« Vas, cours, vole ». Cette citation résume à elle seule mes journées depuis quatre ans. C’est toujours délicat pour une maman d’arriver à concilier sa vie de mère avec sa vie professionnelle; ça l’est encore plus pour une maman d’un enfant autiste. Non pas que je fasse du sexisme en parlant des mamans, je sais que des papas font exactement la même chose que nous autres, mamans.
Je parlerai de mon expérience personnelle en tant mère d’un enfant autiste qui n’a jamais cessé son activité libérale, pour essayer de rassurer et déculpabiliser les autres mamans et papas qui travaillent et pour expliquer à ceux qui ne peuvent pas travailler comment je m’y prends.

Malgré toutes les remarques désobligeantes qu’on a pu me faire, du type « vous ne voulez pas vous occuper de votre enfant », j’ai poursuivi mon activité car j’aime mon métier, et il est important pour moi de continuer à avoir une vie sociale et professionnelle. C’est ma bouffée d’oxygène et mes enfants ne me le reprochent pas. De plus, c’est mon unique source de revenus. La contrepartie, c’est que je suis en mouvement perpétuel, et je reconnais que certains soirs, j’ai le sentiment d’avoir mal travaillé tout en ne m’étant pas suffisamment occupée des enfants. Dois-je continuer à exercer mon métier ou non, sachant qu’il est très prenant et stressant et qu’il m’impose de nombreux déplacements en journée? Cruel dilemme!
Bien sûr, je travaille beaucoup moins qu’avant. Surtout, j’ai eu la chance d’avoir des parents retraités, qui habitaient à deux pas de l’école et à cinq minutes de chez moi, et qui pouvaient donc prendre Adam le midi pour le faire déjeuner, le garder l’après-midi quand il n’allait pas à l’école, et l’emmener à certaines prises en charge. Sans leur aide, et maintenant sans celle de ma mère, depuis le décès de mon père, j’aurais dû chercher une solution du type travailler à mon domicile.
Il est bien évident que sans la présence de ma mère pour les temps de repas et pour la sortie d’école à 16 heures 30, j’aurais les plus grandes difficultés à poursuivre mon activité, car j’hésite à laisser Adam à la garderie. Il n’y reste qu’à titre exceptionnel, quand je n’ai pas d’autres solutions, et il n’a pas le droit de manger à la cantine.
Pour cette année 2009/2010, notre emploi du temps est enfin rôdé et je vous le livre:
- Lundi: je dépose Axel et Adam à 9 heures à l’école et je pars travailler. Déjeuner d’Adam le midi avec mamie et retour à l’école jusqu’à 15 heures 45, car ma mère vient le prendre pour la séance de psychomotricité. Puis retour chez mamie jusqu’à 17 heures 50, heure de mon retour pour le récupérer et aller chercher Axel à l’étude qui finit à 18 heures.
- Mardi: je dépose Axel à la garderie à 7 heures 55 pour emmener Adam à l’orthophonie à Vitry sur seine pour 8 heures 30. Retour à l’école à 9 heures 20 et je pars à Paris après avoir fait les courses de la semaine (il faut quand même se nourrir). Retour à 16 heures 30 pour faire goûter les enfants et amener Adam au Rugby pour 18 heures. Nous attendons au bord du terrain avec Axel jusqu’à 19 heures 30 puis, retour maison pour manger un repas rapidement confectionné.
- Mercredi: je suis à la maison. Axel a théâtre entre 11 heures et midi. À 13 heures 45, nous partons tous pour la piscine (Adam adore l’eau) et nous revenons pour le goûter et le cours de piano d’Adam à 17 heures 30. Après le dîner, j’emmène Axel chez ma mère car il dort chez elle.
- Jeudi: départ à 8 heures 10 pour la deuxième séance d’orthophonie pour 8 heures 30. Je dépose Adam à 9 heures 20 à l’école et je le récupère à 17 heures 50 pour aller prendre Axel à la sortie de l’étude à 18 heures.
- Vendredi: je dépose Axel et Adam à l’école à 9 heures et je les récupère à la sortie à 16 heures 30. Après le goûter, j’emmène Axel à l’athlétisme pour 18 heures avec Adam. Nous le récupérons à 20 heures. Plan pizza pour le dîner car il est 20 heures 15 quand nous sommes de retour et Adam a l’estomac dans les talons.
- Samedi: départ à 9 heures 40 pour le cirque pour 10 heures 30, retour vers 12 heures 15. Après le repas, j’emmène Adam au rugby pour 14 heures. Je reste sur les gradins avec Axel qui joue avec son copain jusqu’à 16 heures 30.
- Dimanche: relâche pour tous les trois. Ouf, la semaine est finie…
- Petites vacances scolaires: pas vraiment de solutions pour garder Adam, je m’arrête souvent.
Tout cela n’est pas vraiment reposant, je le concède. En plus, le temps de travail disponible n’est pas très important, surtout quand on a presque deux heures de transports en commun par jour. Je travaille donc partout quand je ne suis pas à mon cabinet: dans le RER, dans le bus, dans les salles d’attente en attendant Adam, l’ordinateur portable sur les genoux et le téléphone en main. Au diable la fatigue! Tant que j’y arrive, je continue, pour Adam!

