Catastrophe naturelle?

Je vis au fin fond du « plat » plateau picard, dans un village « plat » d’irréductibles agriculteurs que j’appellerais benoitement « Betteraveland ».

Ma jolie et vieille maison est située loin du centre de Betteraveland, perdue seule au milieu des champs, avec deux au trois voisins fort sympathiques. Cela nous évite les cancans et autres réjouissances qui sont monnaie courante dans les petits villages.

Il y a quelques semaines, Betteraveland a été frappé par ces orages violents de fin d’été. Ce n’est pas la première fois, il n’y a jamais eu de problème, et ma maison est plutôt haute et bordée de bouches d’évacuations. La pluie a commencé à tomber vers vingt heures trente. Les enfants étaient en passe d’être couché, et nous n’avons pas plus prêté attention aux éléments déchainés à l’extérieur. Sauf qu’à 21 heures, les plombs ont sautés! Pas de panique, c’est une vieille maison , il y a de l’orage, ça arrive. Je jette un coup d’oeil dehors.

« Tiens, on ne voit plus la route. Oh, j’ai l’impression qu’on est inondé chéri… » Si les plombs ont sauté, c’est parce que notre cave contenant congélateur, réfrigérateur et machines à laver, est sous 80 centimètres d’eau… Oups!

Bon, l’inondation, ce n’est que du matériel, franchement, même plus peur, on a vu pire! Mais j’étais assez inquiète de la réaction de mon Loustic autiste, qui dormait tranquillement pendant que papa et maman pataugeaient dans la boue en attendant les pompiers.

Samuel a des habitudes dans notre cave-garage. Quand il sort ou rentre de la voiture, il fait le tour des interrupteurs, va taper dans la porte du garage, va cogner sur la cuve de fioul parce que ça fait du bruit, etc. Or, depuis 2 semaines, la voiture ne dort plus au garage, et tout a bougé. En plus, la terrasse sur laquelle il joue avec son petit frère est encombrée par les affaires que nous avons dû évacuer de la cave.

J’étais un peu inquiète de sa réaction, mais finalement tout s’est très bien passé. Il n’a pas remis les pieds dans le garage depuis l’inondation, la terrasse est beaucoup plus intéressante maintenant qu’on peut y faire une course d’obstacles, et la boue, c’est rigolo, on glisse dessus. Bref, il s’est parfaitement adapté à la situation.

Avez-vous déjà été confronté à une catastrophe naturelle, et comment ont réagit vos enfants?

Carole, Franck et Clovis, ou comment l’autisme est entré dans nos vies sans avoir été invité!

Carole BroginLa naissance d’un enfant est toujours une grande émotion, et je peux dire que celle de Clovis, un 31 août 2007, a plutôt été « rock’n roll »!

Après 9 mois d’attente et une césarienne en urgence, voilà le petit bonhomme qui pointe son nez. Parents heureux et comblés, nous nous apprêtions donc, comme tant d’autres, à connaître les joies de la parentalité et ses inconvénients, tels que les nuits sans sommeil et les maladies infantiles.

Mais voilà le grain de sable dans les rouages: trois jours après sa naissance, Clovis fait un accident vasculaire cérébral dit « ischémique » – en clair, une artère dans son cerveau se bouche. Panique, horreur, angoisse, et onze jours d’hospitalisation en néonatalogie. Heureusement, Clovis s’en sort bien, sans séquelles apparentes et sans traitement. Qu’en sera-t-il des conséquences ultérieures? Aucun médecin ne peut nous répondre, « il faudra voir son développement avec le temps »…

Nous voilà de retour à la maison, reprenant une vie au cours « normal ». Nous nous efforçons d’oublier cet épisode tout en étant vigilants. Un suivi par une neuropédiatre est mis en place avec des rendez-vous tous les trois mois, puis tous les six mois, puis une fois par an.

L’angoisse s’estompe. Clovis est un bébé relativement facile, qui fait ses nuits à trois mois, mange bien, aime sa vache musicale, son mobile et son doudou. Il est tonique et souriant. Et puis un jour, il a environ six mois, une pensée fugace me traverse l’esprit: « c’est bizarre, il ne me regarde jamais dans les yeux quand je lui donne son biberon, et s’il était autiste? ». Aussitôt formulée, aussitôt chassée!

Il se tient debout à 8/9 mois, marche à 11 mois et on est très fiers de lui! Il a un intérêt très grand pour les portes, qu’il aime ouvrir et fermer, et pour la sonnerie du micro-ondes (on peut passer une heure à faire sonnerie la minuterie, il ne s’en lasse pas… curieux). Mais à partir de la marche apparaissent et se développent d’autres intérêts obsessionnels et surtout les crises de colère si l’on interrompt ses rituels.

Clovis nous apparaît comme un enfant turbulent, qui ne tient pas en place et qui réagit mal à la frustration. Il est parfois un peu difficile de l’emmener dans la famille, par exemple. Mon mari le vit plus mal que moi et m’interpelle, notamment lors de notre premier départ en vacances pour la Bretagne. Maladroitement, et parce qu’il est angoissé face à cette situation, il me dit que « quelque chose ne va pas chez Clovis, il est malade ». Je refuse de l’entendre et réagis très mal, même si je fais des constatations identiques.

Dans le même temps, le langage n’apparaît pas. Il est gardé par sa mamie et va à la crèche deux fois par semaine, et il aime y aller, surtout pour être avec les autres enfants, mais il joue plutôt seul, en parallèle, passionné par la serrure du portail.

