Matthieu a une grande fascination pour les bruits qu’émet notre machine à laver. À chaque fois que je lance une brassée de linge – ce qui, avec quatre personnes à la maison, est relativement souvent! – il commence à traîner près de la salle de bains, comme un zombi, à écouter le roulement du tambour de la machine.
Quand il accède à la salle de bains, généralement sous prétexte d’un besoin urgent, il peut rester très longtemps sur les toilettes, profitant ainsi d’une vue imprenable sur la machine à laver qui tremble et gigote à chaque essorage. Lorsque je ne l’ai pas à l’oeil, il va même poser la main dessus, pour ressentir les vibrations.
Si j’interdis l’accès, il colle sa tête sur la porte de la salle de bains (la machine à laver le linge est juste à côté de celle-ci). Il peut rester de longs moments, le regard dans le vide, debout devant la porte, jusqu’à ce que je l’en déloge et essaie de le faire changer d’occupation. Dès que je le lâche, il y retourne, et recommence son manège, ce qui fait que lorsque je fais tourner une machine je trouve généralement une occupation qui l’intéresse encore plus – tout plutôt que de le voir dans le vague, dans son petit monde intérieur, pendant de longues minutes, sans revenir à la surface.
Ces jours-ci, je sens que Matthieu est fatigué, et du coup il se trouve souvent des moments où il « rêve », où il ne fait rien, ne communique pas, et végète. J’ai échangé les séances zombies devant la machine à laver contre des séances de musique douce, en le faisant d’allonger contre moi, et en lui frottant un peu le dos, les jambes, les cheveux, pour que ce moment de solitude dans sa tête se transforme en moment douceur à deux.
Dans quels moments précis votre enfant part-il dans son petit monde? Avez-vous mis des barrières en place, ou le laissez-vous faire? Comment réussi-t-il à s’en sortir? Partagez dans les commentaires.
