Mon enfant est grand: Les raisons de le rendre propre

Connaissez-vous un livre très connu pour arrêter de fumer? Celui où l’on vous dit les avantages et les inconvénients. Les avantages, il y en a 18000, voire plus, les inconvénients… il n’y en a aucun!

Eh bien c’est pareil pour la propreté de nos enfants. Que des avantages, aucun inconvénient. Encore un article sur la propreté… OUI, mais celle des grands enfants – par grands j’entends ceux qui ont largement dépassé l’âge de la propreté d’un enfant normal! Sans distinction de propreté diurne ou nocturne. Et parce que pour les grands, il faut s’adapter aux habitudes déjà bien ancrées, et que la taille de l’enfant compte beaucoup aussi…

Tout d’abord, je ne ferai pas de distinction entre la propreté diurne et nocturne, parce qu’à moins qu’il y ait un véritable problème d’encoprésie (non retenue des selles de nuit, donc relâchement incontrôlé des sphincters), il n’y a aucune raison de faire une différence.

Mais quand même, je vais juste prendre deux minutes pour parler des « quelques » inconvénients, qui ne dureront pas, parce qu’il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas chose facile de s’attaquer à ça…

Ce sont des inconvénients pendant l’apprentissage, mais je dirais qu’ils sont un passage obligé. Une fois la propreté acquise, les inconvénients disparaissent, et on oublie vite. Il risque d’y avoir beaucoup de linge à laver et des litres de lessive à acheter mais (c’est comme la cigarette): économie sur les couches = budget lessive.

Parce qu’il faudra commencer forcément par là… Quand on commence l’apprentissage de la propreté, on met les couches à la poubelle! Pourquoi? Parce qu’un enfant qui a toujours été en couches, d’autant plus s’il est grand, n’a aucune raison de comprendre pourquoi il porte une couche mais ne doit pas faire dedans. L’habitude est trop installée. Et quand je dis propreté, c’est se rendre aux toilettes, pas mettre une couche juste pour faire ses besoins et l’enlever après! Ça, ce n’est pas être propre, tout simplement parce que ce n’est pas normal de devoir déshabiller entièrement le bas pour faire ses besoins (même si ce sont des couches à scratch, ce n’est pas une excuse).

Très important: on oublie les théories de la prise de conscience de son corps, du bon-vouloir, de l’émergence du désir… qui n’ont rien à faire là.

Observations

Avant le jour J du ZÉRO couche, il faut observer votre enfant:

  • Met-il une couche pour faire ses besoins et l’enlève-t-il après?
  • Si oui, est-ce vous qui décidez du moment, ou amène t-il la couche pour que vous lui mettiez, ou la met-il seul?
  • Ou reste-t-il en couche 24 heures sur 24?
  • Sait-il manifester son besoin de changer la couche si elle est sale?
  • Gère-t-il seul le moment du change, ou a-t-il besoin d’aide?
  • Le change se fait-il aux toilettes, ou au moins dans la salle de bain?
  • A-t-il un moyen d’exprimer ses besoins (picto, mot ou geste)?
  • Sait-il se retenir s’il est sans couche? (au moment du bain, par exemple)
  • Avez-vous repéré les horaires ou comportements qui vous font penser qu’il est temps de le changer, ou mieux qu’il va faire dans sa couche?
  • Comment cela se passe-t-il là où il passe ses journées? Qui le change? À quel moment? Sur quel critère (horaire, remplissage de couche, voire débordement…)?
  • Sait-il faire assis? Ou avez-vous observé qu’il fait toujours debout? (dans la couche, toujours)
  • S’est-il déjà assis sur les toilettes? Sait-il à quoi servent les toilettes?
  • A-t-il déjà vu faire quelqu’un? (je pense notamment aux garçons qui peuvent faire pipi debout ou assis)
  • Où en est-il de son autonomie habillage/deshabillage? (en dernier lieu, parce que quand vous en serez là de l’aider à se rhabiller, la victoire sera toute proche!)

Pourquoi ces observations?

Parce qu’elles vont vous guider dans ce que vous pouvez déjà faire sans passer par la case départ. Soit votre enfant gère déjà un minimum ce moment, soit pas du tout. Selon les observations, vous sauterez des phases, chouette, non?

Par exemple, s’il réclame la couche ou la met seul (comme faisait ma fille avec ses couches à disposition dans les toilettes), ça veut dire qu’il maîtrise très bien ses besoins. Mais souvent, cette maîtrise permet aussi à l’enfant de tenir très très longtemps sans faire, et il aura du mal à se lâcher, d’une part parce qu’à un moment les muscles ne se relâchent plus, et d’autre part parce que c’est aussi un moyen pour l’enfant d’être dans l’opposition.

