
Je ne sais pas si chez vos enfants c’est pareil, mais Maëlys, qui a un fonctionnement bien particulier, aborde les choses de la vie quotidienne d’une drôle de manière…
Quoi que ce soit, déjà, il faut que ça rentre dans la case « gauche » ou « droite »:
- On met les chaussures, toujours la droite d’abord. Les chaussettes idem, d’ailleurs… Et comme on travaille l’autonomie à fond (car elle est loin d’avoir l’autonomie d’une enfant de son âge), c’est même maman qui met le côté gauche, et Maëlys la droite, chacun son côté…
- Maman mange des tranches de brioche? Maëlys inspecte et fait remarquer que maman a commencé par la tranche de gauche! Maman, à moitié réveillée, ne fait pas attention à ce genre de « détail »…
- Quoi qu’on fasse, ce sera toujours en fonction de la droite ou de la gauche, imaginez la vie quotidienne…
Bref, les côtés jouent beaucoup. Mais en plus des côtés se rajoute une autre dimension: les couleurs. Tout a une couleur… Et tout se fait par tri, dès que c’est possible…
- Elle reçoit de belles gommettes de plein de formes et couleurs différentes. Maëlys, qui adore ça, les colle, une forme par une forme. Et, vers la fin du paquet de 100 gommettes, on se rend compte qu’il ne reste des gommettes que de deux couleurs différentes… Depuis le début, le collage des gommettes n’a pas été motivé par « l’envie », mais bel et bien par les couleurs… Et ce, sans que nous, adultes, on ne s’en rende compte!
- Chaque personne a une couleur (!?). Le jour où Maëlys pourra nous expliquer (je suis pleine d’espoir) pourquoi telle ou telle personne a telle ou telle couleur, alors peut-être comprendrons nous bien des choses sur notre fille…
Bref, entre les gauches, les droites, et les couleurs, la vie de Maëlys est bien « ordonnée ».
Mais mon inquiétude est belle et bien que la vie n’est pas faite de gauche, de droite, et de couleurs… Et alors, que deviendra/fera ma fille?
Et elle qui fonctionne tellement différemment, pense tellement différemment et ce, sans arriver pour le moment à nous expliquer le pourquoi de tel ou tel comportement, rituel, etc. Y arrivera t-elle un jour? Qu’on puisse enfain mieux la comprendre, et surtout être plus en phase avec elle…
Car, parfois, nos deux mondes me semblent tellement lointains que ma fille me « manque ».

Il faudrait l’aider à casser ses rituels, ils sont apparemment très envahissants , et vont le devenir davantage encore si on la laisse persévérer dans ce sens. Il ne faut pas hésiter à provoquer le changement et à le rendre agréable : Le nutella peut ne se trouver que du « mauvais » côté de la brioche, les gomettes de couleur préfrée ne pêuvent être obtenues que lorsqu’on a utilisé un certain nombre d’autres couleurs. Maman peut refuser de mettre la chaussure gauche, et accepter de mettre la droite si sa fille s’y colle etc…
La pensée en couleur est un sacré atout (Stan pense aussi en couleur) il ne faut pas s’en debarasser, mais par contre il faut assouplir la rigidité
Encore ce matin, je me suis « battue » avec Julien, qui voulait absolument que je mette sa chaussure droite avant la gauche.
Il est parfaitement latéralisé, par contre, je bloque une à une chaque rigidité comme celle-là, sinon ça devient trop dur à gérer – et encore, moi je les connais, ces rigidités, imaginez si c’était une personne qui ne le connait pas (de quoi devenir suicidaire). XD
Julien, est assez omnibulé par certains rituels également mais ils disparaissent, réapparaissent parfois quelques mois plus tard… Il attache une grande importance au positionnement des objets. Par exemple, au moment de la douche (qui se fait dans la baignoire) il ne supporte pas que je repose un flacon de savon liquide ailleurs qu’à l’endroit où je l’ai pris, même si le décalage n’est que de quelques centimètres. De même si je le pose au même endroit mais que la « pipette poussoir » est légèrement tournée par rapport à sa position initiale, il la remet en place. J’ai donc testé, avant l’entrée dans la baignoire de changer la position des différents flacons, là ça ne le gène pas de constater que le shampoing est de l’autre côté du rebord de la baignoire par rapport à la veille mais en ce cas, il faudra le positionner à cette nouvelle place après utilisation pour cette séance de douche… Sa vie s’articule autour de multiples petites manies de ce genre et si je le contrains à changer les choses cela peut le rendre très nerveux, il ne supporte vraiment pas… Etant donné qu’il est non verbal et qu’apparaissent parfois de nouveaux rituels, je trouve des explications à des crises de colère « en différé », le temps pour moi de comprendre ce nouveau rituel… C’est effectivement problématique car nos enfants s’enferment dans des petites habitudes incontournables qui les rendent très rigides et très sensibles à ces petits détails qui n’en sont pas pour eux et qui vont leur pourrir l’existence !
Bonjour,
Cet article me laisse songeuse et avec mon fils, je ne combats pas ce genre de détail.
Ben oui, moi aussi quand je mets mes chaussures, quand je me lave les oreilles ou quand je me brosse les cheveux, je commence toujours par le côté droit. Je ne suis pas rigide, je suis juste droitière ! De plus je trouve tout à fait logique pour apprendre une tâche complexe, de la décomposer toujours de la même manière.
Moi aussi, comme mon fils, j’ai mes couleurs préférées et ça ce voit dans ma pallette de maquillage et croyez-moi, je ne vais pas attendre d’avoir fini toute les couleurs avant de m’en offrir une nouvelle
.
