Échapper aux CMP, CAMPS, IME, hôpitaux de jours et assimilés

Le problème, quand on découvre l’autisme, c’est qu’on n’est pas toujours bien informé. On a tendance à se fier aux personnes qui ont un parcours médical, un peu en fermant les yeux, et en priant pour que tout se passe bien. Cependant, on finit parfois par se rendre compte que l’on se retrouve coincé dans les CMP, CAMPS, IME, hôpitaux de jour et assimilés…

Échapper aux CMP, CAMPS, IME, hôpitaux de jour et assimilés

Riordan Handcuffed to a Speaker (photo: Mark Coggings)

Coincé? Oui. Parce que ces institutions refusent de voir les enfants qu’ils suivent partir ailleurs. J’ai entendu des histoires d’horreur, des parents menacés parce qu’ils ont voulu retirer leurs enfants.

Évidemment, ce n’est pas le cas partout, et il y a sûrement des exceptions à cette règle, mais en général la prise en charge dans ces instituts est insuffisante, voire même inutile, ou pire, faisant régresser des enfants qui pourraient faire des progrès ailleurs… quand on ne fait pas, parfois dans le dos des parents (qui, ne l’oublions pas, sont tenus comme responsables de l’état de leur enfant par la plupart des psychanalystes, en particulier les mamans), subir des tortures comme le packing aux enfants qui y sont suivis, tout ça « pour leur bien ».

Alors, comment échapper à ces instituts de cauchemar, sans risquer de se retrouver au tribunal, à devoir se battre pour garder ses enfants? Voici une des méthodes à suivre pour s’en sortir tranquillement:

  • Trouvez un pédopsychiatre en libéral qui accepte de poser un diagnostic et de suivre votre enfant. Le mieux serait qu’il soit pro-comportemental, comme celui de mon fils Matthieu. Le côté psychologique est aussi intéressant, car la famille peut aussi être suivie par cette personne, qui aidera à régler les problèmes quotidiens, et donnera des conseils pratiques sur la prise en charge.
  • Mettez en place une prise en charge en libéral: orthophonie et psychomotricité. Pour bénéficier de séances d’orthophonie remboursées par la sécurité sociale, faites faire une ordonnance par votre médecin de famille ou le pédiatre qui suit votre enfant. Au passage, demandez-lui de remplir pour vous une demande d’ALD, qui vous permettra de ne pas avoir à avancer l’argent des séances.
  • Une fois tout cela en place, signalez à la MDPH que vous désirez changer de méthode de prise en charge, en demandant au pédopsychiatre d’appuyer votre demande, et en donnant le nombre d’heures de séances d’orthophonie et de psychomotricité par semaine. Pour bien faire, il faudrait qu’il y ait minimum deux séances d’orthophonie par semaine, et deux de psychomotricité, plus un passage hebdomadaire chez le pédopsychiatre.

Si vous avez tout bien fait dans l’ordre, les récrimination des différents instituts seront ignorées car vous aurez mis une prise en charge intéressante pour votre enfant en libéral. Mais vous savez quoi? Le mieux est de ne pas mettre votre enfant dans ces instituts à la base! Mais ce n’est que mon opinion!

Avez-vous ou avez-vous eu des problèmes à sortir votre enfant d’un CMP, CAMPS, IME, hôpital de jour ou assimilé? Partagez votre témoignage dans les commentaires.

Aider la fratrie d’un enfant autiste

L’année dernière, nous avons commencé à nous inquiéter pour Julien, le petit frère de Matthieu, qui avait un retard de parole, passait beaucoup de temps à imiter son frère, et faisait de nombreuses crises de colère pour les moindres raisons.

La pédiatre nous avait inquiétés car il avait fait une crise dans son cabinet de consultation, et nous avait dit qu’elle voyait des signes de l’autisme chez son frère. Malgré les réassurances du pédopsychiatre de Matthieu, qui voyait Julien toutes les semaines en même temps que son frère que nous accompagnions aux séances, je m’inquiétais beaucoup du comportement de mon cadet.

Dans le cas de Julien, qui prenait son frère pour exemple, il est clair que cela influait sur son comportement. Son caractère, lui, était très fort et trempé, il voulait s’affirmer pour prendre une place plus grande dans une vie tournée autour du handicap de son frère.

