[3 ans d'AI] Gagnez un volume des PICTOGRAMMES

Les PictogrammesPour les trois ans d’Autisme Infantile, vous pouvez gagner encore plein de cadeaux, et ce malgré les misères que nous a fait le serveur qui héberge nos données! ;)

Si vous êtes un/une forcené(e) des pictos, ou que vous souhaitez vous y mettre, vous pourrez étendre votre collection (ou la commencer) puisque LES PICTOGRAMMES vous offre le volume 1 ou 2 au choix.

Les Pictogrammes, c’est de magnifiques livres/cd avec plein d’idées de pictogrammes, pour filles et pour garçons (cliquez sur le livre pour voir son contenu):

Les Pictogrammes Les Pictogrammes

Les règles du concours

Parce que si y’en a pas, ça va être du grand n’importe quoi! ;)

  • Vous avez le droit de participer à tous les concours, toutefois:
    • Vous n’avez le droit de gagner qu’une seule fois. En cas de retirage au sort  du même gagnant, je referai un tirage différent, histoire de laisser à chacun une chance de gagner.
    • Vous n’avez le droit de participer qu’une seule fois par article. En cas de double ou triple commentaires, je considèrerai votre participation comme annulée.
  • Pour participer, il suffit de laisser un commentaire qui répond à la question que je vous pose, sur l’article correspondant au(x) lot(s) que vous aimeriez gagner. Un seul commentaire par article, donc!
  • Merci de ne pas commenter si vous ne voulez pas gagner le lot, ça me facilitera le tirage au sort! ;)
  • C’est un concours à l’amiable, il n’y a pas d’huissier ou quoi que ce soit. Je me réserve le droit de refuser une entrée à ce concours pour quelque raison que ce soit.
  • Les gagnants seront choisis aléatoirement via Random Number Generator, selon leur position dans les commentaires.
  • Vous avez le droit de gagner un lot pour une autre personne. À vous de spécifier à qui revient votre lot, une fois gagné, lorsque je vous contacterai par e-mail. Je me débrouillerai pour qu’il vous soit envoyé, ou bien qu’il soit expédié chez la personne que vous aurez choisi.
  • Je vous contacterai par e-mail pour les informations nécessaires pour vous envoyer votre lot, alors vérifiez bien que c’est bien le bon e-mail que vous avez entré dans le formulaire de commentaire!
  • Évidemment, l’équipe d’Autisme Infantile et les gens qui sont trop proches de notre ligne éditoriale ne joueront pas, ces cadeaux sont réservés à notre communauté de lecteurs! ;)

C’est parti!

Pour gagner, laissez-nous un commentaire sur le thème suivant:

  • Dites-nous comment vous avez entendu parler des pictogrammes pour la première fois!

Le gagnant sera tiré au sort le 30 juin 2012, dans la journée (ou le 1er juillet si je suis mal lunée). :)

Et ça serait super génial si vous pouviez partager ce lien sur tous vos réseaux sociaux: Facebook, Twitter, Google+… afin que plein de monde ait l’occasion de gagner!

Communiquer et apprendre avec le support des pictogrammes

Lorsqu’un enfant est non-verbal comme Camille, le support des pictogrammes peut être un tremplin vers une communication verbale (et une communication communément partagée), ainsi que vers les apprentissages.

Faire le choix de la communication alternative, ce n’est pas renoncer à faire parler l’enfant. Au contraire, c’est lui donner des outils pour étayer sa pensée visuelle.

Temple Grandin a précisément écrit:

« Ma pensée est entièrement visuelle. Si je dois me souvenir d’un concept abstrait, je « vois » dans ma tête la page du livre ou mes notes et je « lis » les informations qui s’y trouvent. Je me souviens très peu de ce que j’entends sauf si c’est quelque chose qui me touche sur un plan émotionnel ou si je peux m’en former une image visuelle. Pour réfléchir à un concept abstrait, comme celui des relations humaines, je me représente les relations entre les gens comme une porte coulissante en verre qui doit être ouverte doucement pour ne pas voler en éclat. »

La communication alternative, c’est aussi donner les moyens d’interagir avec son environnement et de participer au dialogue. J’ai entendu récemment: « Mais Camille se fait bien comprendre… ». Alors pourquoi s’embêter avec des images? C’était le message implicite de l’interlocuteur. C’est vrai: peut-être Camille sait-elle se faire comprendre par des gestes dans certaines situations, en tirant l’adulte vers l’objet convoité (communication expressive), mais est-ce une solution à terme? Lorsqu’on ne la connaît pas, peut-on dire que l’on a compris sa demande? Je n’en suis pas si sûre. Et à l’âge adulte, si elle ne parle pas, acceptera-t-on ce comportement que l’on jugera probablement inadapté?