Phase I

Vous pouvez déjà tâter le terrain. Au lieu de mettre la couche de selles directement à la poubelle, amenez votre enfant aux toilettes et mettez les selles dedans, qu’il comprenne un minimum ce qui se trame. Si le change ne se faisait pas aux toilettes, vous pouvez l’instaurer pendant une semaine avant de commencer le ZÉRO couche. Vous pouvez même, s’il a un planning, décider du jour J avec ce jour-là le picto couche barré avec le contrat à côté. Ce serait bien que vous ayez déjà réfléchi à toutes les questions d’observation et établi votre stratégie.

Phase II

Jour J: ce sera de préférence un premier jour de vacances, si votre enfant ne maîtrise rien du tout: s’il est en couche 24/24, tout simplement parce que l’école ou le centre risquent de ne pas vous suivre sur ce coup-là et refuseront de devoir le changer s’il fait sur lui, et patati et patata. Et que peut-être vous devrez le changer toutes les heures, voire plus.

C’est le jour du ZÉRO couche: vous pouvez montrer à votre enfant que vous mettez les couches à la poubelle, avec tout ce que cela implique: les couches, c’est fini, maintenant c’est aux toilettes, en introduisant le picto si besoin. Vous pouvez même faire un contrat (ce que l’école a fait avec Mathilde et moi à la maison).

Je n’évoquerai le pot que pour vous dire qu’il faut oublier tout de suite cette option: parce qu’il est impossible de faire s’accroupir un enfant déjà grand (même 6 ans, c’est déjà dur), que même s’il l’adopte, il y un risque de débordement, qu’il faut qu’il arrive à y « faire entrer ses fesses », parce que l’on fait ses besoins aux toilettes et pas ailleurs (vous ne faites pas pipi au milieu du salon, que je sache, ni devant tout le monde), que même le pot dans les toilettes, ça fait doublon, donc aucun intérêt.

Ce jour J, soit votre enfant est réglé comme du papier à musique et fait toujours au même moment – auquel cas, vous l’amenez aux toilettes quand il montre qu’il a besoin – soit vous avez pris la décision que ce serait d’office à telle heure ou toutes les heures.

Je vous conseille de rester près de lui autant que vous le pouvez, et de surveiller de façon à le mettre sur les toilettes dès qu’il a commencé quelque chose. Je sais, c’est prenant, mais c’est le meilleur moyen de lui faire comprendre que ce qu’il est en train de faire se fait aux toilettes. Pas de gros cris ni de panique, seulement lui dire « viens vite aux toilettes, tu es en train de faire pipi ». Je dirais qu’à la limite il ne faut pas lui laisser le temps de se rendre compte de ce qu’il se passe dans les premiers temps, de façon à ne pas lui laisser le temps de refuser de s’asseoir si c’est un problème pour lui.

Si vous décidez de le mettre à heure fixe (picto à l’appui sur son planning), il faut lui apprendre à apprivoiser les toilettes, donc il faut rester avec lui dans les toilettes et le convaincre de s’asseoir. C’est là qu’il faut trouver la meilleure astuce pour qu’il y reste: un livre, des bulles, un DVD, un cahier et un feutre, une affiche au mur… Le premier contrat peut être: je compte jusqu’à 5 et tu peux partir, en le faisant plusieurs fois il saura qu’à 5 vous le laisserez tranquille, et petit à petit il attendra le 5, mais au moins restera sur les toilettes. Vous augmenterez le temps au fur et à mesure, en espérant que, sur ce temps-là, il se passe quelque chose par hasard (il faut savoir ruser!). Le mieux est de prévoir un mini tabouret, sinon vous aurez des fourmis dans les jambes…

S’il y va sans heurts, tant mieux, mais il se peut qu’il lutte physiquement. Pour parer les coups, soit faire appel à de gros bras, soit montrer sa propre force mais simplement en poussant avec l’épaule, jamais de face.

Quand il acceptera enfin, d’entrer dans les toilettes et de s’asseoir, ce sera déjà une victoire.

Il aura peut-être besoin d’une guidance physique ou verbale pour se deshabiller, voire le faire à sa place. Ce qui paraît évident pour nous ne l’est pas forcément pour eux.

S’il s’asseoit mais qu’il ne se passe rien, il est important de rallonger le temps sur les toilettes avec toujours une occupation. Vous pouvez engager les premiers encouragements verbaux. Par exemple: « un, deux, trois, vas-y ». Voire même les encouragements physiques, comme le massage du ventre, les chatouilles pour amener un fou rire (imparable pour faire pipi), les pressions douces sur la vessie… et toujours lui rappeler le contrat!

Ce moment peut être très angoissant pour les enfants, surtout pour ceux qui gèrent leur propreté et savent qu’on ne fait pas par terre. Ils ont très très envie, mais à ce moment-là ils voudraient une couche, ils sont au bord de se lâcher, et c’est souvent le moment des supers stéréotypies, mais on va dire qu’à ce moment précis ce n’est vraiment VRAIMENT pas grave (ma fille m’a fait les pires grimaces assise sur les toilettes…).

