 18 mois, donc nous ne pouvons rien « diagnostiquer ».

Je tilte un peu sur les deux derniers points, mais je me dis que ma fille va être prise en charge, et c’est tout ce qui compte. Elle nous oriente alors vers une psychologue du CAMSP. Celle-ci va nous recevoir, tous les 15 jours, et c’est ainsi que commence la prise en charge au CAMSP de ma puce.

Mais je suis dans ce domaine une éternelle insatisfaite… Au fur et à mesure des rendez-vous, je ne comprends pas qu’on ne mette rien de plus en place pour ma fille, qu’on ne la fasse pas rencontrer de pédopsychiatre, qu’on ne lui fasse pas faire le test de M-CHAT, que j’ai moi-même fait sur internet pour elle. Elle a 4 critères sur 5 de « mauvais ».  Mon conjoint, lui, est satisfait, et ne comprend pas que j’en veuille encore plus.

Je continue à lire de tout sur le sujet, et malgré le fait que ce soit confus, une chose est sûre: dans mon CAMSP, ils ne feront à priori aucun diagnostic pour le moment, alors que c’est ce qui me permettrait de mettre des choses en place et d’avancer avec ma fille.

Je deviens donc exigeante, et demande un rendez-vous avec un pédopsychiatre. Ils ne comprennent pas pourquoi je tiens absolument à ce rendez-vous, mais me le donnent pour le mois de mai, 4 mois plus tard…

Et surtout je commence à la maison à voir ma fille différemment, à agir différemment avec elle, à essayer de lui « apprendre » ce qui vient naturellement chez les autres enfants. Je le fais à ma manière, espérant ne pas me tromper de « route ». Et ça marche. Maëlys ressort petit à petit de cette période si noire. Elle progresse, sûrement en partie grâce au CAMSP, mais surtout je pense grâce à mon attitude « différente » envers elle. Je suis passée d’une attitude dite « normale » avec n’importe quel enfant, à une attitude beaucoup plus présente, et attentive à la moindre chose.

Il est vrai que, durant cette période, mon conjoint refuse tout ça et ne comprend pas mon entêtement. Pour lui, sa fille n’a aucun problème, elle est juste « en retard », tout cela viendra un jour…

Maëlys a maintenant 20 mois, nous sommes fin février. Elle marche depuis ses 18 mois, niveau moteur tout va bien, mais:

  • elle ne montre rien du doigt,
  • elle est incapable de formuler une demande, que ce soit verbalement ou physiquement,
  • elle ne dit pas une seule syllabe,
  • elle n’a quasiment aucun contact occulaire avec nous,
  • elle met en place des stéréotypies,
  • elle est incapable de s’exprimer,
  • elle s’enferme souvent dans un état de « vide » où elle est ailleurs,
  • elle est indifférente à ce qui l’entoure, et même à nous,
  • elle n’interragit aucunement avec nous,
  • elle commence doucement, de temps en temps, à nous emmener des livres, mais c’est tout,
  • elle est incapable d’utiliser son imaginaire,
  • elle n’imite strictement rien, pas même un « au revoir » ou un « bravo »,
  • et encore bien des choses…

Et au CAMSP, on persiste à me dire qu’elle est trop jeune, et surtout qu’on ne peut pas la diagnostiquer. Elle n’a toujours rien d’autre que sa maman, et la psychologue tous les 15 jours pour avancer.

Je décide donc de monter un plan de bataille. En premier lieu, faire comprendre à mon conjoint qu’il faut qu’il soit à 100% avec moi, et que sa fille a bel et bien un « problème ». Et de deux, réussir à faire diagnostiquer Maëlys. Vaste champ de bataille, car au jour d’aujourd’hui, Maëlys a deux ans et elle n’a toujours aucun diagnostic.

La période de janvier à aujourd’hui sera déterminante, mais ce sera pour le prochain article!