Il nous aura fallu quelques temps, mais petit à petit, avec l’aide des intervenants de Matthieu qui l’ont pris lui aussi en séance, et un travail avec lui à la maison pour qu’il trouve sa place dans la famille malgré les besoins de son frère, Julien a réussi a progresser très vite et réduire un peu ses comportements colériques.

L’orthophoniste a aidé Julien à commencer à rentrer dans la communication, même s’il disait déjà quelques mots de lui-même. La psychomotricienne l’a fait accepter petit à petit de faire des activités nouvelles, que Julien refusait à grands cris, et elle m’aide à l’amèner à l’autonomie. Le pédopsychiatre rassure Julien sur l’importance qu’il a pour nous, à relativiser la jalousie qu’il peut concevoir par rapport à Matthieu, et nous aide à trouver une balance pour notre ve quotidienne. De plus, tous ces spécialistes prennent le temps d’écouter, de prendre des renseignements, et de donner des conseils avisés.

Je suis persuadée qu’être entouré, notamment par des spécialistes, l’a beaucoup aidé. Julien n’est plus seulement l’accompagnant, mais aussi l’acteur des séances de thérapie, comme son frère – même si le travail n’est pas le même. Il ne faut pas hésiter à s’entourer de personnes compétentes pour aider la fratrie à progresser, ou à mieux vivre le handicap d’un autre membre de la famille.

Le handicap de votre enfant autiste est-il ou a-t-il été difficile pour ses frères et soeurs? Comment le vivez-vous, et comment essayez-vous d’y remédier? Partagez dans les commentaires.

Autisme et Pédopsychiatrie

Dans le milieu de l’autisme, une guerre fait rage, parmi tant d’autres: comportemental contre psychanalyse. Les partisans des deux approches pour aider les autistes à progresser s’affrontent souvent sur les forums, se rabaissent mutuellement, et démontent point par point avec plus ou moins de logique et d’efficacité les arguments des autres.

Bien qu’ayant moi-même un peu (beaucoup) de mal avec le côté psychanalyse qui dit que l’enfant a peur de fuir son corps (s’ensuivent techniques barbares comme le packing), ou peur de faire caca aux toilettes car il a peur de perdre un bébé, je dois avouer que je pense qu’il faut un juste milieu.

Je suis persuadée, parce que je le vois à l’oeuvre sur Matthieu, qu’un pédopsychiatre compétent dans les troubles de l’autisme peut être d’une grande aide pour l’enfant et ses parents.

Les traitements pédopsychiatriques sont essentiellement psychothérapeutiques et réadaptatifs (traitements éducatifs, rééducations, conditions de vie, relations familiales, insertion scolaire, ergothérapies), plus rarement chimiothérapiques.
- source: Wikipédia

Depuis les années 1990, la pédopsychiatrie s’est peu à peu libérée des approches centrées seulement sur la psychanalyse pour se centrer sur une vision globale du trouble et l’abord neuro-scientifique.

De plus, je me dis que les enfants autistes sont comme les autres, qu’ils ont aussi des processus psychiques inconscients, des pulsions – évidemment, ce n’est pas avec la psychanalyse qu’on peut les « soigner » de leur autisme, mais je ne suis pas persuadée qu’il n’y ait que du mauvais dans cette approche.

Le pédopsychiatre de Matthieu nous voit chaque semaine depuis deux ans, environ. Il supervise l’équipe thérapeutique en me permettant de jouer un rôle important dans ce qui est travaillé avec mon fils, ce qui apparemment n’est pas le cas de toutes les mamans, qui sont parfois mises à l’écart et ne savent que peu de choses sur les thérapies engagées par leur enfant.

Il me permet de trouver des solutions alternatives quand mes solutions à un problème ne marchent pas ou donnent des résultats peu concluants. Il me soutient moralement, m’appuie dans mes décisions et ne juge jamais.

C’est une personne formidable et compétente, qui a pourtant une formation psychanalytique à la base. Jamais je ne l’ai entendu me dire des idioties sur les raisons des comportements de Matthieu, il a même plutôt tendance à être d’accord avec moi sur pas mal de choses.

