Après 6 ans: quelle orientation pour nos enfants? Éléments de réponse aux interrogations de Claire

Il y a quelques semaines, Claire s’interrogeait sur le devenir des enfants après leurs 6 ans: CP classique, CLIS 1, IME, hôpital de jour ou suivi en SESSAD? Les possibilités qui s’offrent aux parents sont diverses. Comment démêler l’écheveau de tout cela? Claire a raison de s’interroger.

Je ferai uniquement part de mon point de vue personnel, au regard des capacités comportementales et intellectuelles d’Adam, qui sera âgé de 7 ans à la fin du mois de juin prochain, classé autiste sévère. En effet, comme chacun le sait, le spectre de l’autisme est très large (1 enfant sur 150 naissances avec des degrés d’atteinte plus ou moins forts, de l’autisme sévère à l’autisme de haut niveau, sans oublier les syndromes d’Asperger).

La situation de départ était simple lorsqu’Adam a débuté sa scolarité en milieu ordinaire, à l’âge de 3 ans, en petite section de maternelle: il était non verbal, sujet à crises violentes, agressif envers lui-même et les autres enfants et intégralement sale.

La première année s’est déroulée dans la douleur: Adam est très peu scolarisé (1h30 à raison de 2 jours par semaine à partir de décembre 2006, puis les matinées à partir de mars 2007 si j’ai bonne mémoire). L’objectif de cette première scolarisation est la socialisation d’Adam. La seule question de l’enseignante durant toute l’année aura été: « quand est-ce qu’Adam va parler? ». Bien malin celui qui pouvait donner une réponse à cette époque! Je suis presque toujours obligée de porter Adam pour l’emmener à l’école pour faire échec à ses refus.

Deuxième année de scolarisation: maintien en petite section avec une AVS à temps plein. Adam va donc à l’école toute la journée, ce qui représente un changement important pour lui, avec deux repas à la cantine par semaine. L’objectif est toujours la socialisation d’Adam, ce qui est important car il n’est pas en classe pour effectuer des apprentissages. À ce moment-là, Adam est toujours non verbal et souvent agressif avec les autres, faute de savoir (et de pouvoir) communiquer. Il est toujours intégralement sale et pique des crises à répétition. Je suis encore parfois obligée de l’amener manu militari à l’école, en le portant. Je demande un macaron pour le stationnement à la MDPH, que j’obtiens, pour ne pas avoir le dos brisé par son poids.

Troisième année de scolarisation: avec le décès de mon père, un déclic se produit. Adam commence à parler, il vient alors d’avoir 5 ans. Il a acquis la propreté diurne. À l’école, sa scolarisation tourne à la catastrophe et je suis à deux doigts de le déscolariser: aucun intérêt pour les apprentissages de moyenne section, violence envers les autres enfants, crises et hurlements en classe, tout y passe. Or, Adam montre diverses compétences lors de ses séances de prises en charge (orthophonie et psychomotricité, notamment) qu’il est incapable de généraliser à l’école. Je tiens bon et décide de laisser Adam à l’école alors que l’équipe éducative s’interroge sur la place de mon fils à l’école et songe à un IME. J’emmène Adam de force à l’école car il refuse d’y aller.

L’évaluation d’Adam, dans un des grands centres parisiens de référence pour l’autisme, en juin 2009, se solde par un compte-rendu cinglant: Adam souffre d’un retard mental hétérogène sévère, façon polie de m’expliquer que mon fils est atteint de débilité mentale et qu’il y a peu à attendre de lui…

Quatrième année de scolarisation: je sais dès la rentrée que c’est la dernière année d’Adam dans l’école maternelle de notre quartier. Il est en grande section et les enfants de sa classe sont presque tous nouveaux. Le début de l’année est chaotique après la démission de son AVS, arrivée quelques mois auparavant. Crises à répétition de nouveau, la maîtresse ne se laisse pas faire et punit Adam lorsque cela s’avère nécessaire car il est accessible à la sanction et comprend parfaitement les interdits. Pour la première fois, lors de l’équipe éducative de début d’année, l’enseignante parle des compétences scolaires d’Adam. Pour autant, son niveau ne permet pas d’envisager un passage au CP. En décembre 2009, j’accepte donc un passage en CLIS 1, accepté par la MDPH dès le mois de janvier.