Votre enfant peut avoir besoin de vous tenir la main, ou de vous serrer très fort, ou de se tenir aux murs. Je l’ai vécu, c’est un peu flippant, mais c’est là que l’on voit qu’il se passe enfin quelque chose. Que le processus est bien engagé, que ça a fait son petit bonhomme de chemin dans sa tête, qu’il n’est plus dans l’opposition mais dans une grande interrogation.

Phase III

Vous avez obtenu un résultat:

  • Il demande à aller aux toilettes mais il ne se passe rien: ça va venir. Ça peut être pour vous dire qu’il a envie, mais il lui reste encore à se lâcher, donc il faut continuer le travail d’accompagnement et d’encouragement++, complété d’une absorbtion massive de sa boisson préférée, et d’une aide à la régulation des selles que vous trouverez en pharmacie.
  • Il a fait ce qu’il devait: c’est formidable! Encore une victoire! Installez bien la situation à la maison, et commencez la généralisation aux autres lieux, quitte à recommencer l’accompagnement. C’est ce que j’ai fait pour ma fille, j’ai fait le même accompagnement aux toilettes de l’école et dans la famille pour qu’elle généralise bien.

Phase IV

Vous pouvez être fiers de vous, et l’envoyer à l’école ou l’IME ou ailleurs, en claironnant que maintenant il est PROPRE! Avec le budget couche, offrez lui un super cadeau.

Allez, go go go soldats! C’est possible! Je l’ai fait avec Mathilde, elle avait 10 ans, était presque aussi grande que moi, avait une force herculéenne pour me virer des toilettes ou s’accrocher à la porte pour ne pas y entrer. Mais elle a réussi…

[Évaluer l'autonomie de son enfant] Habiletés de propreté

Pour pouvoir travailler efficacement sur l’autonomie d’un enfant autiste, il faut pouvoir cibler les forces et faiblesses de son enfant. Je vous propose de faire ensemble le bilan des habiletés de votre enfant. Nous proposerons ensuite, sur Autisme Infantile, des activités destinées à améliorer ces compétences.

Évaluer les habiletés de propreté de son enfant autiste

Votre enfant urine-t-il aux toilettes au moins deux fois par jour?

  • L’enfant urine aux toilettes au moins 2 fois par jour
  • L’enfant va aux toilettes au moins 2 fois par semaine
  • L’enfant va aux toilettes au moins 5 fois par semaine
  • L’enfant urine aux toilettes 2 ou plusieurs fois par jour

Votre enfant reste-il sec (se retient-il) lorsqu’on l’amène régulièrement aux toilettes?

  • Pas plus de 4 vêtements mouillés par semaine
  • Pas plus de 2 vêtements mouillés par semaine dans les environnements contrôlés (école, maison)
  • Pas plus de 2 vêtements mouillés par semaine où qu’il soit
  • Reste sec quelque soit l’environnement

Votre enfant utilise-t-il de manière indépendante les toilettes à la maison pour uriner?

  • L’enfant doit être guidé verbalement pour quelques éléments de la chaîne
  • Aller aux toilettes est totalement effectué de manière indépendante

Votre enfant demande-t-il pour utiliser les toilettes quand il en aura besoin dans le cadre familial et en public?

  • L’enfant utilise des mots ou un autre moyen de communication pour indiquer le besoin d’utiliser les toilettes si besoin dans un cadre familial
  • L’enfant utilise des mots ou ou un autre moyen de communication pour indiquer le besoin d’utiliser des toilettes si besoin en public et dans le cadre familial

Votre enfant est-il capable de s’essuyer seul après avoir uriné?

  • Il s’essuie seul mais a besoin d’aide verbale
  • Il s’essuie complètement seul sans assistance

Votre enfant a-t-il des mouvements d’inclinaisons lorsqu’il va à la selle dans les toilettes?

  • Il a déjà eut 2 mouvements d’inclinaisons aux toilettes
  • Il défèque dans les toilettes au moins 2 fois par semaine

Votre enfant reste-il propre si on l’amène aux toilettes régulièrement?

  • Il n’a pas plus de 4 culottes sales par semaine
  • Il n’a pas plus de 2 culottes sales par semaine

Votre enfant est-il capable de s’essuyer après avoir déféqué?

  • Il s’essuie seul mais avec une assistance
  • Il s’essuie complètement seul sans assistance

Votre enfant peut-il utiliser les toilettes de manière indépendante dans des endroits familiers?

  • L’enfant doit être aidé verbalement pour certaines étapes du chaînage
  • Le chaînage « aller aux toilettes » est réalisé de manière indépendante

Votre enfant est-il capable d’utiliser les toilettes de manière indépendante?

