Comment nous avons vaincu l’horrible monstre Popo

Ceux qui suivent les tribulations de Stan au fil de mes billets et de mes commentaires savent qu’un terrible monstre venait hanter ses nuits: le monstre Popo himself avait pris ses quartiers chez nous depuis près de deux ans, et venait gâcher tous nos jolis rêves et nos douces nuits.

Stanislas souffrait d’encoprésie primaire nocturne. Une drôle de bestiole. Super sournoise, et vraiment emmerdante, c’est le mot qui convient (un autre plus vulgaire me vient au lèvre, mais je suis une fille bien élevée).

L’encoprésie, c’est la rétention des selles et leur évacuation incontrôlée. Elle est primaire lorsque l’enfant n’a jamais fait caca dans un pot ou des toilettes, et nocturne lorsque l’évacuation incontrôlée se fait pendant le sommeil.

J’arrête tout de suite les copines bienveillantes qui vont voir dans le qualificatif « nocturne » l’avantage formidable d’avoir un enfant propre de  jour. Moi aussi, je croyais que c’était parfait, jusqu’au jour où il a fallu enlever les couches, de jour comme de nuit, et où je me suis retrouvée avec une œuvre d’art comparable au Piss Christ chaque nuit sur les draps, les murs de la chambre, et le tapis, mais sans le Christ, et pas seulement avec du pipi.

On est entre nous, donc nous n’allons pas nous cacher derrière notre petit doigt, et si je partage ici mon expérience, ce n’est pas pour satisfaire les bas instincts scatophiles de notre déesse à toutes – Nathalie – mais plutôt pour partager mon expérience, qui, je le sais, sera utile à beaucoup.

Pourquoi l’encoprésie nocturne s’est-elle installée?

C’est ma faute, ma très grande faute! Nous avons fait une boulette en mettant en place le programme propreté diurne. Par négligence, flemme, fatigue, ou les trois à la fois, j’ai viré toutes les couches de jour, mais pas celle de nuit. Mon petit lutin, dont l’intelligence et la malice n’ont d’égal que la beauté (cet enfant me ressemble affreusement), a logiquement restructuré son organisation cacatesque. Et ce qu’il faisait au cours de la sieste dans une couche confortable, il l’a décalé dans la couche de nuit. À bon entendeur, salut!

Pourquoi cette encoprésie a-t-elle été primaire?

L’une des toutes premières choses que Stanislas a dites lorsqu’il a commencé à parler, c’est que sa nounou l’avait grondé une fois lorsqu’il avait fait caca au cours d’un change. Conditionnement aversif puissant. Il a peut-être suffi d’une fois pour que la défécation devienne totalement aversive. Ajoutez à cela une selle plus dure que d’habitude, qui fait un peu mal, et voilà, le tour est joué!

Comment nous en sommes-nous débarrassés?

L’idée est de défaire ce conditionnement aversif très puissant. Le premier objectif a donc été d’établir une routine de mise au toilette, en position adaptée – genoux légèrement relevés avec un tabouret -, vingt minutes après chaque repas, afin de rééduquer le péristaltisme. Chaque mise aux toilette étant bien sûr renforcée par une chose agréable, une histoire, par exemple.

Le second objectif a été de rendre les selles indolores, et casser le phénomène de rétention et de constipation. Là, je dirai très simplement que je suis prête à embrasser le crâne chauve de l’inventeur du Forlax. Deux sachets tous les matins, et Ô Saint Graal, le popo est là, chaque jour, un à 14 heures, un à 20 heures, que du bonheur…

Pas du jour au lendemain certes, mais un big renforcement en appelant un autre, nous avons vu nos nuits se transformer en 5 à 6 semaines. Nous sommes aujourd’hui en phase de stabilisation et de généralisation du comportement (faire caca même à l’école, par exemple), puis nous diminuerons ensuite petit à petit les doses de Forlax.

