Apprendre les couleurs

Pour les plus petits de nos enfants, il peut être intéressant de leur apprendre les couleurs pour commencer. Cela peut être un des premiers buts de la prise en charge à la maison: c’est assez simple à condition évidemment de ne pas se lancer dans des couleurs trop précises genre magenta, taupe, etc., et ça peut poser les bases pour des exercices futurs (les formes, par exemple).

Apprendre les couleurs avec Elmer, l'éléphant bariolé

Faire petit à petit

Il ne faut surtout pas se lancer à apprendre trop de couleurs à la fois. Je pense qu’il est nécessaire de commencer par nommer une seule couleur, pendant un petit laps de temps, afin qu’elle soit bien ancrée dans la mémoire de votre enfant.

Par exemple:

  • vous pouvez désigner les objets qui sont rouges à chaque fois que vous passez à côté
  • à chaque fois qu’il s’empare d’un jouet rouge, lui rappeller qu’il est de la couleur que vous êtes en train de lui enseigner
  • faire des journées « couleur »: s’habiller tout en rouge, préparer une assiette pleine de rouge le midi, faire de la peinture avec différentes teintes de rouge, etc.

Il est difficile de savoir si la couleur a été bien assimilée, puisqu’un enfant autiste a des problèmes à communiquer et parle rarement ou montre rarement du doigt. Si vous avez des cubes, vous pouvez essayer de lui demander d’amener un cube rouge, par exemple, mais il ne faut pas lui en vouloir s’il n’arrive pas à le faire de suite; parfois, les enfants autistes répondent avec retard, et donc si dix minutes après il vous amène le fameux cube rouge, n’oubliez pas de le féliciter chaleureusement.

Les comparaisons

Une fois la première couleur assimilée, il faut en introduire une seconde. Vous pouvez répéter les exercices si dessus pendant quelques temps (pour le jaune, par exemple).

Une fois la seconde couleur comprise, il faut essayer de faire des exercices de comparaison, en lui expliquant la notion de « pareil » et de « différent ». Par exemple, faire deux tas de cubes différents pour chaque couleur, en guidant sa main s’il se trompe.

Jeux pour travailler les couleurs

 

Apprendre les couleurs avec ColorinoCubes
Cubes magiques Brio, jouets premier âge en bois
Baril de 75 cubes en bois Heros (différentes formes genre petite ville)
50 cubes couleur en bois (Beeboo)

Pâte à modeler
Sacoche de pâte à modeler (Play Doh)
12 pots de Pâte à modeler (en promo)

Jeux éducatifs
Formes et couleurs (Ravensburger)
Colorino (Ravensburger)

Le colorino est un jeu fantastique pour apprendre les couleurs: il faut apprendre à poser les capsules de couleur sur la couleur correspondante du dessin qui est placé dessous. De plus, ça fait travailler la psychomotricité fine et la coordination oculo-manuelle grâce à la manipulation des capsules.

Livres
Les couleurs (Imagerie des bébés)
Les couleurs d’Elmer (David McKee)
T’choupi reconnaît les couleurs (Thierry Courtin)
J’apprends les couleurs avec Mimi (Lucy Cousins)

 

Apprendre les couleurs avec le <a href=Et bien sûr, je vous recommande absolument le stylo TAG pour travailler les couleurs, avec le livre sur Elmer, l’éléphant bariolé. Il y a des exercices sur les couleurs très sympathiques pour les enfants, et ce jeu est génial pour travailler la compréhension.

Si je n’avais qu’un seul jeu à recommander, ce serait celui-là, qui peut être réutilisé pour de nombreux apprentissages par la suite. De plus, il y a plusieurs thèmes disponibles selon l’âge, le sexe et les intérêts de votre enfant. C’est donc un très bon investissement, et ce jeu intéressera votre enfant et le fera travailler, seul ou avec votre accompagnement, des points clés pendant plusieurs années.

BONUS: Associer le pointage du doigt à l’apprentissage

Les enfants autistes ne savent généralement pas pointer du doigt. Il peut être avisé de profiter de l’apprentissage des couleurs pour travailler avec eux le pointage.

Lorsque vous dites une couleur, pointez-la du doigt. Ensuite, demandez-lui de vous montrer la même couleur, et prenez doucement sa main en lui faisant faire le geste de pointage. Répétez alors la couleur, et félicitez-le, jusqu’à ce qu’il pointe de son propre chef.

Le coin des conseils des parents

Grâce, notamment, au colorine et au stylo TAG, Matthieu connait maintenant bien ses couleurs. Il arrive à les dire, et parfois à les pointer du doigt (généralement quand nous arrivons à le motiver suffisamment). Nous travaillons aussi les classements par couleur avec ses divers jouets.

Et vous? Comment travaillez-vous, ou avez-vous travaillé les couleurs avec votre enfant? Avez-vous du matériel à nous recommander, ou des méthodes intéressantes à partager? Parlez-nous en dans les commentaires.

Le stylo TAG pour travailler la compréhension

Les autistes ont beaucoup de difficultés à communiquer, à pointer du doigt, et à comprendre les histoires car ils ne comprennent pas toujours les causes et les conséquences, ce que pensent les autres, ou les éléments qui lient entre eux les morceaux d’une histoire.

