Nous y voilà. Mathilde a 10 ans et demi. Malgré son jeune âge, il est temps d’aborder une grande question, que vous vous poserez sans doute un jour. Comment gérer le passage de l’enfance à la pré-puberté?

Je me suis posé la question, puisque j’y suis confrontée, en me demandant aussi pourquoi on en parle si peu. Mathilde serait-elle maintenant trop grande pour que j’aborde ce sujet ici? Mais, en y réfléchissant bien, je ne dois pas être la seule à avoir un enfant « en avance » à ce niveau-là. De nos jours, les enfants sont plus grands, d’après l’étolonnage international, que les autres générations. Ils sont aussi plus précoces.

Sans parler de puberté précoce, après constat médical à l’appui, Mathilde est déjà, depuis plus d’un an, prête pour la puberté. Physiquement, elle est pratiquement formée partout. Son corp a commencé à se transformer vers huit ans. Les poils qui ont poussé au début, ça l’a beaucoup amusé, elle faisait des noeuds avec. Mais voilà, c’est une action qu’il faut contrer dès le début, tout en expliquant qu’on ne doit pas le faire en public.

Deuxième problème, les seins qui se forment, c’est très rigolo de les toucher, mais on ne doit pas le faire en public. On ne doit pas non plus regarder comment ça se passe chez les dames. Il faut apprendre que, dorénavant, le port du soutien-gorge est nécessaire.

Il faut absolument ne pas déroger à la nécessité de rendre son enfant propre (sans couches) bien avant le début des premières règles. La raison est simple: pour que l’enfant ne confonde pas protection et couche. Sinon, bonjour la cata! Il faut que l’enfant n’ait plus souvenir de la couche.

Enfin, je ne vais pas tourner autour du pot trop longtemps, arrive le temps de l’érotisation de ce corps, très précoce elle aussi chez Mathilde. Ce qui me rassure, pour l’instant, c’est que Mathilde ne cherche absolument à montrer quoi que ce soit de « désir » de l’autre. Elle est dans l’auto-érotisation, et c’est là que ça se complique, quand même, puisque je ne veux ni ne peux l’empêcher, par contre il a fallu lui faire comprendre que, encore une fois, on ne le fait pas en public.

Fort heureusement, elle a une « méthode » particulière bien à elle qui fait qu’une personne extérieure ne comprend pas ce qu’elle est en train de faire. Ne riez pas, mais à la maison, on appelle ça « frotte-zézette », je n’ai rien trouvé de mieux pour dire aux petits ce que faisait leur soeur… Mais même si elle le fait à la maison, je lui ai toujours montré qu’il faut se cacher. Je crois qu’elle a bien compris que c’est réservé à la maison.

Ce ne sont pas des pulsions, viendront-elles avec l’âge? Je ne sais pas. Mathilde ne supporte pas le contact sur ces zones-là, même pour la toilette. Il y a tant de discordances entre la réalité de son corps et celle de son « esprit » que j’en suis à souhaiter qu’elle en reste là, aucune envie de séduction, aucune pulsion, ça m’arrangerait bien. C’est horrible de dire ça. Qu’elle continue à refuser ce contact, je serais rassurée. Sinon, comment lui expliquer?