Quand on se débarrasse du popo planqué nocturne, on se débarrasse par la même occasion de tous les autres comportements problèmes:

  • plus d’emballement artistique à base de caca frais, plus de séance de tripotage, tout part dans les toilettes, et maman veille au grain plus facilement
  • plus de séances de douche nocturne (jusqu’à 3, parfois) qui tuaient nos nuits.
  • adieu le caca sous les ongles ou coincé dans les lunules – qui n’a jamais dû brosser les ongles d’un enfant autiste ne connait pas le côté obscur de la force…
  • adieu les odeurs pestilentielles, combattues à coup d’huiles essentielles diverses et variées, qui coûtent toutes un bras.

Donc, en résumé: rythme implacable de la mise aux toilettes avec position adaptée, Forlax en soutien, renforçateurs++ et patience…

L’inexplicable lien entre la poussée de dents et la propreté

L'inexplicable lien entre la poussée de dents et la propretéJe vous l’avoue, je ne me l’explique pas encore moi-même, et je vais en parler dès demain aux intervenants de Matthieu, mais il semble qu’il y a un lien direct entre la poussée des dents définitives et la propreté.

Âmes sensibles, allez faire un tour, ça va parler excréments… Désolée!

Il y a quelques temps, Matthieu a eu sa première dent définitive qui a poussé. Je suis d’ailleurs étonnée de ne pas en avoir fait un article ici (je deviens gâteuse). L’inquiétude se lisait clairement sur son visage, jusqu’à ce qu’on le rassure, qu’on lui dise que c’est parce qu’il devient grand (Matthieu aime qu’on lui dise que c’est un grand, ça veut dire plus de privilèges!) et que tous les enfants perdaient leurs dents, et que c’est parce qu’une dent nouvelle pousse sous les autres qu’elles tombent.

Pour faire bref, la petite souris est passée, on a réussi à récupérer la première dent de lait, joie, liesse et feux d’artifice. Sur le coup, au même moment, on avait eu droit à ce que j’appelle des « traces de pneu » dans le slip. Vu que ça n’a que peu duré, tout est revenu très vite à la normale, et je n’y ai plus pensé.

Il y a quelques jours, les traces de pneu sont revenues, avec plus de vigueur. Et, visiblement, une nouvelle dent définitive est en train de pousser sous les autres. Je vous le dis parce que j’ai vérifié, car en essayant de me rappeller la dernière fois que Matthieu avait été sale, c’est quand il avait fait sa première dent définitive. Matthieu est devenu propre du jour au lendemain, avec très peu de « rechutes« .

Une fois, deux fois… c’en est arrivé à un slip à changer pratiquement toutes les quinze minutes! Nous nous sommes retrouvés dans une spirale de l’horreur, à s’imaginer lui remettre des couches (il a fallu que je lui en remette une pour dormir, après qu’il ait sali la quasi-totalité de ses slips et pantalons, et sa literie au passage).

Nous nous sommes posé de multiples questions:

  • Est-ce que quelque chose a changé depuis qu’il était propre? (Réponse: oui, il a reçu un baladeur mp3 pour Noël, et il l’écoute dans sa chambre – il aurait pu ếtre trop absorbé pour penser à aller aux toilettes. Une fois le baladeur mis de côté, le comportement persiste).
  • Est-ce son alimentation qui pose problème?
  • Est-ce qu’il veut faire comme son frère, qui persiste à faire dans sa couche?
  • Est-ce qu’il est malade, est-ce qu’il souffre quelque part?

Nous avons même réfléchi à la possibilité qu’il ait associé l’apparition des douleurs aux dents avec le fait de grandir, et ait décidé de refaire sur lui pour « rester petit » et ne plus avoir de dents définitives qui poussent.

Personnellement, je reste persuadée que ce sont ses dents qui le font souffrir, et qui entraînent ces laisser-allers. D’ailleurs, quand je lui donne du Doliprane, les traces de pneu s’estompent, ce qui semble aller dans mon sens. J’aurai sans doute plus de précisions demain.

Avez-vous eu le même genre de problème avec vos enfants? Les signes vous disent-ils quelque chose? Je vous écoute dans les commentaires de l’article.

L’école, Maëlys et… une belle nouvelle!

Bonjour à tous et toutes! C’est avec plaisir que j’écris un nouvel article. Cela faisait longtemps mais tant de choses se sont passées depuis!

L'école, Maëlys et... une belle nouvelle!