Alors, c’est vrai, c’est fastidieux tout ça:

  • les images à chercher sur le net, à adapter pour la compréhension de l’enfant,
  • la banque de pictos colossale à réaliser,
  • associé au fait qu’il faut noter le mot dessous (en majuscule et peut-être aussi en minuscule) pour permettre à l’enfant d’associer l’image et le mot correspondant,
  • sans parler du découpage des vignettes, du velcros à coller et relier, des panneaux, classeurs, affichettes, séquence de tâches à personnaliser!

Bref, un boulot à plein temps et un véritable atelier à la maison!

Mais bon, l’accès à la communication et à l’éducation, c’est un droit et un devoir pour tous. C’est respecter la personne, et lui permettre de trouver sa place parmi les autres.

Je me souviens de la première formation que j’ai suivie sur « l’Autisme et les stratégies éducatives » et de l’intervenant d’EDI Formation qui rappelait combien le support visuel (écrit et imagé) était important pour toute personne. À titre d’exemple, qui n’a pas besoin d’un agenda à consulter pour se rappeler d’un rendez-vous? D’une liste de courses lorsqu’il se rend au supermarché? D’un document affiché sous Powerpoint pour mieux comprendre un concept, une théorie, une idée lors d’une formation?

Parce que l’image, le pictogramme, vaut mille mots. C’est précisément ce que j’ai retenu à l’issue de la formation, parmi d’autres choses:

  • L’image ou l’information codifiée est un support à la compréhension d’une tâche, d’un événement, d’une situation sociale, d’une émotion… Elle permet d’éviter, d’anticiper, ou de réguler des comportements défis. J’ai récemment investi dans le logiciel Les Pictogrammes 2 qui présente un répertoire de données bien fourni, et des outils-modèles très sympas comme la valise à solutions pour amener l’enfant à trouver un comportement alternatif face à une situation problème ou l’écriture de mini-scénarios sociaux.
  • L’image offre des repères dans le temps (prévisibilité, aide aux transitions) et l’espace, et aide à mettre les événements en perspective. Par exemple, sous la forme d’un emploi du temps où l’enfant peut manipuler les images des lieux où il va aller, d’une tâche à venir ou achevée, d’une personne à nommer… Personnellement, je l’ai acheté à Autisme et Apprentissages car le coût était très raisonnable, puis j’ai photographié toutes les personnes de notre entourage et les lieux ressources de Camille pour le personnaliser. Dessous, j’y ai accroché trois pochons (fabriqués par mamie) classés par catégories: personnes, objets, lieux (et hop, une activité d’apprentissage sur la catégorisation ajoutée, mine de rien!).
  • Le pictogramme permet de comprendre, d’identifier et d’exprimer un besoin, une émotion, un état… et un échange d’informations entre deux personnes. Une échelle de douleur peut permettre à l’enfant, l’adolescent, l’adulte, d’expliquer physiquement ce qu’il ressent et de mieux appréhender une situation. De même, un tableau de tri d’activités (deux à trois propositions) permet à l’enfant de gérer un temps libre. J’ai téléchargé les tableaux de choix et de temps (maintenant – après; puis maintenant, ensuite, après) sur le site de E-Learning. Ils sont épurés et simples.
  • Le pictogramme aide à créer des mises en scène pour encourager la communication, et, par la suite, la spontanéité de la communication. Je me souviens du premier pictogramme utilisé par la psychologue dans son cabinet pour amener Camille à demander à aller aux toilettes, mais surtout du ton de voix exagérément enjoué. « Tu veux aller aux toilettes? D’accord! Donne-moi l’image. » (main ouverte et tendue)
  • Le pictogramme aide à la personne à fonctionner de façon plus autonome.
  • Il donne du temps à la personne pour traiter l’information.
  • Le pictogramme peut, par la suite, pour les personnes verbales et non-verbales, soutenir la mémorisation de la structure de la phrase et de son contenu.
  • L’image permet à l’enfant d’entrer progressivement dans les apprentissages:
    • de la discrimination visuelle et de la pré-lecture
    • de la lecture (avec image correspondante associée)
    • en émettant des consignes visuelles (juxtaposition d’images représentant des séquences, comme les exemples d’activités présentées dans le Task Galore (AFD Edition)…

N’oublions pas: une personne autiste ou TED, est 90% visuelle et 10% auditive!