Comme mon fils, je m’énerve quand mon mari ne range pas les choses à leur place dans la cuisine, alors que de son côté il râle quand je ne rince pas les assiettes avant de les mettre au lave-vaisselle.
Je trouve que l’on a tous nos petites manies, repères à des degrés divers. Avoir un enfant handicapé (et pas que autiste) signifie juste gérer ses manies et habitudes en plus des miennes.
Mes 2 priorités pour le moment avec mon fils consiste à :
1) l’amener à un maximum d’autonomie, quitte à jouer avec ses manies
2) l’aider à gérer des situations sur lequel il n’a aucune prise : le bruit, la foule.
Voilà ma petite réflexion du jour.
Mathilde aussi a tendance à faire toujours dans le même ordre, surtout pour l’habillage et pour arrêter un peu les manies du toujours pareil je change l’ordre parce que sinon elle ressemble un peu à un robot, mais je pense que changer de temps en temps la met dans une situation qu’elle ne connait pas forcément et la force à faire autrement. Parce que si ça s’installe vraiment, le jour où il y a un grain de sable dans le rouage, elle est perdue, donc il faut l’habituer à casser les rituels.
Et le tri des objets passe d’abord aussi par la couleur.Ceci étant, j’ai vu le travail qu’elle a fait en orthophonie (qui n’est pas forcément le mieux pour mathilde mais bon ça reste une méthode) : les voyelles correspondent à des couleurs et je trouve ça logique dans la mesure où nos enfants sont très visuels.
Nous avons tous nos manies, en effet, mais si une manie contrariée empêche de continuer une activité ou de réfléchir en bref si elle pollue le cerveau au point de ne plus rien voir, plus rien entendre c’est un problème. Hugo, dans une moindre mesure, à également ses manies, nous les cassons au maximum, je ne suis pas sadique mais je peux planquer un petit élément de ses légos afin qu’il ne bloque pas et qu’il continue la construction, il manque également des pièces à ses puzzles (oups !) on va à la piscine oh flute elle est fermée, du chocolat blanc bah non il n’y a plus que du noir. …Il y a eu des crises mais elles sont de moins en moins nombreuses et je le trouve même carrément stoïque.
à Fabienne : Chaque enfant est différent! certains ont des rigidités d’autres moins… Ce sont les professionnels qui doivent nous guider pour comprendre notre enfant
Concernant mon fils c’est sa psy ABA (qui est devenue notre guide) qui nous aide à travailler cela
Et c’est très compliqué car mon fils à plein de rigidités… quand elles disparaissent sur un domaine, elles apparaissent sur un autres!!!!!!
c’est un travail de titan! j’en ai eu un lumbago…
Et puis c’est surtout très dur de ne jamais lacher… Du coup on se prend la tête dans le couple car l’autre cède à la crise et du coup renforce les rigidités!!…
Bref…
on y arrivera!!!
Fabienne: il y a une différence entre des préférences, des manies, et des rigidités. Quand un enfant est capable de se jeter à terre et de se cogner la tête au sol volontairement parce qu’on n’a pas respecté une de ses rigidités, la donne n’est pas la même. C’est la fréquence et l’intensité des comportements rigides qui fait la différence.
On a tous nos manies. Maintenant, si ça en arrive à un point où c’est dérangeant pour les autres, ou incapacitant pour soi-même, ce ne sont plus des manies.
Donner à chaque personne une couleur… Ca me fait penser au livre de Daniel Tammet « Je suis né un jour bleu », lui-même autiste.
J’aime beaucoup tous vous lire! Ca m’apporte plein de choses, et en même temps me fait réfléchir sur la manière de voir les choses!
C’est vrai que certains jours, je peux « casser » certains rituels avec Maëlys, mais d’autres fois, c’est inimaginable… On fait au coup par coup, comme on peut, et finalement on avance, lentement, mais surement…
Quand aux couleurs, je trouve ça presque poétique… Même les lieux ont une couleur : On va au parc jaune ( c’est un parc spécifique, un autre n’aura pas la même couleur), maman travaille à l’hôpital bleu, et on va chez le docteur à la chenille violette…
Mon Thomas a aussi cette façon de voir les choses. Avec la droite, la gauche et les couleurs.
Les yaourts sont les yaourts rouges etc. Mais ne seront pas les Petits Filous par exemple. Et c’est comme ça pour tout.
L’histoire de la gauche ou la droite, c’est déjà présent dans la vie courante (il n’est pas encore latéralisé) mais c’est encore plus vrai quand on est à l’extérieur et qu’on se promène soit en voiture, soit à pied.
Il aime qu’on tourne à gauche, que le bus tourne à gauche, que la voiture tourne à gauche… Alors quand on va tout droit ou que l’on tourne à droite: MALHEUR!!!! Il hurle à tout va et réclame « gaucheeeeeeeee ». On a déjà manqué de se faire virer du bus comme ça.
Ici c’est assez envahissant car ça provoque de sacrés soucis. Je contrarie forcément cette rigidité puisque je ne peux pas me balader qu’à gauche. Y’a un itinéraire et c’est comme ça, sinon j’arriverai jamais à destination. Mais alors, aie aie aie car ça provoque de sacrés hurlements et les gens dans les transports ne le comprennent pas forcément.
FAbienne : vous, si on vous dit de commencer par l’oreille gauche, au pire, vous allez soupirer… Un enfant qui a une rigidité à ce sujet va criser…. là est la différence.
Ici, nous essayons de les casser dès que nous les voyons arriver, et notre fils est bcp mieux !
Elodie : votre fils est jeune encore, vous pouvez bien travailler sur les rigidités, tout en douceur…