Tout d’abord l’école: LA grande étape… Toutes nos impressions se sont confirmées, Maëlys est tombée dans une super école, avec une maitresse investie et motivée pour elle. Un mois et demi après la rentrée, nous pouvons dire qu’effectivement la puce est très en avance et surpasse ses camarades sur certaines choses: elle sait compter, connait et REconnait son alphabet, commence à écrire son prénom, connait toutes les couleurs, etc. Se confirment aussi toutes les difficultés: le groupe, les autres enfants, la compréhension de consignes simples, les frustrations, les échecs, et les interactions.

De plus, Maëlys, si on l’amène régulièrement aux toilettes, iln’y a pas de souci pour le pipi, mais si on ne le fait pas, elle ne demande pas. Le caca idem, du coup il finit à 98% dans la culotte…

Si on fait un point complet, les rigidités alimentaires sont toujours là également, même si Maëlys mange plutôt bien dans l’ensemble. Elle a toujours une écholalie très importante, sa communication s’améliore, mais elle toujours incapable de tenir une petite conversation ou de s’exprimer. Ce ne sont que des mots, mais pour elle c’est déjà énorme.

L'école, Maëlys et... une belle nouvelle!Mais dans l’ensemble, il faut le dire, l’école épanouit Maëlys. Elle y va avec bonheur et sourire, malgré les difficultés et les reflexions des autres enfants, peu tendres entre eux…

L’autre jour, une petite fille a dit à son papa, en montrant Maëlys du doigt, que « elle, elle est méchante ». Même si on sait que se ne sont que des paroles d’enfants de 3 ans, qu’est ce que ce genre de phrases font mal…

Elle a toujours orthophonie et psychomotricité toutes les semaines, plus son médecin sur Paris qui la suit tout les mois.

De plus, nous avons sauté le cap, malgré la peur. Nous vous annonçons avec bonheur l’arrivée d’une deuxième princesse début d’année 2011.

Les doutes et les peurs sont là, tant liées à la grossesse (Maëlys est née à 30SA), qu’aux difficultés, car bien sûr, nous espérons qu’elle n’aura pas les mêmes troubles que sa soeur.

Voilà les dernières nouvelles. Très prochainement, la suite des aventures!

Propreté: combattre les refus et donner les clefs de l’autonomie

Je réponds à vos questions sur Formspring, soit en me basant sur mes lectures, soit en me basant sur mes expériences avec mon fils Matthieu, 5 ans, diagnostiqué autiste atypique en 2007. Lorsque je n’ai pas de réponse, je pose les question directement à la communauté. Posez-moi vos questions à propos de l’autisme.

Décidément, ces jours-ci, on parle beaucoup de la propreté. J’ai récemment reçu cette question à propos de la propreté, des refus et du manque d’autonomie:

Mon fils de 5 ans ne porte plus de couche le jour depuis un an et demi. Pourtant, il ne va presque jamais aux toilettes tout seul: il faut l’y emmener et, bien souvent, le forcer à y aller. Existe-t-il un moyen pour l’aider?

J’ai été assez chanceuse par rapport à l’autonomie et aux refus en ce qui concerne Matthieu. Matthieu est un petit garçon qui a soif d’autonomie et à qui il est facile de confier certaines tâches, comme par exemple de demander à aller aux toilettes quand il en a envie (en ce moment, je travaille surtout sur lui apprendre à y aller sans demander la permission quand il est à la maison).

Que faire quand un enfant autiste refuse d’aller aux toilettes?

Ma première réaction est de ne pas céder. Déjà, il ne faut pas proposer le passage aux toilettes comme un choix, mais comme un passage obligé, afin d’éviter les crises. Cependant, si votre enfant y est sensible, vous pouvez temporiser, par exemple:

  • annoncer qu’il y aura un passage obligé aux toilettes avant ou après chaque repas, par exemple, ou tout autre évènement marquant de la journée, afin que ça devienne une (bonne) habitude,
  • s’appuyer sur les signes physiques d’inconfort (trépigne sur place, tire sur sa culotte, etc.) pour apprendre à votre enfant à reconnaitre le moment où il faut aller faire pipi,
  • donner un avertissement un peu avant: « tu fais encore 5mn de jeu, et ensuite tu passes aux toilettes », en utilisant un timer si nécessaire (les enfants autistes n’aiment pas trop l’imprévisibilité, il vaut mieux laisser un tampon entre le moment de la demande et celui où elle doit être exécutée).