  • L’enfant doit être aidé verbalement pour certaines étapes du chaînage
  • Le chaînage « aller aux toilettes » est réalisé de manière indépendante

Se cacher derrière le handicap de son enfant… Je dis non!

Je me le suis entendu dire il n’y a pas si longtemps: « ce n’est pas toi qui est handicapée, c’est ta fille! » Mais oui, bien sûr, et pour moi il est évident que cela ne change rien!

Nous n’avons pas une vie « normale », est-ce si difficile à comprendre? Nous ne pouvons pas planifier grand-chose, est-ce si difficile à comprendre?

Nous avons parfois des oeillères, certes, parce que chacun a sa priorité. Comment ne pas se consacrer à son enfant handicapé et le laisser sur le bord de la route, parce qu’à un moment il FAUT penser à sa vie personnelle, sa vie de femme, sa vie de maman d’enfants neurotypiques?

Qui peut se targuer de ne s’être jamais laissé submerger par son devoir de mère particulière, par des préoccupations hautement matérielles – ou scatophiles pour être plus précise?

Ou,i j’ai consacré énormément de temps à la propreté de ma fille, pour son avenir, pour son autonomie, pour que jamais personne ne lui essuie les fesses quand elle sera en âge de quitter la maison. Je la veux autonome jusqu’au bout des ongles, en tous cas pour ce qui concerne son corps, tout simplement parce que j’ai peur. Mathilde saura-t-elle dire qu’on lui a fait du mal, si toutefois cela arrivait?

Oui, je me laisse parfois de côté, oui, j’envoie paître beaucoup de monde lorsque je dois me concentrer sur un point bien précis de l’autisme de ma fille, mais je ne me cache derrière rien du tout, j’aide juste mon enfant… et à ces moments bien particuliers, peu de choses comptent, sauf le bien-être de ma fille, sans oublier mes autres enfants.

J’ai franchi un cap. Plus jamais personne ne pourra se permettre de juger ce que je suis, ni ce que je fais concernant ma fille ou ma vie, tout simplement parce que je suis seule juge de son bien-être et de ses progrès, et que, grâce à moi, elle avance!

Relation de cause à effet?!

Depuis que Mathilde est « propre », c’est-à-dire pipi dans les toilettes après un mois de travail, et caca dans les toilettes après six mois de travail… et sur demande de l’enfant, tout le monde a l’impression qu’elle est libérée d’un poids!

À l’école, elle gère seule ses besoins, et l’equipe a l’impression qu’elle est plus libre de ses mouvement, donc plus autonome. Elle aime beaucoup travailler à la table avec la maîtresse, et fait son travail en autonomie nickel. Elle arrive même à manifester son mécontentement sur le choix du jeu de société, et le choisit elle-même.

À la maison, le changement est radical depuis l’apprentissage de la propreté. Un puzzle des Aristochats est resté dans l’armoire de la salle de jeux pendant cinq ans, et, d’un seul coup, il y a une semaine, Mathilde est allée le chercher et l’a fait sur son bureau! 104 pièces!

Faut-il y voir un lien de cause à effet? Allez savoir! Allez comprendre! En attendant, j’y vois un pas vers l’autonomie, et le désir de Mathilde de prendre les choses en main, de décider de son activité, de son ouverture au monde, d’exprimer ses envies…

Il a fallu beaucoup de travail, de sa part, et de toutes les personnes qui l’entourent. Mais quel soulagement et quel bonheur de la voir exprimer ses propres envies, sans sollicitation, et demander de l’aide lorsqu’elle en a besoin! Parce que maintenant elle sait qu’elle est capable de beaucoup de choses et ne baisse plus les bras!

Autisme et autonomie à la maison: La propreté

Vous souhaitez aider votre enfant à devenir propre? Que vous ayez déjà entamé le long apprentissage de la propreté, ou que ce ne soit encore qu’un projet, ce livre sur l’autonomie vous permettra de mettre la main sur toutes les astuces et les connaissances  qui ont fait que nos enfants sont devenus propre.

Je ne vous mentirai pas: cela peut être un travail de longue haleine, et c’est pour ça qu’il vaut mieux partir avec tous les atouts en main, afin d’avoir le maximum de chances de votre côté, et de pouvoir entreprendre cet apprentissage avec le plus de sérénité et de confiance possible.

Autisme et autonomie à la maison: La propreté est disponible au format livre et au format e-book si vous avez un e-reader, une tablette ou un téléphone avec une application Kindle:

Dans la même collection, il y a aussi Autisme et autonomie à la maison: L’alimentation, les repas, si vous souhaitez aider votre enfant à apprendre à manger seul.

Table des matières

Préambule

  • C’est grâce à vous qu’il pourra réussir
  • Des exemples pour mieux comprendre
  • Vous êtes de super parents
  • Retroussez vos manches!