Pourquoi nous avons fait le choix du PECS pour notre fils

Pourquoi nous avons fait le choix du PECS pour notre fils

Pour rappel, Sacha a 7 ans et demi. Il est Belge, vit en Belgique, et est autiste typique, non-verbal, avec un âge mental moyen de 18 mois (pour le moment). Suite à la lecture de l’article Autistes non-verbaux, j’ai voulu vous faire part de notre choix.

Il y a un an d’ici, mon fils allait dans un centre où on ne lui proposait aucun moyen de communication. Il utilisait donc notre main comme un outil. Nous passions parfois des heures à vider les placards, montrer chaque chose, à essayer de comprendre ce qu’il voulait, parfois en vain, pendant que Sacha, très frustré, piquait des crises à répétition.

Cette manière de faire n’était pas pratique, et je me rendais bien compte qu’à l’âge adulte, avec de nombreux centimètres et kilos en plus, cette façon d’utiliser la main de l’autre serait très vite socialement incorrecte: je ne me vois pas me faire « tirer » le bras, moi avec mes os vieillis à 60 ans et lui avec la force de ses 35! Sans parler des crises à l’âge adulte, on n’y pense pas assez souvent.

J’avais déjà entendu parler des photos, des pictogrammes sur Internet, mais en rapportant mes infos au centre, on m’avait dit que le visuel freinait le langage (ce qui est au passage archi-faux, j’avais été très mal renseignée!).

Mon fils régressait de plus en plus: il se mordait, se frappait, se cognait la tête contre les murs, au coin de table, s’en prenait à nous, à sa soeur, refaisait pipi et caca dans son slip (or il était propre depuis l’âge de 3ans)… Ça ne pouvait plus continuer comme cela, surtout que, pour le calmer, on me proposait les médicaments, et ça il en était hors de question!

Au fil de mes lectures, j’avais appris que, pour un enfant non verbal, une des premières choses à faire était justement de lui fournir un moyen de communication. Je pense que nous aussi, si on nous empêchait de nous exprimer, on aurait rapidement quelques petits troubles du comportement. Donc, un moyen de communication… Oui, mais lequel?

Je n’étais pas attirée par les gestes, car mon fils aurait été trop dépendant du fait que la personne les connaisse. Et puis, j’avais peur que ceux-ci soient trop abstraits pour lui (par contre, je sais que ça fonctionne très bien avec d’autres), pour les autres personnes de son entourage.

Je cherchais donc une méthode avec des images, car elles peuvent être comprises par plus de monde, même par sa petite soeur de 5 ans et demi.

En discutant avec un ami enseignant (merci Quentin!), qui travaille avec des enfants entre autres TED, j’ai appris l’existence du PECS. Il allait, avec une partie de l’équipe de son boulot, à la formation « PECS débutant » à Bruxelles (ce qui m’avait rassurée un peu sur le sérieux de la formation, dont j’ignorais tout). Mais celle-ci (ouverte aux parents et professionnels) se déroulait quatre jours après notre discussion!

Il fallait donc agir, décider vite. Le soir même, je parcourais le site et m’inscrivais à la dernière minute. C’est vrai que le prix me semblait excessif au départ, mais il faut savoir que la logopédie (l’orthophonie), en Belgique, dans le cas de mon fils non-verbal, n’est absolument pas remboursée. Idéalement, Sacha aurait dû faire minimum deux séances par semaines (à 41€ la séance, gloups), ce n’était pas dans nos moyens. Les calculs ont été vite faits: l’équivalent de 9 séances de logopédie, contre pouvoir apprendre moi-même à mon fils à s’exprimer, et ce à vie, sans être dépendant de quelqu’un, ni devoir attendre la séance suivante pour poser une question… Le choix fut vite fait! Mon fils allait trop mal, et je voyais bien que toute sa frustration, ses troubles, venaient, entre autre, du fait qu’il ne pouvait pas s’exprimer. Je n’ai jamais regretté d’avoir cassé la tirelire, et si c’était à refaire, je le referai de suite.

