Ces deux semaines étaient enfin passées… J’étais contente d’arriver enfin au terme de ce bilan-diagnostic, de connaître enfin toutes les déficiences et capacités de mon enfant.
J’avais rendez-vous à 9 heures du matin au cabinet pluridisciplinaire. J’étais nerveuse, impatiente, complètement flippée aussi. Bref, il n’aurait pas fallu prendre ma tension à ce moment-là.
Elle nous a reçus dans son cabinet.
Cette fois, il y avait plein d’activités préparées sur la table de travail, des valises à côté du fauteuil de la psychologue, avec des formulaires de toutes sortes à côté d’elle. Une caméra était branchée face à la table de travail.
Elle m’expliqua que Thomas allait donc être évalué, et allait passer plusieurs tests dans cette matinée. Elle me demanda de m’asseoir, et m’invita ensuite à ne plus parler ou intervenir vis-à-vis de Thomas, qu’importe ce qui se passerait, sauf si elle me le demandait. Je m’exécutai et m’assis sagement, en les observant.
Mon petit Thomas était de très bonne humeur, volontaire, agréable, et content d’être là, ce qui allait rendre les évaluations d’autant plus simples.
Elle a sorti, donc, tour à tour, différents jeux de réflexions, puzzles, feuilles de papier pour dessiner, des images à commenter, etc., afin d’évaluer mon bonhomme dans tous les domaines.
Les jeux d’encastrements, puzzles, jeux de logique, furent réussi haut à la main (même moi, je l’avoue, y’en a un qui m’aurait laissé sur le carreau). Je fûs moi-même surprise de le voir en réaliser certains avec une facilité incroyable. D’autres fûrent un échec monumental, entrainant de violentes crises d’angoisses de la part de Thomas (lorsqu’elle lui présenta des jeux de faire-semblant). Mais Thomas a été, malgré tout, dans l’ensemble, exemplaire pour un petit bonhomme habituellement bien agité.
Au fur et à mesure des évaluations, elle cochait des cases dans ses formulaires.
Les évaluations se sont terminées par le questionnaire Vineland, que, pour ma part, je ne trouvais pas top, mais elle m’expliqua que c’était vraiment juste pour se faire une idée de son niveau d’autonomie à la maison.
Elle me donna rendez-vous pour la semaine suivante, afin de recevoir et de commenter les résultats du bilan-diagnostic et psychométrique. Elle m’informa que, selon ce qui avait été fait et évalué aujourd’hui, la CARS allait être belle et bien élevée, comme elle l’avait présagé lors du passage de l’ADI-R.
Cette semaine passa assez rapidement. Nous nous sommes rendus, mon mari, mon fils et moi au cabinet pour la restitution du bilan.
Elle me remit alors le DVD des évaluations qui avaient été filmées, et commença à nous donner les résultats qui, comme elle me l’avait dit, pour certains n’étaient pas bons, mais pour d’autres, laissaient présager de très bonnes choses pour l’avenir de Thomas.
En matière d’autisme, Thomas est donc autiste typique sévère.
Ses cutt-off (scores) à l’ADI-R pétaient tout les plafonds. Ils étaient vraiment pas terribles…
Son score à la CARS était de 46,5/60 à ce moment-là. Cependant, Thomas n’ayant pas de déficience mentale associée, cela le classe dans l’autisme de haut niveau de fonctionnement ou TEDSDI > TED sans déficience intellectuelle.
Il a une intelligence globale normale, dont le quotient d’efficience est de 80, ainsi que des pics d’habilités avec des quotients d’efficience à 111 (donc à un âge de 4,5 ans alors qu’il n’a que 3 ans et demi à ce moment-là) au niveau des sous-tests « classification, logique, réflexions », etc. Donc, un fonctionnement cérébral malgré tout côté comme « sévèrement anormal ». Elle nous indiqua que, de ce fait, pour occuper Thomas, il fallait lui proposer régulièrement des activités au-dessus de son âge.
