Avant que ma psychomotricité fine et ma coordination oculo-manuelle ne soit perturbées par les quelques coupettes que j’ai été forcée de boire pour oublier toute la pourrititude de l’an 2011, je voudrais formuler ici quelques bonne résolutions de mère crocochonne, dont vous pourrez compléter la liste (faites attention, je contrôlerai l’an prochain—si le calendrier Maya me le permet—qu’elle ont bien été tenues):

  1. Je soutiendrai par ma présence—physique—les évènements clés qui vont jalonner l’année. Par exemple, lorqu’une manifestation est programmée le jeudi 16 février à 15H30 à Lille, devant le Conseil de l’Ordre des médecins, au 2 rue de la Collégiale, pour soutenir VLA qui colle un packeur devant le Conseil de l’Ordre, je ne dirai pas « non, je suis désolée, le jeudi j’ai piscine ». Je bougerai mon popotin pour organiser la garde des nains entre copines, je me renseignerai sur les tarif de groupe SNCF, ou je chargerai ma voiture de quelques kilos de mamans d’enfant autiste supplémentaires, et je foncerai à Lille. Dire sur Facebook « Le packing c’est pas bien », c’est parfait. Le dire en face, à haute voix, dans la vraie vie, c’est encore mieux, et c’est notre responsabilité de parents d’enfants autistes.
  2. Je lirai en profondeur et dans le détail les recommandations de prise en charge que la Haute Autorité de la Santé va publier en février. Mieux que je ne l’ai fait avec le socle commun. Même si c’est 380 pages écrites en tout petit, même si je vais perdre en glamour power, au lit, avec mes lunettes double foyer. Parce que c’est à nous, parents, de diffuser l’info. Largement, en détail et en nuances, partout où l’on passe, et de réclamer l’application sans concession de ce qui s’y trouve.
  3. Je penserai solidarité, coup de main, partage, mais aussi merci, renvoi d’ascenceur quand je bénéficie du partage d’expérience. La solidarité et l’échange, c’est le bien le plus précieux de notre combat. C’est parce que des plateformes comme Autisme Infantile existent que de plus en plus de familles évitent les chausses-trappes de la prise en charge à la française, et se sentent assez fortes pour faire respecter leur droits.
  4. Je me rappelerai chaque jour, et surtout les mauvais, que nous éduquons de futurs adultes dignes, autonomes, et indépendants. Que demain est un autre jour, celui où les autistes français adultes pourront enfin prendre la parole, et faire leur propre advocacy. Je me rappellerai que c’est mon devoir de mère de préparer le terrain pour mon enfant, pour qu’ils puisse, à son tour, définir la place de la personne autiste en France. Je me rappelerai que j’éduque mon enfant AHN, non pas pour qu’il planque son autisme, mais pour qu’il en soit fier et heureux.
  5. Je penserai à moi, à mon mec, à mes autres enfants si j’en ai, à ma vie, mon oeuvre, mon régime, mes fringues, la qualité de ma peau, mes kilos en trop, le film que je n’ai pas vu depuis trois ans et qu’il faut quand même que je voie, le roman qui n’est pas terminé car j’ai lu dix bouquins sur l’autisme entre temps, bref, je penserai à la vie qui court et continue, parce que ce dont nos enfants différents ont besoin, c’est aussi d’une maman relax, et de leur papa, parce que l’année de l’autisme, chez nous, ça fait cinq ans qu’elle dure, et elle ne va vraisemblablement pas s’arrêter tout de suite.

Et vous, quelles résolutions prenez-vous en cette année de l’autisme, grande cause nationale? Partagez dans les commentaires de l’article.