Je me suis donc rendue à la formation durant deux jours. Les deux journées furent intenses en apprentissage. Je ne reviendrai pas là-dessus car il existe déjà certains articles sur notre site:

Je ne pourrai jamais expliquer le sentiment de légèreté que j’ai ressenti au bout de ces deux journées: je pesais deux tonnes de moins. J’avais enfin trouvé une méthode qui pouvait convenir au profil de mon fils, mais surtout qui allait lui permettre de s’exprimer! Je me suis, en même temps, rendue compte du boulot monstre qui m’attendait, mais peu importe, j’y croyais!

J’ai donc passé cette formation fin octobre 2010, mais nous n’avons réellement commencé les séances avec Sacha que fin février 2011. Pourquoi attendre si longtemps, me direz-vous? Il y a plusieurs raisons:

  • Nous avons profité de cette période pour installer un journalier qui expliquerait à Sacha le déroulement de sa journée, grâce aux différentes photos des moments clés de la journée – ce qui me paraissait essentiel afin d’apaiser ses angoisses, ses troubles lors des changements d’activités, lieux, etc.
  • Il m’a fallu beaucoup de temps avant de digérer les informations (de relire le manuel d’apprentissage), de trouver les bons renforçateurs (Sacha ne s’intéressait pas à grand-chose à l’époque), de les comparer les uns aux autres, voir lesquels étaient plus puissants…
  • Lors de cette période de quatre mois, mon mari a été également suivre la formation à Paris, car je ne me sentais pas du tout capable de le former. Il y a trop de nuances dans le PECS (les types de leçons, les types de correction en fonction de la leçon, etc.) que je n’arrivais pas à lui faire comprendre. Nous ne voulions surtout pas compromettre nos chances et celles de Sacha d’accrocher à la méthode. Et puis surtout, pour les premières phases et la généralisation, il fallait être minimum deux personnes formées. Après avoir téléphoné à de nombreuses logopèdes, j’ai laissé tomber mes recherches car, soit ils n’étaient pas formés, soit ils étaient formés mais n’avaient pas de place. Que mon mari se forme était donc la solution la plus simple, ce qu’il fit en mi-décembre à Paris. De plus, la préparation des pictogrammes: les mettre dans des grilles, les plastifier, les découper… ça prend un certain temps.

Je précise de suite que nous ne roulons pas sur l’or. J’ai dû arrêter de travailler pour des raisons de santé. Mais à aucun moment nous n’avons regretté d’avoir payé les formations. Je ne suis également pas actionnaire chez eux. Nous sommes ressortis de là avec toutes les explications, du matériel, une grosse dose de motivation, et si par la suite, nous avions un souci, nous pouvions toujours envoyer un mail ou une vidéo afin que quelqu’un nous aide. Bref, c’est une question de choix personnel à faire… c’est le nôtre, mais chacun fait comme il l’entend.

Cependant, et je sais que certaines personnes risquent de mal prendre mes propos, mais j’assume, il ne suffit pas d’avoir du matériel PECS pour faire du PECS. Perso, j’utilise un mélange de pictogrammes: PECS, d’autres trouvés sur le net, des dessins faits moi-même, des photos. Bien souvent, je croise des mamans ayant acheté le matériel PECS et crier au secours, dire « ça ne marche pas, cette méthode », et quand je pose quelques questions, je me rends vite compte que les phases ne sont pas respectées, les corrections d’erreur pas connues, bref, qu’il y a un manque de formation/information… ce qui me dérange profondément, et ça doit être mon petit côté carré qui ressort, car du coup en disant autour d’elle que ça ne fonctionne pas, certaines personnes n’oseront peut-être pas tenter.

Je n’oserai jamais me prétendre pro du PECS, et je conseillerai bien souvent aux personnes de se former – et encore plus en Belgique, où la logopédie n’est pas remboursée si l’enfant est non-verbal.

Je pense que lorsque notre enfant suit une méthode, il est important que nous, parents, la connaissions également, afin que celle-ci ait encore plus d’impact, mais ça reste un avis personnel. Et si vous pouvez vous faire accompagner d’un professionnel, c’est encore mieux (ce qui ne m’est pas possible de faire à l’heure actuelle).

