L’IME, c’est NON!

Et pourtant j’y croyais, dur comme fer!

Un IME spécial Autisme, l’un des premiers, de 6 à 20 ans – un accueil pour ma fille jusqu’à ses 20 ans!

Retombe sur terre ma cocotte, faut pas rêver… tu ne vas pas te reposer, pas maintenant, pas encore.

Je vous en ai déjà parlé de cet IME, avec ce chantage à l’internat. Eh bien maintenant, les dés sont jetés: ce sera internat à la semaine, sinon rien!

Okay, d’accord, alors au revoir, m’sieurs dames.

Je suis dégoutée, déroutée, abasourdie que l’on budgétise une place en IME. Les premières envolées du projet étaient formidables, c’était le lieu dont je rêvais pour Mathilde, et pfioutttt, envolé, tout ça à cause d’un internat imposé sous peine de refus.

Et bien je refuse! Et alors là tout le monde reste bouche bée. Comment? Vous refusez l’IME?! Eh oui, ne vous en déplaise…

Vous, tous, parents d’enfants « normaux » dits neurotypiques (à noter qu’il n’y a que les parents d’enfants autistes qui savent ce que ça veut dire…), seriez-vous prêts à prendre ma place? Vous mettez dans la balance la pleinitude familiale, le respect de chacun dans la famille, les frères, les soeurs… Savez-vous au moins de quoi vous parlez? Avez-vous au moins une fois été en situation de vivre ce que nous vivons?

Autant je comprends, pour avoir parlé et cotoyé d’autres parents, que les situations deviennent parfois ingérables ou très difficiles à vivre, et là je comprends sans aucun problème un internat, autant je me dis que chaque cas est unique.

Ce que je reproche à ce projet (pas du tout abouti de mon point de vue), c’est que les premiers enfants intégrés serviront de « cobaye » (personnel formé à l’autisme en une semaine), repas faits par un traiteur extérieur (sachant tous les troubles de l’alimentation que connaissent nos enfants… enfin bref passons). Je ne veux pas que ma fille serve de cobaye! Ce personnel ne sera formé au PECS que plus tard, ne sera formé au TEACCH que plus tard, l’ABA je n’en parle même pas! L’ABA, qui doit de faire sous supervision… Qui le fera?

Je ne veux pas jeter la pierre, loin  de moi cette idée, mais ce si beau projet, porté de mains de maître par de si bonnes personnes, a été budgétisé, dévalorisé, argenté, pour dénier la valeur réelle de nos enfants! À 80 000 euros la place d’internat. Ma fille, Mathilde, vaut bien moins que ça, beaucoup moins: elle ne « coûtera » qu’environ 1500 euros par mois! Je pense que nous allons nous serrer la ceinture, mais à la limite je m’en moque.

Oui, je la garderai pour la faire travailler au maximum, pour l’amener au maximum de ses possibilités. Oui, je suis prête à ça. Je ne veux sous aucun prétexte rater ce qui lui est dû. L’éducation via ses parents, l’éducation via l’école (et Dieu sait que je suis reconnaissante à l’école): je ne lâcherai rien tant que ce sera possible.

Oui, nous la garderons à la maison, nous la ferons travailler jusqu’à ce qu’elle ait un certain niveau, pour intégrer une ULIS. Si ce n’est pas possible, tant pis, mais nous aurons fait tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce soit possible.

Après? Nous verrons bien, mais jamais nous ne lâcherons l’affaire, jamais nous ne baisserons les bras, tant que nous ne saurons pas ses limites.

Communiquer et apprendre avec le support des pictogrammes

Lorsqu’un enfant est non-verbal comme Camille, le support des pictogrammes peut être un tremplin vers une communication verbale (et une communication communément partagée), ainsi que vers les apprentissages.

Faire le choix de la communication alternative, ce n’est pas renoncer à faire parler l’enfant. Au contraire, c’est lui donner des outils pour étayer sa pensée visuelle.