Remerciements
Avant de commencer

  • Avertissement
  • Introduction

Principes généraux de la méthode Hamidi

  • Adaptation au cas par cas
  • Construction incessante d’une base de connaissances
  • Apprentissages pas à pas
  • Tenacité avec un soupçon de mesure
  • Choix des routines
  • Généralisation
  • Quand ne pas utiliser la méthode hamidi?

Se préparer à la propreté

  • Mon enfant est-il prêt à apprendre la propreté?
  • Toujours prêts!
  • Se faciliter la vie (surtout la nuit)
  • Mettre tout le monde à contribution
  • Rassembler son courage

Les étapes de la propreté

  • Accepter de s’asseoir sur les toilettes
  • Faire pipi sur demande
  • Demander à faire pipi, ou aller aux toilettes tout seul
  • Se retenir
  • Faire tous ses besoins aux toilettes
  • Propreté nocturne
  • Généralisation de la propreté

Les problèmes que vous risquez de rencontrer

  • Les refus
  • Les débordements
  • Les routines
  • Les confusions
  • Les comportements d’échappement
  • Les étalages d’excréments

Techniques

  • Avoir un timer sous la main
  • Utiliser des renforçateurs
  • Utiliser les tableaux de comportement
  • Jouer sur les routines
  • Les guidances
  • Exiger la compliance
  • Augmenter les chances de réussite aux toilettes
  • Estompage des renforçateurs et guidances

Techniques de soutien

  • Être intraitable
  • Gérer les angoisses
  • Accepter de montrer ce qui se passe quand vous allez aux toilettes
  • Expliquer pourquoi il est important d’être propre
  • Réserver un temps aux toilettes spécialement pour le caca
  • Faire reconnaître les signes d’inconfort

Les astuces

  • Se faciliter la vie avec les vêtements
  • Prévenir l’enfant un peu avant
  • Emporter un bout d’activité
  • Vérifier les toilettes avant de tirer la chasse
  • Préférer les toilettes au pot
  • Montrer à l’enfant qu’il est grand maintenant
  • Empêcher certaines routines
  • Enlever les sources de distraction

Autres compétences à acquérir

  • Se déshabiller seul
  • S’essuyer seul
  • Se rhabiller seul
  • Se laver les mains

Et après?

  • Propreté et scolarisation
  • Gérer les régressions
  • Enlever les couches tout d’un coup ou progressivement?
  • Faire pipi debout pour les garçons ou pas?
  • Pousser vers l’autonomie
  • Ne plus porter de couche, accepter le slip

Mes articles à propos de la propreté sur Autisme Infantile

  • Important: réduire les rituels au maximum
  • Maternelle, autisme et propreté
  • Quand les rituels deviennent gênants
  • Conseils pour aider la propreté à s’installer
  • Un peu d’autonomie au niveau de la propreté
  • PROPRE!
  • La guerre du slip
  • Propre à l’extérieur aussi: la généralisation
  • Acquisition de la propreté: quand ça tourne au cauchemar
  • Autisme, école et propreté: couches ou slip?
  • Propreté: combattre les refus et donner les clefs de l’autonomie
  • L’inexplicable lien entre la poussée des dents et la propreté

Vos idées, anectodes et astuces
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Bibliographie

  • Volumes disponibles

Sûr de toi tu seras!

Comme de nombreux parents d’enfants devant faire leur première rentrée scolaire en septembre, je me suis fixé comme objectif de vacances de réussir à rendre propre mon petit garçon autiste de tout juste trois ans.

Je précise que je ne me serais pas autant mis la pression si notre charmante directrice d’école n’avait pas fait valoir que: « ce qu’elle attend d’un enfant normal, elle l’attend aussi d’un enfant handicapé », même s’il n’est scolarisé que 4 heures par semaine!

Bref, forte de ma formation ABA-VB sur ce sujet-là, je dresse un petit état des lieux:

  • Votre enfant mange-t-il varié? check
  • Votre enfant sait-il monter les escaliers seul? check
  • Changez-vous la couche de votre enfant moins de 6 fois par jour? check
  • Votre enfant se manifeste-t-il lorsqu’il est sale? check, enfin, ça dépend…
  • Votre enfant a-t-il parfois la couche propre au réveil? check

Donc, sur un plan développemental, Samuel allant avoir trois ans, est à l’âge où il peut acquérir la propreté diurne, voire nocturne.

Sûr de toi tu seras!

Je prépare donc le terrain en vue de nos vacances prévues en juillet: j’achète deux réhausseurs de la couleur préférée de Sam, je force et renforce toute la famille à faire ses besoins avec la porte ouverte pour montrer à Samuel comment faire,  je fais un stock de bulles de savon et renforçateurs en tout genre, et surtout je transforme mes uniques toilettes en palace 3 étoiles spécial autiste.

