Combien de fois me suis-je entendu dire: « ce serait peut-être bien de faire la formation PECS, cela permettrait à Mathilde de l’utiliser pour se faire comprendre et qu’elle vous comprenne ».
Depuis l’annonce du diagnostique de Mathilde, j’ai lu je ne sais combien de livres, j’ai compulsé toutes les méthodes possibles et immaginables, et j’ai décidé de commencer le PECS toute seule.
De toute façon, au moment où je m’y suis mise, Mathilde n’avait qu’une prise en charge en CMP où l’on me disait qu’elle n’était pas prête pour de l’orthophonie… Sauf que le CMP a oublié de me dire (oh ben ça alors, c’est étrange!) que certains orthophonistes en libéral sont formés au PECS. Et quand le CMP a décidé que c’était non, ils vous mettent des bâtons dans les roues, parce qu’ils ne veulent jamais avoir tort. Et je ne sais même pas s’ils connaissaient la méthode…
Bref, j’ai commencé par étudier les principes de base du PECS, j’ai fabriqué les pictogrammes avec des photos prises à la maison pour que les images correspondent exactement à ce que Mathilde aurait pu demander. Chaque bouteille de jus de fruits, une assiette de chaque aliment, chaque gâteau, la tétine, le doudou, les couches, la photo de la maîtresse…
Dans les premiers temps Mathilde a très bien compris à quoi cela servait. Elle ne donnait pas la photo mais la montrait du doigt, ce qui a permis d’éviter des crises à essayer de comprendre ce qu’elle voulait. Effectivement, quand elle nous lançait la main vers un placard et qu’on ne comprenait pas, il fallait tout sortir jusqu’à ce qu’elle prenne le bon truc.
En grandissant, vers 6 ans, elle a été assez grande pour montrer et attraper directement ce qu’elle voulait et se faire comprendre. Quand elle voulait à boire, elle amenait la bouteille et le gobelet. Ah, super, mais il faudrait le dire! Elle n’a jamais pu. Donc, pendant 3 ans, elle n’a utilisé ses photos que pour sa tétine et son doudou, et encore, seulement quand elle ne les trouvait pas elle-même.
Quand vint le jour où le SESSAD proposa, enfin, une prise en charge en orthophonie. Et, ô surprise, l’orthophoniste va travailler plusieurs méthodes: PECS, MAKATON et verbal.
Il faut dire que Mathilde a quand même 9 ans à ce moment là, qu’elle commence à dire des mots, mais qu’elle les prononce très mal. En trois séances, elle comprend le système d’échange d’images qui commence par la nourriture (elle ne sont que toutes les deux). Si tu veux les bulles, tu me donnes le pictogramme, renforcé par un petit morceau de gâteau.
Donc, branle-bas de combat: achat du PECS et du classeur de communication, de la plastifieuse de compétition, des scratchs, un nouveau tableau et despetites boîtes, et c’est parti! On va faire le vrai PECS avec les bandes phrases et tout et tout (à savoir que les frais ont été pris en charge au titre de l’aide exceptionnelle de la PCH sur présentation de la facture).
Ça marche! Mathilde sait maintenant aligner plusieurs pictogrammes sur la bande. Elle met de plus en plus de mots sur le pictogramme pour les demandes, parce qu’à chaque demande je verbalise, et qu’elle doit faire pareil. Elle les utilise aussi à l’école.
Le principe n’est pas compliqué, il faut juste que l’enfant comprenne le sens de l’échange. Dans le cas de Mathilde, les pictogrammes sont un support du verbal, parce qu’elle est très « visuelle » et préfère passer de l’image au son plutôt que le contraire.
Si vous passez de temps en temps sur notre 