Thomas avait aussi 24 émergences en cours d’acquisition (ce qui est énorme), dont elle avait pris compte pour le diagnostic, bien évidemment. Elle nous informa que, au vu des émergences à ce jour, à 4 ans Thomas aurait acquis le langage, et que nous allions voir, au fur et à mesure des jours à venir, les énormes progrès en ce sens (ce qui est à 200% vrai, nous l’avons plus que constaté!).
Elle nous informa alors que les Autistes Haut Niveau verbaux avaient dans « leur développement normal » cette phase de développement du langage qui « explose » aux alentours de 4 ou 5 ans, de manière considérable et soudaine, en comparaison aux autres difficultés qui, elles, bougent beaucoup moins vite (stéréotypies, activités restreintes, etc.). Ce qui améliore grandement, de ce fait, leur sociabilisation.
Elle nous expliqua que ce qui avait côté le plus sévèrement Thomas était son fonctionnement cérébral, sa maladie du Pica (très prononcée chez mon fils, je le rappelle, puisqu’il mange tout ce qui est en bois, papier, carton… et nous a donc ravagé tous nos meubles de la maison, mangeant le papier toilettes, les mouchoirs, le sopalin, les feuilles et enveloppes, etc.), ses stéréotypies (balancements, sautillements, grattages divers, mouvements et torsions des doigts), son agitation, ses troubles moteurs (dont la marche sur la pointe des pieds), ses hypersensibilités, ses troubles du sommeil et troubles alimentaires.
Le PEP-3 avait planté Thomas dans ses résultats et ne faisait pas apparaitre ces fameux pics d’habilités, car Thomas avait refusé de passer certains sous-tests. Il plaçait donc Thomas à un âge de développement de 18 mois. Cela n’avait donc pas convenu à la psychologue, car ça ne reflétait pas les capacités actuelles de Thomas.
La psychologue l’avait donc évalué ensuite avec le Brunet-Lézine et les EDEI-R afin de révéler les pics d’habilité et de faire transparaitre l’âge de développement réel de Thomas, plus représentatif de notre enfant, à un âge de 33 mois globalement.
Toutes ses évaluations ont donc bien confirmé l’autisme sévère de haut niveau de fonctionnement pour notre petit Thomas.
Elle s’attarda à parler à mon époux, qui, lui, vivait assez difficilement toute l’annonce de ses résultats, mais ne laissait rien transparaitre. Elle a donc beaucoup discuté avec lui.
Elle m’a remis le bilan-diagnostic et psychométrique en main, ainsi que la feuille d’algorithme de l’ADI-R, l’entretien diagnostic de l’autisme, à envoyer à la MDPH pour confirmer le diagnostic préétabli par le Dr Cohen.
Ensuite, nous avons discuté de la mise en place de la remédiation cognitive et éducative dont Thomas allait avoir besoin, et de sa future scolarité.
Nous avons décidé avec mon mari qu’elle effectuerait la remédiation de notre enfant, et qu’elle me formerait à la guidance parentale pour travailler le reste de la semaine auprès de Thomas.
La méthode de remédiation employée serait la thérapie d’échanges et développement (TED), thérapie neuro-développementale.

Dans la continuité de mon précédent article
Eh bien non, pas cette année… Pour une fois, nous échapperons à l’achat des vingt boules de toutes sortes que Mathilde reçevait tous les ans, parce qu’elle ne s’intéressait qu’à ça, et que l’on avait beau lui offrir autre chose, il ne fallait surtout pas commencer par les boules, sinon c’était peine perdue pour qu’elle daigne ouvrir les autres paquets. Donc, exit les boules qui finalement ne servent à rien, sauf à ce qu’elle stéréotype et nous envahisse la baignoire avec.
J’essaye d’être une bonne mère. N’en déplaise aux psychanalystes, je fais de mon mieux pour gérer mes nombreuses casquettes de mère, d’épouse, d’employée et d’amie.