Dans ma tête, elle a un prénom pétillant, celui de mon arrière grand-mère, un prénom de coquine: elle s’appelle Charlotte. Elle est blonde comme les blés, a des cheveux longs et bouclés, et adore le rose. Elle a les yeux gris vert d’Adrien, le sourire de Stan, et la tendresse de son père. Elle aime chanter, s’habiller en princesse, et faire tourner sa robe. Elle pique mon rouge à lèvres et passe des heures à me faire des coiffures.
Dans ma tête, elle admire ses grand frères et surtout son Stanou; elle le trouve drôle quand il dit des choses sans queue ni tête, elle aime le voir tracer des lettres, et jouer avec ses doigts le long de lignes qu’elle ne voit pas.
Dans ma tête et dans mon coeur, je l’imagine tout à fait. Et je voudrais que ce rêve devienne réalité. Je voudrais, mais j’ai trop peur. Et si elle aussi… si elle aussi était autiste…
Et si elle ne voulait pas avoir un frère comme Stan? Et si elle nous reprochait de l’avoir fait naître dans cette vie là? Et si Alex et moi, nous ne pouvions plus avoir assez d’énergie, de temps et d’amour à partager?
J’aimerais rencontrer ce troisième enfant, j’aimerais qu’elle pousse en moi, sans souci, sans angoisses , sans peur. J’aimerais tant encore une fois connaitre les « pourquoi? », les « regarde moi Maman, je saute! », les « je veux » , les « moi tout seul! ». J’aimerais rencontrer ce troisième enfant , même si c’est un garçon (c’est dire!).
Mais je ne le ferai pas, je n’oserai pas, je ne risquerai pas de tomber encore une fois sur la praline fourrée à la pâte de fruits dans la boîte de chocolats. Je n’ai pas le courage ni la confiance qu’il faut pour ça, je m’en veux trop de ne pas avoir réussi une fois…
![Comment parfois je suis un peu triste ou comment j'ai renoncé à tenter la petite fille crib (photo: [177])](http://autismeinfantile.com/wp-content/uploads/CommentParfoisJeSuisUnPeuTristeOuCommentJAiRenonceATenterLaPetiteFille-01.png)
Béatrice, ton témoignage est très touchant, surtout lorsqu’on a renoncé également à avoir un autre enfant, ce qui est mon cas.
Mais ne t’en veux pas de ne pas avoir « réussi » un enfant parfait, tel que tu l’imaginais pendant ta grossesse.
Stan est un petit garçon charmant, gentil, qui a des difficultés évidemment mais qui a grand besoin de ses parents, comme tout autre enfant.
Il a surtout des parents qui ont compris rapidement qu’il avait besoin d’aide et c’est la meilleure preuve d’amour que vous pouvez lui donner pour le faire avancer dans la vie.
Pfiou, tu m’as remué les tripes… Toutes ces interrogations, on les a aussi. Maëlys est notre première, et notre rêve : Qu’elle ne soit pas enfant unique… Je pense que nous on se lancera, mais avec la trouille au ventre. Ne sommes nous pas finalement égoïste? Ne tentons nous pas le diable? Mais d’un autre coté, qui ne tente rien, n’a rien. Et surtout entre être enfant unique et partager sa vie avec au moins un frère ou une soeur, n’y a t-il pas de question à se poser?
Mais je te comprend à 100%, même si je sais que la meilleur décision est la votre, et même si quelque part j’ai envie de te dire : Lancez vous.
Heu… nous, on s’est lancés.
Nous avons pris le temps (surtout moi !) mais avec mon mari, nous avons décidé que la vie ne s’arrêterait pas à cause du handicap de notre petit Matteo, 5 ans.
Je ne te cacherai pas que mes 2 premiers mois de grossesse sont des mois de doutes, malgré la force de notre conviction. Très régulièrement, je fais des cauchemars éprouvants où je vois Matteo se mettre en danger (il va traverser une route, s’approcher d’un précipice…) et où je suis gênée par ce bébé dans mes bras, qui m’empêche de voler à son secours. Heureusement, depuis quelque temps, mon mari entre en scène et sauve notre petit garçon !
Cette grossesse ne ressemble pas du tout à la première : quand j’attendais Matteo, j’étais assez sereine, jamais je n’aurais pensé à l’éventualité d’un quelconque handicap, d’ailleurs… j’avais même du mal à comprendre pourquoi cette hypothèse effrayait tant certaines de mes amies enceintes ! Je vivais tout très bien : pas de nausées, assez peu de fatigue, bref… 9 mois presque idylliques !
Aujourd’hui, je me sens fragile, souvent épuisée, et je me reproche de déprimer trop souvent.
Je m’inquiète pour tout, et surtout pour mon aîné : acceptera-t-il le bébé, risque-t-il de régresser.. ? Toutes ces questions, que je m’étais posées depuis longtemps déjà, ressurgissent à la faveur de la fragilité émotionnelle de la grossesse (merci les hormones !). La moindre douleur, la moindre tension m’affole, et j’attends la 1ère échographie un peu comme le Messie.
Et pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que si mon cadet était lui aussi autiste, eh bien je connaîtrais déjà le chemin, en quelque sorte.
S’il est vrai que je m’inquiète, je ne parviens pas à avoir vraiment peur… ni à regretter mon choix.
bonjour,
je suis moi aussi maman d’une « grande » fille de 12 ans souffrant de troubles autistiques.
je suis passée moi aussi par les memes questionnementset les memes difficultés.
et j’ai aujourd’hui une adorale poupée de 3 ans qui nous a ensoleillé notre vie et par la meme occasion celle de sa soeur qui s’est un peu remise en question ne voulant plus etre un « bébé »
L ainée est aujourd’hui en 6eme dans un super collège et avec l’aide d’un avsi .