Le jour J, dès son réveil, je place mon garçon sur le trône pleine d’espoir; la couche étant propre au réveil, il devrait avoir super envie! Comme je l’avais appris en formation, je patiente 20 minutes (minuteur en main) et je le relâche pour 10 minutes toutes les demi heures. Ma bourrique, ce jour-là, m’a tenu tête, s’est retenu jusqu’à 11h30, a fait – bien entendu – par terre, et s’est à nouveau retenu jusqu’au soir! Même pas peur, on remet le couvert le lendemain, et rebelote, trois accidents et pas un seul pipi dans les toilettes.  Petit nounours, pas idiot, s’arrange aussi pour retenir ses selles.

Au troisième jour, des renforts arrivent: c’est l’anniversaire de Samuel, et des amis ayant un petit garçon autiste viennent manger à la maison. Sur leur conseils (ils étaient passés par là), on laisse Samuel sur le trône jusqu’à ce qu’il cède. Pour faire court, on a mangé dans les toilettes! Mais le miracle fût, Samuel a pu fêter dignement son anniversaire. Le lendemain, espoir espoir, pas un seul accident, tout dans les toilettes!

De même pendant deux jours, sauf pour les selles.  Après une semaine acharnée, nous avions un peu relâché notre vigilance, et nous emmenions moins souvent  Samuel sur le trône. Il a certainement perçu cela, car aussitôt il a repris ses mauvaises habitudes, et les accidents se sont répétés, répétés, si bien qu’on n’en voyait plus la fin. Le doute s’installait de plus en plus: et s’il n’était pas prêt, et si sa difficulté à communiquer l’empêchait de nous alerter, comment fera-t-il à l’école?

Samuel est sensible, il savait que nous n’étions pas sûrs de nous, et que je le trouvais encore un peu jeune pour être propre. Il a donc tout fait  pour que le doute devienne une certitude et qu’il retrouve sa couche. Fort heureusement, je suis, moi aussi, têtue, et nous avons donc trouvé un compromis (et je vais faire hurler toutes les mamans pratiquant l’ABA). Samuel n’a pas de couches en journée, sauf pour la sieste (occasionnelle) et la nuit. Il va aux toilettes toutes les 90 minutes, et si il ne fait pas, il y retourne toutes les 10 minutes.

Et vous, avez-vous eu des doutes qui ont fait basculer vos prises de décisions?

Les meilleures astuces sur la propreté

Les meilleures astuces sur la propreté

(photo: Todd Morris)

L’année dernière, à l’âge de cinq ans, je réussissais enfin à rendre Matthieu complètement autonome aux toilettes et propre, de jour comme de nuit. Ce fût une longue bataille, où il a fallu subir « les horreurs de la guerre » et les visions apocacalyptiques sans broncher pendant des mois.

Nous avons souvent parlé de la propreté sur Autisme Infantile, car c’est une des préoccupations principales des parents:

  • quand mon enfant deviendra-t-il propre?
  • mon enfant peut-il devenir propre?
  • comment le rendre propre?
  • que faire quand mon enfant refuse d’être propre?
  • etc.

Aujourd’hui, je vous propose de retrouver ces articles:

Je me suis remise au travail sur la propreté avec mon fils cadet, qui lui n’est pas autiste, et je me rends compte que ce n’est toujours pas simple.

Dans le but de réussir à rendre mon fils propre, et de profiter de ce second passage dans l’apprentissage de la propreté pour écrire mon deuxième tome sur l’autonomie (Autisme et l’autonomie à la maison: La propreté), je vous propose de partager vos trucs et astuces, témoignages, expériences, histoires d’horreur ou danses de la victoire dans les commentaires de l’article!

Pipi party, qu’est-ce qu’on se marre!

Pipi party, qu'est-ce qu'on se marre!

Mathilde a 10 ans. Ça fait 8 ans que je bataille, et l’école aussi, pour la propreté. Il y a eu la période « je garde ma couche en permanence », vers sept ans la période « je demande une couche quand j’ai envie », et puis vers 9 ans la période « je mets ma couche toute seule quand j’ai envie ».

La propreté de Mathilde est un sujet récurrent depuis de nombreuses années. Le problème c’est que je ne suis pas dans sa tête – autant on peut agir sur l’extérieur d’un enfant, par exemple, s’il se met tout nu on le rhabille, autant on ne peut pas aller chercher à l’intérieur. Mathilde contrôle parfaitement ses envies mais ne veut pas se lâcher sur les toilettes, et n’a jamais voulu le faire sur le pot non plus. Et elle ne sait pas faire pipi assise.