À 18 mois, il dit cinq mots, dont « non », et s’appelle lui-même d’un surnom, son prénom est visiblement trop difficile à prononcer. Ce retard de langage m’inquiète. Pédiatre, famille, amis tout le monde me rassure: « c’est un garçon, il est plus lent », « mon filleul/cousin/le fils de la belle-sœur de la tante du cousin au 5ème degré/etc. a parlé à 3 ans, t’inquiète pas! ». Oui, mais moi ça m’inquiète, et son comportement ne s’arrange pas.

En février 2010, une fête de famille tourne au cauchemar. Clovis est excité, veut absolument sortir alors qu’il fait nuit noire et -10°C dehors, veut à toute force jouer avec le trousseau de clés de la maison. Notre interdiction débouche sur une crise de colère de plus de 40 minutes. Je m’effondre en larmes à l’écart en répétant « mais il a quelque chose ce gône » (et oui, vous l’aurez reconnu, je suis de Lyon), « il n’est pas normal! ». Aïe, le mot est lâché! Toutes les personnes présentes s’empressent de me rassurer…

Heureusement, la visite annuelle chez la neuropédiatre est prévue la semaine suivante. Je lui en parle. Elle note aussi une tendance à marcher sur la pointe des pieds, mais ce n’est pas tout le temps, et ce retard de langage… Elle nous fait une ordonnance pour un bilan orthophonique et rééducation si nécessaire en février 2010, Clovis a donc 2 ans et demi.

Le même mois, la directrice de la crèche me prend à part un jour et, de la façon la plus délicate qu’elle peut, elle me fait un portrait du « décalage » entre Clovis et les enfants de son âge, elle me parle même de « traits autistiques » mais en me disant qu’elle se garderait bien de poser un diagnostic, n’étant pas professionnelle. Elle me conseille de prendre rendez-vous au CMP de notre ville. Je repars dévastée, en colère, je pleure… puis je réfléchis et me dis qu’après tout, un pédopsychiatre pourra sans doute m’aider. Je m’inscris sur la liste d’attente.

En avril 2010, un bilan orthophonique est fait, quasiment en même temps que les premiers rendez-vous au CMP (où l’attente a été finalement moins longue que prévue). Manque d’attention conjointe, de contact oculaire, hypotonicité de la sphère buccale, etc. Une rééducation est mise en place deux fois par semaine. Dès la première séance, le langage se débloque, des mots apparaissent. L’espoir revient.

Le comportement est toujours aussi problématique, un rituel consistant à faire semblant de garer notre voiture familiale s’instaure, qu’il est difficile d’interrompre, si ce n’est au prix de crises monumentales. C’est l’angoisse chaque soir pour mon mari qui vient chercher Clovis chez sa grand-mère. Nous passons une période difficile face à ses rituels et surtout la frustration et les colères.

Au bout de deux rendez-vous avec la pédopsychiatre du CMP, le diagnostic tombe: Troubles Envahissants du Développement. Clovis a un handicap, il va falloir faire avec et surtout trouver des stratégies pour le sortir de ses « obsessions », qui s’appellent maintenant des autostimulations et des intérêts restreints. Quand l’autisme entre chez vous, il amène aussi avec lui sa terminologie qu’il faut maîtriser.

Le CMP, ne pouvant rien faire sur place, me propose une orientation vers le pôle TED de l’hôpital St Jean de Dieu (HdJ). Heureusement, dans cette structure, la prise en charge est de type éducative (éducation structurée, TEACCH), et il y a aussi une prise en charge en psychomotricité. Après une rencontre avec le médecin responsable du service, place à la paperasserie administrative.

L’été arrive. Passons sur les vacances en camping épouvantables et abrégées en raison du comportement de Clovis. Il faut préparer la rentrée, avec la peur que ça ne se passe pas bien à l’école. Nous avons un certificat médical de la neuropédiatre et le dossier MDPH pour une demande d’AVS est prêt. Mais je ne me résous pas à sauter le pas.  Le fait de constituer un dossier auprès de la « Maison des Personnes Handicapées » me bloque.

Suivant mon intuition, et avec l’accord de la pédopsychiatre qui suit Clovis au CMP, je lui fais faire d’abord sa rentrée sans AVS. Je mets l’instituteur au courant, on a avec lui un très bon rapport et des rendez-vous au cours de l’année pour faire le point sur les apprentissages de Clovis. Ce dernier ne va à l’école que le matin, il fait encore de grosses siestes l’après-midi.

La prise en charge au pôle TED de l’hôpital se met en place, deux matins par semaine. Clovis entre dans le « système » de l’ALD, un taxi vient le chercher et le ramène.

À partir de ce moment-là, je commence à faire sur Internet des recherches plus poussées. Sur les TED, l’autisme. LA CIM 10 et le DSM-IV n’ont presque plus de secrets pour moi. Je fais connaissance aussi avec les sigles: ABA, MDPH, AEEH,  PCH et autres… J’ai une frénésie de comprendre, de savoir. Je veux faire pour le mieux pour mon fils, au risque parfois de ne plus penser qu’à ça 24 heures sur 24! Et bien sûr, je fais connaissance avec Autisme Infantile et sa super-communauté, qui sont mes pourvoyeurs d’information, mes « remonteurs de moral » quand je flanche un peu.

De son côté, Clovis fait des progrès. En langage, en comportement, et il adore l’école. L’instituteur insiste pour qu’il aille à l’école aussi l’après-midi, car ayant moins d’enfants, il pourra faire plus d’individuel avec lui (si, si c’est possible!). Je découvre aussi de mon côté les pictogrammes et le fait qu’un support visuel l’aide à mieux comprendre les consignes que l’on donne, l’aide à mieux gérer les transitions (le plus difficile pour lui apparemment). J’en parle à l’instituteur qui me dit qu’il utilise beaucoup les pictos, ayant des tout-petits dans sa classe. Une EVS aide Clovis deux matins par semaine.