Contre toutes les prévisions, mêmes les plus optimistes, Adam investit le domaine de la lecture dès le mois de janvier 2010, avec une facilité qui déconcerte tout le monde. Il comprend très rapidement le principe de la fusion syllabique et devient capable de déchiffrer des mots simples. C’est le seul de sa classe à pouvoir faire ce travail, à l’étonnement extrême de sa maîtresse. Il sera certainement lecteur d’ici le mois de juin, soit en même temps que sa classe d’âge qui se trouve en CP. Parallèlement, sa production langagière devient plus structurée puisqu’il est capable de faire des phrases complexes (sujet, verbe et complément). Il comprend aussi les consignes multiples. Il est au même niveau que les autres en numération. Bref, il a un niveau de grande section. Depuis quelques semaines, il a accès à un monde imaginaire puisqu’il dessine des châteaux et des rois ou sculpte en patafix des objets comme des animaux ou des locomotives, sans que je lui donne des consignes particulières. Il commence à se déguiser et attend avec impatience le lundi matin pour aller voir Catherine, sa maîtresse.

Son orthophoniste, sa psychomotricienne et sa psychiatre considèrent qu’il a le niveau intellectuel pour aller au CP. Pourtant, j’ai maintenu le choix de la CLIS 1. Pour quelles raisons me direz-vous ?

Parce que je ne pense qu’Adam ne peut pas se trouver bien dans une classe comprenant 30 élèves, assis 6 heures par jour. Parce que je pense qu’Adam entrera en crise dès qu’il ne pourra pas comprendre une consigne. Il n’a notamment pas les compétences pour comprendre une histoire et engager une conversation. Or, il fait de moins en moins de crises (moins d’une par semaine à l’école) et j’entends bien les éradiquer à moyen terme.

Parce que les enfants ne sont pas toujours tendres entre eux et que je ne veux pas qu’il soit l’objet de moqueries de la part d’enfants qui ne le connaissent pas (notre groupe scolaire élémentaire rassemble deux écoles maternelles).

Parce qu’en petit effectif, Adam pourra apprendre à son rythme et intégrer les classes dites « normales » le moment venu, en particulier pour le français et les mathématiques.

Ai-je fait le bon choix ? Je n’en sais rien. En tant que parents d’enfants autistes, nous vivons toujours dans l’incertitude. Seul l’avenir me dira si j’ai eu raison ou pas.

Ce que sait, en revanche, c’est que la scolarisation d’Adam à l’école maternelle, en le tirant vers le haut, lui aura fait faire des progrès considérables qu’il n’aurait jamais accomplis dans un autre cadre.

This entry was posted in Cécile & Adam and tagged , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

20 Responses to Après 6 ans: quelle orientation pour nos enfants? Éléments de réponse aux interrogations de Claire

  1. Lynda says:

    Je suis tout a fait d’accord avec toi le maintient des enfants en maternelle même si les AVS ne sont malheureusement pas formées leurs permettent de faire des progrés ma fille Lilia 4ans 1/2 a le même parcours 2 repas par semaine à la cantine et même si elle ne mange pas au moins elle voit les autres enfants mangés et je suis certaine qu’un jour elle aura le declic de manger comme eux . Maintenant je me pose les mêmes questions pour l’entrée en CP mais ton témoignage me remplie d’éspoir

  2. eglantine says:

    Quelle que soit l’orientation que tu choisis, ça fait du bien de lire qu’un enfant peut progresser autant d’une année sur l’autre. Félicitations à ton petit Adam!

  3. chryjs says:

    Tout d’abord outre les félicitations d’usage à Adam ainsi qu’à Cécile, je tiens à souligner l’un des aspects très intéressant dans votre témoignage : l’aspect totalement imprévisible du développement de l’enfant pour ne pas dire plus et aussi qu’on ne peut pas dire ce qui de tout ce qui a été fait participe ou non de ses progrès visibles.

    J’hésite à proposer un article sur le parcours scolaire et les différentes possibilités, pas seulement en théorie mais aussi avec la pratique des uns et des autres (outre la mienne).

    En attendant, quelques détails me titillent et je me permets de proposer des pistes. Applicables ou non, ça… c’est une autre affaire.

