Chouette, c’est la rentrée!

J-1 avant la rentrée. Je viens de recevoir la notification d’affectation en CLIS d’Adam et me précipite à la mairie pour l’inscrire à l’école. Il faut dire que la seule CLIS publique que j’avais demandée était non seulement hors département par rapport à notre domicile, mais aussi hors académie!

Du coup, impossible de préparer Adam pour la rentrée en lui montrant, notamment, sa future école. Il saute dans le grand bain dès le lendemain, à 8 heures 30, avec son cartable de grand. Seule dérogation autorisée en ce jour un peu spécial: les parents peuvent monter dans la classe quelques instants, comme pour Axel lorsqu’il était rentré au CP. Après cela, nous partirons.

Adam est manifestement content de faire son entrée à la grande école car il s’exclame « ah, enfin le CP! » lorsqu’il pénètre dans la classe. Il est touchant! Il s’installe à une table, prend une feuille de papier et écrit… Un dernier baiser et nous prenons la direction du groupe scolaire d’Axel, qui fait aussi sa rentrée mais à 9 heures.

La première journée d’Adam à la grande école est jugée « difficile » par l’enseignante, celle du lendemain « compliquée », mais elle me rassure en me disant que c’est normal, et qu’il faut qu’Adam et elle apprennent à se connaître. À la maison, en revanche, Adam est charmant, signe qu’il n’est pas perturbé par l’école.

Pendant tout le weekend, je parle à Adam de ce qu’il faut faire et ne pas faire à l’école, et ça fonctionne! Pas de crises le lundi et le mardi. Mieux, Adam me dit: « c’était bien l’école ». La maîtresse me dit qu’il va pouvoir entrer dans les apprentissages prochainement…

Le jeudi est encore difficile car Adam refuse de rentrer à la cantine pour manger, et c’est l’AVS co qui arrive à le persuader de grignoter vers 13 heures. En revanche, quand Adam est disposé à travailler, il est bien concentré: la maîtresse a constaté qu’il savait lire un certain nombre de syllabes, et qu’au niveau du graphisme, de la reconnaissance des formes et de la discrimination visuelle, il se défendait bien. Elle commence à décrypter le comportement d’Adam pour éviter les crises.

De mon côté, j’ai beaucoup d’appréhensions. À force d’avoir eu des tas de réflexions en maternelle sur ce qu’Adam faisait de mal, j’ai oublié que je pouvais lui faire confiance. Mon petit bonhomme devient soudain grand. Le matin, il entre seul dans l’école avec son cartable sur le dos et se dirige dans la cour de récréation avec les autres enfants, ça me paraît très bizarre! Il ne sortira qu’à 16 heures 30, après avoir passé toute la journée à l’école, comme son grand frère.

Je sais que tout ne va pas aller d’un coup de baguette magique mais j’espère que l’année se passera bien et qu’Adam progressera.

Ce soir, Adam est revenu de l’école avec sa première récitation.

Chouette, c’est la rentrée

Chouette, c’est la rentrée
On va bien s’amuser!
Zut, c’est la rentrée
Plus de grasses matinées!
Chouette, c’est la rentrée
La maîtresse est bronzée!
Zut, c’est la rentrée
Bientôt fini l’été!
Chouette, c’est la rentrée
J’ai de nouveaux souliers!
Zut, c’est la rentrée
J’ai un peu mal aux pieds!

Sylvie Poillevé

Axel et moi sommes perplexes. Adam doit-il l’apprendre par cœur puisqu’elle se trouve dans son cahier? Certainement, à plus ou moins long terme. Après tout, Adam est maintenant à l’école élémentaire.

Décidément, cette rentrée 2010/2011 ne ressemble pas du tout à la précédente, elle est pleine d’espoir!

C’est la rentrée

C’est la rentrée

Cartable nouveau,
Joli manteau.
Livres, cahiers
Et beau plumier…
Cloche a sonné,
Un gros baiser.
Il faut y aller:
C’est la rentrée!

Christian Merveille

Ce poème, Adam aurait pu l’apprendre au CP, qu’il aurait dû intégrer en septembre 2009, comme tous les enfants nés en 2003, s’il n’avait pas été autiste.

