Juin 2006. Voilà quelques jours que le diagnostic d’autisme a été confirmé pour Adam. À part quelques babillements, totalement interrompus à l’âge de 10 mois, je n’ai jamais entendu le son de la voix d’Adam, seulement des pleurs, des cris ou des hurlements, rien qui ne s’apparente à un langage alors qu’il va avoir trois ans à la fin du mois.
À cet âge-là, les parents s’extasient tous sur les progrès langagiers de leurs enfants qui vont bientôt rentrer à l’école. Moi, mon fils reste muet. Je suis privée de ce bonheur, très simple en apparence, mais tellement compliqué avec un enfant autiste.
En ce bel après midi de juin, je joue à faire un puzzle avec Axel; il a été un peu présomptueux et pensait réussir à assembler 200 pièces sans aide, à même pas 5 ans! Adam est assis à côté de nous, il entortille un bout de ficelle autour de son doigt, sa stéréotypie du moment, lorsque j’entends une petite voix fredonner « Frère Jacques ». Sans même lever la tête, je félicite Axel, lui qui d’habitude chante si faux, mais il me répond aussitôt que ce n’est pas lui. Alors qui est-ce?
Au même moment, Axel et moi nous nous tournons vers Adam qui poursuit sa mélodie. Je suis sidérée. Ainsi, mon fils peut émettre des sons ayant une signification, et en plus, il a une très jolie voix! C’est un vrai bouleversement pour moi, car si Adam peut chanter, il doit également pouvoir parler. C’est donc beaucoup plus rassurée que j’aborde la prise en charge orthophonique dès le mois de septembre 2006.
Ce goût pour la musique n’a jamais quitté Adam depuis. Qui plus est, la musique l’apaise.

Après « Frère Jacques », ce sont les autres comptines enfantines classiques que nous avions à la maison qu’il a apprises et toujours parfaitement reproduites. Le moment du bain s’est transformé en cours de chant pour le bonheur de tout le monde. Petit à petit, Adam a non seulement mémorisé les musiques, mais a aussi appris les paroles, avec de gros troubles articulatoires, bien sûr, mais progressivement, j’ai constaté des améliorations dans ce domaine.
Adam aura donc commencé à parler… en chantant.
La découverte des instruments a naturellement succédé au chant: la guitare à l’école, la flûte, les cloches musicales à la maison et le piano chez Papy et Mamie. Je me rends compte maintenant qu’Adam a partiellement détruit le mobilier du salon chez mes parents, à l’exception du piano, seul « meuble » respecté. Adam aime entendre sa mamie jouer, il l’écoute sagement.
Assez logiquement, la musicothérapie lui a donc plu. C’est ainsi que pendant plusieurs mois, Adam a retrouvé d’autres enfants souffrant de TED dans le cadre d’un atelier hebdomadaire animé par des psychomotriciennes et une professeur de musique, pour chanter et danser, avec la complicité des instruments de musique.
Lorsque la musicothérapie a dû s’interrompre, le mois dernier, au grand regret d’Adam, nous avons décidé, avec sa professeur de piano, de poursuivre avec des leçons individuelles. La première séance a été très émouvante car Adam a posé ses mains sur le clavier du piano et a su spontanément varier rythme et nuances pour improviser un quatre mains original et mélodieux durant une dizaine de minutes. C’était manifestement un moment de bonheur et de détente pour lui.
La semaine suivante, il s’est aussitôt habillé lorsque je lui ai dit que nous allions à la musique, pressé d’arriver, d’entendre de la musique et de jouer du piano, mais aussi de la guitare et du xylophone!
Sonnez trompettes, résonnez hautbois ! Au pays des merveilles d’Adam, la musique est reine.
C’est extra de lire ça, et de voir que nos enfants peuvent s’épanouir à ce point!
En tout cas, bravo et à lui et à vous!
Hé hé , je constate que je ne suis pas la seule à avoir un petit musicien à la maison , çà me réjouit !
), la chanson est un super renforçateur: on a une chanson de la joie pour les pipi dans les toilettes (rythme de sambas), une chanson familiale quand on a la patate (j’ai honte mais c’est « c’est bon pour le moral » de la compagnie créole ), ou let’s all chant (disco ) pour danser .
Stan savait parfaitement mémoriser et chanter , bien bien avant de m^me songer à communiquer par des mots.Et m^me maintenant qu’il entre dans le langage (d’ailleurs maintenant on commence à distinguer les paroles sur la musique
J’ai moi m^me une formation musicale, mon frère est baryton, ma belle famille est dans la musique jusqu’au cou..je suis sûre que par sa structure, l’émotion et la stimulation qu’elle procure, la musique offre un magnifique moyen de détente , et aussi un intérêt formidable pour nos enfants que l’on peut en plus vraiment partager avec eux.
Tout à fait d’accord Béatrice. Ensuite, il faut juste trouver la bonne structure. J’ai de la chance, la prof d’Adam est ma voisine et elle travaille depuis pas mal de temps déjà avec des personnes handicapées dans une institution.
La musique est un vrai plaisir pour Adam et pour moi car il a vraiment une oreille musicale. Tu me diras que dans la famille de ma maman, il y avait plusieurs pianistes. Et puis, Sainte Cécile est la patronne des musiciens !!! Quoi de plus normal.
Pingback: Un 21 octobre sur Autisme Infantile | Autisme Infantile
Bonjour
c’est intéressant de lire un autre témoignage d’enfant « musical’, on parle souvent des interets des enfants pour les nombres, l’empilage etc….mais rarement de la musique. Avant meme le diag pour Valentin celui-ci a 2 ans connaissait très bien les mélodies et ébauchait les paroles de plusieurs chansons. C’est après le diag qu’on a fait le lien avec son très grand intérêt pour la musique, les sons et sa très bonne mémoire musicale. J’ai un peu déchanté lorsque l’on m’a expliqué que la zone du cerveau « musicale » n’était pas la même que celle du langage…mais je reprends confiance parce que les paroles mémorisées sont ressorties en contexte (ex : petit pappa noel=>Valentin sait identifier le pere noel…) et effectivement plein plein de choses pourront etre faites à partir des comptines : 1) de maniere generale la musique l’apaise et nous aide a stopper les crises, 2) il suit les comptines , on lui met des petits clips on travaille son attention donc comme ça de manière détournée, 3) il apprend du vocabulaire,4) ça le rend heureux ! A 2ans et demi Valentin connaît plus d’une dizaine de chansons.