Je crois que l’on a sensiblement le m^me rythme
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)) (j’ai déjà réussi à m’habiller et me maquiller ce week end : un exploit !).
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Je suis aussi la très grosse majorité des revenus de notre famille, donc , pas le choix, faut que je bosse, et papa joue le rôle de ta maman, et gère les activités d’Adrien, parce que nos familles sont très loin de nous .
Comme toi, j’apprends à optimiser à mort: je n’ai pas le RER mais c’est l’avion qui le remplace puisque j’ai un déplacement de deux nuits en Euope par semaine grosso modo.Quand je ne suis pas en déplacement, je suis en home office, donc là c’est l’optimisation maximale: Je profite des temps d’éveil et de présence à la maison de Stan pour le faire bosser un max, je profite de ses temps de sieste et d’école/ prise en charge pour bosser ou pour ce que j’appelle mes activités « autisme », et puis le reste du temps, je le consacre à Adrien.
Je commence depuis deux semaines à découper ma semaine en tranches, pour qu’il y ait une tranchouillette pour ma vie de couple, et pêut-être , un jour, si Dieu veut, une pour moi
En bref , il n’y a pas de temps mort, quand il y en a un c’est soit Adrien soit son père qui le squatte
Ben dis-donc les filles, quelle vie!!! Tu fais quoi comme job Cécile?


Bon moi je ne me plaindrais pas car je bosse à plein temps sur Paris, mais pars à 7h30 et reviens vers 18h00 le soir – c’est Papa la nounou et le « prime carer » comme on dit en Anglais, l’homme au foyer – donc pas de courses infernales (sauf pour lui, qui emmène Pearl partout sur son vélo
Le retour de la médaille, c’est un seul salaire pour 4, un 50m2 pour 4 et beaucoup de pâtes et de vêtements d’occasions
Mais dans l’ensemble, c’est pour nous la meilleure solution car pas de stress (sauf financier mais on gère)… Je passe toutes mes soirées avec les enfants et tous les week-ends et en profite un max!!!
En tout cas chapeau les filles, vous m’épatez!!!! Bravo pour cette énergie, c’est inspirant!!!
et bien quelle énergie !!!!!!!
pour ma part je suis à mi-temps et bien contente de l’être pour pouvoir emmener mon loustic aux divers rendez-vous.
je vous admire d’arriver à mener de front le travail, la vie de famille et les rendez-vous…
je vous admire d’arriver à bosser dans le RER alors que je profite de ce temps pour bouquiner car j’ai besoin de cette bulle d’air.
Salut les filles.
Alicia, je suis avocat.
Un conseil pour toutes les mamans qui travaillent, et notamment Béatrice: reposez vous quand vous le pouvez car après 4 ans de ce régime, je m’aperçois que j’ai de plus en plus de mal à récupérer de mes semaines. A moins que ce soit l’approche de la quarantaine (et de la vieillerie) qui se fasse sentir !!!
Euh, moi il m’a suffit de 7 semaines à ce rythme pour m’apercevoir que j’avais du mal à récupérer
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(c’est peut-être la dernière ligne droite avant la quarantaine qui est en cause pour moi aussi
Entre petites vieilles on se comprend
L’essentiel, c’est de se sentir jeune dans sa tête et c’est mon cas!!!
Là quand même, je dis chapeau… Quel emploi du temps!! Quand souffles tu???
Moi j’avoue que j’ai besoin de petits moments à moi dans la journée, souvent la sieste ou le soir à partir de 21h, pour être en pleine possession de mes moyens pour la puce. Mais toi, as tu ces moments là?
En tout cas, BRAVO, rien à redire… Si ce n’est souffle dès que tu le peux.. Mais ça à mon avis, tu le sais déjà!
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Bonjour à toutes,
je suis maman d’un petit garçon autiste de 6 ans, Axel. Je n’ai pas la chance de travailler, c’est mon mari qui a ce privilège.
Je suis styliste. Mon fils va 14h30 par semaine à l’école avec AVS soit le lundi de 8h30 à 16h30, le mardi jusqu’à 11h, le jeudi jusqu’à 13h et le vendredi jusqu’à 11h30. Il a 7h de prises en charges par semaine en libéral à l’extérieur et à domicile. L’an dernier, j’ai crée mon entreprise de création de vêtements et linge de lit bébé bio, je vendais mes créations dans les CE entre midi et deux heures, complément de revenus assez maigre et irrégulier mais cela me changer les idées. cette année, je n’ai plus que le lundi pour vendre mes créations, aucun CE de ma région ne vend le lundi ou presque. Je me retrouve donc sans emploi. J’ai bien pensé reprendre mes études en cours du soir (j’ai une maitrise d’arts appliqués) ou travailler le samedi, seul jour de la semaine ou je peux travailler toute l’année car nous n’avons aucun famille pour nous aider. Je ne sais plus, je suis totalement perdue et déprimée. Mon fils m’apporte beaucoup de joie mais aussi beaucoup de travail (il a beaucoup de troubles du comportement (cris, stéréotypies … rigidités) malgré une très bonne prises en charges comportementale dans un SESSAD pilote, le CERESA. Je suis seule, je gère tout, mon mari va bosser, il n’est pas conscient de ma grand détresse actuelle, j’ai envie de pleurer très souvent. Je dois tenir, coute que coute pour Axel.
Magali