Enfin, nous allions devoir faire face à un autre problème de taille. Le centre où allait Sacha à l’époque ne voulait pas entendre parler du PECS, car (je cite): « ce n’est pas de leur philosophie », et ce n’était pas faute d’avoir argumenté! Donc, de fin févier à fin mars, Sacha, qui avait pourtant très rapidement accédé à la phase 4, ne pouvait avoir son classeur que le matin jusqu’à 8 heures, et à partir de 16 heures quand je le récupérais… Ce qui, pour moi, équivalait à lui mettre du papier collant sur la bouche la journée, et qui, pour Sacha, aggravait ses troubles. Il a fallu trouver un autre endroit, ce qui s’est fait en quelques jours. Sacha est depuis fin mars 2011 en classe TEACCH, où il peut emmener son classeur avec lui.

Depuis un an, Sacha a bien progressé. Notre vie a positivement changé, mais cela fera l’objet d’un prochain partage.

Le shampooing, ma bête noire

Le shampooing, ma bête noire

El Baño (photo: Libertinus Yomango)

Je ne sais pas si, un jour, Mathilde acceptera enfin de sentir de l’eau sur son visage et de se mouiller la tête.

Tout y est passé: le mirroir pour qu’elle voit ce qui se passe, le scénario en pictogrammes, la casquette qui évite que ça coule dans les yeux, le gant de toilette sur les yeux, la douchette pour rincer, le mini seau du bac à sable, la bouteille… Rien à faire. Quand elle était petite, ça allait encore, je n’avais pas trop de mal à la maintenir pour shampooiner et rincer. Il fallait juste des boules Quiès, parce qu’on avait l’impression qu’on égorgeait un cochon.

Mais maintenant, du haut de son mètre 40, comment je fais, moi? Elle a une force herculéenne pour retenir mes bras, pour envoyer valser le mini seau à travers la salle de bain (plein, forcément…)… La douchette, je n’y songe même pas, à moins de me deshabiller, et prendre le bain avec elle non plus, c’est fini ce temps-là, elle ne veut plus de moi dans la baignoire ou sinon c’est moi qui ai droit à 26 shampooings qu’elle me fait.

Déjà, je commence par ruser… je ne mouille plus les cheveux avant, hop, direct le shampooing, comme ça j’évite une bagarre et elle sait qu’une fois le shampooing sur la tête elle va devoir y passer. Après, seulement, je mouille les cheveux (ben oui, quand même), parce qu’elle a déjà fermé les yeux. Pendant tout le « malaxage », elle hurle.

Et alors, attention les yeux: voici venu le temps du rinçage. La bête noire par excellence. Totale impro à chaque séance pour le « comment je vais faire », mais une ligne de conduite quand même, avec le pictogramme « j’ai peur », et le sempiternel « ferme les yeux, je vais rincer ».

Transformation de la salle de bain en piscine: d’un bras, je la tiens comme je peux, parce que ça glisse, et de l’autre je verse l’eau sur la tête. Mes deux autres bras n’ont pas encore poussé pour que je bouche mes oreilles. Je suis sur un marche-pieds (oui: 1m40 + hauteur de la baignoire = la taille de maman), et je manque de me casser une jambe toutes les deux secondes. Ah, ça ne dure pas longtemps, mais c’est intense. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle a les cheveux gras… mais POURQUOI?!

Après le rinçage, vite vite une serviette, bien serrée autour de la tête pour qu’elle sente qu’elle est toujours là, et une heure de boudin pour s’en remettre… des fois que je n’aie pas compris qu’elle n’est pas contente.

Cause de tout ce bazar: non-intégration du schéma corporel… Heureusement que ça se travaille par bouts entiers du corps, parce que je me vois mal travailler cheveu par cheveu pour qu’elle intègre tous ceux qu’elle a sur la tête.

Pas de formation PECS, mais je m’en sors!

Combien de fois me suis-je entendu dire: « ce serait peut-être bien de faire la formation PECS, cela permettrait à Mathilde de l’utiliser pour se faire comprendre et qu’elle vous comprenne ».

Depuis l’annonce du diagnostique de Mathilde, j’ai lu je ne sais combien de livres, j’ai compulsé toutes les méthodes possibles et immaginables, et j’ai décidé de commencer le PECS toute seule.