Le temps s’écoule, les prises en charge sont bien en place. Clovis a sa routine et il aime toujours les lieux où il y a d’autres enfants. Il continue à progresser, malgré des phases de régression et d’opposition. Mais, me direz-vous, ma bonne dame, les chiens ne font pas des chats, et des parents aux caractères bien trempés (les deux en plus), ça ne va pas vous donner un enfant doux comme un agneau. Car autisme ou pas, le Loulou a un sacré caractère!

Notre vie au quotidien se normalise un peu et on respire! Nous trouvons une association sur notre département qui organise des groupes d’habiletés sociales et de gestion des émotions. Nous rencontrons les psychologues chargées du groupe et inscrivons Clovis. Il n’y a participé qu’un mois et demi, mais des progrès dans le domaine des interactions avec les autres enfants se font sentir, et il met maintenant des mots sur ses émotions: s’il est triste, en colère, s’il a peur. Il arrive à entrer en contact de façon plus appropriée. Même si l’opposition est toujours là parfois, elle s’exprime de moins en moins par des crises.

La fin de l’année scolaire se profile: réunion de l’équipe éducative pour faire une demande d’AVS pour l’année prochaine. Mon mari et moi appréhendons un peu. Mais nous ressortons de là plus regonflés encore! On nous a parlé lors de cette réunion des difficultés de Clovis, mais aussi de ses atouts, de ce qu’il sait faire et surtout de son potentiel! Le livret d’évaluation scolaire est bon, presque tous les apprentissages de la première année de maternelle sont acquis. La demande d’AVS est acceptée, il aura une personne neuf heures par semaine (ce sera bien sûr une EVS de l’école, pas de budget au niveau du Département, toujours le même bla-bla).

Nous avons, entre temps, changé d’orthophoniste pour nous diriger vers une personne spécialisée dans la prise en charge des enfants avec autisme, et, avec l’hôpital de jour où il va, un diagnostic/évaluation plus poussé va se faire en septembre ou octobre (avec des tests ADOS et PEP-R). Un intervenant va venir en juillet à la maison pour aider Clovis dans le domaine de l’autonomie. Nous faisons de notre mieux pour notre fils.

Ce handicap invisible, il a bien fallu l’intégrer dans nos vies, dans notre façon d’éduquer notre fils. Le plus grand défi, après l’acceptation du handicap, c’est finalement de voir aussi, et surtout, l’enfant. On nous a donné ce sage conseil et nous espérons pouvoir l’appliquer: « regarde ce que ton fils a de plus, pas toujours ce qui lui manque, et fais lui confiance ».

J’ajouterais aussi, il faut que je me fasse confiance. Le chemin est encore long, mais maintenant, il est bordé d’espoir!

Plus tard je serai cuisinier

Plus tard je serai cuisinierFaits vécus et relatés par une maman et un papa…

Un combat de tous les jours, comme pour la plupart d’entre nous, avec ses joies mais aussi ses peines.

Ils nous font partager 9 ans de leur vie sous forme d’un journal de bord.

Plus tard je serai cuisinier

Journal de bord écrit par les parents d’un enfant autiste

La naissance de Baptiste fut un vrai bonheur. Nous qui souhaitions plusieurs enfants… Il était si beau avec ses grands yeux bleu. Il était tellement sage, nous nous disions que c’était facile d’être parent, que nous avions beaucoup de chance.

Nous profitions du moment présent, étant loin de nous imaginer ce que l’avenir nous réservait…

Le sourire de Baptiste s’est terni vers l’âge de 18 mois. C’est beaucoup plus tard, presque trop tard pour une prise en charge adaptée, que nous avons appris que Baptiste était autiste.

Une véritable course contre la montre s’est engagée pour essayer de sauver notre petit garcon.

Témoignage d’une éducatrice spécialisée en IME

701 - Puzzle - Seamless Pattern (photo: Patrick Hoesly)Quand Caroline, actuellement éducatrice spécialisée en IME, m’a envoyé un e-mail pour me raconter son expérience, je lui ai de suite demandé si elle accepterait de témoigner sur Autisme Infantile. Je vous livre aujourd’hui son parcours, écrit de sa main.

Je suis éducatrice spécialisée depuis 5 ans. Dès le début de ma formation, j’ai toujours souhaité travailler auprès d’enfants souffrant de troubles de la communication. J’ai fait mon stage de dernière année dans une section pour enfants déficients auditifs avec troubles associés. Le travail était passionnant, l’équipe était composée d’éducatrices sourdes et entendantes, et de deux institutrices. Il y avait un réel travail d’équipe et chacun apportait de son expérience pour aider les enfants à s’épanouir, à devenir plus autonome et surtout à échanger, à communiquer.

Une fois mon diplôme en poche, je me suis retrouvée à Paris pour suivre mon mari, et j’ai travaillé en tant d’éducatrice spécialisée dans un I.E.M (Institut d’Education Motrice) où j’accueillais en atelier éducatif des enfants souffrant de handicaps moteurs avec troubles associés (enfants souffrant de TED avec déficiences mentales).

Le groupe était composé de 8 enfants de 6 à 12 ans et nous étions trois pour nous en occuper. (L’institutrice spécialisée, une Aide Médico Psychologique et moi). Les enfants avaient également des temps de rééducation (psychomotricité, kiné, orthophonie, psychologue). Nous étions nombreux, et nous avions donc des temps individuels ou en tout petit groupe, afin de pouvoir réellement travailler sur le projet individualisé de chaque enfant.

À cette époque, je faisais mon travail en lien avec l’équipe, mais sans trop savoir ce que chacun faisait (hormis la maitresse avec qui le travail était en commun). Par exemple, la psychologue rencontrait régulièrement les enfants, mais je n’en savais pas plus. Pour moi, les psychologues étaient tous psychologues, et je ne me doutais pas que tout ce que l’on pouvait apprendre à l’école d’éducateur n’étaient pas des vérités absolues comme on pouvait nous le laisser entendre, mais bien au contraire…

De retour dans le sud, heureuse de retrouver le soleil mais triste de quitter mon travail, j’ai rapidement trouvé un poste dans un IME qui accueille des adolescents. Le travail n’est plus du tout le même. Je n’ai pas l’habitude de travailler avec des grands, la violence est souvent là, et les groupes sont plus importants. L’équipe est très accueillante, mais le travail est difficile.

Comment apporter à chacun les besoins qu’ils sont en droit d’attendre? Le travail en groupe me frustre pas mal et je regrette de ne pouvoir approfondir des notions en temps individuels. Je fais comme je peux mais j’ai parfois l’impression, en toute sincérité, d’être plus animatrice qu’éducatrice, et cela me dérange. À cemoment-là, j’étais déjà attirée par les nouvelles méthodes que l’on voit venir de loin. Je ne m’y connais pas trop mais je ne comprends déjà pas pourquoi certains y sont tellement réticents. Moi, je me dis que ça me plairait bien de travailler comme cela…

Puis, petit à petit, je m’intéresse de plus en plus à certains jeunes de mon groupe. En clair, j’ai plutôt tendance à aller vers ceux dont on ne parle pas beaucoup en réunion, ceux qui ne présentent presque jamais de comportements violents, ceux que l’on n’entend pas ou très peu, ceux que l’on n’arrivent pas à « cerner », ceux qui intriguent, bref ceux pour qui j’ai l’impression que le fonctionnement actuel ne convient pas.

Je demande une formation qui m’est tout de suite acceptée. Je suis ravie, et me voilà partie à Nice pour suivre une formation animée par le docteur Mark Sundberg sur l’Identification des besoins dans les domaines du langage et des interactions sociales chez l’enfant avec autisme, et élaboration d’un curriculum individualisé.

Cette formation est une révélation pour moi, je trouve enfin des réponses à mes questions, et surtout je trouve, grâce aux thérapies comportementales, une méthodologie de travail et des résultats pertinents sur le travail éducatif à mettre en place avec certains enfants que j’accueille.

À mon retour de formation, toute motivée par ce que je venais d’apprendre, j’ai voulu en faire part à mon équipe au sein de l’IME où je travaille, mais on m’a de suite mise en garde en me disant que cela n’était pas la politique de la maison. À ce moment-là, je n’ai aucune idée de ce dont on me parle.

Comme je le dis souvent, j’ai eu d’un seul coup l’impression de sortir de mon petit monde tout rose où tout le monde est beau, tout le monde est content, et j’ai pris conscience que les choses n’étaient pas si simples, et qu’il fallait que j’en sache beaucoup plus pour défendre mes opinions.

Alors, je me mets à lire beaucoup, beaucoup, beaucoup: des bouquins sur l’autisme, sur la psychanalyse (avec le Livre noir de la psychanalyse) sur les méthodes ABA, TEACCH, PECS. Je fais également une formation PECS.

Puis, tout en continuant mes lectures et mes découvertes, je me suis mise à la recherche d’établissements dans ma région qui appliquaient des thérapies comportementales… mais rien.

Alors j’ai contacté des associations, des neuropsychologues, et, quelques mails plus tard, j’ai rencontré une neuropsychologue qui a souhaité travailler avec moi. Elle me supervise, et je prends en charge à domicile un petit garçon. Ce travail me passionne, et j’espère pouvoir  bientôt ne faire que ça, que cela soit en libéral ou en établissements si de nouvelles structures adaptées voient le jour.

En attendant, je continue mon travail en IME. Certains sont plutôt d’accord avec mes idées, d’autres pas du tout.

J’essaye, petit à petit, d’apporter des nouveautés dans ma prise en charge. J’ai réussi à avoir des temps de prise en charge individuels pour certains enfants, ce qui me permet de mettre en place un réel travail éducatif issu des méthodes apprises en formation.

Voilà mon parcours, mon histoire, je souhaitais vous en faire part afin que vous, parents, sachiez que les professionnels sont en train de se rendre compte de tout cela, et que les choses avancent dans le bon sens. Je suis sûre que dans les années à venir nous serons de plus en plus nombreux à souhaiter travailler de cette façon-là.

J’en profite pour remercier les professionnels qui sont là pour nous former, pour nous superviser et pour nous faire évoluer dans nos pratiques professionnelles.

- Caroline

Un Petit Prince différent

Je vous livre aujourd’hui le témoignage de Caroline à propos de l’autisme, des difficultés de la vie quotidienne et du combat que doivent mener les parents d’enfants différents.

Je l’appelle mon Petit Prince car il m’a beaucoup appris par sa différence. Sa différence? Il s’agit de deux handicaps invisibles: la dyspraxie (diagnostiqué en maternelle), et les Troubles Envahissant du Développement (TED) non spécifiés (diagnostiqués en juin 2009). Il n’a pas le même nom que moi mais c’est mon fils.

Un Petit Prince différent

Quels ont été les signes qui vous ont inquiétés?

Mon fils va avoir 13 ans, et à l’époque j’ai sollicité tout le monde pour avoir un diagnostic. J’étais « trop inquiète », selon eux tout allait bien. Pourtant, son regard, dormir autant, ses problèmes digestifs, le besoin de stimuli intenses pour le faire réagir, son visage sans aucune expression particulière m’inquiètaient. « Ces mamans sont décidément trop inquiètes », me disait-on.

Qui avez-vous consulté?

Tout d’abord, j’en ai parlé a mon pédiatre qui s’est voulu rassurant. Son frère aîné était très vif? Et alors? Lui, il est très calme. Son frère mangeait comme quatre, 120 grammes de lait maternel lors de la première tétée de sa vie. Brandon avait du mal a placer sa langue, il n’arrivait pas à tèter.

J’ai vu un neuropédiatre et je lui ai fait passer bilans divers au CHU de Grenoble, sur le conseil de mon pédiatre que je harcellais de questions. J’ai consulté une kinésithérapeute (elle travaillait sur les os du crâne et les pieds), un pédopsychiatre, une orthophoniste et le SESSAD (équipe pluridisciplinaire avec psychologue, éducatrice, psychomotricienne). L’ORL aussi, puisqu’il ne réagissait pas comme mon fils ainé quand je l’appelais. J’ai même consulté un chirurgien orthopédique car l’acquisition de la marche était très tardive, presque à deux ans.

Parlez-nous un peu de votre enfant et de l’école.

Le pédiatre l’a autorisé à entrer en maternelle sans acquisition de la propreté. Quel calvaire que le comportement de certaines personnes dans cette école! Je n’ose même pas vous dire comment l’ATSEM de l’époque me rendait ses « vêtements », enfin si j’ose: avec tout dedans. Quelle tristesse! Mais une cellule d’écoute du Ministère de l’Éducation Nationale m’a dit que ce n’est pas un cas isolé. C’est scandaleux.

À la maternelle: sacrées années de prépa! 5 ans de mat’ sup’ et bac à sable: il a été maintenu deux ans de plus. Nous avons commencé par des demi-matinées, puis enfin des matinées entières.

J’ai parlé d’autisme et j’ai demandé de l’aide la directrice, pourtant compréhensive, qui m’a dit « oh, tout de suite les grands mots ». J’ai demandé les actions à entrevoir à court, moyen et long terme, mais je n’ai pas eu de réponse. Sa dyspraxie a été diagnostiquée à cette époque.

Le personnel voulait le mettre en IME, mais je n’ai pas voulu. Quelques années plus tard, j’ai eu du soutien du maire et de l’inspecteur d’académie. Mais beaucoup de mal m’a été fait personnellement par l’attitude des écoles. Sa maigreur alertait. J’avais une épée de Damoclès au dessus de ma tête, avec le spectre de la « mauvaise mère ».

Il avait tendance a s’échapper, à tel point que j’écrivais mon numéro de téléphone au feutre indélébile sur son bras à l’époque. Il se cachait et tirait les couvertures des lits du dortoirs méthodiquement. Sa voix trop aigüe le rendait difficile à comprendre. Son regard balayait le sol, et il avait une absence de contact visuel…

Je résume, mais l’école n’était pas aidée pour conduire mon enfant au même point que les autres enfants. Le personnel de l’école maternelle me faisait beaucoup de reproches sur l’attitude de mon fils qu’ils ne comprenaient pas. Il se sauvait, se cachait et ne répondait pas quand on l’appelait. Il s’allongeait même par terre dans la cour pour se reposer quand l’envie lui prenait. Moi, j’attendais une aide pour que mon fils évolue au mieux.

Qu’est-ce que vous avez fait pour essayer de vous en sortir?

Sur le moment, je l’ai gardé avec moi. J’ai fait de mon mieux avec des repas fractionnés hypercaloriques (oeufs, sucre, lait, huile de colza avec de nombreux acides aminés, farine infantile, le tout en bouillie dans un biberon).

Il y a eu des périodes de quinze jours à le caresser, le masser car il restait en position foetale. Il sortait de son petit monde… Il m’a fait ce genre d’épisode deux fois après le divorce d’avec son papa – un divorce digne d’une série noire, mais là n’est pas le sujet. C’est difficile pour les enfants.

Quels ont été les aménagements faits pour Brandon?

Un Petit Prince différentÀ l’époque, un PEI (Plan d’Intégration Individualisé) a été mis en place, renommé PPS (Projet Personnalisé de Scolarité) à présent. Ce sont des réunions trimestrielles, qui regroupent les intervenants de l’enfant pour établir un « plan d’action ».

Il a bénéficié d’un SESSAD pendant deux ans. Équipe pluridisciplinaire avec éducatrice, psychologue et psychomotricienne. Deux ans, c’est merveilleux, mais si peu!

Il a eu un ordinateur attribué par l’Éducation Nationale pour pallier à sa dyspraxie (souvent associée au spectre autistique). Mais pas de programme, pas de formateur.

J’ai du rechercher une ergothérapeute, mais son intervention à l’école était difficile car elle ne fait pas partie de l’Éducation Nationale. Toutefois, avec des autorisations, ce n’est pas impossible. Et elle forme mon fils à l’utilisation de l’ordinateur.

Tant pis pour les gestes maladroits de la vie quotidienne – c’est moi qui essaie de pallier à ce handicap.