    La « fameuse » CLIS . Cette classe (qui fut mon lieu de travail), n’est ni une prison ni une poubelle. Et j’espère que les parents concernés sauront enfoncer les portes des a priori pour communiquer là-dessus.
    -> Poubelle ? L’objectif qu’on se fixe en tant que maître D c’est d’amener le plus possible de nos élèves (de CLIS) au niveau équivalent à un CE2 ou MIEUX si l’on peut ! Quand on voit que nombres d’élèves sortent de CM2 en n’ayant pas atteint ce niveau (le fameux socle commun niveau 1), ce n’est pas forcément « si mal ».
    -> Prison ? Un autre principe est celui de l’intégration. Le mot n’est pas beau mais c’est le plus réel. Autre objectif celui d’intégrer les élèves de CLIS dans les autres classes. Cela ne veut pas dire tous, tout le temps, au même moment. C’est parfois compliqué, difficile voire ardu voire… mais très souvent c’est profitable pour tous et je parle de vécu.

    Pour reprendre la situation du petit Adam, mais sans le connaître ni savoir comment ça se passe concrètement. Hypothèse d’école donc. Il pourrait être envisagé par la fameuse équipe de suivi de scolarisation ou simplement par le maitre D, d’organiser une intégration d’Adam pendant les 30 ou 45 minutes quotidiennes d’activités dédiées à l’apprentissage de la lecture dans une des classes de CP de son école. CP ou CE1 ? Tout dépends de nombreux facteurs : avis de l’enfant (oui il faut lui en parler, l’organiser avec lui, lui expliquer ce qui est à sa portée), objectif d’apprentissage pur ou de socialisation par les apprentissages ? Durée, calendrier, objectifs concrets permettant de se dire de façon régulière (au moins 1 fois par période) si tout va bien ou pas et ajuster en fonction de… Organiser cela de façon claire et honnête avec l’enseignant accueillant. Réticences, charge de travail, manque de formation, PEURs irraisonnées, etc peuvent être des freins… ou des moteurs :)
    Un autre axe est de viser l’intégration non pas sur un apprentissage « majeur » comme la lecture ou la numération (compter jusqu’à 100, se repérer dans le temps, etc sont tout aussi important que la lecture), mais plutôt axé sur des activités réalisées souvent en petits groupes : EPS, arts visuels, etc. Dans ce cas le but principal est souvent à deux étapes : la première la socialisation avec une classe d’age, et la seconde plus loin (souvent l’année suivante) l’intégration avec cette même classe d’âge pour d’autres apprentissages.

    Tirer vers le haut sans que ça soit une montagne. Des objectifs ambitieux mais réalistes, savoir rester ferme (comme a su le faire Cécile). Avec une règle fondamentale qui doit servir de garde fou : pour l’enfant inscrit en CLIS, au moment de cette ou ces intégrations, il pourra toujours retourner dans sa classe que ce soit exceptionnellement, temporairement ou longuement selon l’ampleur des difficultés rencontrées. Ca m’est arrivé, souvent un besoin affectif temporaire, de temps en temps un test de confiance et parfois une ambition d’intégration mal ajustée qu’on a adapté immédiatement pour que tout roule en évitant l’écueil de l’échec qui remet en cause la confiance (de l’enfant).

    Il y a d’autres dispositifs et d’autres possibilités bien sûr mais pour un commentaire ça va être trop long :-)

  4. cecile says:

    En réponse à Chrys, sa remarque est exacte : les CLIS ont souvent mauvaise réputation. Moi-même, l’année dernière, je souhaitais qu’Adam puisse aller au CP et non en CLIS que je classais parmi les voies de garage. Je suis également inscrite sur un forum de discussion pour les enfants hyperactifs et l’autre jour, une maman s’affolait à l’idée que son fils soit orienté en CLIS, une classe de « handicapés » selon ses termes !
    Et puis, le temps a passé. En CLIS, les enseignants sont la plupart du temps très motivés et à l’écoute des enfants et de leurs difficultés, ce n’est pas forcément le cas dans le cursus « classique ».
    Toute la communauté éducative est d’accord pour dire qu’Adam progresse bien (et de façon très hétérogène, comme souvent les enfants autistes) en petit groupe et constamment soutenu par une AVS. La CLIS me semble donc être la voie naturelle pour la poursuite de la scolarité d’Adam avec un seul objectif : les apprentissages, non pour ce qu’ils représentent m.
    Le problème est ensuite très simple : dans le Val de Marne, aucune demande d’AVS individuelle ne peut être faite quand l’enfant va en CLIS car il y a une AVS collective.

