Ma quête: les 5 premières étapes

Ma quête: les 5 premières étapesMa quête au pays de l’autisme a débuté il y a un peu plus d’un an, et j’ai l’impression d’être au commencement d’un très long chemin.

J’ai eu envie de faire le point à travers ce texte en retraçant les différentes étapes-clés traversées au cours de cette première année. Le but est également de vous faire partager les petits trucs qui m’ont permis, et me permettent encore chaque jour, de garder la tête hors de l’eau.

Étape 1: L’abandon des préjugés

Mea culpa à toutes les personnes autistes et leurs proches, mais j’avais une vision plutôt tronquée et réductrice de votre réalité.

J’imaginais qu’une personne autiste était comme enfermée dans un monde auquel personne n’avait accès et qui n’avait pas conscience du monde qui l’entourait.

Cette image a, sans nul doute, retardé ma prise de conscience du handicap de petit Tom, qui peut se montrer si présent et curieux de son environnement. C’est après de nombreuses recherches sur le sujet que j’ai réalisé qu’il y avait autant d’autismes que d’autistes…

Ma première étape sur le chemin de l’acceptation consiste donc en l’abandon de l’image caricaturale que j’avais de ce handicap. Elle est difficile à traverser, mais se révèle tous les jours de plus en plus cruciale pour l’avenir de petit Tom.

Étape 2: S’informer avec suspicion

Dès mes premiers soupçons, j’ai été atteinte d’une véritable boulimie documentaire. J’ai lu tout ce qui me tombait sous les yeux et je me suis vite rendue compte qu’il était parfois difficile de faire la part des choses entre ce qui est vrai et ce qui est faux sur l’autisme.

Une pédopsychiatre m’a affirmé un jour qu’un enfant autiste avec un quotient intellectuel normal était incapable de fréquenter une école ordinaire. J’ai réalisé par la suite qu’elle avait tort: certains enfants autistes en sont capables et le font. Alors, pourquoi décourager les parents avant même que leur enfant n’ait essayé et, surtout, avant même que leur enfant ne soit en âge d’être scolarisé?

Depuis cette mésaventure, je prends toutes les  informations qui m’arrivent avec prudence et je n’hésite pas à les confronter à d’autres.

Je tiens à préciser qu’actuellement j’ai confiance dans le corps médical que j’ai choisi (pédiatre, neuropédiatre, nouveau pédopsychiatre…). Il est important de s’entourer de spécialistes, même s’il faut garder à l’esprit que les médecins ne sont pas à l’abri d’une erreur et qu’on est loin de tout savoir sur l’autisme actuellement.

Étape 3: Reprendre confiance en soi

Quand j’ai réalisé que Tom est autiste, j’ai culpabilisé de ne pas avoir détecté plus tôt que son comportement n’était pas celui d’un enfant neurotypique. Il m’a fallu de nombreux mois avant que je ne fasse à nouveau confiance à mon intuition de maman. J’avais tellement peur de me tromper à nouveau…

Et pourtant, avoir confiance en moi est essentiel car je suis incapable de choisir ce qu’il y a de mieux pour mon enfant si je ne me sens pas « en communion » avec lui.

Chaque jour, je me répète que les professionnels qui s’occupent de Tom ont leurs spécialités, et qu’il est important d’écouter leurs avis, mais qu’en définitive les seuls spécialistes en « petit Tom » ce sont nous, ses parents. Personne ne le connaît aussi bien, et les décisions finales nous reviennent. À nous de choisir les bonnes…

Étape 4: Trouver un juste milieu entre rester réaliste et positif

« Tom est autiste. L’autisme est un handicap, ce qui veut dire qu’il ne guérira jamais. Il gardera ses traits autistiques toute sa vie et il lui faudra peut-être, en plus, gérer d’autres troubles associés à son handicap. »

Tout ça est bien rentré dans ma petite tête mais en quoi est-ce représentatif du futur de mon enfant? À quoi dois-je m’attendre? Personne ne peut me le dire… J’essaie donc de vivre au jour le jour en appréciant tous ses progrès, tout en gardant à l’esprit qu’un enfant autiste peut évoluer vers le meilleur comme le pire. Finalement, je me dis que c’est à la fois un avantage et un inconvénient de l’autisme: personne ne peut vous garantir quoi que ce soit sur les progrès de votre enfant à court, moyen et long terme. Et si rien n’est figé, tout est encore possible… J’ai d’ailleurs constaté que le mot fétiche chez tous les intervenants de Tom est « peut-être ».

