Comment mon fils m’apprend la vie: la valeur d’un moment banal

Maintenant que l’orage du diagnostic est passé, maintenant que la vie reprend son cours, plus digne du gros fleuve que du ruisseau, maintenant que je commence tout doucement à accepter, je me rends compte que, finalement, tout cela prend un sens riche, voire passionnant.

L’aventure que nous vivons grâce à Stan me mène sur des chemins sur lesquels je n’aurais sans doute jamais flané, sur des sentiers escarpés auxquels je ne me serais probablement pas mesurée, sur des sommets où je n’aurais pas imaginé être transportée.

Je ne me rendais pas compte, lorque mon fils aîné avait 3 ans, de la masse de choses qu’il savait, de chaque petit pas qu’il faisait – c’était normal. Il avançait très vite, en plus, donc rien ne m’étonnait plus, déjà. Il avait marché à 9 mois, faisait des phrases complexes à 2 ans. J’étais « blasée ».

Stan m’a appris la valeur des choses obtenues de hautte lutte, la joie de la minuscule victoire insignifiante du quotidien. Je crois pouvoir dire que pas un jour ne passe sans émerveillement.

Dans le petit film associé à ce billet, on voit un enfant heureux, qui commence à revendiquer son autonomie à coups de « moi tout seul », un enfant heureux que sa maman pousse banalement sur une balançoire. Une maman dont on sent bien qu’elle est au bord des larmes, des larmes de joie bien sûr. Papa est derrière la caméra qui ne perd pas une miette de ce moment banal.

Moment banal mais précieux. C’était la toute première vraie séance de balançoire pour Stan, à 3 ans et demi… Nous avons mis plusieurs années à tenter désespérément d’obtenir ce moment tellement simple, cette joie enfantine tellement commune. Des mois à essuyer les crises en public, les morsures lorsqu’on voulait mettre Stan sur la balançoire.

C’est ces moments-là qui sont irremplaçables et qui donnent leur sens à notre vie de parents, et de parents d’enfants différents. Quel est le dernier moment magique que vous avez vécu? Partagez-le avec nous!

6 thoughts on “Comment mon fils m’apprend la vie: la valeur d’un moment banal

  1. Béatrice,

    Décidemment j’adore tes articles! :-)

    C’est tellement vrai ce que tu dis! Nos enfants nous apprennent à revaloriser les petites choses de la vie que nous ne voyons plus. Pour moi aussi c’est la fête tous les jours, au moindre petit progrès!

    Je me souviens de la première fois où il a fait une bêtise en me narguant du regard! J’étais tellement heureuse! C’était une telle victoire! Même si maintenant je dois sévir, et que c’est parfois fatiguant, au fond de moi, j’aime toujours autant lorsqu’il me provoque, avec ce ragard qui parle, communique!

    Merci pour ce bel article et bravo à Stan, champion de la balançoire!

  2. La grande leçon que m’a donnée Adam (et dans une certaine mesure Axel), c’est que le bonheur peut être fait de toutes petites choses. L’autre soir, et pour la première fois, Adam est allé tout seul au toilettes sans venir me chercher, et deux fois de suite ! C’était sa première fois ;-) . Hier soir, il s’est moqué de moi en me disant « Maman, elle fait des bêtises, elle a renversé sa tisane! ».
    Oui, vraiment, nos enfants sont extra ordinaires et leur progrès nous remplissent de joie.
    Bravo à Stan et à vous tous.

  3. il n’ya rien de plus vrai dans le monde que le bonheur abuser en sans moderation a trop se poser de questions sur le qu’a deviendra t il on oubli de vivre ces moments magiques tous simplement, merci je croyait etre seul a etre comblé de bonheur pour une petite banalité

  4. En tant que psy, j’ai pleuré le jour où le jeune ado Haut Niveau m’a dit en fin d’année :

    « -Tu seras encore avec moi l’année prochaine?
    - Non, je ne pourrais pas.
    - Ah ?
    - Pourquoi tu me demandes ça ?
    - Bah parce que je suis triste. Je t’aime moi. »

    La dernière phrase m’a achevé. 6 mois d’accompagnement, de jours difficiles, mais cette phrase a illuminé tout ces jours sombres. Magnifique ! J’en pleure encore rien qu’en y pensant.

  5. La semaine dernière , j’ai « découché » de la maison pour une nuit suite à un voyage professionnel. Mon mari m’appelle vers 20h pour me dire que Sam me cherche en repétant ‘mamamama’. Le lendemain , au moment du coucher , Samuel prends son doudou , et file comme une flèche vers ma chambre, se glisse sous les draps et m’appelle à sa façon. Il m’a demandé avec des signes de dormir avec lui, et ça , c’est une première! Finalement , moi qui râlait quand mon fils aîné squattait mon lit , j’étais trop heureuse de voir mon Sam faire de même!! Avoir un enfant hors normes, c’est découvrir la simplicité du bonheur.

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