Mathilde est partie en voyage de classe pendant cinq jours. À la demande de son équipe de l’école, je mets dans la valise deux paquets de couches. Quand Mathilde revient, j’apprends qu’elle n’a pas eu de couche pendant tout le séjour. Trois pipis et pas de caca. Mon sang ne fait qu’un tour et je dois attendre lundi matin pour avoir une explication de vive voix avec l’école. La décision a été prise au début du séjour, mais bon, ce n’est pas grave, je vais prendre le train en marche. Ce serait dommage de ne pas en profiter.

Donc, quand je récupère ma fille le dimanche soir après son week-end chez son père, je prends la grande décision de nous lancer toutes les deux dans le grand bain. Je sais que ce sera très très dur, mais maintenant il est temps. Marre des couches, marre de la pression, d’autant que ça peut conditionner son entrée dans d’autres structures.

Jour J: lundi. Mathilde a décidé de se lever à trois heures du matin. Chouette, comme ça je vais être super en forme pour commencer la bataille! De retour de l’école à 17 h, c’est la bagarre: elle me donne le pictogramme couche, et moi je lui montre le pictogramme couche barré.

Je l’emmène aux toilettes, mais elle ne veut même pas entrer dedans. Je remets dans la salle de jeu le petit pot que j’ai créé pour elle il y quelques années, elle va le cacher… Elle retourne la maison pour trouver les couches qui normalement sont dans les toilettes. Quand enfin elle se dirige pour la millième fois vers les toilettes pour trouver une couche (des fois que je les y aurais remises), elle n’arrive plus à se retenir. Je chope le pot (je me baladais avec derrière elle en sous-marin) et je l’asseois dessus. Et là, STOP PIPI! La bourrique!

J+1: mardi. Toujours rien à l’école. Un gros bide sous la robe de ma fille… Rebagarre en rentrant à la maison. Pictogramme, retournement de maison, cris, pleurs… Attaque de bulles en piqué, rigolade, fous rires, serrage de fesses et jambes croisées, et, ô miracle! Vite les toilettes! Pour la première fois de sa vie, un pipi presque entier assise sur les toilettes!

J’ai bien aimé sa tête: « han, mais qu’est-ce qui se passe? », « ho, c’est rigolo!’ ‘haaa, ça fait du bien! »

Génial ma fille, bravo! Tiens, prends ton petit canard jaune. Au prochain pipi tu auras le vert, et encore après, le rose. Les trois autres loulous se demandent pourquoi je fais des bonds de kangourou en tournant autour de la table, parce que d’habitude je ne fais que courir autour.

Mais là… j’ai gagné une bataille, pas la guerre. J’en veux pour preuve le pipi suivant (juste au moment où elle n’est plus sous surveillance, parce qu’il faut quand même que ses frères et sa soeur mangent, fassent leurs devoirs, se lavent, fassent des bêtises…). Je retrouve Mathilde au milieu du couloir avec des serviettes de toilette, en train de nettoyer la mare. Allez zou, première machine. La soirée va être longue…

J+2: mercredi. Rien le matin. Mathilde part à sa séance piscine. Et si elle faisait pipi dans le taxi? Non, non, non, ne pas penser à ça… Elle va bien faire au bord de la piscine… non non non, tu peux toujours rêver.

Retour maison, toujours rien. Je rattaque les bulles (mais avant il faut que je retrouve le truc à bulles que sa soeur a piqué), à genoux devant les toilettes sur lesquelles Mathilde veut enfin bien rester assise. Elle progresse. Dix-huit mille bulles plus tard, en cinq séances, toujours rien. Mais où est-ce qu’elle met le jus qu’elle boit en grande quantité? Mystère…

J+3: jeudi. Toujours rien. Elle n’a rien lâché. Moi, par contre, j’ai lâché un gros juron quand je suis allé aux toilettes ce matin (parce que sur ce coup-l,à je stope la solidarité mère-fille): le carrelage est une patinoire avec le savon à bulles. J’ai fait une super glissade. Je ne peux plus les voir ces toilettes!

Direction l’école: je leur refile le bébé pour deux heures et demie. Chouette! Mathilde navigue entre la maison, l’école, le SESSAD, les courses, mais toujours rien. La pharmacienne me conseille des produits pour « évacuer », mais tout a un goût, Mathilde n’en veut pas!

Nouvelle bagarre le soir, nouvelles bulles de savon qu’elle éclate maintenant en les plaquant aux murs sur la peinture (donc il faudra que je repeigne ça aussi). Pour finir la journée, un début d’évacuation au mileu du salon à 22 heures, mais encore un STOP PIPI. La bourrique!

J+4: vendredi. Rien le matin, direction l’école pour toute la journée: ouf . De retour à la maison, Mathilde ne tient plus et veut bien s’asseoir sur le pot pour finir ce qu’elle a commencé debout. On avance, on avance…

Je viens de m’apercevoir d’un truc: elle fait systématiquement en sortant du bain! Finalement, ça tombe bien qu’elle en prenne jusqu’à quatre par jour. Ça marche! Il y a encore quelques accidents le temps que j’arrive avec le pot, mais ce n’est pas grave. Au moins, elle se lâche.

