J’ai rencontré SuperPapa il y a 10 ans. Lorsque nous nous sommes mariés en 2000, j’étais enceinte de mon fils aîné jusqu’aux gencives. Nous nous sommes mariés dans l’allégresse, l’insouciance, sûrs que l’on était vraiment faits l’un pour l’autre.

Nous nous sommes mariés pour le meilleur et pour le pire, selon l’expression consacrée, pour fonder une famille, pour nous qui avions eu un parcours un peu chaotique, pas banal.

Ça n’a pas été facile tous les jours avec Adrien, avec qui nous avons été confrontés aux problématiques liées à la précocité. Ça l’est encore moins avec Stanislas, où notre rôle parental va être encore plus exigeant.

Mais, j’en ai chaque jour la confirmation, j’ai fait le bon choix. Le prince charmant est un papa d’élite, et dans l’éducation de Stan c’est primordial.

Nous sommes ici une communauté de mamans, probablement parce que c’est traditionnellement la maman qui prend en charge le quotidien des enfants. Mais  Papa, chez nous, il est très important:

  • Papa, il console Maman quand elle a un petit coup de blues et qu’elle a besoin de s’aérer la tête.
  • Papa, il joue avec Adrien quand Adrien en a marre que Stan prenne autant de place dans l’agenda de ses parents.
  • Papa, il a plus de recul, il ne pense pas qu’à « ça » (je parle de l’autisme bien sûr!).
  • Papa, il sait « brusquer » son fils avec tendresse, le bousculer dans ses peurs, lui montrer qu’il peut faire plein de choses, prendre des risques physiques, et donc gagner un peu de confiance en ses capacités.
  • Papa, il sait être inflexible, parce que les règles sont les règles, que le jour on joue, et la nuit on dort, et que Papa, ça ne le dérange pas qu’un petit nain pleure et tempête pour dormir.
  • Papa, il est fort, il a la puissance et la solidité à l’épreuve des colères de Stanislas. Papa, c’est comme un roseau qui plie mais ne rompt pas.
  • Papa, il connait les secrets du pédalage, du pipi de garçon, d’une bonne bagarre renforçatrice, d’un beau dessin.
  • Papa, il comprend bien Stan aussi, parce que Papa vivait aussi dans sa bulle quand il était enfant. Papa faisait des dessins incroyables de précision et de détails quand il était petit. Papa connait tous les acteurs de tous les films par leur nom, même les tous petits rôles. Papa, il est fondu d’informatique, c’est sa grande passion, il a appris tout seul, comme ça… Papa il sait comment contrôler sa colère car il en a fait beaucoup, longtemps, de grandes et fortes. Il y a même des gens qui disent que Papa était un ours avant de me rencontrer.

Papa c’est vraiment une carte maîtresse dans notre jeu contre l’autisme.

Alors, les Papas? Comment voyez-vous votre rôle, votre place, dans cette triade un peu spéciale Maman, Papa, enfant autiste?