De toute façon, au moment où je m’y suis mise, Mathilde n’avait qu’une prise en charge en CMP où l’on me disait qu’elle n’était pas prête pour de l’orthophonie… Sauf que le CMP a oublié de me dire (oh ben ça alors, c’est étrange!) que certains orthophonistes en libéral sont formés au PECS. Et quand le CMP a décidé que c’était non, ils vous mettent des bâtons dans les roues, parce qu’ils ne veulent jamais avoir tort. Et je ne sais même pas s’ils connaissaient la méthode…

Bref, j’ai commencé par étudier les principes de base du PECS, j’ai fabriqué les pictogrammes avec des photos prises à la maison pour que les images correspondent exactement à ce que Mathilde aurait pu demander. Chaque bouteille de jus de fruits, une assiette de chaque aliment, chaque gâteau, la tétine, le doudou, les couches, la photo de la maîtresse…

Dans les premiers temps Mathilde a très bien compris à quoi cela servait. Elle ne donnait pas la photo mais la montrait du doigt, ce qui a permis d’éviter des crises à essayer de comprendre ce qu’elle voulait. Effectivement, quand elle nous lançait la main vers un placard et qu’on ne comprenait pas, il fallait tout sortir jusqu’à ce qu’elle prenne le bon truc.

En grandissant, vers 6 ans, elle a été assez grande pour montrer et attraper directement ce qu’elle voulait et se faire comprendre. Quand elle voulait à boire, elle amenait la bouteille et le gobelet. Ah, super, mais il faudrait le dire! Elle n’a jamais pu. Donc, pendant 3 ans, elle n’a utilisé ses photos que pour sa tétine et son doudou, et encore, seulement quand elle ne les trouvait pas elle-même.

Quand vint le jour où le SESSAD proposa, enfin, une prise en charge en orthophonie. Et, ô surprise, l’orthophoniste va travailler plusieurs méthodes: PECS, MAKATON et verbal.

Il faut dire que Mathilde a quand même 9 ans à ce moment là, qu’elle commence à dire des mots, mais qu’elle les prononce très mal. En trois séances, elle comprend le système d’échange d’images qui commence par la nourriture (elle ne sont que toutes les deux). Si tu veux les bulles, tu me donnes le pictogramme, renforcé par un petit morceau de gâteau.

Donc, branle-bas de combat: achat du PECS et du classeur de communication, de la plastifieuse de compétition, des scratchs, un nouveau tableau et despetites boîtes, et c’est parti! On va faire le vrai PECS avec les bandes phrases et tout et tout (à savoir que les frais ont été pris en charge au titre de l’aide exceptionnelle de la PCH sur présentation de la facture).

Ça marche! Mathilde sait maintenant aligner plusieurs pictogrammes sur la bande. Elle met de plus en plus de mots sur le pictogramme pour les demandes, parce qu’à chaque demande je verbalise, et qu’elle doit faire pareil. Elle les utilise aussi à l’école.

Le principe n’est pas compliqué, il faut juste que l’enfant comprenne le sens de l’échange. Dans le cas de Mathilde, les pictogrammes sont un support du verbal, parce qu’elle est très « visuelle » et préfère passer de l’image au son plutôt que le contraire.

PECS, Phase IV: Demande

La Phase III, comme nous l’avons vu précédemment, permet d’apprendre à l’enfant à distinguer différentes images pour pouvoir faire des choix. Maintenant, il s’agit de lui apprendre à faire une demande à l’aide d’une phrase.

La Phase IV permet à l’enfant d’apprendre à faire une phrase structurée pour formuler sa demande. Cette phrase est sous la forme « Je veux » + image de l’objet. Cette phase se découpe en 4 étapes.

La Bande Phrase

Le PC (Partenaire de Communication) amène un nouveau moyen de communication grâce à la bande phrase. Cette bande phrase est constitué d’une bande plastique de couleur vive (pour mieux la différencier de son classeur) sur laquelle on peut accrocher des images. Elle est placée sur le côté du classeur afin de rester visible.

L’objectif est que l’enfant, au lieu de faire des demandes à l’aide d’une seule image, donc d’un seul mot, puisse formuler sa demande sous la forme d’une phrase. La bande phrase est découpée comme une phrase: une image représente « Je veux » et une autre image représente l’objet désiré. L’enfant tendra donc une phrase complète pour faire sa demande.

Comme pour les phases précédentes, le PC travaille avec un objet préféré de l’enfant pour l’inciter à faire une demande. L’image « Je veux » est déjà placée sur la bande phrase, et l’image de l’objet préféré est placée sur la couverture du classeur.