Temple Grandin a précisément écrit:

« Ma pensée est entièrement visuelle. Si je dois me souvenir d’un concept abstrait, je « vois » dans ma tête la page du livre ou mes notes et je « lis » les informations qui s’y trouvent. Je me souviens très peu de ce que j’entends sauf si c’est quelque chose qui me touche sur un plan émotionnel ou si je peux m’en former une image visuelle. Pour réfléchir à un concept abstrait, comme celui des relations humaines, je me représente les relations entre les gens comme une porte coulissante en verre qui doit être ouverte doucement pour ne pas voler en éclat. »

La communication alternative, c’est aussi donner les moyens d’interagir avec son environnement et de participer au dialogue. J’ai entendu récemment: « Mais Camille se fait bien comprendre… ». Alors pourquoi s’embêter avec des images? C’était le message implicite de l’interlocuteur. C’est vrai: peut-être Camille sait-elle se faire comprendre par des gestes dans certaines situations, en tirant l’adulte vers l’objet convoité (communication expressive), mais est-ce une solution à terme? Lorsqu’on ne la connaît pas, peut-on dire que l’on a compris sa demande? Je n’en suis pas si sûre. Et à l’âge adulte, si elle ne parle pas, acceptera-t-on ce comportement que l’on jugera probablement inadapté?

Alors, c’est vrai, c’est fastidieux tout ça:

  • les images à chercher sur le net, à adapter pour la compréhension de l’enfant,
  • la banque de pictos colossale à réaliser,
  • associé au fait qu’il faut noter le mot dessous (en majuscule et peut-être aussi en minuscule) pour permettre à l’enfant d’associer l’image et le mot correspondant,
  • sans parler du découpage des vignettes, du velcros à coller et relier, des panneaux, classeurs, affichettes, séquence de tâches à personnaliser!

Bref, un boulot à plein temps et un véritable atelier à la maison!

Mais bon, l’accès à la communication et à l’éducation, c’est un droit et un devoir pour tous. C’est respecter la personne, et lui permettre de trouver sa place parmi les autres.

Je me souviens de la première formation que j’ai suivie sur « l’Autisme et les stratégies éducatives » et de l’intervenant d’EDI Formation qui rappelait combien le support visuel (écrit et imagé) était important pour toute personne. À titre d’exemple, qui n’a pas besoin d’un agenda à consulter pour se rappeler d’un rendez-vous? D’une liste de courses lorsqu’il se rend au supermarché? D’un document affiché sous Powerpoint pour mieux comprendre un concept, une théorie, une idée lors d’une formation?

Parce que l’image, le pictogramme, vaut mille mots. C’est précisément ce que j’ai retenu à l’issue de la formation, parmi d’autres choses:

  • L’image ou l’information codifiée est un support à la compréhension d’une tâche, d’un événement, d’une situation sociale, d’une émotion… Elle permet d’éviter, d’anticiper, ou de réguler des comportements défis. J’ai récemment investi dans le logiciel Les Pictogrammes 2 qui présente un répertoire de données bien fourni, et des outils-modèles très sympas comme la valise à solutions pour amener l’enfant à trouver un comportement alternatif face à une situation problème ou l’écriture de mini-scénarios sociaux.
  • L’image offre des repères dans le temps (prévisibilité, aide aux transitions) et l’espace, et aide à mettre les événements en perspective. Par exemple, sous la forme d’un emploi du temps où l’enfant peut manipuler les images des lieux où il va aller, d’une tâche à venir ou achevée, d’une personne à nommer… Personnellement, je l’ai acheté à Autisme et Apprentissages car le coût était très raisonnable, puis j’ai photographié toutes les personnes de notre entourage et les lieux ressources de Camille pour le personnaliser. Dessous, j’y ai accroché trois pochons (fabriqués par mamie) classés par catégories: personnes, objets, lieux (et hop, une activité d’apprentissage sur la catégorisation ajoutée, mine de rien!).
  • Le pictogramme permet de comprendre, d’identifier et d’exprimer un besoin, une émotion, un état… et un échange d’informations entre deux personnes. Une échelle de douleur peut permettre à l’enfant, l’adolescent, l’adulte, d’expliquer physiquement ce qu’il ressent et de mieux appréhender une situation. De même, un tableau de tri d’activités (deux à trois propositions) permet à l’enfant de gérer un temps libre. J’ai téléchargé les tableaux de choix et de temps (maintenant – après; puis maintenant, ensuite, après) sur le site de E-Learning. Ils sont épurés et simples.
  • Le pictogramme aide à créer des mises en scène pour encourager la communication, et, par la suite, la spontanéité de la communication. Je me souviens du premier pictogramme utilisé par la psychologue dans son cabinet pour amener Camille à demander à aller aux toilettes, mais surtout du ton de voix exagérément enjoué. « Tu veux aller aux toilettes? D’accord! Donne-moi l’image. » (main ouverte et tendue)
  • Le pictogramme aide à la personne à fonctionner de façon plus autonome.
  • Il donne du temps à la personne pour traiter l’information.
  • Le pictogramme peut, par la suite, pour les personnes verbales et non-verbales, soutenir la mémorisation de la structure de la phrase et de son contenu.
  • L’image permet à l’enfant d’entrer progressivement dans les apprentissages:
    • de la discrimination visuelle et de la pré-lecture
    • de la lecture (avec image correspondante associée)
    • en émettant des consignes visuelles (juxtaposition d’images représentant des séquences, comme les exemples d’activités présentées dans le Task Galore (AFD Edition)…