J’ai même sollicité de l’aide à la Mairie, et je vous tairais les propos du directeur d’une école, m’indiquant en gros que ce n’était pas son problème, lorsque mon fils a commencé à fréquenter son école. Une semaine après mon intervention en Mairie, l’ergothérapeute avait son autorisation d’exercer à l’école. La difficulté de la prise en charge financière reste importante et j’ai mes manquements sur ce sujet.

À l’école primaire, il y avait une CLIS (CLasse d’Intégration Scolaire), mais mon fils avait un Q.I. trop élevé, donc il n’a pas eu le droit d’y participer.

Ensuite, il y a eu l’accompagnement aux devoirs, mais mon fils avait un handicap trop important pour en bénéficier. Toujours rien.

Je vous laisse imaginer le reste du parcours avec mon fils TED et dyspraxique. Oui, il était maladroit. Oui, il se salissait en mangeant, oui à tout! Deux handicaps « invisibles », ce n’est pas un couple gagnant.

L’école faisait feu de tout bois. Et moi, blessée par tant d’incompréhension et tant d’acharnement, je ne voulais pas lâcher prise! J’ai vécu ces premières années de scolarisation comme le combat de David contre Goliath.

Comment avez-vous tenu le coup?

Je me pose encore la question. La boulimie du désespoir vous connaissez? Seul mon coeur a guidé ma route. J’ai croisé des personnes magnifiques avec bonté d’âme et compétences exceptionnelles toutefois.

Je pense à l’éducatrice du CMP (Centre Médico-Psychologique), tout le corps médical, le SESSAD (Service d’Education Spéciale et de Soins À Domicile), l’ergothérapeuthe, l’Inspecteur d’Académie qui m’a toujours écoutée – et a même salué mon action pour garder Brandon dans un cursus scolaire traditionnel à la vue de ses progrès manifestes -, Monsieur le Maire qui a pris le temps de me recevoir et de m’écouter.

Cette année, ça se passe comment?

Cette année l’AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) est enfin accordée, et le SESSAD autorisé de nouveau mais il est sur liste d’attente. Des choses commes celles-ci font « perdre » une année de soutien.

Après plus d’un an d’attente, le CADIPA (Centre Alpin DIagnostic Précoce Autisme) de St. Egrève a pris en observation mon fils, et le diagnostic posé en juin 2009 est: TED non spécifié.

À ce jour, mon fils entre en 6ème. Le directeur du collège, l’infirmiere scolaire, le médecin scolaire, l’enseignant référent en lien avec la MDA (Maison De l’Autonomie), la Conseillère Principale d’Éducation (CPE), ses professeurs, l’assistante sociale du collège, l’assistante sociale du Conseil Général… tous sont d’une extrème compréhension. L’atmosphère hostile semble avoir disparue. Deux jeux de livres lui ont été accordés pour ne pas alourdir son cartable, grâce à l’infirmière scolaire que je remercie.

Comment aidez-vous Brandon à la maison?

Petit, j’ai toujours recherché le contact visuel en levant délicatement son menton. Je stoppais ses fonctionnements circulaires. Quand il répétais sans cesse quelque chose au téléphone, « ti fais kia, et ti va ou, et ti fais kia, et ti vas où, et ti… » par exemple, je lui disait stop, « si tu veux encore parler à maman, tu me le dis, mais tu arrêtes de répéter tout le temps la même chose ». Ça fonctionnait.

Pour aider mon fils à être autonome, j’essaie de trouver des astuces un peu partout, mais il est grand… Le dépistage précoce de l’autisme reste important pour vos enfants, pour leur prise en charge future.

J’ai attendu des années pour qu’il puisse enfin faire une activité sportive, au départ le judo, pour le contact avec les autres. Ensuite, il a fait du foot, son rêve depuis toujours, mais il a été confronté à ses limites: il est trop différent des autres, il était dans la catégorie des benjamins correspondant à son âge, mais vraiment pas de son niveau. Il a pris des cours particuliers de natation toutes les semaines pendant un an. Il a fait aussi du hip hop, activité qu’il souhaitait et qu’il a exercé à son rythme, sous l’oeil attentif d’une animatrice de la Maison des Jeunes de ma ville.

J’ai mis au point des codes couleurs avec des casiers de différentes couleurs qui correspondent aà des matières bien particulières. Par exemple, rouge pour l’anglais (tout en rouge: emplois du temps, cahiers, livres), bleu pour le français, jaune pour les mathématiques, etc. Ces même couleurs sont sur les emplois du temps pour l’aider à se repérer. Il s’organise assez bien. À voir et à contrôler encore.

Toujours pour le rendre autonome, je crée des petites affiches avec collage d’images de catalogue. Par exemple, pour l’aider à s’habiller le matin, je colle une photo de chaque vêtement sur une fiche. Ensuite, il n’y a plus qu’à suivre le programme: je fais mon lit, je mets le pyjama sous l’oreiller… Cette étape là, il la fait bien, sauf qu’il reste jouer ou rêver dans sa chambre… donc il faut surveiller! C’est un bon début.

Je surfe sur la vague de ses 13 ans, période où il s’affirme, pour le responsabiliser.

J’ai pensé aux animaux de compagnie: il a choisi un lapin « toy » et un poisson rouge, en plus du chat et du hamster de Russie qui sont à ses frères. Les animaux sont miraculeux… par contre il a parfois envie de garder le chat pour lui tout seul, et adopte des attitudes vives envers son petit frère. Mais il apprivoise le contact. Les animaux le sortent de son monde, le rappellent ici, c’est un beau spectacle.

Un Petit Prince différent

Avez-vous des conseils pour les autres parents d’enfants autistes?

