Les otaries du zoo de Plaisance du Touch

L’article Les otaries du zoo de Plaisance du Touch a été publié le 04 août 2010 sur le Blog de voyage ebookers.ch, qui m’a gracieusement permis de le republier ici.

Les otaries du zoo de Plaisance du TouchL’été de 2007 a été un été plutôt triste pour nous. En quelques mois, nous apprenions que notre fils aîné est autiste, et notre vie avait été chamboulée sans espoir de retour à ce qu’elle était avant.

Maintenant qu’on nous avait mis le doigt dessus, c’est vrai, c’était clair que Matthieu avait des intérêts limités, répétitifs, et qu’il ne regardait ni dans les yeux, ni les choses que nous pointions du doigt sans arrêt pour essayer de l’y intéresser.

Mais ne partez pas tout de suite… il y a une jolie histoire derrière ce début catastrophiquement tragique.

Nous avions décidé, pour nous changer les idées et amuser un peu les enfants, de faire un tour au zoo de Plaisance du Touch, African Safari, un très bel endroit plein d’animaux — en liberté ou en cage, selon les endroits où vous vous baladez.

Nous avons vu les panthères, les aras, les lamas, les antilopes… tous les animaux du zoo, un par un, en essayant d’intéresser les enfants. Matthieu ne regardait pas, et Julien, notre fils cadet, était tout petit (à peine 5 mois) et ne voyait sans doute pas aussi loin. La journée, bien qu’agréable pour les adultes, se révélait un échec, alors qu’autour de nous tous les enfants de autres se régalaient, pointaient les animaux du doigt avec excitation et conversaient avec leurs parents.

Les otaries du zoo de Plaisance du TouchCe n’est que lorsque nous sommes entrés dans le petit passage qui va en-dessous du niveau de la piscine que Matthieu s’est mis à réagir à la vue des otaries à crinière.

Les otaries réagissaient-elles ainsi à chaque visiteur? Je ne saurais pas le dire, car étrangement nous étions seuls dans ce petit tunnel obscur, à regarder ces animaux passer et repasser devant la grande fenêtre où se tenait Matthieu. J’aime à penser qu’elles ont compris que Matthieu est différent, et qu’elles sont venues lui montrer qu’il y a un monde au-delà de celui qu’il a dans sa tête.

Nous sommes repartis revigorés de cette journée, confiants dans l’avenir, non pas grâce à un chien, à un poney ou même à des lamas, animaux reliés par de nombreux témoignages à l’autisme, mais bien à des otaries… le dernier animal, sans doute, auquel on aurait pensé pour éveiller un enfant autiste au monde qui l’entoure.

Ce zoo reste un de mes meilleurs souvenirs de sortie, en particulier avec mes enfants. Avez-vous vous aussi de jolies histoires à raconter par rapport à un lieu qui vous a marqué? Partagez dans les commentaires.

La zoothérapie

La zoothérapie

Palouse Horse (photo: skedonk)

Béatrice nous avait parlé du bienfait de la zoothérapie avec son article Zoothérapie et autisme: plus original et accessible que les dauphins, Charlène Périolat et les Lamas des Plaines. De même, Catherine nous avait fait part des grands progrès faits par sa fille Maëlle depuis qu’elle a obtenu un chien d’assistance de la fondation Mira: Un chien d’assistance pour mon enfant autiste: Bonne fête Labelle!

J’ai envie de vous en reparler aujourd’hui, parce qu’il est question de trouver une activité de loisir qui puisse se faire en groupes limités pour aider Matthieu à mieux s’intégrer l’année prochaine à l’école, et l’équithérapie a été mentionnée, car là où nous allons déménager d’ici la fin de l’été il y a un lieu pas loin du tout qui propose aux enfants (même aux enfants handicapés) d’approcher et de monter des chevaux.

L’équipe thérapeutique de Matthieu pense que cela peut lui être bénéfique, car cela lui permettra d’apprendre plusieurs notions, comme de patienter, de faire chacun son tour, de faire doucement, etc. Il y a aussi tout le côté approche de l’animal qui peut lui permettre de communier un peu avec le cheval, de s’intéresser à un autre être vivant, de réduire son stress. Nous ne savons pas encore sur quelle activité de loisirs nous allons nous porter (il y a aussi une question de logistique et de coût qui n’est pas négligeable), mais c’est une possibilité parmi beaucoup d’autres.

Comme toujours, je mets en garde par rapport à la confusion que peut apporter le suffixe -thérapie dans zoothérapie. Ce n’est en aucun cas une possibilité alternative à une prise en charge adaptée, qui doit comprendre de l’orthophonie et de la psychomotricité, et si possible un suivi pédopsychiatrique avec un professionnel de la santé qui comprend bien l’autisme. Mais cela peut être, dans le cadre d’un divertissement, un moyen comme un autre de progresser, d’apprendre des comportements adaptés, de vivre en groupe, etc. Le choix de passer du temps avec des animaux est à faire selon les goûts de l’enfant: d’autres préfèreront la musique, le sport… l’important étant de donner à son enfant la possibilité de faire une activité de loisirs qui l’intéresse et qui le « tire vers le haut ».