Je voudrais aujourd’hui vous entendre des jolies choses sur les pédopsychiatres qui suivent vos enfants, si vous en avez à dire. Vous pouvez aussi raconter vos histoires d’horreur, car on n’est jamais assez prévenus! Mais la pédopsychiatrie, selon moi, n’est pas qu’une antre d’imbécilités, et on peut trouver des pédopsychiatres très compétents. Partagez dans les commentaires!

À la découverte de l’autisme de Tom

Tom est né fin 2006. L’accouchement fut éprouvant et j’étais très fière de mon bébé, que je trouvais (comme tout parent) le plus merveilleux du monde.

À la découverte de l'autisme de Tom

C’est 22 mois plus tard que j’ai prononcé le mot autiste pour la première fois. Je me revois dans le bureau de la directrice du milieu d’accueil que Tom fréquentait depuis l’âge de 10 mois. Elle me conseillait d’aller voir un psychothérapeute car Tom ne se comportait pas comme les autres enfants. J’étais abasourdie car, jusque là, le personnel avait seulement attiré mon attention sur des problèmes qui m’avaient et leurs avaient semblés mineurs: problèmes de discipline, d’audition, rythme de sieste…

« Il y a trois points qui m’interpellent » me dit la directrice:

  • Il ne regarde personne dans les yeux
  • Il ne joue pas avec les autres enfants mais à côté d’eux
  • Il n’utilise pas toujours les jouets de façon appropriée

Je lui ai tout de suite rétorqué: « mais Tom n’est pas autiste ». Quand j’y repense, je trouve ça incroyable. J’aurais pu citer une quantité d’autres handicaps ou maladies: dépression, état d’anxiété… mais non, c’est bien le mot autiste que j’ai prononcé ce jour-là. Ce à quoi elle m’a répondu qu’elle ne pensait pas non plus à l’autisme, mais qu’elle m’incitait quand même à rencontrer ce psychothérapeute qui arriverait peut-être à le « débloquer ».

J’avais d’autant plus de mal à la croire que Tom m’avait toujours regardé dans les yeux. Le changement de comportement à la crèche était intervenu lorsque sa puéricultrice préférée avait été transférée à l’étage des tout-petits et qu’il s’était vu attribuer une autre puéricultrice référente beaucoup plus autoritaire. Je pense qu’il en a beaucoup souffert.

J’ai donc été rendre visite à ce psychothérapeute qui n’a malheureusement pu nous donner aucune solution et qui nous a conseillé d’aller voir un autre intervenant. Ne supportant pas de voir Tom malheureux à la crèche, je l’en ai retiré tout de suite pour le confier à ses grands-parents qui l’ont toujours considéré comme leur petit dieu.

Pour couronner le tout, le médecin qui suivait Tom depuis sa naissance était parti du jour au lendemain à l’étranger  sans laisser d’adresse. Je décidais donc de reprendre contact avec le pédiatre qui s’était occupé de Tom à la maternité, et qui a émit  tout de suite des craintes  le concernant.

Il faut dire aussi que pendant tout le temps qu’a duré la consultation, Tom n’a pas cessé de tourner sur lui-même. J’étais très angoissée et je ne faisais sans doute que renforcer ce que j’allais découvrir être des stéréotypies. Il tournoyait parfois à la maison mais jamais de manière aussi intense et longue. En général, nous l’arrêtions au bout de quelques secondes car nous avions peur qu’en s’étourdissant, il ne tombe et finisse par se blesser.

À la découverte de l'autisme de TomLa machine se mit donc en marche et le pédiatre me renvoya vers deux autres intervenants: une neuropédiatre et une pédopsychiatre avec qui je m’empressai de prendre rendez-vous. La neuropédiatre nous conseilla d’effectuer une série d’examens: prise de sang, d’urine, IRM, EEG… Tous les résultats étaient  normaux. Malheureusement, entre la pédopsychiatre et Tom, le courant ne passait pas du tout et nous avons dû interrompre ces rendez-vous pour les remplacer par des séances de psychomotricité avec une psychomotricienne fantastique.