N’oublions pas: une personne autiste ou TED, est 90% visuelle et 10% auditive!

Pourquoi nous avons fait le choix du PECS pour notre fils

Pourquoi nous avons fait le choix du PECS pour notre fils

Pour rappel, Sacha a 7 ans et demi. Il est Belge, vit en Belgique, et est autiste typique, non-verbal, avec un âge mental moyen de 18 mois (pour le moment). Suite à la lecture de l’article Autistes non-verbaux, j’ai voulu vous faire part de notre choix.

Il y a un an d’ici, mon fils allait dans un centre où on ne lui proposait aucun moyen de communication. Il utilisait donc notre main comme un outil. Nous passions parfois des heures à vider les placards, montrer chaque chose, à essayer de comprendre ce qu’il voulait, parfois en vain, pendant que Sacha, très frustré, piquait des crises à répétition.

Cette manière de faire n’était pas pratique, et je me rendais bien compte qu’à l’âge adulte, avec de nombreux centimètres et kilos en plus, cette façon d’utiliser la main de l’autre serait très vite socialement incorrecte: je ne me vois pas me faire « tirer » le bras, moi avec mes os vieillis à 60 ans et lui avec la force de ses 35! Sans parler des crises à l’âge adulte, on n’y pense pas assez souvent.

J’avais déjà entendu parler des photos, des pictogrammes sur Internet, mais en rapportant mes infos au centre, on m’avait dit que le visuel freinait le langage (ce qui est au passage archi-faux, j’avais été très mal renseignée!).

Mon fils régressait de plus en plus: il se mordait, se frappait, se cognait la tête contre les murs, au coin de table, s’en prenait à nous, à sa soeur, refaisait pipi et caca dans son slip (or il était propre depuis l’âge de 3ans)… Ça ne pouvait plus continuer comme cela, surtout que, pour le calmer, on me proposait les médicaments, et ça il en était hors de question!

Au fil de mes lectures, j’avais appris que, pour un enfant non verbal, une des premières choses à faire était justement de lui fournir un moyen de communication. Je pense que nous aussi, si on nous empêchait de nous exprimer, on aurait rapidement quelques petits troubles du comportement. Donc, un moyen de communication… Oui, mais lequel?

Je n’étais pas attirée par les gestes, car mon fils aurait été trop dépendant du fait que la personne les connaisse. Et puis, j’avais peur que ceux-ci soient trop abstraits pour lui (par contre, je sais que ça fonctionne très bien avec d’autres), pour les autres personnes de son entourage.

Je cherchais donc une méthode avec des images, car elles peuvent être comprises par plus de monde, même par sa petite soeur de 5 ans et demi.

En discutant avec un ami enseignant (merci Quentin!), qui travaille avec des enfants entre autres TED, j’ai appris l’existence du PECS. Il allait, avec une partie de l’équipe de son boulot, à la formation « PECS débutant » à Bruxelles (ce qui m’avait rassurée un peu sur le sérieux de la formation, dont j’ignorais tout). Mais celle-ci (ouverte aux parents et professionnels) se déroulait quatre jours après notre discussion!