Le stylo Tag pour travailler la compréhension

Je vous ai déjà parlé il y a quelques temps de l’amour de Matthieu pour le livre d’Elmer, qu’il écoute avec son stylo TAG. C’est à l’occasion d’un Noël que Papiko et Mamiko lui ont offert le stylo TAG et quelques livres, sur mon conseil. Nous sommes toujours à la recherche d’activités qui puissent lui plaire et l’aider à s’améliorer.

Stylo TAG

Stylos

Livres

Je trouve ce jouet fantastique, et je le recommande à tous ceux qui ont un enfant autiste qui a des difficultés de compréhension. Il est facile d’utilisation, et entraîne aussi votre enfant à pointer, même si ce n’est pas avec son doigt c’est déjà un premier pas.

Les livres ont plusieurs modes: le stylo raconte l’histoire, dit les mots qu’il pointe, et il y a plusieurs jeux par livre, un par page, qui demandent de répondre par vrai ou faux à des questions, ou bien en devant pointer la bonne réponse sur l’image. Il y a un grand choix de livres pour tous les goûts, filles et garçons.

L’utilisation de ce jouet m’a permis de voir que Matthieu comprend bien les histoires, et qu’il arrive à répondre aux questions qui sont posées par le livre – bien plus que si c’est moi qui lui demande, d’ailleurs! Un bon achat, en somme.

Conscient de sa différence

Pendant longtemps, je me suis demandée si Matthieu se rendait vraiment compte de sa différence. J’avais noté qu’il était devenu plus calme, plus posé lorsqu’on cherchait à comprendre ce qu’il voulait depuis que le diagnostic d’autisme avait été posé: il savait qu’on savait, et qu’on essayait de l’aider, et je suis sûre qu’intérieurement ils se sentait mieux qu’on ait enfin compris.

Conscient de sa différence

Matthieu tente parfois de communiquer avec nous, autrement que pour nous dire qu’il a faim ou soif ou qu’il nous escroquerait bien d’un bonbon. Parfois, il est très en avance pour son âge, et arrive à utiliser son environnement pour nous faire comprendre qu’il a une vie intérieure riche.

Pour Noël dernier, Matthieu et son frère s’étaient vu offrir un stylo Tag avec une demi-douzaine de livres qui fonctionnent avec. De toutes les histoires que nous lui avons présentées, Matthieu n’a accroché qu’avec l’histoire d’Elmer, l’éléphant bariolé. Sur le moment, je n’y avais pas fait grand cas: il a l’habitude d’avoir des préférences parmi les jouets et de ne jouer qu’avec certains d’entre eux en délaissant les autres.

Conscient de sa différence

L’histoire d’Elmer est plutôt ressemblante à l’histoire de Matthieu. Elmer est différent mais apprécié des autres éléphants, parce qu’il les fait rire. Elmer en a assez d’être différent, et se peint de la couleur des autres éléphants pour passer inaperçu. C’est un peu ce que Matthieu devra faire plus tard, pour pouvoir être accepté en société, se « déguiser ». Ses « petites étrangetés » feront rire les autres, qui l’aimeront sans doute bien, mais ils s’attendront à ce qu’il leur ressemble plus pour l’accepter vraiment.

Elmer était différent.
Elmer était bariolé.
Elmer était jaune et orange et rouge et rose et violet et bleu et vert et noir et blanc.
Elmer n’était pas de la couleur des éléphants.
Elmer (David McKee)

C’est un soir où il n’avait réellement pas envie d’aller se coucher, et qu’il revenait sans cesse au salon nous voir, que nous avons senti qu’il y avait quelque chose qui le tracassait. Il nous avait demandé le livre d’Elmer, ce que nous lui avions accordé cinq minutes avant de retourner se coucher.

Conscient de sa différence

Matthieu s’évertua alors à faire dire au livre la phrase suivante, encore et encore:

Une nuit, Elmer n’arriva pas à trouver le sommeil; il se disait qu’il en avait assez d’être différent.
Elmer (David McKee)

Et puis il fit marcher le jeu du stylo Tag sur la page où il faut aider Elmer à se déguiser en le frottant de baies. Nous avons alors expliqué à Matthieu qu’il était effectivement différent, et qu’il travaillait très dur pour s’adapter et s’améliorer, et qu’il n’y avait pas à s’inquiéter. Matthieu fait énormément de progrès en très peu de temps, surtout pour un enfant avec son handicap, et toutes les personnes qui s’en occupent m’ont dit avoir remarqué ses progrès et efforts fantastiques.

Une fois rassuré, Matthieu a accepté d’aller se coucher sans plus se relever toutes les cinq minutes. On ne se rend pas toujours compte de toutes les questions qu’il se pose, puisqu’il est si silencieux. On ne sait pas combien il a besoin d’être rassuré malgré nos félicitations et encouragements constants. C’est épatant de voir que dans sa tête il a très bien compris et fait le rapprochement entre la situation d’Elmer et la sienne.