  5. cecile says:

    Reprise du message : Adam doit apprendre à lire et à compter pour qu’il puisse en avoir l’usage plus tard. Aucune utilité d’avoir des connaissances si elles ne peuvent être exploitées ensuite. Aussi, peu importe le niveau en sortie de CLIS (CE2 ou plus, voire moins). Chrys a tout à fait raison sur ce point et j’admire le travail patient de tous les enseignants concernés.
    Et si ensuite l’enfant peut être intégré de temps à autre en classe « classique », ce sera un plus. Avec le recul, je me suis aperçue qu’il ne sert à rien de forcer Adam. Si l’apprentissage doit se faire, il se fera.
    Pour ce qui concerne les problèmes d’AVS i et d’AVS co d’Adam, suite dans un prochain article car j’ai trouvé deux solutions (mais ce serait long à expliquer).

  6. veronique says:

    Tu connais mon avis Cécile et j’avais également écrit un article quand Nicolas est entré en CLIS. Tu as fait le bon choix selon moi en donnant les mêmes arguments que j’avais à l’époque.

    Nicolas a acquis la lecture, écriture, il travaille les multiplications maintenant. La CLIS est énormément intégrée avec les autres classes, notamment pour les sorties à la patinoire, piscine, journée découverte, spectacle commun, et même il y a 15 jours la CLIS est partie en classe découverte pendant 5 jours avec une autre classe de l’école.

    Et puis, bien sûr il y a les intégrations personnelles quand l’enfant est capable. Ce n’est pas le cas pour Nicolas bien que quand l’institutrice est absente, il lui ai arrivé de rester une matinée complète dans une autre classe sans difficultés.

    En ce qui me concerne, l’AVS collective n’est pas un problème pour moi. Elle suffit largement.

    Encore une fois, tu as fait le bon choix et je t’en félicite. Dommage que les CLIS aient si mauvaise réputation, moi-même il fut un temps, j’avais une mauvaise opinion de ces classes.

    Bon courage et bisous à vous trois.

  7. Catherine says:

    J’admire votre courage et votre décision Cécile.Vos messages font évoluer ma position sur la clis. Je retiens qu’une clis est plus à l’écoute des difficultés de l’enfant que la classe ordinaire.
    L’ESS d’orientation de mon fils est prévue la semaine prochaine et j’ai de sérieuses appréhensions.
    Mon fils a 5ans et 4 mois, est en grande section avec un très bon niveau, il a une bonne avance sur les compétences scolaires, il sait lire, écrire, fait des dictées, et peut compter jusqu’à 100 mais sur le plan social ne peut tenir à l’école sans AVS. Si on part du principe qu’il n’aura pas d’ AVS pour lui tout seul en clis il n’y trouvera pas sa place car tandis que l’avs commune s’occupera des autres, il s’adonnera à ses stéréotypies. En même temps le grand effectif des classes ordinaires le pertube énormément.
    Mon objectif majeur étant la socialisation étant donné qu’il n’a pas de difficultés dans les apprentissages purement scolaires je voudrais le maximum de conseils.
    Merci d’avance

  8. cecile says:

    Bonjour Catherine,
    Je peux vous donner des éléments de réponse dans le cadre d’un commentaire, même si je vais faire un article là-dessus plus tard. Pour l’année prochaine, j’ai d’ores et déjà trouvé une CLIS dans une école privée à Paris qui aura deux avantages : tout petit effectif (5 ou 6 enfants, dont Adam, pas plus) et accord de l’école pour que je recrute moi-même, non une AVS mais une étudiante en psychologie, avec spécialisation en autisme pour le guider dans ses apprentissages et ses relations à autrui. Le but est qu’Adam progresse avec des outils adaptés et que petit à petit, l’étudiante le laisse devenir de plus en plus autonome dans ses apprentissages mais surtout dans ses relations avec les autres.
    Ma deuxième piste, c’est une CLIS assez proche de mon domicile avec tout petit effectif (5 enfants pour l’instant) et AVS collective .La décision ne dépend pas de moi mais de l’accord de l’inspecteur de l’académie concernée (qui n’est pas la même que la mienne alors que nous sommes à deux kilomètres !). Autant dire que c’est le parcours du combattant qui commence.
    Pour plus d’info sur ce dispositif sur la région parisienne et Paris, vous pouvez me contacter àl’adresse de cecile@autismeinfantile.com
    Bon courage

  9. chryjs says:

    Je vais être franc : les CLIS n’ont pas mauvaise réputation en fait. C’est juste le reflet du regard de la société sur le handicap. Et ça… n’évoluera que si les intégrations se multiplient et les parents communiquent pour faire changer cela (j’y crois encore).