Mais le jeudi 3 septembre 2009, Axel est allé seul à la grande école, au CE2. Je lui ai fait mes dernières recommandations pour être sage, un dernier baiser et nous sommes partis, Adam et moi, pour l’école maternelle, pour la quatrième année consécutive, munis d’un simple petit sac à dos contenant quelques affaires de rechange.

Nous avons croisé sur le chemin les enfants qui étaient avec Adam à la crèche ou en classe lors de sa première petite section, arborant un cartable flambant neuf et accompagnés de leurs parents, très fiers de leur entrée à la grande école.

Adam n’ira jamais au CP.

Axel a compris qu’il ne sera jamais pris en photo avec son frère par le photographe de l’école, contrairement à ses copains qui ont également un frère ou une sœur nés en 2003.

C'est la rentrée

Il me reste encore deux mois avant la prochaine équipe éducative pour trouver une CLIS qui soit la plus adaptée au handicap d’Adam. Curieuse course contre la montre!

Ce jeudi 3 septembre 2009, j’ai eu un pincement au cœur. C’est le jour où j’ai dû commencer à faire le deuil d’une scolarité classique pour mon fils.

Jour de tristesse.

Septembre 2009

Comment j’ai ressorti mon fameux « proverbe à la con »

J’ai eu une chance insolente cet été (Chéri, si tu me lis, j’espère que ce n’est pas parce que j’ai des cornes qui poussent entre mes cheveux blonds comme un champ de blé).

J’avais trouvé une intervenante ABA pour faire de l’intense, du massif, du lourd pendant tout l’été. Elle m’a claqué dans les doigts une semaine avant le début des vacances. Ma bonne étoile, celle que je croyais éteinte depuis quelques mois déjà, a soudainement clignoté, et j’ai trouvé quelqu’un pour deux semaines, puis les deux suivantes jusqu’à la semaine prochaine.

La semaine prochaine, c’est la rentrée. Je ne sais toujours pas si j’ai une EVS. Je n’ai toujours plus le droit d’embaucher une AVS ABA moi même, je n’ai plus d’intervenant du tout à partir de la semaine suivante. Bref je saute dans le grand bain de septembre, sans bouée et sans palmes.

Tout l’entourage de Stanislas est unanime: avec un bon accompagnement scolaire pour travailler les interactions sociales, doublé d’intervention ABA autour de la compliance et des stéréotypies durant les deux dernières années de maternelle, Stanislas peut prétendre à aborder le CP classique sans accompagnement.

Mais bon, Stanislas est un petit français et il habite dans l’Oise, donc pour l’accompagnement scolaire digne de ce nom il ira se brosser, et comme notre système est ce qu’il est, on ne trouvera pas d’intervenant et je continuerai donc à faire moi-même l’intervention ABA avec mon fils.

Peut-être que ma bonne étoile va clignoter à nouveau, qui sait?

À défaut je ressors mon « proverbe à la con »: celui qui cherche en toute chose le côté soleil, trouvera partout lumière et chaleur. En bref, Stanislas a de la chance d’avoir des compétences et une mère qui peut faire l’ABA avec lui.

Vive la France! Vive Ubu!

Rentrée à l’école J-3

Lundi prochain, Matthieu commence l’école. Une AVS l’y attendra, et s’occupera de lui deux matinées par semaine, les lundi et jeudi.

J’en profite pour relire les textes sur l’école et les AVS qui sont parus sur Autisme Infantile:

J’aimerais bénéficier une fois de plus de vos conseils, trucs et astuces pour que tout se passe pour le mieux. Vous qui avez déjà fait la rentrée avec votre enfant, pouvez-vous m’aider, me conseiller, me rassurer?

Pas d’AVS pour mon enfant

School Room (photo: Rob Shenk)

Fin décembre, j’ai reçu un coup de fil de la part de la maîtresse de Matthieu. Elle était désolée d’apprendre que l’AVS qui devait s’occuper de lui et lui permettre de faire sa rentrée aujourd’hui avait démissionné, et qu’on devait maintenant attendre qu’une remplaçante soit trouvée pour que Matthieu puisse rentrer à l’école.