Et puis, je me dis aussi que si Tom avait été neurotypique, j’aurai nourri de grands projets pour lui sans pour autant en devenir malade s’il ne les avait pas réalisés. Ca fait partie du plaisir d’être parents que de pouvoir projeter ce qui nous semble être le meilleur pour le futur de notre enfant.

Étape 5: Réaliser qu’on peut être handicapé et heureux

Une des étapes les plus importantes! Tous les jours, quand je vais réveiller Tom et que je le vois me faire ses gigantesques sourires, je sais qu’il est très heureux. Avoir un enfant autiste m’a fait réaliser que le bonheur n’était pas uniquement cette image préformatée que la société nous renvoie en permanence (beau, riche et de beaux enfants sans handicap). On peut être handicapé et heureux, ou parent d’handicapé et heureux (même si ça rend la vie plus difficile). Chaque fois que je le regarde ou que je pense à lui, je sais que mes sentiments pour lui n’auraient pas été plus intenses s’il avait été neurotypique.

Ma quête: les 5 premières étapes

Quand on commence une quête, c’est qu’on est à la recherche de quelque chose. Comme vous vous en doutez, ma quête est loin d’être finie car ce que je recherche c’est un Tom autonome, heureux et épanoui à l’âge adulte. Il y aura encore de nombreuses étapes à traverser… Les deux mots de la fin seront donc « carpe diem ».

Deux mois plus tard

Que de batailles et d’acharnement… Nous sommes le 21 juillet 2009 et notre pédopsychiatre nous fait un certificat médical pour Pearl. Le verdict tombe: Troubles Envahissants du Développement avec Troubles Autistiques. Pourquoi a-t’elle rajouté troubles autistiques me demanderez-vous? Et bien c’est tout simplement afin que la MDPH offre une meilleure couverture pour les thérapies de Pearl, car parfois un diagnostic de TED n’est pas suffisant pour avoir une bonne AEEH d’après la pédopsychiatre. La demande d’ALD est aussi faite ce jour là et part à la CPAM.

Deux mois plus tard

Nous parlons ensuite prise en charge. Il faudra que Pearl fasse de la psychomotricité, donc elle nous donne une ordonnance pour faire un bilan et une prise en charge. Elle nous conseille aussi de retenter une adaptation à la halte-garderie (un premier essai en 2008 alors que Pearl avait 15 mois s’était avéré catastrophique et nous avions donc abandonné l’idée).

En résumé Pearl devra faire deux fois 30 minutes d’orthophonie (méthode PECS comme recommandée par la psychologue et la pédopsy), 45 minutes de psychomotricité et 45 minutes avec la psychologue (méthode TEACCH) toutes les semaines. Nous trouvons une orthophoniste sur Sèvres (à 30 minutes en vélo), qui non seulement est spécialisée PECS et Makaton (une autre méthode pour autistes), mais qui plus est a de la place à partir de septembre pour prendre Pearl et nous verra le 2 septembre. La psychologue nous fixe un premier RV de prise en charge le 4 septembre. La première semaine d’août, nous trouvons un psychomotricien spécialisé sur Versailles qui voit Pearl pour son bilan et convient de la prendre en charge à partir du lundi 31 août.

Je dépose le dossier de demande d’Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé (AEEH) à la MDPH le 11 août. Il passera peut-être en commission fin octobre, s’ils parviennent à rattraper leur trois mois de retard.

VICTOIRE! Nous avons mené une lutte acharnée depuis le 20 mai et avons fait tout ce qui était humainement possible de faire pour notre jolie poupée, afin qu’elle soit diagnostiquée, prise en charge et aidée. Papa a travaillé sans relâche avec elle tous les jours. Maman a pris la relève les soirs et le week-end. Dylan est un peu perdu mais il semble comprendre que sa sœur a besoin de nous, a besoin de lui et il est le grand frère parfait pendant ces longues semaines. Nous pouvons enfin partir en vacances le cœur un peu plus léger et profiter à fond d’un repos (pour tous) bien mérité.