Il fallait donc agir, décider vite. Le soir même, je parcourais le site et m’inscrivais à la dernière minute. C’est vrai que le prix me semblait excessif au départ, mais il faut savoir que la logopédie (l’orthophonie), en Belgique, dans le cas de mon fils non-verbal, n’est absolument pas remboursée. Idéalement, Sacha aurait dû faire minimum deux séances par semaines (à 41€ la séance, gloups), ce n’était pas dans nos moyens. Les calculs ont été vite faits: l’équivalent de 9 séances de logopédie, contre pouvoir apprendre moi-même à mon fils à s’exprimer, et ce à vie, sans être dépendant de quelqu’un, ni devoir attendre la séance suivante pour poser une question… Le choix fut vite fait! Mon fils allait trop mal, et je voyais bien que toute sa frustration, ses troubles, venaient, entre autre, du fait qu’il ne pouvait pas s’exprimer. Je n’ai jamais regretté d’avoir cassé la tirelire, et si c’était à refaire, je le referai de suite.

Je me suis donc rendue à la formation durant deux jours. Les deux journées furent intenses en apprentissage. Je ne reviendrai pas là-dessus car il existe déjà certains articles sur notre site:

Je ne pourrai jamais expliquer le sentiment de légèreté que j’ai ressenti au bout de ces deux journées: je pesais deux tonnes de moins. J’avais enfin trouvé une méthode qui pouvait convenir au profil de mon fils, mais surtout qui allait lui permettre de s’exprimer! Je me suis, en même temps, rendue compte du boulot monstre qui m’attendait, mais peu importe, j’y croyais!

J’ai donc passé cette formation fin octobre 2010, mais nous n’avons réellement commencé les séances avec Sacha que fin février 2011. Pourquoi attendre si longtemps, me direz-vous? Il y a plusieurs raisons:

  • Nous avons profité de cette période pour installer un journalier qui expliquerait à Sacha le déroulement de sa journée, grâce aux différentes photos des moments clés de la journée – ce qui me paraissait essentiel afin d’apaiser ses angoisses, ses troubles lors des changements d’activités, lieux, etc.
  • Il m’a fallu beaucoup de temps avant de digérer les informations (de relire le manuel d’apprentissage), de trouver les bons renforçateurs (Sacha ne s’intéressait pas à grand-chose à l’époque), de les comparer les uns aux autres, voir lesquels étaient plus puissants…
  • Lors de cette période de quatre mois, mon mari a été également suivre la formation à Paris, car je ne me sentais pas du tout capable de le former. Il y a trop de nuances dans le PECS (les types de leçons, les types de correction en fonction de la leçon, etc.) que je n’arrivais pas à lui faire comprendre. Nous ne voulions surtout pas compromettre nos chances et celles de Sacha d’accrocher à la méthode. Et puis surtout, pour les premières phases et la généralisation, il fallait être minimum deux personnes formées. Après avoir téléphoné à de nombreuses logopèdes, j’ai laissé tomber mes recherches car, soit ils n’étaient pas formés, soit ils étaient formés mais n’avaient pas de place. Que mon mari se forme était donc la solution la plus simple, ce qu’il fit en mi-décembre à Paris. De plus, la préparation des pictogrammes: les mettre dans des grilles, les plastifier, les découper… ça prend un certain temps.

Je précise de suite que nous ne roulons pas sur l’or. J’ai dû arrêter de travailler pour des raisons de santé. Mais à aucun moment nous n’avons regretté d’avoir payé les formations. Je ne suis également pas actionnaire chez eux. Nous sommes ressortis de là avec toutes les explications, du matériel, une grosse dose de motivation, et si par la suite, nous avions un souci, nous pouvions toujours envoyer un mail ou une vidéo afin que quelqu’un nous aide. Bref, c’est une question de choix personnel à faire… c’est le nôtre, mais chacun fait comme il l’entend.

Cependant, et je sais que certaines personnes risquent de mal prendre mes propos, mais j’assume, il ne suffit pas d’avoir du matériel PECS pour faire du PECS. Perso, j’utilise un mélange de pictogrammes: PECS, d’autres trouvés sur le net, des dessins faits moi-même, des photos. Bien souvent, je croise des mamans ayant acheté le matériel PECS et crier au secours, dire « ça ne marche pas, cette méthode », et quand je pose quelques questions, je me rends vite compte que les phases ne sont pas respectées, les corrections d’erreur pas connues, bref, qu’il y a un manque de formation/information… ce qui me dérange profondément, et ça doit être mon petit côté carré qui ressort, car du coup en disant autour d’elle que ça ne fonctionne pas, certaines personnes n’oseront peut-être pas tenter.

Je n’oserai jamais me prétendre pro du PECS, et je conseillerai bien souvent aux personnes de se former – et encore plus en Belgique, où la logopédie n’est pas remboursée si l’enfant est non-verbal.