Écoutez votre coeur de parent, suivez votre intuition, laissez-lui avoir son rythme de développement. Pourquoi avoir une dictature des standards à subir? Je suis contre le fait de dire qu’ une seule méthode est juste. La mienne par rapport aux spécificités de Brandon montre des résultats.

S’unir, communiquer, c’est important – et grâce à des actions comme celle d’Autisme Infantile, nous nous sentons moins seuls.

Il faut aider au maximum son enfant à développer la confiance en lui, c’est nécessaire. Comment la maman peut-elle garder la force pour cela, quelles sont les actions à promouvoir? Je parle de la maman, excusez moi Messieurs, mais le père de mes enfants commence à réaliser le handicap que porte Brandon au bout de douze ans.

Garder en tête qu’il faut favoriser et développer son amour-propre en mettant en avant ce qu’il fait bien ou mieux que les autres, par exemple. Mon fils adore les livres, il lit presque tout sur tout et ses connaissances générales sont très développées et surprenantes.

Avez-vous une dernière chose à dire?

Il y a de très bonnes et belles idées, on ne peut que remercier le gouvernement d’en parler, mais sur le terrain les moyens sont si peu nombreux! J’ai vécu des années dans l’attente de soutien, et j’en ai enfin aujourd’hui un peu. Mon témoignage peut-il servir à d’autres parents? D’autres enfants? Au gouvernement? Toute cette énergie ne sera pas perdue de toute façon, puisqu’elle a été déployée pour mon fils, mais si elle sert à d’autres, quelle belle victoire!

Les besoins financiers (une prime spécifique importante pour avoir une aide ménagère ou aide aux devoirs, 1500 euros, n’est rien à côté du coût des structures d’accueil spécialisées), le soutien psychologique (en plus d’une démarche individuelle, mon souhait est que le personnel de l’Éducation Nationale soit plus compréhensif et qu’il agisse avec nous et pas contre nous) et l’aide matérielle (logement, transport, accès à la culture: musées, cinéma, spectacles) sont très importants. Peut-être qu’un jour ils seront reconnus et pris en compte.

J’aimerais que ma santé et ma carrière d’infirmière, que j’adore, n’en aient pas souffert pour rien. Je garde les stigmates de ces batailles.

Les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Enfants en Difficulté (RASED) et les postes d’AVS sont des richesses à développer, à mon humble avis. Des aides à l’enfant et aux parents aussi.

Merci d’avoir lu ce témoignage, de l’interêt que vous lui avez porté.
Merci à mes amis d’avoir invité mon fils chez eux et de lui avoir offert du temps et de l’amour.
Merci à mes deux autres fils qui l’aident beaucoup à progresser.
Merci d’être là, merci à toutes les personnes attentives aux autres en général.

Caroline Courbon

Si on me touche, je n’existe plus

Si on me touche, je n'existe plus (Donna Williams)Très tôt, Donna s’est cachée derrière des personnages qui lui ont servi de contact, et de protection, par rapport au reste des gens. Ayant vécu une enfance avec une mère tortionnaire, elle a erré dès sa plus tendre enfance de famille en amis, sans jamais se lier à personne, toujours rejetée à cause de ses façons étranges.

C’est un témoignage dur, émouvant, et on finit par comprendre les mécanismes du fonctionnement de Donna Williams, même si on a envie de lui crier des conseils tout au long du livre.

De la petite enfance à l’âge adulte, Donna Williams raconte son parcours très clairement et avec honnêteté. Cette autobiographie est porteuse d’espoir, car elle montre que les enfants autistes peuvent évoluer, faire des études, se surpasser, et communiquer de manière très satisfaisante.

Ce livre est intéressant car écrit par une personne autiste, et pas simplement un parent ou un intervenant. Il donne une vue détaillée de comment fonctionne l’esprit de l’auteur, et même si tout n’est pas applicable à l’enfant dont vous avez la charge, cela permet une meilleure compréhension des troubles autistiques et des difficultés que les autistes peuvent rencontrer.

Si on me touche, je n’existe plus

Le témoignage exceptionnel d’une jeune autiste

« Je tombais derechef amoureuse de la vie. J’aimais le ciel. J’aimais les fenêtres et leurs vitres dans lesquelles je pouvais me dire bonjour! Je me tirais les cheveux et, miracle, je ressentais quelque chose. Je me mordillais les bras et goûtais le sel de ma peau. C’était moi. »

On la croit folle, retardée, méchante, mais Donna Williams n’est rien de tout cela. Elle vit seulement dans son monde, un monde à part où les êtres, les choses, les émotions se heurtent, un monde dont elle cherche désespérément à sortir pour rejoindre celui des gens « normaux ». Malgré ses difficultés, Donna se bat pour comprendre sa différence et l’apprivoiser. Ce combat si particulier est en même temps universel. Il est celui que chacun livre pour cet enfant qu’il porte au fond de soi et qui aspire à s’accomplir.

À propos de Donna Williams

Son autisme aurait dû la condamner à l’enfermement. Mais, contre toute attente, elle y a échappé, parvenant même à s’inscrire à l’université. Aujourd’hui totalement autonome, elle livre ici un témoignage unique sur le monde de l’autisme.