Cela fait trois semaines que Pearl a commencé ses thérapies et son adaptation à la halte-garderie. Tout se passe plutôt bien et nous apprenons tous les jours à connaître son monde tout comme elle apprend à connaître le nôtre.

L’autisme, un jour à la fois

L'autisme, un jour à la fois (Nathalie Poirier et Catherine Kozminski)Dans cet ouvrage très complet ouvrant de nombreux thèmes relatifs à l’autisme, Nathalie Poirier et Catherine Kozminski se relaient tour à tour en mélangeant informations utiles, analyse rigoureuse et témoignages.

Les informations sont très condensées, et l’ouvrage ne s’étend pas dans les détails (moins de 200 pages). Mais j’ai beaucoup apprécié ce livre car il amène de nombreuses pistes menant à une réflexion approfondie sur l’autisme en tant que handicap, mais aussi à propos de la manière de vivre avec l’autisme, les différents questionnements que l’on peut se faire et même parfois des thèmes auquels on ne pense pas.

Ce livre ne présente pas une seule et unique solution, mais explique les diverses causes présumées de l’autisme, les divers signes qui doivent faire réagir les parents, le déroulement du diagnostic, les diverses approches thérapeutiques, les réactions de la famille et la scolarisation.

Écrit préalablement pour les Québecquois, le livre présente une équivalence française pour chaque information si nécessaire, notamment à propos de la scolarisation de l’enfant autiste.

Relativement simple à la lecture, ce livre s’adresse à ceux qui souhaitent avoir une vision globale de l’autisme, et de la vie avec l’autisme, sans lectures trop compliquées ou scientifiques.

L’autisme, un jour à la fois

Cet ouvrage est le fruit d’un dialogue entre une mère empressée d’aider sa fille en difficulté et une psychologue ayant déjà accompagné des enfants atteints d’un trouble envahissant du développement, apparenté à l’autisme. Combinant le témoignage et l’analyse, ce dialogue est à la fois touchant et éclairant.

En quête d’un diagnostic et de mesures d’accompagnement, les auteures abordent successivement la grossesse de la mère, la naissance de la petite Maëlle, les premiers signes de sa détresse, les inquiétudes de la mère et le désarroi des proches, la recherche d’un diagnostic avec le soutien des ressources et malgré les failles du système de santé, le choix des méthodes d’encadrement, sans oublier les étapes du deuil qui mèneront peu à peu à la rencontre d’une enfant qui espère, elle aussi, grandir comme les autres, entrer à l’école et dans le monde des grands. Le dialogue se termine par l’élaboration d’un petit guide de survie.

Nathalie Poirier, Ph. D., est psychologue et se spécialise auprès des enfants atteints d’autisme. Codirectrice de la Clinique d’Approche béhaviorale en autisme C-ABA, elle enseigne aussi dans plusieurs établissements dont l’Université du Québec à Montréal et l’Université Laval.

Catherine Kozminski est mère de trois jeunes enfants, dont l’aînée, Maëlle, présente un diagnostic de trouble envahissant du développement. Elle est titulaire d’une maîtrise en études françaises et enseigne au Collège Champlain de Saint-Lambert.

Table des matières

Remerciements

Avant-propos

Chapitre 1 – La naissance d’un enfant

Les joies de la grossesse
L’énigmatique maladie de l’autisme

  • L’accouchement prématuré
  • Les grossesses multiples
  • L’existence d’une maladie maternelle chronique
  • Le risque de maladie héréditaire pour l’enfant
  • Les facteurs in utero
  • La pollution et les toxines environnementales
  • Les vaccins, les virus et les déficiences du système immunitaire
  • L’alimentation, les allergies alimentaires et les troubles digestifs

En bref

Chapitre 2 – De la naissance à 12 mois: les signes qui doivent faire réagir les parents et l’entourage du bébé