Ensuite, vous pouvez organiser un système de récompenses. Par exemple, à chaque passage sans drame, il aura droit à un petit bonbon (ou tout autre mini-renforçateur qu’il apprécie). Puis, pour en obtenir d’autres, il faudra qu’il y aille 5 fois de suite sans refuser, puis 10 fois, etc., jusqu’à ce que vous puissiez passer à un autre enjeu. Par exemple, je faisais coller une gommette à Matthieu sur un papier collé au mur des toilettes à chaque pipi réussi Petit à petit, on ne l’a plus utilisé que pour le caca, et maintenant on ne l’utilise plus du tout.

Comment favoriser l’autonomie pour les passages aux toilettes?

La première question que je me pose est celle-ci: est-ce que votre enfant sent lorsqu’il doit aller aux toilettes, et est-ce qu’il est gêné quand il est sale/mouillé? Parce qu’un enfant qui se contrefiche de rester dans son urine ou ses selles ne verra sans doute pas l’intérêt du passage aux toilettes. Je réponds à cette question en partant du principe que votre enfant apprécie d’être propre.

Ensuite, il faut, comme pour les refus, favoriser l’autonomie en en faisant, au départ, quelque chose d’automatique, que votre enfant pourra par la suite se réapproprier pour un peu plus de spontanéité. Commencez par lui faire remarquer les signes physiques d’inconfort, la prochaine fois qu’il gigote ou tire sur son pantalon, et proposez-lui de se rendre aux toilettes. Soyez présent, mais ne l’aidez pas. Si votre enfant ne sait pas se déshabiller seul, considérez de lire les articles de Béatrice sur le chaînage:

Que votre enfant sache se déshabiller/rhabiller seul ou pas, il faut que petit à petit votre présence soit de moins en moins nécessaire. Certains enfants arriveront à se débrouiller tout seuls très vite, d’autre beaucoup plus lentement. L’important, c’est qu’il y ait toujours un progrès et jamais une régression – les étapes de stagnation sont normales dans le développement d’un enfant.

Il vous faut découper les actions en petits morceaux: ouvrir la porte des toilettes, rentrer dans les toilettes, allumer la lumière, baisser son pantalon, baisser son slip/sa culotte, s’asseoir sur les toilettes, faire ses besoins, s’essuyer, se remettre le slip puis le pantalon, tirer la chasse, éteindre la lumière, sortir des toilettes, fermer la porte, aller se laver les mains, etc.

Lorsque votre enfant a besoin de votre aide, aidez-le en le guidant physiquement, puis petit à petit, lorsqu’il y a un morceau d’action qu’il sait faire seul, ne faites que le guider verbalement en lui rappellant la suite des évènements. Il ne faut pas hésiter à dire la prochaine action plusieurs fois de suite si l’enfant ne comprend pas la première fois, quitte à amorcer légèrement physiquement si ça peut l’aider à comprendre quand on voit que la consigne verbale n’a pas été assimilée ou bien connectée avec le geste à accomplir (exemple: passer un doigt dans la ceinture du pantalon et faire des petits coups vers le bas pour lui faire comprendre qu’il faut l’enlever, toujours en répétant la consigne verbale).

Je tiens à insister sur le fait d’utiliser toujours les mêmes consignes verbales, déjà sur la durée, mais aussi selon les personnes qui s’occupent de l’enfant, pour faciliter la compréhension. Si l’enfant comprend la consigne avec une personne et pas l’autre, faire le travail à deux pendant quelques temps pour que l’enfant assimile les voix différentes en comprennant que c’est le même ordre.