L’intérêt de passer par les mains de thérapeutes, même si la zoothérapie ne « soigne » pas, est que ces personnes sont familières avec la plupart des handicaps, savent les précautions à prendre pour la sécurité de l’enfant, là où des personnes comme vous et moi ne verraient pas forcément de risques ou de dangers.

Avez-vous choisi la zoothérapie pour votre enfant? Avec quel animal? Que pouvez-vous nous en dire? Partagez dans les commentaires.

Zoothérapie et autisme: plus original et accessible que les dauphins, Charlène Périolat et les Lamas des Plaines

Llama 2 (photo: nao-cha)

Llama 2 (photo: nao-cha)

Je vous propose aujourd’hui une interview de Charlène Périolat, la « maman » des Lamas des Plaines. J’ai découvert le travail de Charlène, par hasard, sur Facebook, grâce à Camille ma « petite » cousine. Ma curiosité naturelle m’a poussée à lui poser quelques questions que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui.

Bien sûr, nous sommes tous d’accord, nos enfants ne seront pas « guéris » par la zoothérapie, mais nous sommes tous à la recherche d’expériences enrichissantes, plaisantes, heureuses et renforçantes qui puissent enthousiasmer nos enfants, et je crois que cette activité là est exactement ce qu’il faut pour un moment de joie, de partage, et de douceur en famille.

Charlène, pourriez vous nous expliquer ce qu’est la zoothérapie?

La zoothérapie, je peux vous en donner le définition tel que l’IFZ (Institut Français de Zoothérapie) la définit:

« La zoothérapie est définie comme une médiation qui s’exerce en individuel ou en groupe à l’aide d’un animal familier. Ce dernier, consciencieusement, est sélectionné et éduqué, sous la responsabilité d’un professionnel, appelé le « zoothérapeute »,dans l’environnement immédiat de la personne chez qui le zoothérapeute recherche à éveiller des réactions visant à maintenir ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif.

La zoothérapie est une méthode de travail qui favorise les liens naturels bienfaisants entre les humains et les animaux. Elle s’applique notamment à des fins préventives, thérapeutiques ou récréatives. La zoothérapie mise sur la réciprocité dont fait preuve l’animal de compagnie et sur son potentiel de stimulation et de motivation.

Nous pouvons noter que la zoothérapie ne guérit pas, la zoothérapie n’est pas une médecine. Nous pouvons la considérer comme un accompagnement de soins. »

Concrètement, on va parler de médiation animale. Pour cela, on va remonter à l’enfance et refléchir aux besoins que nous avions. En effet, étant enfant, chaque individu a déjà eu des peurs ou des angoisses qu’il confiait à une peluche ou un ami imaginaire. L’animal médiateur jouera ce rôle d’éponge émotionnelle auprès des personnes (adultes ou enfants) en difficulté, tout en étant bien impliqué dans le réel.

Pourquoi utiliser des lamas? Quelle drôle d’idée!

J’ai choisi le lama car c’est un animal sécurisant. Il possède un bourrelet de gencive sur la mâchoire supérieure et non des dents, de ce fait il n’y a aucun risque de section. C’est également un animal qui ne rue pas (n’ayant que le puma comme prédateur naturel, son moyen de défense est la fuite), et qui ne possède pas de sabot, donc nous sommes en sécurité a ses côtés.

Ensuite, pourquoi le lama? Pour sa beauté, son allure fière, ses yeux doux, la douceur de sa laine, et tout ce qu’il représente. Sur le site, les lamas agissent sur deux plans en mettant les personnes en avant: l’estime de soi et la motricité (il crée la motivation à se déplacer).

Avez vous déjà accueilli des enfants ou des adultes autistes?

Oui, nous avons déjà accueilli des autistes, des personnes atteintes de troubles associés a l’autisme et atteintes de cécité. Dans ce cas, nous travaillons sur le sensitif, énormément, le toucher, la douceur, le calme. Une chose étrange qu’arrive à faire le lama, c’est de maintenir le regard des personnes autistes… Je ne saurais en expliquer le pourquoi, mais au moins les lamas sont dans le contact et la communication avec eux.

Qu’avez vous observé dans la relation enfant autiste/lama?

Souvent, les personnes se sentent rassurées. Parfois, la peur de l’animal fait que l’on met un peu plus de temps, mais souvent le lama finit par convaincre et à rassurer (l’effet de peluche avec la laine des lamas rassure les enfants qui la touchent).

Comment se déroule une séance?

En individuel, nous allons chercher à responsabiliser la personne face à l’animal. Exemple de la journée: on se lève, on se lave, on petit-déjeune. Eh bien pour le lama, c’est pareil: on va le brosser, lui donner à manger, le préparer à travailler (balade parcours de motricité, etc). Chaque séance individuelle est suivie et évaluée, on parle alors de programme via la médiation animal.

En groupe, on travaille différemment car on va jouer sur l’effet de groupe pour faire avancer les personnes dans le bon sens en les valorisant les unes par rapport aux autres. Les plus fortes aident les plus faibles. On responsabilise différemment et on fait marcher les personnes. En groupe, pas de suivi, mais plus des activités ludiques et divertissantes.

Un mot d’ordre pour le centre de zoothérapie Tendres Oreilles: aller au-delà du bien-être avec la médiation animale. Un grand merci à Charlène pour sa disponibilité et sa gentillesse. Et vous, avez-vous déjà utilisé la médiation animale pour aider votre enfant?