Inquiétudes et questionnements
Le difficile dépistage

Chapitre 3 – De 2 à 3 ans: des outils diagnostiques

Les premiers pas
Le processus d’évaluation

Chapitre 4 – De 3 à 5 ans: en route vers le diagnostic

L’entrée au centre de la petite enfance
Les critères diagnostiques

Chapitre 5 – Le diagnostic: apprendre brutalement ce que l’on savait déjà

Maëlle sur une liste d’attente
La classification des troubles envahissants du développement

  • Un peu d’histoire
  • Quelques définitions

Chapitre 6 – Les interventions: 24 heures sur 24

Rencontre avec l’association de parents
Les approches thérapeutiques

  • Les programmes comportementaux
  • Les programmes éducatifs
  • Le TEACCH (Treatment and Education of Autistic and Related Communication Handicapped Children) (Schopler)
  • Les programmes d’habiletés sociales
  • Les programmes de développement
  • Les programmes de langage
  • Les régimes
  • Les thérapies médicales
  • Les thérapies d’intégration sensorielle et motrice
  • Les thérapies artistiques et la zoothérapie
  • En bref

Chapitre 7 – Le deuil: une histoire familiale

L’acceptation au fil des jours
Les cinq étapes du deuil

Chapitre 8 – La famille: le couple, la fratrie

Petit à petit, l’oiseau prend son vol
Les proches

  • Lorsque l’enfant autiste est l’aîné
  • Lorsque l’enfant autiste est le cadet
  • Les grands-parents

Chapitre 9 – L’entrée à l’école et autres soucis

Le bleu du ciel
Le choix d’une école
La situation au Québec

  • Les environnements éducatifs requis pour les enfants autistes
  • L’école spécialisée
  • Les classes spécialisées dans les écoles ordinaires
  • La classe ordinaire

La situation en France

  • Le projet personnalisé de scolarisation
  • L’équipe de suivi de la scolarisation
  • L’inscription
  • L’enseignement adapté en milieu ordinaire
  • Scolarisation au sein d’un dispositif collectif
  • Établissements spécialisés
  • Enseignement à distance

Chapitre 10 – Guide de survie

Mot de la fin

Médiagraphie

Bibliographie

Annexe – Les outils d’évaluations diagnostiques

Entrevue avec les parents
Observation de l’enfant
Passation d’échelles ou de questionnaires standardisés
Évaluation du niveau de développement de l’enfant
Évaluation des comportements adaptatifs

  • Évaluation du niveau de fonctionnement intellectuel
  • Tout autre test ou entrevue que l’on juge nécessaire pour poser un diagnostic éclairé
  • Évaluation du langage et de la parole

Actualités: partagez les bons articles

Autisme InfantileVous avez trouvé un article intéressant à propos de l’autisme, et vous voulez le partager avec la communauté?

Que ce soit un article d’actualité, des trucs et astuces ou un article de fond, vous pouvez maintenant le proposer pour la partie Actualités d’Autisme Infantile en m’envoyant le lien sur mon adresse e-mail nathalie@autismeinfantile.com avec un petit récapilutatif.

Je ne compte pas publier les articles dans leur intégralité pour ne pas dupliquer leur contenu, et il est impératif d’avoir un point de vue personnel sur cet article. Merci de votre participation!

Ouverture du blog Autisme Infantile

Autisme Infantile

Il manquait peut-être à ce portail une dimension un peu plus personnelle et diversifiée. C’est ainsi qu’avec Julie, la maman de Maëlys, nous avons ouvert un coin « blog » où nous allons pouvoir parler, plus ou moins au jour le jour, de nos enfants et de notre vision personnelle de l’autisme ou des Troubles Envahissants du Développement.

Ça nous permet de nous poser un peu le temps de faire un bilan, de réfléchir et comprendre, de dire ce qu’on a à dire d’une manière sans doute plus intime que ce que l’on pourrait se permettre sur le portail, qui doit rester un lieu qui s’adresse à tous et pas tourner autour d’une seule personne.