    Des éléments de réponse aux remarques :
    - j’ai eu des élèves en CLIS intégrés à 100% du temps. Ca existe et c’est possible. En général ce genre de situation dure 1 an et ensuite, en fonction de l’âge, on propose une intégration définitive. Dans mon cas, ce genre de situation était consécutive à la combinaison d’une mauvaise orientation en fin de maternelle, avec un accueil plus que froid de l’équipe de l’école élémentaire concernée. Dans ce cas je ne peux que recommander de demander une dérogation pour une autre école plutôt qu’un passage par la CLIS si elle n’est pas nécessaire. Ne pas hésiter à consulter les écoles privées aussi.
    - la présence d’AVS-I en CLIS est tout à fait possible (j’en ai eu). La plupart du temps elles s’avèrent plus ou moins « inutiles » assez rapidement mais pas toujours. J’imagine qu’il faut batailler car la réponse du département doit surement être : je paie déjà une AVS-CO pourquoi en plus une AVS-I…
    - le lieu de la CLIS est peut être à mon avis un mauvais critère de choix : ce qui importe c’est la dynamique du maitre D (l’enseignant de la CLIS) et la composition de son groupe classe. L’exemple typique que j’aime prendre c’est la grande difficulté à y faire cohabiter par exemple un enfant ayant des TCC avec un enfant ayant des TED. Personne ne vous dira si cette situation existe car la nature des troubles est un secret. Parfois tellement secret qu’on ne nous le dit pas (aux enseignants). Je vous engage à demander à rencontrer l’enseignant (hors classe bien sûr) et à avoir un vrai échange avec lui/elle.
    - Le changement de département… pour avoir le problème par ici aussi… c’est souvent mission impossible. En France, les frontières départementales (MDPH et Académie) sont équipées de barbelés et de miradors très étanches. La plupart du temps les parents excédés que je connais ont fini par… se trouver une adresse postale dans la ou l’une des communes concernées. Du coup, plus de discussion mais par contre prise en charge du transport (taxi) = à leurs frais.

    Globalement : si la famille ne fait rien… il n’y a rien… mais ça je ne vous l’apprend pas ; c’est pareil pour tout.

  10. dominique says:

    pour ma part,mon fils alex 10ans est autiste leger a moyen verbal.il a suivi 5 annes de maternelle,pour ensuite etre oriente en clis c’est sa 3e annee en clis est il n’est toujours pas entré dans les apprentissages….nous avons recemment decidé avec l’equipe educative une orientation en IME.fais-je le bon choix pour Alex ? dieu seul le sait. voila …..l’avenir nous dira.

  11. dominique says:

    si quelqu’un pourrait me donner des informations sur le fonctionnement des IME ??? pour savoir si ce sont des lieux ou les enfants progressent? merci d’avance…..

  12. chryjs says:

    J’imagine que la « suite » pour Alex est liée non seulement à ses difficultés mais aussi à son âge. Un maintient peu sûrement être envisagé jusqu’à 11 ans mais pas plus.

    L’IME est une des issues possible à la fin de la scolarisation en CLIS, outre l’UPI (en collège), la SEGPA (plus rare voire improbable). C’est une structure dite « médico-éducative ». Ce qui veut dire qu’elle regroupe à la fois du médical (psychiatre, pédiatre…) et de l’éducatif (éducateurs, enseignants). Les enfants y entrent en construisant un projet de vie avec leurs parents avec à la fois un objectif d’autonomie dans la vie personnelle et aussi d’apprentissage d’un métier. Tout cela bien sûr dans la mesure des possibilités de l’enfant.
    Selon les régions les places en IME sont entre difficile à très difficile à obtenir (beaucoup de demandes, peu de places faute de financement), il faut le savoir. J’ai eu ouïe dire qu’à certains endroits « ça allait » (sans savoir où) ;-)

    Un enfant progresse quoi il arrive avec ou sans nous. J’imagine bien que votre question n’est pas sur ses progrès mais plus sur son accompagnement. La structure d’accompagnement d’un IME (souvent le site des SESSADs) est nettement plus importante qu’une CLIS. La plupart des IME permettent maintenant une demi-pension (autrefois c’était de l’internat quasi obligatoire).