Bien que nous ayons été entourés de personnes formidables, compréhensives et aidantes, mon mari et moi nous sommes pris une des plus grandes gifles de notre vie. De celles qui ne vous mettent pas K.O. mais qui vous laissent insidieusement  dans le brouillard pendant des mois.

Au départ, j’avais du mal à accepter cette situation et je me rassurais en me disant: il y a 10 % de « malchance » que Tom soit autiste et 90% qu’il ne le soit pas.

Au fur et à mesure des mois, des lectures (livres, articles sur Pubmed – une base de données médicales -, forums…), des visionnages d’émissions de télévision sur l’autisme, des rencontres avec les intervenants, j’ai réalisé bien avant que les médecins ne me l’annoncent officiellement qu’il y avait plutôt 90% de chance pour que mon fils soit autiste et 10% qu’il ne le soit pas.

Pendant ce laps de temps, l’autisme prend vite une place très (trop!) importante dans votre vie car vous ne pensez plus qu’à ça jour et nuit. Au fil des mois, le fait de s’interroger devient vite un calvaire et finalement, lorsque le diagnostic tombe, c’est un soulagement de ne plus avoir à se poser toutes ces questions. Le diagnostic, nous l’avons eu alors que Tom était âgé de 32 mois en septembre par la chef de service du Centre de Ressources Autisme de notre région.

Ce fameux diagnostic que nous craignions tant au début et que nous attendions tant à la fin. Je le trouvais important également pour appuyer notre demande d’admission au Centre de jour et de stimulation précoce que nous lui avions choisi.

Comme nous nous doutions de la tournure que prendraient les évènements, nous avions entrepris les démarches dès avril 2009 pour être certain de ne pas être sur liste d’attente et d’avoir une place rapidement. Ce fut le cas et Tom y est très heureux. Le personnel y est incroyablement humain et compétent. En outre, grâce à eux, Tom a déjà réalisé de nombreux progrès.

Pour moi, découvrir l’autisme de Tom fut comme accoucher une seconde fois. Ca se passe généralement dans la douleur mais, une fois l’épreuve passée et le diagnostic digéré, on est très fier de son enfant qu’on trouve (comme tout parent) le plus merveilleux du monde.

Autisme, violence et punitions

Céline Bruntz

Céline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Mon fils est autiste – il a 4 ans, il dit que quatre mots. Depuis deux mois, il a commencé à me mordre, se mord et mord ses soeurs. J’ai essayé de lui faire mordre une balle mais sans succès.

Il est rendu qu’il mord les prises électriques et les bords de murs, les portes d’armoire etc. Je ne sais plus quoi faire pour le punir. J’ai essayé de le mettre dans un coin sur une chaise mais il me lance la chaise dans la face ou sur ses soeurs.

Aussi, il frappe tout le monde quand une chose fait pas son affaire et il frappe ses soeurs aussi. Et pendant le temps du  repas, il refuse de manger, et quand je le force à manger il me crache la nourriture dessus. La seule chose qu’il mange ce sont des biscuits.  Il peut en manger quatre en deux jours, pas plus.

La nuit, il ne dort pas. Il fait que crier. Il peut dormir deux heures par nuit.

Je suis très découragé, je ne sais plus quoi faire. Il fait des trous dans les mur la nuit quand il est fâché et qu’il doit rester couché,  il réveille tout la famille. Il prend du Decédryle et Clonidine pour la nuit  mais rien ne marche. Comment le punir?

Je comprends que la situation de votre fils soit très difficile à vivre pour lui et pour votre famille. Effectivement les enfants autistes peuvent réagir par de la violence face à une frustration.

Dans le cas de votre fils, je pense qu’il n’a pas conscience de la violence dont il peut faire preuve à son égard ou à l’égard de ses proches. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas mettre des limites afin d’avant tout pouvoir le protéger de sa violence et protéger les autres. Poser l’interdit est  essentiel.

En fonction de la compréhension de l’enfant, il est important d’utiliser des mots simples. Ce qui peut aider aussi c’est de repérer les choses qui l’apaisent, pour s’en servir le plus possible pour l’aider à se désangoisser.

Dans tous les cas, je vous conseillerai de prendre rendez-vous avec un pédopsychiatre pour faire le point au niveau du traitement et mettre en place des prises en charge adaptées.