Vous allez pouvoir retrouver nos textes dans la catégorie Témoignages où la communauté écrit à propose de l’autisme. On attend vos réactions, vos conseils, vos encouragements – bref, on vous veut, VOUS.

Nous sommes à la recherche d’autres personnes souhaitant, comme nous, partager leurs trucs et astuces, leurs réussites comme leurs échecs, et surtout souhaitant laisser un témoignage qui pourra un jour aider les autres – les faire se sentir moins seuls.

Si vous pensez avoir des choses intéressantes à dire, que vous écrivez comme un chef, et que vous êtes prêts à faire partie intégrante de la communauté, envoyez-moi un email à nathalie@autismeinfantile.com et nous en discuterons.

Les places seront limitées, alors attention, on veut des gens très motivés! Êtes-vous notre prochain auteur?

Un tout petit début, mais un grand projet. Merci à tous de votre soutien jusqu’ici, et je vous souhaite plein de progrès pour l’enfant autiste qui illumine vos journées.

15 mois, et les problèmes commencent pour de bon

Maëlys a maintenant 15 mois. Son baptême a lieu, et pour moi, la prématurité commence enfin à s’éloigner… Du moins j’ai l’impression.

15 mois, et les problèmes commencent pour de bon

En Septembre, je vais chercher ma fille comme d’habitude chez sa nourrice, et là, la nounou me fait asseoir, et me fait part de ses doutes. Doutes que je n’avais jamais eu jusqu’à maintenant.

Le fossé entre les autres enfants et Maëlys est en train de se creuser à vue de nez. Maëlys s’isole de plus en plus, la nourrice pense qu’elle a un problème de surdité.

Et là, paf! Je prend tout en pleine figure, mais surtout j’ouvre les yeux. Et je me rends compte, je prends enfin conscience de tout le décalage énorme entre ma fille et des enfants du même âge, voire même plus jeunes!

15 mois, et les problèmes commencent pour de bon

Je rentre chez moi et navigue des heures sur internet, je lis tout sur la surdité, et effectivement je retrouve en grande partie ma fille (mais en grande partie seulement – certaines choses ne collent pas). Mais pour moi, c’est évident: sa prématurité a laissé des séquelles auditives.

Après en avoir parlé à mon conjoint, nous prenons rendez vous chez un ORL. Les signes sont bien là: Maëlys ne réagit pas à son prénom, ni au bruit ambiant, elle ne pointe rien du doigt, elle est isolée, et surtout n’interagit pas avec nous. Il demande un bilan complet qui se fera sur un gros hôpital à deux heures de chez nous.

Je prend rendez-vous le jour même, il y a un mois d’attente.

Le mois de l’horreur, car chaque jour je prend un peu plus conscience de chaque décalage de ma fille. Et je souffre de la découvrir si indifférente à son entourage et  surtout à  moi.

15 mois, et les problèmes commencent pour de bon

Conséquence de ma prise de conscience – enfin je suppose: Maëlys s’enfonce de plus en plus. Pendant tout ce mois, elle s’isole comme jamais, ne me regarde plus, je lui suis presque aussi indifférente que le facteur, je souffre terriblement et surtout, j’angoisse… Car un doute s’insinue en moi. Mais je le repousse, ma fille est sûrement sourde.

Au mois de novembre, le rendez-vous tant attendu. Maëlys est au plus bas. Après deux heures d’examen, le verdict tombe: Maëlys entend parfaitement bien.

Et là je m’effondre. Ce qui devrait être une bonne nouvelle est loin d’en être une. Ma fille a un gros problème, c’est certain. On dirait qu’elle est sourde, mais elle ne l’est pas! Que lui arrive t-il?! Mon conjoint lui, se rassure. Tout va bien, sa fille a juste un petit retard du à sa prématurité, il n’y a plus à s’en faire…

Pour ma part, je rentre et je passe des heures sur internet. Et bientôt, il n’y a plus aucun doute dans mon esprit. J’ai lu des dizaines de témoignages, de symptômes, de descriptions, et je suis certaine de savoir de quoi ma fille souffre: de TED, c’est à dire de Troubles Envahissants du Développement.