    Je pense qu’avant d’accepter ou de décider, il faut y aller et se renseigner sur place. Comme toujours, ne pas se fier à la beauté ou non des murs mais plus au dynamisme de l’équipe (et sa stabilité).

  13. Lise says:

    Je suis concernée par cet article car ma fille présente des retards importants d’acquisitions cognitives. Nous sommes à peu près au sec tant qu’elle reste en maternelle. Je suis de l’avis de chryjs (dont j’ai apprécié les posts justes et pédagogiques) =>il faut aller voir et ne pas jeter le manche avant la cognée surtout en ce qui concerne les CLIS. Certaines peuvent être très bénéfiques et très adaptées. Malheureusement c’est pas partout il y a peut être un travail à faire à ce sujet vis a vis de l’EN et des professionnels.
    En ce qui concerne les iME, je pense que la place de nos enfants est davantage en structure légère et ouverte de type Sessad, avec une intégration en milieu ordinaire. Je n’aime pas l »idée que nous devions enfermer nos enfants dans des structures médico sociales a l’abri des regards et de la société. ils ont un retard, des troubles certes mais c’est le rôle d’une société solidaire de ne pas enfermer les plus faibles d’entre nous et les cacher. Nos enfants ont bcp a apprendre du millieu ordinaire, il faut essayer de préserver ce lien autant que faire se peut. Le reste du monde desinstitutionnalise et adopte des structures légères justement ce n’est pas que pour des raisons financières c’est avant tout pour remettre les individus extra ordinaires au milieu du monde ordinaire.

  14. chryjs says:

    Merci Lise.
    En passant : une CLIS un IME ou une classe ordinaire : elles peuvent toutes vous plaire ou vous déplaire et le contraire à la famille d’à côté. Tout n’est pas toujours très objectif non plus ;-)

    J’ai du mal à m’empêcher de commenter et de compléter.

    Autant jusqu’à 10/11 ans la scolarisation offre des solutions. Autant après… orientation en UPI… c’est censé être une structure similaire à la CLIS mais au collège.Sachez qu’il s’agit d’un dispositif et non d’une classe (sauf exceptions). On peut se demander si on met son enfant dans un dispositif ou dans une école ? Chacun sa vision des choses mais les mots sont importants, très importants. Surtout quand on touche au monde du handicap, il me semble.

    Dans certaines académies le nombre de places en UPI : logiquement, il en faudrait autant qu’en CLIS (à un facteur près). Je vous invite à consulter vous même le nombre de places offertes et la _proximité_ ou non avec votre domicile…

    A titre personnel, je ne considère pas l’IME (médico-social certes) comme désocialisant. Tout dépend de la pratique de l’IME en question qui doit notamment avoir un projet socialisant justement. Mais soyons honnêtes : déjà même en CLIS on est « isolé » du « reste du monde ». J’ai l’espoir (naif ?) de croire qu’il s’agit d’un choix en fonction de priorités : l’apprentissage avant l’image (de soi). Cela n’empêche pas de se retrouver dépassés par la réalité.

    Dans mon vécu professionnel (et d’être humain) j’ai vu (toutes ?) les familles avoir le choix aux 11 ans entre : IME= pas de place (et pas adapté à leurs enfants car handicap pas si envahissant), UPI= pas de place (ou inadapté car trop exigeant et collège pas vraiment accueillant pour leur niveau de handicap) et………. la déscolarisation ! A ma connaissance, elles ont toutes été plus ou moins contraintes à la troisième voie.

    Cruel choix que d’être parents.