Une fois que les premiers gestes sont bien compris, mettre de plus en plus de temps pour accompagner votre enfant aux toilettes. Par exemple, s’il connait le chaînage ouvrir la porte / allumer les toilettes / enlever son pantalon, ne l’accompagnez pas, mais estimez dans votre tête quand il aura besoin de votre aide, et n’aller qu’à ce moment-là. S’il attend un tout petit peu, ce n’est pas grave, ça lui donnera peut-être l’incentif de continuer seul la manoeuvre. Sinon, quand vous arrivez, étonnez-vous qu’il n’ait pas déjà fini l’étape suivante (« quoi, tu n’as pas encore enlevé ton slip? »), et rappellez-lui la consigne verbale suivante (« allez, tu enlèves le slip »).

Après tout cela, Matthieu n’a plus qu’à apprendre la partie qui consiste à ne pas me demander la permission à chaque fois qu’il veut aller aux toilettes. Il est capable de sentir le moment approprié pour y aller, et il est capable de s’y rendre seul, faire ses besoins, s’essuyer seul et, la plupart du temps, de se rhabiller seul (il demande parfois à ce que je lui donne son slip et son pantalon à l’endroit).

N’hésitez pas à donner des vêtements facile à mettre et à enlever à votre enfant pendant cette période d’apprentissage, pas la peine de compliquer la donne, il aura toujours l’occasion par la suite de comprendre comment fonctionne la fermeture éclair ou le bouton d’un jeans.

Quelques articles à propos de la propreté

Au passage, pour ceux qui n’en sont pas encore là, vous pouvez lire les articles précédents à propos de la propreté ici:

N’hésitez pas à participer dans les commentaires et à poser des questions ou bien à donner des réponses quand vous en avez. C’est en continuant à être solidaires et à échanger nos expériences, connaissances et trucs et astuces que nous pourrons avancer tous ensemble, en traçant un chemin plus net pour les personnes qui suivront.

Avez-vous des astuces à partager concernant l’élimination des refus et l’apparition de l’autonomie? Si oui, partagez dans les commentaires!

Autisme, école et propreté: couches ou slip?

Continuez à me poser vos questions sur l’autisme sur mon compte Formspring, j’essaierai de traiter les sujets selon inspiration en écrivant des articles ciblés à leur propos, qui référenceront d’anciens articles, en posant des questions à la communauté, ou bien en parlant de mon expérience avec mon fils Matthieu, autiste atypique de cinq ans et demi.

La propreté, que ce soit à la maison ou à l’école, est vraiment un sujet difficile quand on l’associe à l’autisme. J’ai vraiment l’impression que c’est une préoccupation constante, tant qu’elle n’est pas acquise. Voici la question que j’ai reçu au sujet de la propreté à l’école:

Mon fils âgé de 4 ans et demi est autiste atypique. Il est propre pour le pipi, mais pour le caca il refuse d’aller aux WC ou de faire dans le pot. La maîtresse m’a demandé de lui mettre une couche pour l’école, dois-je le faire?

Je sais que l’école n’a pas légalement le droit de refuser votre fils s’il n’est pas propre, notamment parce qu’au vu de son handicap et du fait qu’il n’est pas propre, il a droit à une AVS pour l’aider dans ses apprentissages, et lui permettre de rester digne (et ne pas passer la journée dans sa couche sale, par exemple).

Maintenant, je pense que, même si ça « casse » un peu l’apprentissage de la propreté, vu qu’on nous recommande toujours d’ôter les couches complètement aux enfants une fois commencé l’apprentissage… afin de garder un lien amical avec l’équipe enseignante, il vaut mieux accepter de laisser sa couche à votre enfant, en réclamant toutefois qu’on le mène faire pipi dans les toilettes régulièrement.

Personnellement, j’avais très bien compris l’utilité d’accéder à une telle demande lorsque mon fils Matthieu est allée à l’école l’année dernière quand il n’était pas encore propre. Déjà, ce n’est pas franchement agréable pour les personnes qui s’en occupent de mettre les mains dans le caca (même pour nous, si on est honnête). Ensuite, la couche retient les saletés en grande partie, alors que le slip les laisse passer, ce qui fait que votre enfant risque de salir autour de lui, ce qui peut vous apporter des problèmes avec l’administration ou les autres parents… il vaut mieux éviter les problèmes selon moi.

Enfin, le risque de brimades et moqueries des autres enfants est selon moi plus grand s’il se fait dessus que s’il porte une couche. Nos enfants ayant besoin de se sociabiliser avec d’autres enfants, c’est mieux si ceux-ci ne sont pas dégoûtés à l’idée d’approcher notre progéniture.