15 mois, et les problèmes commencent pour de bon

Le commencement…

Quoi de plus normal pour raconter nos petites tranches de vie de TED et compagnie que de commencer par le début?!

Le commencement

C’est-à-dire ma fille, mon bonheur, une partie de moi… On l’a attendu, près d’un an pour qu’elle fasse son apparition. Les premiers mois de grossesse se sont très bien passés, on est heureux, on imagine tout en rose, mais rien ne va se dérouler comme prévu…

À 4 mois et demi de grossesse, les contractions font leurs apparitions. Et s’accentuent au fur et à mesure des semaines… A 27SA, je suis hôspitalisée pour MAP (Menace d’Accouchement Prématuré). A 30SA, malgré tout mes efforts, ma puce pointe le bout de son nez. 1kg375 et 40cm de bonheur…

Le commencement

La néonatologie se passe dans l’ensemble plutôt bien! Malgré deux frayeurs, dont une transfusion sanguine à 6 jours de vie, notre puce nous épate tous. Elle se bat pour sa vie, et nous on l’admire, et on apprend à être des parents, malgré cette paroi de plexiglas qui nous sépare.

Le commencement

Oh rien de tout ça n’est simple, ni facile, il faut être honnête, mais notre puce nous épate chaque jour, et on croit en elle. Le jour de la sortie, un bonheur sans faille: elle est enfin, à 2kg220, à la maison avec nous…

Le commencement

Les premiers mois se passent super bien, elle fait vite ses nuits, dort bien, sourit, fait notre bonheur.

À 1 an, elle est en retard niveau moteur, car elle ne sait pas s’assoir seule, ne sait pas passer du ventre sur le dos et inversement, ne sait pas marcher à quatre pattes, ne sait pas se mettre debout, Mais cela n’inquiète personne, c’est une grande prématurée… Effectivement, quelques temps plus tard, en une semaine, elle nous sidère et fait tout en même temps!

Le commencement

C’est vrai qu’elle est en retard sur d’autres petites choses aussi, elle ne fait jamais « au revoir », ne fait pas les marionnettes, ni bravo, ainsi que d’autres petits détails qui ne gênent non plus là encore personne, car c’est une grande prématurée…

Et malheureusement, nous non plus nous ne nous inquiétons pas. C’est notre premier enfant, pourquoi s’inquiéter?! Elle est née avec deux mois et demi d’avance, il faut lui laisser du temps! Si j’avais su… Mais cela ne sert à rien de culpabiliser, on ne ne pouvait pas faire mieux malgré notre amour pour elle.

Tout a basculé, au cours de sa deuxième année, à partir du 15ème mois. Mais ça, c’est pour le prochain article…

Signe de TED: Résistance au changement

Les personnes souffrant d’autisme sont souvent très perturbés lorsqu’il y a du changement: ils aiment que tout soit routinier et sont effrayés par tout ce qui est nouveau. Ils ont aussi beaucoup de mal à faire les transitions d’une activité à l’autre. Cette résistance au changement, combinée à d’autres comportements, peut être un signe de l’autisme.

Signe de TED: Résistance au changement

S’il n’a jamais été effrayé par une nouvelle activité, Matthieu a toujours eu beaucoup de mal dans ses deux premières années à changer d’activité. Il criait lorsqu’on lui enlevait un jouet parce qu’il était l’heure de sortir, ou lorsqu’on le dirigeait vers un autre endroit (par exemple, pour qu’il cesse de jouer à ouvrir et fermer les portes).

Je crois qu’il ne comprenait pas qu’il pourrait toujours recommencer à jouer plus tard, ou peut-être que le changement d’activité provoquait en lui une énorme détresse. Après beaucoup de travail, beaucoup de patience, Matthieu arrive maintenant à supporter les changements.

Attention: ce comportement à lui seul n’est pas forcément un signe d’autisme, s’il n’est pas accompagné de plusieurs autres signes (dont trois particulièrement révélateurs). Si vous êtes inquiets pour votre enfant, consultez l’article sur les signes de l’autisme pour avoir plus d’information, et n’hésitez pas à demander l’avis d’un professionnel de la santé qui vous proposera un dépistage s’il l’estime nécessaire.