Cela fait longtemps que je vous lis, vous les parents qui avez votre enfant à l’école, et j’ai remarqué qu’il y a souvent des changements d’AVS en cours d’année ou d’une année sur l’autre.

En en parlant avec le pédopsychiatre de Matthieu, il m’a dit que c’était bien dommage (il nous encourage à faire rentrer Matthieu à l’école depuis un bon moment), mais que c’était malheureusement très courant. Selon lui, certaines AVS sont des étudiantes et ne savent pas combien ce métier peut être dur (on en sait quelque chose, nous les parents!). Donc, elles se sentent perdues, surmenées, pour un salaire qui ne vole pas bien haut.

Le métier de maman (ou papa) au foyer est difficile, et nous ne sommes pas payés pour le faire, même si nous ne pouvons pas reprendre d’activité en dehors de la maison, et que nos journées sont fatiguantes et parfois démoralisantes. Je ne comprends pas pourquoi les AVS, qui vont faire en gros la même chose que nous, ne sont pas mieux payées. Les parents d’enfants autistes comme leurs AVS ont un travail pénible, et devraient être rémunérés comme tel.

Ce qui est clair à mes yeux, c’est que c’est un métier où la personne doit être motivée, aimer l’enfant pour pouvoir tenir le coup au jour le jour, car les progrès ne sont pas toujours là, et les apprentissages peuvent être durs.

Ce que je ne comprends pas non plus, c’est pourquoi l’a recherche d’une autre AVS n’a pas été faite immédiatement dès que la première a posé sa démission. De ce que je me souviens, une démission ça ne se fait pas du jour au lendemain, si? Même si trouver une AVS est difficile, avec du temps à leur disposition ils auraient pu trouver une remplaçante qui aurait pris la relève tout de suite.

En tout cas, le résultat est là: Matthieu ne commence pas l’école aujourd’hui. Qui sait s’il pourra faire sa rentrée en février? Où est-il, ce droit de chaque enfant d’être scolarisé?

Comment j’ai repris espoir, ou mon premier contact avec l’équipe enseignante de la maternelle de Stan

C’était la dernière incertitude majeure qui m’angoissait terriblement: comment la directrice de l’école maternelle, dans laquelle Stan va entrer pour la première fois en petite section la semaine prochaine, allait-elle réagir à l’annonce du handicap de mon loulou? Allait-elle manifester des craintes, de l’angoisse? Allais-je essuyer un refus poli mais ferme? L’intégration scolaire est tellement importante pour un enfant autiste

Comment j’ai repris espoir, ou mon premier contact avec l’équipe enseignante de la maternelle de Stan

Eh bien, j’ai eu tort d’angoisser. Oui, il existe au moins une directrice d’école, une institutrice et une ATSEM, dans ce bas monde, à qui l’autisme ne fait pas peur, qui se sont ruées sur internet pour récupérer de la documentation, qui m’ont passé un coup de fil enthousiaste pour me dire que ce serait un défi dans leur vie d’enseignante, un challenge qu’elles comptaient bien réussir et qui allait enrichir leur expérience! Je n’en croyais pas mes oreilles !

J’ai vraiment entendu une équipe enseignante dire qu’elle se sentait responsable de l’épanouissement des enfants, de TOUS les enfants qui lui étaient confiés.

La demande d’AVS est donc lancée. Une entrevue avec le médecin qui prend en charge l’aspect éducationnel de Stan est prévue afin que les instituteurs puissent se familiariser avec l’approche spécifique que nécessite ce handicap. La classe de Stan va être structurée pour mieux l’accueillir, les petites images correspondant à chaque activité sont préparées pour qu’il comprenne ce qui se passe, et une attention particulière lui sera portée en attendant que l’AVS arrive.

Maintenant il n’y a plus qu’à espérer que Stanislas sera heureux durant les trois prochaines années dans cet environnement, et que cette période clé pour sa future autonomie soit vraiment riche de progrès !

Je voulais partager cela avec vous, car j’ai eu trop souvent le coeur serré en lisant le témoignage de parents dont les enfants ont été mis au ban de l’école de la République. Ça m’avait fait froid dans le dos.