À cette étape, le PC attend trois compétences de la part de l’enfant:

  • Placer l’image de l’objet sur la bande phrase
  • Décrocher la bande phrase du classeur
  • Donner la bande phrase au PC

Le PC peut guider physiquement l’enfant pour faire les étapes, mais il faut laisser le temps à l’enfant de faire la démarche par lui-même. On valorise l’enfant dans chacune des réussites à ces trois compétences.

Il ne faut pas oublier de verbaliser à l’enfant la phrase complète lorsqu’il la tend.

« Je veux »

Cette deuxième étape est identique à la première sauf que l’image « Je veux » doit être placée sur la bande phrase par l’enfant.

Le PC peut guider physiquement l’enfant pour placer « Je veux », mais il laisse l’enfant mettre l’image de l’objet seul (car acquis lors de la précédente étape). Il faut continuer à verbaliser la demande.

Lire

Cette troisième étape est plus abstraite. Le but est que l’enfant pointe les images au fur et à mesure que le PC les lit.

Lorsque l’enfant donne la bande phrase au PC, celui-ci va la lire en guidant physiquement l’enfant pour pointer les images en même temps qu’il les dit oralement.

Le PC doit faire la guidance au départ, puis l’estomper progressivement en attendant que l’enfant prenne l’initiative.

Le PC place la bande phrase face à l’enfant dans le sens de la lecture et il récompense toujours l’enfant, même s’il ne prend pas l’initiative.

Parler

Cette quatrième et dernière étape a pour but de développer le langage oral. Après avoir fait lire la bande phrase à l’étape précédente, le PC, dans cette étape, attend quelques secondes que l’enfant prenne l’initiative de parler pour faire sa demande.

La bande phrase est toujours présentée à l’enfant face à lui pour l’inciter et soutenir sa demande verbale.

Le PC récompense toujours l’enfant en lui donnant l’objet demandé (puisque la demande a déjà eu lieu par l’échange de la bande phrase). S’il y a une demande verbale, le PC récompense l’enfant par un renforçateur social (on le félicite, on le valorise, on exprime sa joie).

Attention, il ne faut surtout pas retenir l’objet demandé sous prétexte que l’enfant n’a pas parlé. Cette étape a seulement pour but d’inciter l’enfant à le faire.

Si l’enfant ne dit rien, le PC réagit comme pour l’étape précédente en lisant à voix haute la bande phrase avec l’enfant qui pointe en même temps.

La phase IV est terminée lorsque l’enfant répond correctement (8 fois sur 10) à la troisième étape. Après cette phase, il faut continuer à enrichir le vocabulaire de l’enfant et, en parallèle, passer à la Phase V.

PECS, Phase II: Déplacement et persistance

La phase I, comme nous l’avons vu précédemment, permet d’apprendre à l’enfant la façon dont il doit communiquer. Lorsqu’il tend une image d’un objet désiré, il le reçoit instantanément. Maintenant, il s’agit de lui apprendre à sa effectuer sa demande à l’adulte dans toutes les situations.

Cette phase a deux objectifs: le déplacement et la persistance. Le but est d’apprendre à l’enfant à être en permanence en communication pour aller chercher  des images et se déplacer vers n’importe qui pour faire des requêtes. En parallèle, on continue à apprendre de nouvelles images avec la phase I, pour enrichir le vocabulaire.

Le déplacement

L’apprentissage du déplacement s’effectue toujours à trois: l’enfant, le Partenaire de Ccommunication (PC) et l’Incitateur Physique (IP). L’enfant dispose cette fois-ci de son classeur avec les images qu’il a apprises. Sur le dessus de son classeur, on scratche l’image de l’objet désiré et le PC tient l’objet. Il vaut mieux s’assurer, au départ, que l’enfant désire bien cet objet, pour permettre à la phase II de bien se dérouler.

Travail sur le déplacement

  • On travaille d’abord la prise de l’image sur le classeur pour la donner au PC. Comme à la phase précédente, l’IP aide l’enfant physiquement.
  • Ensuite, on augmente progressivement la distance entre l’enfant et le PC. L’enfant doit se déplacer dans la salle pour aller demander l’objet au PC.
  • Enfin, on augmente progressivement la distance entre l’enfant et son classeur. L’enfant ne transporte pas son classeur avec lui. Il le laisse à un endroit dans la salle. Il doit donc se rendre à son classeur pour prendre son image, puis aller vers le PC pour la donner.
  • L’IP accompagne l’enfant pour l’inciter à faire son déplacement. Le PC remet l’image sur le dessus du classeur pour recommencer l’exercice.