  15. Lise says:

    oui Chrysj c’est compliqué, d’autant plus que pour mettre son enfant en CLIS ou UPI il faut que le retard mental soit léger à modéré….. Retard évalué d’après tests assez orientés scolaire, donc excluant d’emblée des enfants a bon niveau d’autonomie et de comportement mais inaptes à faire des suites logiques ou de la reproduction de dessin par ex.
    Le souci des CLIS c’est l’AVS-CO ne permettant pas un suivi individuel. Donc cela ne sera pas possible pour un enfant assez handicapé ou juste ayant des troubles sérieux de l’attention ou du décodage de langage.
    Que faire des autres , la majorité écrasante des autistes ? IME, pas de place et surtout le souci de toutes ces structures c’est les modes d’évaluation. Très compliqué en France de trouver des valeurs à évaluer quand on parle de handicap c’est tabou. L’évaluation d’un IME se fera plus sur l’environnement autour de la personne plus que sur ses progrès réels. Certains IME ont des PEI annuels qui tiennent en 3 lignes….j’exagère a peine.
    Il n’y a pas de critère commun, chaque directeur d’IME armé de ses conseillers médico techniques fera « sa sauce ». Certains IME acceuillant des autistes n’ont aucune structuration visuelle à offrir et ne souhaitent pas le faire et vraiment personne ne peut les y forcer a ce stade, sauf pétition de 50% des parents et envoi a la DDASS et a la presse ce qui relève de l’état de guerre déclarée. Donc au final il y a toujours qq parents qui se battent mais seuls et donc leur action est souvent lettre morte. Il n’y a pas de consensus sur le traitement de l’autisme. je connais un IME/IMPP où le groupe d’enfants autistes (et psychotiques……car ils jouent dans cette cour) ne font que de l’occupationnel sur la tranche des 3-7 ans puis sur la tranche des 7-18 un peu de TEACCH (6h hebdo en groupe) et c’est déjà considéré énorme et novateur…. Ils sont bien traités, le personnel est éminement dévoué et sympathique, les parents sont bien traités, pas culpabilisés ce qui est bcp vous me direz….mais la PEC fournie n’est pas adaptée et la période des 3-6 ans c’est du simple gâchis mais le pédo-psy pense que c’est néfaste de trop les pousser à cet âge…. Voilà c’est toujours un peu comme ça on se heurte à des gens charmants mais qui n’aident pas nos enfants…..Donc moi je n’y laisserai jamais ma fille, alors que faire si un jour on me dit « bon Madame c’est bien gentil mais on la garde plus » ?
    Il faudrait un consensus national avec une grille de PEC a appliquer en institution et une mesure des résultats avec des PEI qui tiennent la route et des inspecteurs DDASS qui tiennent la route au niveau de la connaissance du handicap et des PEC. C’est ce qui se passe ailleurs (pas partout) mais le temps que cela vienne ici nos gamins seront en géronto !!!!!

  16. Cécile Bouchaud says:

    Précision pour Lise, Adam est classé autiste sévère avec un retard mental profond.
    Côté autonomie, il ne peut rien faire ou presque seul (même aller aux toilettes par exemple), d’où ma demande d’avs individuelle non pas pour l’infantiliser encore plus mais pour lui permettre de l’accompagner dans l’acquisition de son autonomie.
    Côté scolaire, son évaluation est de niveau grande section, soit sa classe, mais elle a été faite par le maître E du groupe scolaire qui a mis toutes les conditions pour que cela se passe bien (il a vu Adam avant deux fois pour faire connaissance et le mettre en confiance). Celle de l’année dernière était lamentable, faite sans concertation par l’enseignante qui n’avait même pas consulté l’AVS d’Adam.

  17. chryjs says:

    NB: J’avais fait une première réponse que j’ai préféré ré-écrire (désolé).
    @Cécile : je pense à la lecture de ton commentaire que la scolarisation « ordinaire » pourrait etre envisagée, ou à défaut inscription en CLIS avec intégration à temps quasi complet dans une classe ordinaire. Rien ne s’oppose à la présence d’une AVS-I en CLIS ou en classe ordinaire dès lors que son cadre d’intervention est prévu et argumenté dans le PPS.

    @Lise : en fait j’avais écrit un énorme pavé tout à fait incompréhensible. Je constate la même chose que toi sur le terrain mais ne partage pas l’opinion de ceux qui décident de procéder de la sorte car rien dans la loi ni les textes règlementaires ne le prévoit. Je propose d’ajouter ces éléments dans un article « spécial CLIS  » à paraître, avec l’explication pratique et le fondement technique (le jargon quoi)… confrontés à la réalité du terrain… :-) )

  18. Lise says:

    Oui ce serait très intéressant de faire 1 article sur les dispositifs/orientations possibles et éducatives pour les enfants avec retard mental modéré à lourd qui ne peuvent pas être scolarisés en classe dite ordinaire. Et comment ça fonctionne, conditions d’accès, voire même un référencement par région. Ce serait vraiment très utile

  19. Pingback: Quelques articles intéressants du mois d'avril 2010 | Autisme Infantile

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>