Le fait de mettre une couche à Matthieu ne l’a pas empêché de devenir propre par la suite. Il a eu un déclic… peut-être grâce au fait de voir les autres enfants à l’école aller faire caca aux toilettes, on ne sait pas franchement ce qui l’a décoincé.

Ensuite, les enfants peuvent comprendre le contexte: à l’école, ou la nuit, on met la couche. Quand on fait un long voyage en voiture, on met la couche. Même si c’est plus compliqué pour un enfant autiste, il va forcément comprendre à un moment ou à un autre le contexte, et sans doute le pourquoi de la couche. C’est aussi un pas important vers l’acquisition de la propreté: comprendre ce qui se fait, ne se fait pas, comment font les autres, etc.

Par contre, à partir du moment où votre enfant accepte de faire caca dans le pot ou les toilettes plus ou moins régulièrement (par exemple, il a quelques accidents mais a fait régulièrement au bon endroit pendant deux semaines), insistez pour qu’il ne mette plus la couche à l’école. On traite différemment un enfant qui peut avoir un accident qu’un enfant qui se fait immanquablement dessus.

Que pensez-vous de la demande de l’école? Est-ce que dans le cas où votre enfant ne serait propre que pour le pipi, vous accepteriez de lui laisser la couche? Avez-vous eu ce genre de demande, et si oui, qu’avez-vous répondu? Partagez dans les commentaires.

Acquisition de la propreté: quand ça tourne au cauchemar

Posez-moi des questions sur l’autisme sur Formspring et je ferai de mon mieux pour vous apporter des réponses, que ce soit en référençant d’anciens articles, en parlant de mon expérience personnelle avec l’autisme de mon fils Matthieu, ou en posant la question à la communauté d’Autisme Infantile, qui vous donnera son opinion et ses connaissances.

Il arrive parfois, pendant l’apprentissage de la propreté, un moment où ça tourne au cauchemar! J’ai reçu cette question il y a quelques jours sur Formspring:

Ma fille a pris pour rituel de faire ses besoins à même le sol dans sa chambre le soir, comment faire pour stopper les rituels gênant comme celui-là?

Je crois que je me souviendrai toute ma vie des semaines précédant l’acquisition totale de la propreté par Matthieu. Propre de jour pour le pipi, il refusait complètement de faire ses selles dans les toilettes. Jusque là, je me contentais de râler un bon coup quand je retrouvais une couche pleine de caca, mais je n’étais pas encore au bout du rouleau.

Et puis, soudain, Matthieu ne se contentait plus de tartiner sa couche, il fallait qu’il étale son caca sur ses doigts, sa figure… le mur, les draps! Je vous laisse imaginer l’horreur… surtout quand ça s’est reproduit, plusieurs fois par jour!

Je n’ai pas de réponse universelle pour vous aider. Personnellement, j’ai rendu ce comportement le plus coûteux possible pour Matthieu. Comme nettoyer par terre l’amusait, et que mon comportement neutre n’amenait pas d’améliorations, je me suis beaucoup fâchée et l’ai envoyé sur les toilettes pendant un temps de plus en plus long. Au lieu de faire une activité qui lui plait, il se retrouvé houspillé, grondé, puni dans un lieu où on ne s’amusait plus (exit des toilettes tous les jouets et renforçateurs, évidemment).

Et puis, étrangement, après cette énorme régression, Matthieu est devenu propre, complètement propre, de jour comme de nuit. Une grosse régression précède souvent un gros progrès. D’ailleurs, quand nous avons déménagé, Matthieu, qui était propre depuis plus d’un mois, a recommencé à faire dans son slip… Il a fallu lui montrer à nouveau que c’était un comportement inacceptable pour qu’il recommence, plus rapidement cette fois, à faire ses besoins dans les toilettes.

Voici quelques articles sur la propreté qui peuvent vous intéresser:

La plupart de ces articles ont des commentaires extrêmement intéressants, n’hésitez pas à les lire, y répondre ou ajouter vos connaissances en la matière – c’est en s’entraidant qu’on va y arriver!

