Ceux qui suivent les tribulations de Stan au fil de mes billets et de mes commentaires savent qu’un terrible monstre venait hanter ses nuits: le monstre Popo himself avait pris ses quartiers chez nous depuis près de deux ans, et venait gâcher tous nos jolis rêves et nos douces nuits.
Stanislas souffrait d’encoprésie primaire nocturne. Une drôle de bestiole. Super sournoise, et vraiment emmerdante, c’est le mot qui convient (un autre plus vulgaire me vient au lèvre, mais je suis une fille bien élevée).
L’encoprésie, c’est la rétention des selles et leur évacuation incontrôlée. Elle est primaire lorsque l’enfant n’a jamais fait caca dans un pot ou des toilettes, et nocturne lorsque l’évacuation incontrôlée se fait pendant le sommeil.
J’arrête tout de suite les copines bienveillantes qui vont voir dans le qualificatif « nocturne » l’avantage formidable d’avoir un enfant propre de jour. Moi aussi, je croyais que c’était parfait, jusqu’au jour où il a fallu enlever les couches, de jour comme de nuit, et où je me suis retrouvée avec une œuvre d’art comparable au Piss Christ chaque nuit sur les draps, les murs de la chambre, et le tapis, mais sans le Christ, et pas seulement avec du pipi.
On est entre nous, donc nous n’allons pas nous cacher derrière notre petit doigt, et si je partage ici mon expérience, ce n’est pas pour satisfaire les bas instincts scatophiles de notre déesse à toutes – Nathalie – mais plutôt pour partager mon expérience, qui, je le sais, sera utile à beaucoup.
Pourquoi l’encoprésie nocturne s’est-elle installée?
C’est ma faute, ma très grande faute! Nous avons fait une boulette en mettant en place le programme propreté diurne. Par négligence, flemme, fatigue, ou les trois à la fois, j’ai viré toutes les couches de jour, mais pas celle de nuit. Mon petit lutin, dont l’intelligence et la malice n’ont d’égal que la beauté (cet enfant me ressemble affreusement), a logiquement restructuré son organisation cacatesque. Et ce qu’il faisait au cours de la sieste dans une couche confortable, il l’a décalé dans la couche de nuit. À bon entendeur, salut!
Pourquoi cette encoprésie a-t-elle été primaire?
L’une des toutes premières choses que Stanislas a dites lorsqu’il a commencé à parler, c’est que sa nounou l’avait grondé une fois lorsqu’il avait fait caca au cours d’un change. Conditionnement aversif puissant. Il a peut-être suffi d’une fois pour que la défécation devienne totalement aversive. Ajoutez à cela une selle plus dure que d’habitude, qui fait un peu mal, et voilà, le tour est joué!
Comment nous en sommes-nous débarrassés?
L’idée est de défaire ce conditionnement aversif très puissant. Le premier objectif a donc été d’établir une routine de mise au toilette, en position adaptée – genoux légèrement relevés avec un tabouret -, vingt minutes après chaque repas, afin de rééduquer le péristaltisme. Chaque mise aux toilette étant bien sûr renforcée par une chose agréable, une histoire, par exemple.
Le second objectif a été de rendre les selles indolores, et casser le phénomène de rétention et de constipation. Là, je dirai très simplement que je suis prête à embrasser le crâne chauve de l’inventeur du Forlax. Deux sachets tous les matins, et Ô Saint Graal, le popo est là, chaque jour, un à 14 heures, un à 20 heures, que du bonheur…
Pas du jour au lendemain certes, mais un big renforcement en appelant un autre, nous avons vu nos nuits se transformer en 5 à 6 semaines. Nous sommes aujourd’hui en phase de stabilisation et de généralisation du comportement (faire caca même à l’école, par exemple), puis nous diminuerons ensuite petit à petit les doses de Forlax.
Quand on se débarrasse du popo planqué nocturne, on se débarrasse par la même occasion de tous les autres comportements problèmes:
- plus d’emballement artistique à base de caca frais, plus de séance de tripotage, tout part dans les toilettes, et maman veille au grain plus facilement
- plus de séances de douche nocturne (jusqu’à 3, parfois) qui tuaient nos nuits.
- adieu le caca sous les ongles ou coincé dans les lunules – qui n’a jamais dû brosser les ongles d’un enfant autiste ne connait pas le côté obscur de la force…
- adieu les odeurs pestilentielles, combattues à coup d’huiles essentielles diverses et variées, qui coûtent toutes un bras.
Donc, en résumé: rythme implacable de la mise aux toilettes avec position adaptée, Forlax en soutien, renforçateurs++ et patience…
Je vous l’avoue, je ne me l’explique pas encore moi-même, et je vais en parler dès demain aux intervenants de Matthieu, mais il semble qu’il y a un lien direct entre la poussée des dents définitives et la propreté.
Mais dans l’ensemble, il faut le dire, l’école épanouit Maëlys. Elle y va avec bonheur et sourire, malgré les difficultés et les reflexions des autres enfants, peu tendres entre eux…
Je réponds à vos questions sur Formspring, soit en me basant sur mes lectures, soit en me basant sur mes expériences avec mon fils Matthieu, 5 ans, diagnostiqué autiste atypique en 2007. Lorsque je n’ai pas de réponse, je pose les question directement à la communauté.
Le temps passe, mais ça y est, ce sont les vacances! Que ça fait du bien! Et dans tout ça il y a Maëlys qui: