Le bruxisme

Que faire contre le bruxisme?

Pure Fun (photo: Vincent van der Pas)

*croque croque croque, grince grince grince*

Ces petits bruits incessants, ce sont les dents de votre enfant qui les produisent. Il passe son temps à frotter ses dents les unes sur les autres, ou à les croquer comme on croque un bonbon. C’est affreusement horripilant pour ceux qui se trouvent dans la même pièce, et cela peut être dommageable pour les dents de votre enfant.

La plupart des enfants atteints de bruxisme grincent des dents la nuit, sans s’en rendre compte, mais il y en a certains qui le font aussi pendant la journée, de manière consciente.

Il est difficile, voire quasiment impossible d’obliger un enfant autiste à arrêter son bruxisme. D’autant plus qu’il est difficile de savoir si c’est un bruxisme dommageable (qui abîme les dents définitivement) ou un bruxisme moins pathogène, qui sert à user les dents de lait.

Il y a plusieurs raisons qui expliquent le bruxisme (je vous passe celle parlant de l’exctasy ou le THC, hein):

  • la déglutition atypique: encore une acquisition qui n’est pas faite par nos enfants. Une rééducation peut être faite par un spécialiste au cours de séances de thérapie, mais se base sur la volonté de l’enfant d’obtempérer.
  • le stress: cela peut être une réaction comportementale d’un stress ou d’une anxiété éprouvés par l’enfant. Dans ces cas-là, agir sur la source de stress peut amener une amélioration.
  • certains antidépresseurs,
  • un traumatisme cervical, ou des anesthésies générales répétées avec intubation.

Les conséquences du bruxisme peuvent être très graves (blocages, usure des dents, nécrose, etc.), il faut donc essayer de convaincre nos enfants de ne pas grincer des dents.

Votre enfant est-il atteint de bruxisme? Avez-vous réussi à l’aider à arrêter de grincer des dents? Partagez dans les commentaires.

Les cercles vicieux

Les cercles vicieux

J’ai un souci avec mes deux enfants en ce moment: ils sont coincés dans un cercle vicieux, et je n’arrive pas à les en sortir. Je m’explique:

  • Mon fils cadet, Julien, est dans une phase « je hurle dès que tu respires parce que ça me contrarie ». Déjà, en soi, c’est bien pénible.
  • Matthieu ne supporte pas que son frère crie, et va lui tirer le bras ou la manche pour lui signifier d’arrêter.
  • Julien hurle encore plus fort parce que Matthieu a osé le toucher.
  • Matthieu s’énerve et pousse son frère.
  • Cris, pleurs, énervement.
  • etc.

Je crois que j’ai tout essayé pour empêcher ce cercle vicieux… Vous feriez quoi, vous, pour améliorer la situation? Sachant qu’à côté de ça, ils peuvent trouver un moyen de cohabiter tranquillement, ou même de jouer ensemble et d’être complices.

Les administrations sont mal faites

Les administrations sont mal faites

Paper files of medical records (photo: Newton graffiti)

Comment dire sans être malpolie, sans vexer personne…? Je ne peux pas, alors que ceux qui ont les oreilles sensibles se les bouchent! RAS LE BOL!

La MDPH

En plusieurs années à la MDPH de la Haute-Garonne, pas un souci, pas une carence dans la prise en charge de mon fils Matthieu. Les allocations? Toujours payées en temps et en heure. Mi-août, nous déménageons dans le Tarn-et-Garonne. Les allocations deviennent alors un luxe, que nous devons attendre selon le bon vouloir de la commission, qui décide de revoir notre dossier. Début mai, avec un peu de chance, et après beaucoup d’énervement au téléphone (il paraît qu’on est passés en urgence, j’ose à peine imaginer les autres!), on devrait recevoir les 5 mois d’arriérés d’AEEH qui nous sont dûs

Pendant ce temps, mon fils autiste, il fait quoi? Il arrête de respirer? Il n’est plus autiste? Il arrête ses prises en charge? Je ne paie pas son équipe? Ou bien je nous ruine en puisant perpétuellement dans nos économies?

Le Régime Social des indépendants

En novembre 2009, je m’inscris comme auto-entrepreneur pour essayer de gagner quelques deniers. En novembre 2010, soit un an après, l’administration se réveille et me change de régime social, paf, comme ça. Du coup, mes enfants ne sont plus inscrits sur ma carte vitale: il faut demander de les y remettre, renvoyer tous les dossiers, subir les non-remboursements (plus de 2000 euros) parce qu’ils ne sont pas fichus de faire suivre un fichu dossier.

Pendant ce temps-là, mes enfants font quoi? Ils s’empêchent de tomber malade? Par la force du Saint-Esprit? Et QUI va nous rembourser le voyage à Lourdes pour aller prier la Sainte Vierge de les maintenir en bonne santé pendant que des incompétents perdent nos courriers entre la boîte aux lettres et la machine à café?!

Le système scolaire

Le mois dernier, après des mois d’attente pour que mon fils cadet soit admis à l’école et qu’une AVS lui est enfin attribuée, j’entends – par chance! – dire qu’une AVS doit se libérer bientôt, pour la rentrée de Pâcques. L’inspection d’Académie me confirme qu’elle prendra mon fils à la rentrée, pas de problème. Sauf que depuis, je n’ai eu aucune nouvelle, je n’ai trouvé personne au bout du fil… La rentrée c’est dans 8 jours…

C’est pas grave, hein, mon fils n’a pas besoin d’aller à l’école, vous inquiétez pas! C’est rien du tout, juste le seul et unique moyen de lui permettre de s’échaper de l’influence de son frère sur son comportement. Sa chance de rencontrer des petits neurotypiques comme lui dans un lieu où l’autisme ne règne pas. Sa chance de devenir sa propre personne et pas juste la copie de la différence de son frère.

RAS. LE. BOL. Est-ce que j’ai l’air d’une personne qui a que ça à faire, de s’occuper de dossiers, de relancer les gens, de râler au téléphone? Est-ce que ça ne serait pas judicieux d’aider les parents d’enfants handicapés et de leur éviter tous ces fichus problèmes?

Le développement de la fratrie

Le développement de la fratrieJe ne vous en parle pas souvent, mais Matthieu a un petit frère qui s’appelle Julien, et qui est né juste avant que le diagnostic d’autisme ne soit posé.

Il y a quelques temps, Aurore me demandait s’il était possible d’aborder le sujet de la fratrie, notamment des cadets et de leur évolution avec un grand frère ou une grande soeur autiste.

Comme j’en ai un exemple à la maison, j’ai pensé que je pourrais vous parler un petit peu de Julien, petit garçon neurotypique qui vient de faire 3 ans.

Matthieu et Julien, au départ, c’était le jour et la nuit. Matthieu me ressemble, Julien ressemble à son papa. Matthieu ne dormait jamais, Julien dormait très bien. Matthieu criait tout le temps, Julien savait être calme durant de longs moments.

Si ce n’était leur ressemblance flagrante quand on ne regarde pas la couleur des yeux et des cheveux, ou le fait que je les ai tous les deux sortis de mon ventre, on aurait pu croire que ce n’étaient pas des frères! Mais avec le temps qui passe, Julien et Matthieu se ressemblent de plus en plus dans leurs actions et leurs réactions…

L’année dernière, nous avons eu une inquiétude car la pédiatre de nos fils nous a dit que Julien était peut-être, lui aussi, autiste. Mais Julien regarde dans les yeux, communique avec nous, parle (même s’il a un important retard de langage), et surtout, n’a aucune stéréotypie… à part lorsqu’il imite son frère!

Comme mes deux fils sont inséparables, il était évident qu’ils allaient déteindre l’un sur l’autre. Je suis persuadée que Julien a beaucoup à voir à propos du fait que son frère pointe du doigt ou essaie de parler, car Matthieu ne veut pas se retrouver « en retard » par rapport à son petit frère. C’est d’ailleurs quand il a vu que nous allions commencer la propreté pour Julien qu’il s’est mis à devenir propre… coïncidence?

Le développement de la fratrie

Que Matthieu influe sur Julien, c’est aussi vrai. Julien a un énorme besoin de reconnaissance, de se faire remarquer, sans doute quelque chose d’inévitable lorsqu’on arrive après un enfant handicapé.

Malgré toute notre bonne volonté, il n’y a que 24 heures dans une journée, et avec toutes les prises en charge et les progrès que nous devons absolument faire faire à Matthieu si nous voulons qu’il puisse avoir une chance de vivre normalement un jour, Julien se sent forcément lesé – et nous le fait sentir!

Il a fallu qu’on fasse un effort conscient pour accorder le même temps à Julien qu’à Matthieu, parce qu’il est vite devenu évident que Julien n’allait pas dépasser Matthieu « de lui-même », tout simplement parce qu’il est neurotypique. Nous avons donc mis en place des prises en charge pour Julien, tout comme pour Matthieu. Il voit un orthophoniste, une psychomotricienne et un pédopsychiatre… pour ne pas rester « en arrière », bloqué derrière son frère, alors qu’à son âge il y a beaucoup de choses qu’il pourrait déjà faire mieux que lui.

Le développement de la fratrie

S’il n’avait pas eu un grand frère autiste, Julien aurait-il eu un retard de parole? C’est une possibilité, les cabinets d’orthophonie regorgent de jeunes enfants qui ne parlent pas ou mal, et qui n’ont pas tous un frère handicapé.

Par contre, ce qui est certain, c’est que Julien imite son frère, car il l’adore et le place sur un piedestal. Il va faire les mêmes bêtises, et donc… copier ses stéréotypies. On voit cependant la différence entre Julien, qui stéréotype pour nous faire enrager ou attirer l’attention, à des moments bien précis et avec l’oeil coquin (et qui ne stéréotype pas du tout le reste du temps), et Matthieu qui stéréotype n’importe quand et ne peut pas s’en empêcher.

Je pense que cette année scolaire sera cruciale pour Julien. Entre l’entrée à l’école, les séances avec les intervenants qui ne vont pas diminuer, et donc de nouvelles occasions de se sociabiliser, je touche du bois pour qu’il puisse évoluer rapidement pour avoir des comportements plus neurotypiques… et les ramener à la maison!

Parlez-nous des frères et soeurs de votre enfant autiste… Quels sont les progrès qu’ils ont amené pour lui? Quels ont été leurs problèmes face au handicap, qu’ils soient plus âgé ou plus jeunes? Partagez dans les commentaires.

Se renseigner sur les autismes pour mieux comprendre son enfant

On dit souvent qu’il n’y a pas un autisme mais des autismes: que chaque enfant a ses particularités bien à lui, et que c’est parfois difficile de trouver plus de quelques similarités entre chaque enfant autiste. Personnellement, je pense qu’il est important de connaître quand même les autres signes, les autres particularités neuro-atypiques, afin de pouvoir anticiper et réagir au quart de tour si besoin est.

Chaque enfant autiste suit une évolution, qui peut aller vers une amélioration générale ou spécifique sur un problème, ou même une régression sur un ou de nombreux plans. Mais des nouveaux problèmes, jamais rencontrés auparavant, peuvent apparaître de manière soudaine, et il est bon de les connaître pour ne pas être surpris et pour essayer de les « tuer dans l’oeuf » tant que possible.

C’est pour ça que, bien que mon fils Matthieu ait reçu un diagnostic d’autisme atypique, j’ai commencé à lire Le Syndrome d’Asperger et l’autisme de haut niveau par Tony Attwood. Non seulement cette lecture m’est utile pour écrire sur Autisme Infantile, qui traite de tous les formes de l’autisme, mais aussi cela me permet de connaître un peu mieux ce handicap et d’anticiper une possible future évolution de Matthieu, car je ne désespère pas qu’il se mette un jour à parler, même si pour l’instant il est encore ce que je considère comme non-verbal.

Comme le savent les mamans de plusieurs enfants avec un TED, les autismes se ressemblent et ne se ressemblent pas en même temps. Il est crucial d’avoir une vue d’ensemble sur ce handicap afin d’être mieux paré aux possibles problèmes qui pourront survenir avec le temps, et afin de mieux aider nos enfants.

J’ai trouvé dans ce livres de nombreux passages très utiles et édifiants sur l’autisme, et je ne manquerai pas d’utiliser ces nouvelles connaissances dans de futurs articles sur Autisme Infantile. Et vous, que faites-vous pour mieux appréhender le handicap autisme et comment est-ce que cela aide votre enfant? Partagez dans les commentaires.

Inquiétude dans la famille proche

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Ma petite nièce, qui aura 3 ans dans quelques jours, présente des « troubles » un peu troublants, c’est le cas de le dire!

Elle vient d’entrer à la maternelle mais ne parle pas. Elle a environ six ou sept mots dans son vocabulaire. Elle s’exprime plutôt par cris et tape beaucoup. Nous attribuons cette « violence » (car les coups sont répétés, omniprésents et s’adressent à tout le monde) au fait justement qu’elle ne s’exprime pas oralement. Elle ne fait pas ses nuits. Elle ne joue pas vraiment à un jeu plus de cinq minutes d’affilée. Nous n’arrivons pas à avoir un vrai contact avec elle.

Sa pédiatre s’est inquiétée, il y a maintenant un an, de ce qu’elle ne parlait pas du tout. Ses parents sont donc allés consulter. Elle a subi une batterie de tests (EEG, radios). Elle est suivie par un pédopsychiatre qui ne donne pas vraiment de diagnostic (ce que je comprends tout à fait).

Elle avait également des problèmes moteurs, elle tombait tout le temps et elle porte désormais des lunettes car elle a un oeil convergeant. Bref, sans entrer dans une sorte de psychose ou d’angoisse, je trouve, à titre personnel, que cette enfant pose questions.

Bien entendu, il faut certainement attendre de voir quels seront ses progrès, à l’école notamment. Mais je me demandais si l’on pouvait faire autre chose pour elle afin de ne pas passer à côté d’un réel problème? Ses parents ne semblent pas inquiets, je pense (et c’est bien normal) qu’ils se réfugient derrière une phrase qu’ils emploient souvent: « on pense qu’elle a besoin de plus de temps que les autres ! ».

Bien entendu, il est bien difficile de répondre à des requêtes telles que la mienne sans avoir vu l’enfant mais si je peux, avec tact, orienter mon frère vers une consultation plus spécialisée…

J’oubliais de mentionner une anecdote qui me laisse un peu perplexe. Hier, à l’école, sa maîtresse a fait faire un jeu à deux et ma nièce s’est retrouvée toute seule. Eh bien, lorsque sa nounou l’a récupérée, ma nièce était livide, tremblait et a même vomi en rentrant chez sa nounou. Elle n’a pas supporté cette « éviction ». Cette réaction me paraît très très excessive par rapport à l’incident. Je pense à de l’hypersensibilité.

Je comprends à la lecture de votre question votre inquiétude par rapport aux troubles du comportement de votre nièce. En effet, l’agressivité envers les autres peut être liée à un problème de communication et de langage. On observe que l’agressivité diminue quand on a mis en place un moyen pour aider l’enfant à communiquer.

Ce qui est déjà bien c’est qu’elle soit suivie par un pédopsychiatre. Je comprends également tout à fait votre crainte par rapport à l’absence de diagnostic. Comme vous le soulignez à juste titre, je ne peux pas porter de diagnostic car je n’ai pas vu cette enfant en consultation. Par contre, ce genre de situation mérite d’aller plus loin pour ne pas « passer à côté d’un diagnostic », comme vous le dites. On connaît maintenant l’importance d’établir le diagnostic de manière précoce afin de mettre en place rapidement des aides si nécessaire.

Comme vous le dites aussi, il est important d’agir avec tact pour ne pas engendrer encore plus de souffrance chez les parents, mais il ne faut pas non plus s’empêcher non plus de dire les choses car ça peut aussi débloquer des situations. En général, j’oriente les parents et les familles dans ce cas vers le Centre Ressource Autisme (CRA) de leur région où une équipe pourra établir un diagnostic fiable.Vous trouverez tous les renseignements et coordonnées sur le site du Centre de Ressources Autisme Île de France (CRAIF).

Le carnet de liaison

Je vous parlais l’autre jour du carnet de bord, pour noter au jour le jour les progrès de votre enfant face à l’autisme, et pouvoir revenir sur ces notes plus tard pour avoir une vision d’ensemble. Mais un autre carnet important est le carnet de liaison.

My Messy Moleskine (photo: adulau)

My Messy Moleskine (photo: adulau)

À quoi sert le carnet de liaison?

Le carnet de liaison est un moyen simple de communication entre les diverses équipes qui s’occupent de votre enfant. Il va « tourner » entre son pédopsychiatre, son orthophoniste, son psychomotricien, sa maîtresse, son AVS, etc.

Alors que jusque là je servais moi-même de carnet de liaison vivant, en faisant passer les informations entre les divers intervenants de l’équipe thérapeutique de Matthieu, nous allons maintenant nous servir du carnet de liaison pour communiquer aussi avec l’école.

J’ai la chance d’avoir trouvé une équipe formidable pour Matthieu, qui se donne à fond et m’inclus tant que je le souhaite dans la prise en charge. Ils me font confiance pour relayer les informations entre eux (ils ne sont pas tous dans le même cabinet), et ont des contacts téléphoniques espacés.

J’ai remarqué qu’il est parfois difficile pour les autres de se fier aux parents pour donner les informations. Soit ils ont peur qu’on ne dise pas tout, soit ils ont peur qu’on mente. Il est donc important de faire régner la confiance en restant transparent dans la prise en charge et la scolarité de l’enfant.

Pourquoi est-il différent du carnet de bord?

Déjà, parce qu’il n’est pas toujours utile de dire tous les progrès de son enfant à tout le monde. On peut rester transparent et concis. Les intervenants auprès de votre enfant n’auront pas le temps de lire des pages et des pages de notes, et il ne faut pas vous empêcher d’écrire sur votre carnet de bord si vous en ressentez le besoin. Le carnet de bord est pour vous, le carnet de liaison est pour toute l’équipe.

Qu’est-ce qui va figurer sur le carnet de liaison? À quoi sert-il?

Dans ce carnet, tous les intervenants auprès de votre enfant vont écrire au fur et à mesure les progrès et problèmes qu’ils auront remarqué durant la semaine.

Prenons un exemple:

  1. L’AVS ou la maîtresse de votre enfant trouve qu’il fait beaucoup de flapping, ce qui l’empêche de faire correctement une activité.
  2. Un petit mot est inscrit sur le carnet de liaison, afin de mettre le reste de l’équipe et la famille au courant.
  3. À la maison, vous pouvez essayer de réduire au maximum cette stéréotypie, ou de la canaliser autrement.
  4. Le reste de l’équipe peut aussi travailler pour l’aider à faire les activités sans flapping, afin de l’habituer.
  5. Le reste de l’équipe thérapeutique peut fournir des solutions ou trucs et astuces pour aider la maîtresse et l’AVS.

Chaque intervenant auprès de votre enfant a un rôle et une approche bien particulière. En communiquant régulièrement ainsi, il va être possible à tous de recevoir et donner de l’aide aux autres, pour aider l’enfant à progresser.

Quels autres moyens de communiquer y a-t’il?

Vous pouvez rester le principal moyen de communication entre les équipes. Cela dit, personnellement, il m’arrive souvent d’oublier des choses, ou de ne pas savoir comment répondre à une question.  Tout cela fait perdre du temps, alors que lire et écrire dans le carnet de liaison ne prend que quelques minutes.

Un autre moyen très efficace, si tout le monde dans votre équipe est assez câlé en informatique, est de faire passer les informations par email.

Comment faites-vous pour la communication entre les diverses équipes?

Premiers doutes

Adam pleure. Il pleure le matin, l’après-midi, le soir et encore la nuit. C’est un enfer. Rien ne semble le calmer, ni les câlins, ni le bain, ni les promenades. La nourriture constitue une exception mais je ne peux pas passer mes journées à le nourrir pour qu’il se calme. Il a déjà doublé son poids de naissance à deux mois! Que dire maintenant qu’il en a six. Qui est donc ce bébé qui ne ressemble en rien à son frère quand il avait le même âge?

A force de passer des nuits blanches, je suis épuisée. Je n’ai plus envie de rien, sauf de dormir et d’avoir la paix, de ne plus l’entendre. Je finis par mettre Adam dans son transat tous les soirs et je le fais dormir dans l’entrée, en fermant soigneusement toutes les portes. C’est la seule façon d’atténuer ses pleurs mais pas de les faire cesser. Comble de l’horreur, je finis par prendre littéralement Adam en grippe et je ne veux plus m’en occuper. Je le « délègue » à son papa et me concentre sur Axel, son frère aîné.

Premiers doutes

Et puis, un peu avant Noël, Adam finit par un peu mieux dormir, et surtout, il cesse de pleurer. Je me dis que tout est rentré dans l’ordre. Accalmie de courte durée car ses troubles du sommeil ressurgissent peu de temps après. Un soir, je craque et je décide d’emmener Adam sur le balcon pour ne plus l’entendre. Fort heureusement, son père a eu la présence d’esprit de m’arrêter et Adam a retrouvé son lit immédiatement. Mais c’est dire dans quel état je me trouvais.

Je me disais que les grandes vacances allaient me faire du bien, que je profiterais de mes deux enfants, surtout que je partais seule avec eux. Leur papa venait de trouver du travail et ne pouvait pas partir.

Ce mois de congé a été terrible. J’ai pris le temps d’observer Adam, dont le comportement m’étonnait depuis quelques semaines: pourquoi donc ne tournait-il pas la tête quand je l’appelais, y compris lorsque je criais, alors que le générique de son dessin animé préféré lui faisait immédiatement regarder la télévision? Quelle était donc cette manière de jouer qui n’en était pas une et qui consistait à passer tous les jouets qui se trouvaient devant lui derrière lui, sans prendre le moindre intérêt à les regarder, les toucher et les utiliser? Et puis, pourquoi mon bébé ne mettait-il jamais sa tête au creux de mon épaule, pour me faire un câlin? J’avais l’impression de le laisser complètement indifférent lorsque je le prenais dans mes bras pour l’embrasser.

A la fin du mois de juillet, j’avais pris ma décision: je prendrais rendez-vous avec la pédiatre dès la fin des vacances pour lui faire part de mes inquiétudes. Quelque chose n’allait pas; Adam venait de fêter ses 13 mois.

« Ne vous inquiétez pas, chaque enfant a un développement différent ». C’est par cette affirmation que s’est conclu mon rendez vous médical du mois de septembre suivant. Sur mon insistance, ma pédiatre me communique quand même les coordonnées d’un audiomètre, « si cela peut vous rassurer, mais Adam n’est pas sourd ». La surdité! Je ne voyais que cette cause pour expliquer le comportement bizarre de mon fils.

Au mois d’octobre, impossible de faire les examens en cabinet de ville, Adam est trop agité. Il faut aller à l’hôpital pour faire un potentiel évoqué auditif; le rendez-vous est donc pris pour le mois de janvier. Le seul problème (et il est de taille), c’est qu’il faut qu’Adam soit endormi. Le médecin compte donc sur ma mère et moi-même pour lui faire faire la sieste. L’après-midi est une horreur, Adam refuse de se coucher, hurle, se débat, bref, il refuse de dormir. À bout de force, et aux côtés du médecin qui nous a fait sortir, il finit par s’endormir et l’examen est pratiqué. Je suis désappointée à la lecture du compte-rendu: Adam n’est pas sourd, il entend même parfaitement bien.

Adam a maintenant 19 mois et j’ignore ce que signifie son comportement qui empire de jour en jour. En effet, maintenant qu’il marche, il s’est mis à tournoyer sur lui-même depuis plusieurs semaines et peut faire le tour de la table basse de la salle à manger sans s’arrêter une heure durant. Sa seule distraction consiste à battre des bras quand il semble content. Ajoutons à cela qu’il ne regarde personne en face, et qu’il se contente de regards périphériques, et le tableau est complet.

Je prends sur moi de consulter un psychiatre, puisque ma pédiatre ne semble pas convaincue qu’il y ait un problème. Après avoir observé Adam une vingtaine de minutes, il me regarde et me dit que mon fils souffre d’un trouble très grave, qu’il est autiste. Je suis abasourdie et quitte précipitamment son cabinet les larmes aux yeux. Comment peut-on poser un tel diagnostic après seulement quelques minutes? Adam n’est pas autiste, c’est impossible, c’est mon fils. Je prends rendez-vous avec le service de psychopathologie de l’enfant à l’hôpital Robert Debré à Paris pour avoir un diagnostic.

Nous sommes au mois de mai 2005, Adam a 23 mois.