Apparemment, un autre monde est possible, il faut que ça se sache, il faut que ça s’étende. Il faut qu’un jour plus aucun parent ne soit mort d’angoisse à l’idée de parler du handicap de son enfant à une équipe éducative avant sa première rentrée scolaire.

Et chez vous , comment la rentrée va-t-elle se passer?

École: première prise de contact

En septembre de l’année dernière, avec l’accord de notre pédopsychiatre, nous avons pris la décision de scolariser notre enfant à la rentrée suivante plutôt que tout de suite. Matthieu n’était pas encore prêt à commencer sa scolarité immédiatement car il était encore trop hyperactif et nous pensions alors déménager très vite à une heure de notre résidence actuelle. Nous avons donc planifié une rentrée en septembre 2009, qui nous permettrait de le préparer à la discipline nécessaire à la vie scolaire, et d’éviter de le changer de classe et d’école en milieu d’année.

École: première prise de contact

Pendant plusieurs mois, la psychomotricienne, l’orthophoniste et moi avons focalisé nos efforts sur sa préparation à l’école tout en continuant les soins nécessaires de sa prise en charge:

  • nous avons habitué Matthieu à rester assis pendant les séances de travail (environ une demie-heure à la fois, mais avec fermeté),
  • nous avons commencé à aborder les activités qu’il va rencontrer à l’école (peinture, collages) afin qu’il ne soit pas en échec sur tous les aspects de l’école,
  • nous avons travaillé plusieurs contraintes (attendre son tour, écouter les consignes avant de se lancer dans un travail, obéir à des ordres simples comme venir, prendre, poser, etc.).

Jusqu’à présent, Matthieu a toujours eu du mal au départ à s’adapter aux consignes, en particulier la première fois, pour y revenir volontiers et de lui-même aux séances suivantes, comme s’il avait besoin d’une pause pour vraiment intégrer les manipulations et consignes. Une fois motivé, il réussit correctement les exercices, ce qui prouve qu’il faut savoir insister et ne pas baisser les bras au premier échec.

De plus, je l’ai inscrit avec son petit frère à la halte-garderie deux matinées par semaines, pour qu’il puisse se frotter un peu à d’autres enfants et se rendre compte qu’il existe des règles en collectivité.

École: première prise de contact

Les règles de la halte-garderie sont plutôt laxistes par rapport à celles qui vont exister à l’école, et Matthieu ayant facilement deux ans de plus que tous les autres enfants, il leur est plutôt difficile de se faire obéir efficacement, car ce qui fonctionne avec des tout-petits n’a aucun effet sur mon enfant. À l’école, Matthieu devrait pouvoir béneficier d’une AVS (Assistante de Vie Scolaire), qui s’occupera exclusivement de lui, et l’aidera à s’adapter aux règles de l’école et à se focaliser sur les activités qu’il devra effectuer comme les autres enfants.

Je suis plutôt satisfaite de cette première vraie prise de contact. Déjà, parce que la maîtresse a pu se rendre compte que mon  fils ne sera pas si difficile à adapter en classe, mais qu’il a tout de même besoin d’une AVS puisque là où un enfant de son âge écoute l’adulte, il est ardu de retenir son attention et de l’inciter à coopérer si une personne ne s’occupe pas exclusivement de lui.

Ensuite, j’ai noté avec bonheur que la maîtresse et moi sommes sur la même longueur d’onde: il n’est pas question de laisser Matthieu seul au fond de la classe à faire ce qu’il veut pour ne pas qu’il gêne le bon déroulement des activités. Il va falloir être parfois très stricts pour qu’il s’habitue à évoluer en groupe, surtout au départ. Mais son intégration au sein du groupe est notre objectif principal en ce qui concerne Matthieu.

École: première prise de contact

Durant cette première matinée à l’école, j’ai servi d’AVS à Matthieu. Tout s’est plutôt bien passé, il a été le centre de l’attention de tout le monde, en particulier des petites filles (héhé) qui ont été particulièrement curieuses de ce nouveau venu, et cela laisse présager d’une bonne rentrée, à condition que l’AVS soit en meilleure forme physique que moi et n’ait pas peur de courir à longueur de temps!