J+5: samedi. Grande fête à la maison pour l’anniversaire de Mathilde. J’ai déjà prévenu tout le monde que même la fête ne changeait rien au travail. Et tout le monde s’y met. Sa tante l’emmène aux toilettes, sa grand-mère surveille le serrage de fesses. Mathilde souffle ses bougies et reçoit son cadeau: un super piscine géante. Il faut vite vite la gonfler et la mettre en eau. Mathilde y participe à sa façon en faisant pipi dedans. Trop drôle…

J+6: dimanche. Grosse déprime de Mathilde et de Maman. Le pipi c’est presque ça… mais il y a le reste! Et alors là, c’est le plus difficile. Mathilde me fait une bonne régression bébé: tétine et doudou. Je n’ai pas le coeur de lui enlever.

Je la laisse un moment seule avec sa tristesse, et quand enfin elle redescend, je la vois sourire. Elle ruse… elle distille un peu toutes les 15 minutes! La coquine! Au moins, comme ça, je sais que ce n’est pas coincé! Chouette. Mais bon, ça va durer tout l’après-midi et toute la soirée…

Nouvelle semaine de galère. Mathilde se lâche partout… sauf dans les toilettes. Nom de Zeus, qu’elle est butée! La machine à laver n’arrête pas de tourner parce qu’évidemment, elle nettoie toujours avec les serviettes de toilette.

Je n’en peux plus… mais le bilan est positif: elle ne se retient plus, et elle sait maintenant faire pipi assise (et même allongée dans son lit en dormant). Je continue!

Ce weed-end-là, Mathilde va chez son père (tiens! à ton tour! et c’est zéro couche, hein! prépare les serviettes de bain! bon courage et bon week-end surtout!). Au revoir, pipi-caca, va faire ça chez ton papa, moi je vais me faire un petit resto sympa…

Semaine 3. Rien à faire, rien à faire… Elle sort dans le jardin dès qu’elle a envie! Comment voulez-vous que je surveille tout le temps, il fait super beau et super chaud, je ne peux pas l’empêcher de sortir. Le pot navigue entre dehors et dedans, je vais me le greffer au bout du bras, je crois que c’est mieux.

Je ne comprends pas… le pot est à ses pieds mais elle fait juste à côté. Il y a un truc qui m’échappe… Serait-elle réellement bûtée, ou y aurait-il autre chose, d’un autre ordre que la tête-de-piochitude?

Toujours semaine 3. Deux pipis dans le lit la nuit. Et plus de pipi pendant deux jours! Mais qu’est-ce qui se passe? Ferait-elle pipi dans le bain? Auquel cas, je comprendrais mieux pourquoi elle y va si souvent. Ou alors ai-je vraiment rêvé quand personne n’est allé dans la salle de bain sauf elle et que je vois que les toilettes ont été utilisés? Il ne faut pas que je compte qu’elle me dise oui si je lui demande si c’est elle, donc je fais l’enquêtrice dès qu’elle monte, je vais bien voir si elle le fait seule…

Semaine 4. Son nouveau truc, c’est le pipi au lit. Trois ou quatre 4 fois après le coucher, et une fois le matin. Les draps, couettes et alèses défilent dans la machine a un rythme effréné. M’en fiche, continue ma fille, j’ai acheté 10 litres de lessive! Au moins ça me prouve qu’elle accepte de se lâcher de plus en plus facilement, et qu’elle suit les mêmes phases que le tout petit petit.

L’enquête se révèle instructive: elle fait dans le bain à chaque fois qu’elle y va, donc je décide d’accorder le bain si pipi avant dans les toilettes. Elle résiste 20 minutes, je n’entends plus rien de l’oreille droite tellement elle a crié. Je ruse: elle entre dans le bain et directement elle commence à uriner… je peux vous dire qu’elle n’est jamais sorti aussi vite de la baignoire! Mais au moins, elle a fait dans les toilettes. Ah, c’est comme ça? Et bien, tu vas voir un peu, tu iras au bain autant que tu le voudras, mais je ne vais pas te lâcher d’une semelle…

Je ne l’ai pas lâchée d’une semelle. J’ai renouvelé le chantage du bain avec plein de flacons de gels douche à la clé. Re-hurlements, re-pleurs, re-oreilles qui se décollent, mais hier soir, à J+30, elle a enfin compris! Premier pipi commencé dans les toilettes! Un bond de trois mètres pour maman et un flacon entier de bain moussant dans la baignoire pour Mathilde, que je ne voyais plus derrière la mousse…

Pourvu que ça dure!