Table des matières

Avant-propos
(par le Professeur Anthony Clare)

Préface
(par le Docteur Lawrence Bartak)

Chapitres

  1. Dans les étoiles
  2. Willie
  3. Carol
  4. Danse, petite poupée!
  5. Tom, cher petit frère
  6. Premières amies
  7. En famille
  8. Arrêtez le monde, je veux descendre!
  9. Un prof hippie pour une sale gosse
  10. Ne me touchez pas!
  11. Dépression
  12. Escapades
  13. La musique, ma passion
  14. C’est si bon de travailler!
  15. Garry
  16. Chris
  17. Mary
  18. Retour aux études
  19. L’université
  20. Vagabondages
  21. La fée ne peut plus manger
  22. Départ pour l’Angleterre
  23. L’inconnu du Pays de Galles
  24. Une rencontre en Allemagne
  25. L’ami retrouvé
  26. La trève
  27. Ces enfants pas comme les autres

Épilogue

Le Prince Coquelicot

Le Prince Coquelicot (Mary-Annick et Fabrice Meyer)Mon premier sentiment en commençant à lire ce livre a été: comment les parents d’Antoine peuvent-ils parler à la place de leur enfant, et dire ce qui se passe dans sa tête alors que lui-même ne parle que très peu et n’a pas écrit ce livre? Et puis, j’ai compris.

Ils connaissent leur fils aussi bien que je connais le mien: sur le bout des doigts, profondément, passionnément, à la suite de nombreuses années passées en sa présence, avec ses obligations et ses plaisirs.

Le Prince Coquelicot est un joli témoignage d’à quel point la vie avec un enfant autiste peut être difficile mais belle, à quel point on peut aimer un enfant, et à quel point la société n’est pas encore prête à intégrer les différences.

Ce livre est un rappel refroidissant de ce que la vie avec un enfant autiste, non considéré de « haut niveau », peut être. Je pense qu’il faut toujours espérer et tendre vers une amélioration de son enfant, mais il peut être bon de savoir ce que la vie peut nous réserver. C’est toutefois un joli témoignage, et ce livre vaut la peine d’être lu. N’hésitez pas à entrer dans la vie d’Antoine, petit garçon autiste.

Le Prince Coquelicot

Itinéraires d’un enfant autiste

Un autiste n’est pas un extra-terrestre… En revanche, l’autisme est un long combat contre la ségrégation, contre l’exclusion, nonobstant les positions officiellement affirmées.

Le présent ouvrage retrace à la première personne le parcours d’un enfant autiste, en saisissant cette démarche qui consiste à « se protéger contre les agressions du monde »… Il s’agit:

« d’une vie intérieure dans un monde à part dans lequel je me suis barricadé pour mieux me défendre… Dans ce cocon, j’ai fixé le cadre de mon existence et mes propres repères, pour finalement devenir le monde à moi tout seul ».

En conclusion:

« l’autiste n’aime pas les mots ni mettre les maux en mots ».

Cette reconstitution d’un itinéraire est destinée à tous ces égarés de la vie qui ont tant de choses à dire, mais ne savent pas trouver les mots… et à tous ceux qui ont su tendre une main… percevant que l’écart entre la rationalité de la personne autiste et la nôtre n’est pas aussi grand… que certains veulent le faire croire!

Sommaire

  • Avant-propos: Je suis un petit prince
  • Préface de Gérard Barret
  • Préambule à la promenade
  • C’est parti… mon quiqui!!!
  • Ainsi donc… tu as une maman…
  • Ta chambre, Papa… !
  • Des pieds et des mains… et des légos aussi… !
  • « Atelier couture »
  • Stéphanie, Jocelyne, Patricia, Fred et les autres…
  • Dehors… J’adore!!!
  • Pour moi, ça baigne!
  • La rose et le coquelicot, suivi du poème de Margaux « Le Petit Coquelicot »
  • La métaphysique des tuyaux
  • Ici et maintenant à en mourir
  • Le 5ème élément… on l’appellera « Bébé Constant »
  • L’absence
  • « Je hais les haies »
  • Épilogue… Quelque part entre rêve et réalité
  • Des points sur les i pour en arriver au point final
  • Texte de Margaux: mon petit frère est toute la terre…
  • Bibliographie

Flapping VS Aligner des objets

Dans mon optique de réduire au maximum les rituels et stéréotypies, j’ai toujours été consciente que lorsqu’on essaie de faire disparaitre une stéréotypie, une autre prend sa place.

Depuis quelques temps, nous demandons à Matthieu d’éviter de faire du flapping, en particulier lorsque nous sommes en dehors de la maison, ou lorsqu’il semble ne pas pouvoir s’arrêter. Nous avons essayé en particulier de les remplacer par d’autres signes moins gênants, comme des applaudissements ou un signe de victoire avec le poing levé.

Flapping VS Aligner des objets

Il semble que Matthieu ait reporté son besoin de stéréotypies et de rituels sur l’alignement d’objets, ce que je préfère grandement (entre autre, parce que c’est plus socialement acceptable que le flapping).

Nous parlions l’autre jour avec Jean et Marylin du besoin qu’ont les autistes d’effectuer ces rituels. Ils sont réservés à propos de la réduction des stéréotypies, et semblent préférer une plus grande liberté d’action que moi, qui serais plus partisane d’autoriser les stéréotypies dans un cadre (vous me dites si j’ai mal compris, d’accord?).

Et vous, qu’en pensez-vous? Êtes-vous très partisan de l’arrêt total des stéréotypies, quelles qu’elles soient? Êtes-vous plutôt, comme moi, dans une optique de les réduire en dehors d’un cadre pour une meilleure intégration sociale plus tard (du moins, les plus visibles)? Ou pensez-vous qu’il faut laisser les autistes choisir leurs moyens de prédilection pour gérer leurs émotions, et ne pas interférer?

Je vous rappelle que nous sommes ici pour discuter calmement et exposer nos points de vue afin de pouvoir nous faire la meilleure idée qu’il soit pour le bien de nos enfants. Alors pas de disputes! ;)