Et vous? Avez-vous ou avez-vous eu des gros gros problèmes de propreté comme celui-ci? Si vous les avez surmontés, comment avez-vous fait? Avez-vous des conseils ou un témoignage à apporter? Partagez dans les commentaires.

Des progrès, du bonheur!

Des progrès, du bonheur!Le temps passe, mais ça y est, ce sont les vacances! Que ça fait du bien! Et dans tout ça il y a Maëlys qui:

  1. a eu 3 ans le 9 juin, mon bébé devient une petite fille…
  2. progresse encore et encore…
  3. entre à l’école dans un mois!

Voilà, nous sommes en vacances de prise en charge aussi, et je pense que, malgré tout, cela fait du bien aussi à ma fille. Elle a encore terriblement progressé ces derniers temps, pour notre plus grand bonheur. Elle commence à créer ses propres phrases malgré une écholalie très importante. Elle est quasiment propre le jour – encore des accidents de « caca » mais vraiment, même si on y a mis le temps, elle a bien compris dans l’ensemble. Restent la sieste et la nuit.

Maëlys fait aussi de moins en moins de crises et devient donc plus facile à vivre, c’est une enfant pleine de vie, et qui commence même à faire des bétises.

Dans un mois, c’est le grand jour! Elle rentre à l’école. Nous avons rencontré sa future maîtresse, une femme exceptionnelle. Je commence à croire que nous avons énormément de chance. Avec elle, Maëlys ne peut que s’intégrer, surtout que Maëlys lui a montré ses facilités (elle connait et reconnait tout l’alphabet, connait les couleurs, les formes, sait compter jusque 10, etc.), mais aussi ses grosses difficultés, et la maîtresse n’a pas prit peur, bien au contraire!

Les jours passent, et ne se ressemblent pas. Parfois j’ai l’impression que, finalement, les nuages au-dessus de notre fille vont peut être partir, et qu’elle pourra vivre « normalement », et ça, c’est ce que je souhaite le plus au monde…

Le planning pour les vacances

Le planning pour les vacances

calendar area (photo: Liz (perspicacious.org))

Voici enfin les vacances d’été qui pointent le bout de leur nez! Tout au long de l’année, nos petits ont beaucoup travaillé, ont progressé de leur mieux, et nous sommes super fiers d’eux. Il est temps de préparer un planning pour les vacances, afin de continuer une légère prise en charge pour être toujours dans le bain pour la rentrée, tout en leur laissant le loisir de souffler et de se reposer.

En ce qui concerne Matthieu, le choix est tout tracé:

  • travailler sur la propreté nocturne: Matthieu est maintenant propre durant toute la journée, il accepte bien le port du slip, il peut faire de longs trajets en voiture sans porter de couche, et a généralement la couche propre lorsqu’il se lève le matin.
  • travailler sur la propreté tout court: se laver les dents (routine), commencer à prendre sa douche tout seul sous supervision, savonnage, rinçage, essuyage… on gardera le shampooing en dernier.
  • finir d’apprendre à s’habiller seul: Matthieu sait mettre son slip (même s’il faut lui indiquer dans quel sens), son pantalon, ses chaussettes et ses chaussures, mais pas encore son t-shirt, même s’il m’aide et met les manches seul une fois que j’ai enfilé la tête.
  • dès que nous aurons déménagé (et que nous aurons donc un espace repas avec une table), apprendre à couper au couteau pour parfaire son autonomie pendant les repas.

Il y aura aussi un long apprentissage des règles lors de notre arrivée à notre future maison, car c’est un nouveau lieu pour Matthieu, et il faudra donc que je sois vigilante pour tout ce qui est portes, lumières et interrupteurs du chauffage.

Je compte commencer tous ces apprentissages, tranquillement, et en faire une routine petit à petit, afin que cela rentre dans ses habitudes, car une fois que Matthieu a pris une habitude, il n’aime pas en changer, et donc il insistera de lui-même pour continuer à la suivre.

Et vous, quel est votre programme pour cet été? Qu’avez-vous décidé de mettre en place pour apprendre l’autonomie à votre enfant? Quels sont les points qui vous inquiètent? Partagez dans les commentaires.