Ici, il est même possible de travailler le changement de salle pour que l’enfant comprenne qu’il peut faire ses demandes avec une grande distance. Il faut toujours penser à féliciter/encourager l’enfant verbalement quand il réussit à faire la demande.

La persistance

L’apprentissage de la persistance se déroule de la même manière, sauf que le PC ne va pas faciliter la communication. Il tourne le dos à l’enfant, croise ses bras et ne le regarde pas. L’enfant apprend alors à insister pour faire sa demande et solliciter le PC pour qu’il se retourne en lui touchant le bras, en se plaçant devant lui ou en l’appelant.

Là encore, le PC doit féliciter l’enfant d’avoir persisté dans sa demande. Il ne faut pas hésiter à en rajouter dans la surprise.

Cet apprentissage est très important car il permet d’apprendre à l’enfant à manifester sa demande. Ca évite par exemple lors d’un repas collectif que l’enfant tende son image et que l’adulte ne le voie pas car il est occupé à servir le repas. L’enfant peut alors rester le bras tendu avec l’image pendant plusieurs minutes, et soit il se décourage et n’obtient pas ce qu’il désirait, soit il est frustré et peut avoir un trouble du comportement.

Lorsque l’enfant réussit 8 fois sur 10 présentations à se déplacer et à persister, on passe à la phase suivante.

Sévère retard de langage, que faire?

Vous avez été nombreux à me poser des questions sur l’autisme en passant par le formulaire Formspring! Ainsi, je vais pouvoir vous répondre au fur et à mesure, en me basant sur mon expérience et/ou mes connaissances en matière d’autisme. Si vous avez une question particulièrement difficile à laquelle je ne peux répondre, je la poserai directement à la communauté. En procédant ainsi, je suis assurée de répondre aux questionnements qui sont importants pour vous.

Avec la propreté, le langage est une des préoccupations majeures des parents ayant un enfant avec des Troubles Envahissants du Développement (TED).

Mon fils de 6 ans ne parle toujours pas. Pensez-vous qu’une orthophoniste pourrait l’aider?

Comme je demande à ce qu’on me pose des questions sur l’autisme, je vais répondre en plaçant comme base que l’enfant a été diagnostiqué, ou tout du moins été dépisté, et a une suspicion de TED, quels qu’ils soient.

Ma réponse est la suivante: OUI. Dans tous les cas de figures des Troubles Envahissants du Développement, l’orthophonie a une utilité, une importance qu’on ne comprend pas forcément tant qu’on n’a pas vu nos enfants progresser dès qu’ils sont entre les mains d’un bon orthophoniste.

L’orthophonie fonctionne même lorsque l’enfant est complètement non-verbal. Il ne faut pas hésiter, si l’enfant n’arrive pas à faire les plus simples demandes, à utiliser des pictogrammes, avec les méthodes PECS ou Makaton. Cela facilite la communication avec vous pour exprimer ses besoins, apprendre à former des phrases, et cela ne retarde pas l’acquisition de la parole.

Pour les enfants qui ont du mal à comprendre ce qu’on leur demande de répéter, ou tout simplement à répéter les sons et syllabes qui forment les mots, l’orthophoniste de mon fils Matthieu avait utilisé une méthode assez sympathique qui s’appelle la Dynamique Naturelle de la Parole (DNP). Je ne connais pas la méthode dans son ensemble, mais elle alliait, dans ses premiers stages – qui sont ceux que nous avons utilisés avec Matthieu – le toucher et le visuel aux sons. Par exemple, chaque son avait un « toucher » sur le corps: pour le son « ch », on frottait dans le sens des aiguilles d’une montre dans le dos, pour le son « rrr », on grattait, etc. Tout cela permettait à Matthieu de ressentir « l’effet » des sons à produire, et il a pu, au bout de quelques séances, participer avec nous à produire des sons.

Lorsqu’un enfant autiste, même à deux ans, montre qu’il a un retard de langage, de quelque niveau qu’il soit, il faut demander à son médecin généraliste de prescrire des séances d’orthophonies (bilan + rééducation si nécessaire) le plus vite possible. Attention, il faut trouver un orthophoniste qui soit prêt à travailler en relation duelle avec l’enfant sans attendre « l’émergence de son désir de parler »… parce qu’il risque d’attendre longtemps, et de faire perdre un temps précieux à votre enfant!