Quand on pense que sa maitresse en petite section ne voulait pas la prendre au debut !!!
Merci Flo, un peu d’optimisme ne fait pas de mal
)
Bon moi je ne peux plus attendre 9 ans pour faire le ou la troisième, je suios déjà baucoup trop vieille: j’entame la dernière ligne droite avant la quarantaine samedi prochain
Ceci dit, je commence doucement à mettre les choses en perspective et à me dire, que notre parcours avec Stan ne sera peut-être pas toujours aussi compliqué !
cet ecart de 9 ans n etait pas volontaire.Mais avec le recul je me suis rendue compte que ma petite puce est arrivée au bon moment , avant nous aurions eu sans doute beaucoup de mal a gerer les angoisses terribles d elena et les pleurs et les besoins d’un bébé.
ce bon moment nous a permis de sortir de cette vie ou tout etait centre sur les pbs d’elena et ou il n’y avait pas vraiment de joie meme si c est une merveilleuse petite fille.
tout ça pour dire qu’il ne faut pas perdre courage , il y a des hauts et des bas mais il y a aussi de l espoir et la vie nous reserve parfois de jolies surprises.
alors il faut passer au dessus de tous ces pincements au coeur ,tous ces regards que l’on surprend et qui peuvent nous faire si mal.(comme cette maitresse de maternelle qui la regardait l’air de dire ma pauvre fille que peut on bien faire de toi?)
les enfants souvent sont bien plus tolerants que bien des adultes et nos enfants ont besoin d’etre a leur contact pour pouvoir progresser.
je m eloigne un peu du sujet , mais a lire tous les messages, il m’a semblé important de temoigner du vecu de ma fille .
bon courage a toi beatrice et a ton petit stan
ps: au fait , j’approche moi aussi de la quarantaine …
Parmis tous vos témoignages je me retrouve enfin, je me pose les mêmes questions, j’ai les mêmes angoisses. Mais malgré tout, avec vos expériences et sentiments ; j’ai l’impression que mon choix s’affirme. Je suis maman d’un petit garçon de 7 ans non autiste et d’un autre petit garçon de 5 ans autiste. J’ai toujours souhaité un 3ème enfant mais les problèmes de mon plus jeune fils me renvoi à réfléchir. Une première étape est en train de se faire nous sommes dans les tests génétiques, nous attendons les résultats. Nous attendons beaucoup de ces tests avant de prendre une décision définitive, avons-nous raison ? La piste génétique héréditaire n’est pas réellement affirmée si nous lisons différents articles, mais nous ne savons qui croire et quoi comprendre. Par contre je suis sûre que cela ne sera pas au détriment de notre enfant autiste, je pense que cela ne peux que l’aider et l’enrichir.
Fait le/la ce troisième enfant!!! je suis nounou d’une grande ted ns et de son petit frère neurotypique ,à priori, leurs parents ont mis en route le troisième, prévu pour avril ; et franchement je trouve que plus la fratrie est grande autour de l’enfant ted/autiste, plus il a de chance de progresser ; certe le quotidien est parfois difficile( j’en sait quelque chose, car c’est moi qui le gère du lundi au vendredi pour ce qui est de la journée) mais quand je vois ma puce se hisser sur la chaise prés de la table à langer, pour me regarder changer son petit frère et lui faire des bisous, au risque de tomber de la ditechaise, je trouve que la petite fille qui pleurait sans arret , a bien changé!elle est devenu trés sociable( un peu trop parfois, car j’ai l’impression qu’elle m’oublie, preuve qu’elle devient un peu plus autonome sur le plan affectif, ) j’aprécie aussi les moment où je suis enfin seule avec mes deux gnômes! sans accompagnante, grand-mères( elles m’aident beaucoup,et merci à elles) etc…non un ,deux ou trois enfants ; l’un n’est pas plus dure que l’autre! il faut simplement s’organiser, prendre le temps de faire les choses et surtout ne pas viser la perfection. C’est bien de se poser la question, mais parfois la nature fait les choses avant que tu trouve la réponse, car le petit troisième qui va bientot compléter la petite famille n’était pas du tout prévu, il s’est invité tout seul, si je peu dire!!!! et la maman est souvent plus en forme que moi!!! la maternité donne des ailes!!! alors un conseil prends le risque: elle peut étre trés bonne cette praline. Courage pour la suite!
Béatrice,
Je partage ton sentiment et ton angoisse à l’idée de faire un autre enfant. J’accepte et j’aime mon fils tel qu’il est. Ce qui me ronge, c’est l’inconnu qui plane sur son avenir, dans une societé du « marche ou crêve ». Serais-je à la hauteur pour m’occuper de deux enfants autistes, et faire front pour eux sans faillir?
J’ajoute pour conclure que tu as, peut être que Stan n’y est pas étranger, un vrai talent d’écrivain.
Nous, notre deuxième petit garçon a un autisme léger et donc il n’a été diagnostiqué qu’il y a deux mois alors qu’il a déjà 5 ans et demi. Nous avons donc déjà notre petite fille. Pour l’instant, elle a deux ans et demi et je ne sais pas si elle a un autisme léger comme son frère mais j’espère de tout coeur que non. Si nous avions su avant pour notre petit garçon peut être n’aurions nous pas tenté l’aventure, mais ça on ne le saura jamais…
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