Autisme Infantile recherche bénévoles

Nathalie HamidiPour devenir toujours plus performants, plus utiles à la communauté, Autisme Infantile recherche des auteurs bénévoles pour écrire des articles:

  • des orthophonistes, des psychomotriciens, des ergothérapeutes, des psychologues, des pédopsychiatres et autres professionnels de la santé en rapport avec l’autisme, pour parler des prises en charge et répondre aux questions de la communauté,
  • des maîtresses, des AVS, des éducateurs spécialisés, qui pourront parler de l’intégration à l’école, de la manière de les motiver, de les éduquer, des problèmes rencontrés et des solutions trouvées,
  • des papas et des mamans, ou des frères et soeurs, pour participer au blog et nous parler de l’autisme au quotidien,
  • des experts dans les méthodes en rapport à l’autisme (je pense notamment à ABA, au PECS et à TEACCH, mais je suis intéressée de connaître encore d’autres méthodes),
  • des assistantes sociales ou personnes connaissant les démarches pour offrir des conseils pour obtenir de l’aide pour les parents d’enfants autistes,
  • des représentants d’associations pour aider les autistes, etc.

Si vous avez une bonne connaissance de l’autisme, si vous êtes expert en quelque chose, ou tout simplement si vous avez des informations intéressantes à partager, envoyez-moi un e-mail à nathalie@autismeinfantile.com pour m’en parler, et nous discuterons ensemble de ce que vous pouvez apporter à la communauté.

Deux mois plus tard

Que de batailles et d’acharnement… Nous sommes le 21 juillet 2009 et notre pédopsychiatre nous fait un certificat médical pour Pearl. Le verdict tombe: Troubles Envahissants du Développement avec Troubles Autistiques. Pourquoi a-t’elle rajouté troubles autistiques me demanderez-vous? Et bien c’est tout simplement afin que la MDPH offre une meilleure couverture pour les thérapies de Pearl, car parfois un diagnostic de TED n’est pas suffisant pour avoir une bonne AEEH d’après la pédopsychiatre. La demande d’ALD est aussi faite ce jour là et part à la CPAM.

Deux mois plus tard

Nous parlons ensuite prise en charge. Il faudra que Pearl fasse de la psychomotricité, donc elle nous donne une ordonnance pour faire un bilan et une prise en charge. Elle nous conseille aussi de retenter une adaptation à la halte-garderie (un premier essai en 2008 alors que Pearl avait 15 mois s’était avéré catastrophique et nous avions donc abandonné l’idée).

En résumé Pearl devra faire deux fois 30 minutes d’orthophonie (méthode PECS comme recommandée par la psychologue et la pédopsy), 45 minutes de psychomotricité et 45 minutes avec la psychologue (méthode TEACCH) toutes les semaines. Nous trouvons une orthophoniste sur Sèvres (à 30 minutes en vélo), qui non seulement est spécialisée PECS et Makaton (une autre méthode pour autistes), mais qui plus est a de la place à partir de septembre pour prendre Pearl et nous verra le 2 septembre. La psychologue nous fixe un premier RV de prise en charge le 4 septembre. La première semaine d’août, nous trouvons un psychomotricien spécialisé sur Versailles qui voit Pearl pour son bilan et convient de la prendre en charge à partir du lundi 31 août.

Je dépose le dossier de demande d’Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé (AEEH) à la MDPH le 11 août. Il passera peut-être en commission fin octobre, s’ils parviennent à rattraper leur trois mois de retard.

VICTOIRE! Nous avons mené une lutte acharnée depuis le 20 mai et avons fait tout ce qui était humainement possible de faire pour notre jolie poupée, afin qu’elle soit diagnostiquée, prise en charge et aidée. Papa a travaillé sans relâche avec elle tous les jours. Maman a pris la relève les soirs et le week-end. Dylan est un peu perdu mais il semble comprendre que sa sœur a besoin de nous, a besoin de lui et il est le grand frère parfait pendant ces longues semaines. Nous pouvons enfin partir en vacances le cœur un peu plus léger et profiter à fond d’un repos (pour tous) bien mérité.

