Samuel est non verbal. Enfin presque, parce qu’il arrive parfois à dire quelques mots, et parce que de toute façon il est très vocal (il chante toute la journée). Néanmoins, pour établir une forme de communication, et parce que nous n’avons pas encore l’aide d’une orthophoniste, nous nous sommes lancés dans la langue des signes.

Pourquoi les signes? Je dois cette idée à ma courte première formation ABA-VB avec Diane Fraser. Selon certaines recherches faites aux États-Unis, l’apprentissage de la langue des signes fait travailler la même zone du cerveau que la parole. Du coup, en « musclant » cette zone, on a plus de facilité à déboucher sur du verbal.  Alors attention, je ne parle pas de la langue des signes des sourds et muets, les signes sont parfois trop complexes pour être effectué par nos enfants (et même par nous!). On s’est plutôt basés sur les signes pour bébés (aux États-Unis, il est fréquent d’apprendre aux bébés à communiquer par signes).

Pour être honnête,  Samuel n’a compris l’utilité des signes qu’après plusieurs semaines de travail, et surtout lorsque c’est une personne étrangère à la famille qui a « signé » avec lui.

Petite info: pour commencer la langue des signes avec votre enfant, toujours définir trois mots pour commencer, et surtout ne pas utiliser de verbes. Si on ne travaille qu’un signe, il va devenir synonyme de: « donne-encore-je-veux »!

On commence donc par apprendre trois signes, correspondant aux objets les plus appréciés de votre enfant. Il joue avec l’objet, on lui prend, on fait le signe, on lui fait faire le signe en guidance, et on lui redonne l’objet. Au bout de cinq ou six fois, on attend de voir si l’enfant esquisse le signe, et on renforce si c’est le cas. Après une dizaine d’essais, l’enfant doit pouvoir faire le signe correctement. Un signe est un peu comme un mot – lorsqu’un enfant commence à parler, il n’a pas une élocution parfaite, il faut donc laisser du temps à l’enfant de parfaire son signe. Par contre, si l’enfant se trompe de signe pour avoir un jouet, donnez-lui toujours l’objet correspondant à son signe pour qu’il comprenne son erreur.

Si l’enfant intègre bien les signes, on peut apprendre jusqu’à cinq signes par jour, voire plus. Il va sans dire que chaque signe, lorsqu’il est effectué, doit être accompagné du mot verbalisé, afin que l’enfant associe le son avec le signe. Et parfois le mot est répété par l’enfant en même temps qu’il signe. Cela permet d’enrichir son vocabulaire et d’associer à la parole quelque chose de tangible.

Aujourd’hui, Samuel a intégré une quinzaine de signes, qui correspondent à ses renforçateurs préférés, et nous travaillons à ce qu’il en intègre une dizaine par semaine. Le plus intéressant, c’est que lorsqu’un signe ne lui convient pas tout à fait, il le modifie pour qu’il soit plus facile à refaire. Du coup, il participe et échange deux fois plus avec nous.