Cela fait trois semaines que Pearl a commencé ses thérapies et son adaptation à la halte-garderie. Tout se passe plutôt bien et nous apprenons tous les jours à connaître son monde tout comme elle apprend à connaître le nôtre.

Le coup de fil qui sauve

Le vice-président d’Aidera Yvelines m’envoie un mail et me dit qu’il sera ravi de m’aider, que je peux l’appeler pour discuter, qu’en effet, même si le CAMPS de Versailles n’est pas le pire, ce n’est certainement pas non plus le meilleur endroit pour obtenir un diagnostic pour ma fille.

Le coup de fil qui sauve

Je l’appelle un vendredi après-midi et nous restons au téléphone pendant deux heures. Il me rassure, me parle de sa fille (autiste classique, plutôt sévère), du dépistage, du diagnostic et enfin de la prise en charge. Puis il m’envoie une liste de tous les spécialistes avec lesquels l’association travaille.

Il me donne le nom d’une éminente pédopsychiatre (D.C.) sur Paris, et là, je sais ce qu’il me reste à faire. J’appelle cette pédopsychiatre et explique mes soucis. Je suis en panique et la secrétaire le comprend bien. Enfin, la chance nous sourit, il y a un désistement et elle peut nous recevoir dans une semaine. Le rendez-vous est fixé le 20 mai. J’appelle ensuite le CAMPS et annule mon rendez-vous.

Entre temps, je me plonge dans les recherches, je pars à la conquête du monde autiste à travers Facebook et les forums, blogs, etc. J’entre en contact avec des parents à travers le monde. Je m’inscris sur la mailing-list d’Aidera Yvelines et attends avec impatience le rendez-vous avec Dr D.C.

Le dépistage

Pearl doit faire un autre examen ORL, un PEA (potentiels évoqués) toujours à Necker, suite à l’audiométrie de juin qui n’a rien montré. Le rendez-vous est pris pour le 6 juillet – il sera difficile de lui faire faire la sieste mais nous y croyons (nous la levons ce jour là à 4 heures du matin et c’est un succès).

Le PEA ne montre rien d’anormal – son audition est normale. Il faut aussi faire un bilan psychologique. La pédopsychiatre nous réfère à une psychologue spécialisée dans les TEDs, mais malheureusement celle-ci est surchargée. Grâce à Aidera Yvelines, nous en trouvons une autre. Résultat de ce bilan: Pearl présenterait bien un autisme léger à modéré.

Ensuite il faut faire un bilan orthophonique. Là, c’est un peu la croix et la bannière, car une fois de plus la personne recommandée par la pédopsychiatre n’est pas disponible car elle est en congé maternité. Je parviens à trouver une orthophoniste locale, qui, bien que non spécialiste des TEDs, s’avère de très bonne volonté et accepte de faire le bilan (sachant qu’à l’époque ma fille a 21 mois, et que très peu d’orthophonistes acceptent de prendre un enfant qui n’a pas deux, voire trois ans). Le résultat montre bien que Pearl n’a pas un retard global mais bien des retards hétérogènes.

Puis nous voyons un neurologue, spécialisé lui aussi. La première consultation ne révèle aucun problème morphologique ou neurologique apparent. Il prescrit un EEG sous sieste (pour dépister une éventuelle épilepsie) dans un hôpital de Garches où il consulte. Une fois de plus nous levons Pearl aux aurores et nous présentons à 13h00 pour l’EEG fin juin. Là, c’est la catastrophe – elle est très fatiguée, mais cette vingtaine d’électrodes qui lui percent le crâne, elle ne les supporte pas. Elle s’endort à moitié dans les bras de son père mais dès qu’il se rassoit elle se réveille, hurle et essaye d’arracher l’appareillage. C’est un échec total, nous repartons sans avoir pu faire l’EEG, désemparés.

Après discussion téléphonique avec le neurologue, il convient de la ré-admettre cette fois en service de neuropédiatrie et de lui faire l’EEG sous mélatonine (hormone du sommeil). Enfin, à la mi-juillet, elle passe l’EEG.Nous avons revu le neurologue cette semaine – l’EEG ne montre aucun problème qui nécessite une médication (donc pas d’épilepsie à priori).