Je pense que lorsque notre enfant suit une méthode, il est important que nous, parents, la connaissions également, afin que celle-ci ait encore plus d’impact, mais ça reste un avis personnel. Et si vous pouvez vous faire accompagner d’un professionnel, c’est encore mieux (ce qui ne m’est pas possible de faire à l’heure actuelle).

Enfin, nous allions devoir faire face à un autre problème de taille. Le centre où allait Sacha à l’époque ne voulait pas entendre parler du PECS, car (je cite): « ce n’est pas de leur philosophie », et ce n’était pas faute d’avoir argumenté! Donc, de fin févier à fin mars, Sacha, qui avait pourtant très rapidement accédé à la phase 4, ne pouvait avoir son classeur que le matin jusqu’à 8 heures, et à partir de 16 heures quand je le récupérais… Ce qui, pour moi, équivalait à lui mettre du papier collant sur la bouche la journée, et qui, pour Sacha, aggravait ses troubles. Il a fallu trouver un autre endroit, ce qui s’est fait en quelques jours. Sacha est depuis fin mars 2011 en classe TEACCH, où il peut emmener son classeur avec lui.

Depuis un an, Sacha a bien progressé. Notre vie a positivement changé, mais cela fera l’objet d’un prochain partage.

Je suis en colère!

Je suis en colère!

furious (photo: Petras Gagilas)

Et pour une fois, ni à cause de ma fille, ni à cause de mon cas personnel.

Je suis en colère de lire parfois: « oui, mais pour vous c’est plus facile ». Il ne s’agit même pas du niveau de handicap – autisme léger, moyen, sévère, Asperger, et patati, et patata. Non non non, c’est juste une phrase lancée comme ça.

Ah bon, en quoi est-ce plus facile?

  • Parce que j’ai la PCH: certes, mais voulez-vous savoir à combien de courriers et de remplissages de dossiers j’en suis?
  • Parce que je fais du TEACCH: certes, mais croyez-vous que j’ai payé la formation?
  • Parce qu’on utilise le PECS: certes, mais croyez-vous que j’ai payé la formation?
  • Parce que ma fille est au SESSAD: pensez-vous que je sois passée devant tout le monde?
  • Parce que j’ai de l’argent: non, je suis comme tout le monde, j’attends tous les mois la PCH!
  • Parce que je n’ai qu’un seul enfant autiste: devrais-je me taire parce que d’autres en ont deux?

Voilà pourquoi je suis en colère. Je comprends tout à fait que l’on s’exprime dans un moment de « ras le bol », mais qu’on le fasse en balayant devant sa porte. Je n’aime pas lire: « si j’avais de l’argent comme les autres parents, je pourrais faire mieux! J’ai une vie de m*rde, une vie de couple pourrie, je rame à cause de mon enfant. Je ne comprends rien à tous ces termes: TEACCH, PECS, ABA… »,  j’en passe et des meilleures!

Voilà pourquoi je suis en colère. On peut poster tout ce que l’on veut sur un forum, du pire au meilleur, mais on ne peut pas en vouloir aux autres de ce qu’ils ont quand on ne fait rien soi-même. On sait poster, mais on ne sait pas faire une recherche sur un terme. On sait dénigrer ceux qui font avancer les choses, mais on ne sait pas faire en sorte que son enfant avance. C’en est presque décourageant de répondre. Mais battez-vous, nom de Zeus! Ce n’est quand même pas compliqué de faire des recherches, de poser des questions. Aide-toi, le ciel t’aidera… ça ne va pas vous tomber tout cru dans le bec. Ce n’est pas l’école qui viendra vous chercher pour savoir si vous voulez y mettre votre enfant, ce n’est pas la MDPH qui viendra vous remplir votre dossier, ce n’est pas le Père Noël qui vous apportera une place en SESSAD comme cadeau (il faut faire une liste d’abord).

Pas de formation PECS? Ce n’est pas grave, une bonne lecture et une bonne imprimante, et c’est parti, en attendant mieux – au moins votre enfant aura une possibilité de s’exprimer!

Pas assez de finances pour faire le programme ABA dont vous rêvez? Et alors, vous allez faire quoi en attendant? Rien? Si, vous pouvez faire en fonction des montants que vous avez.

Pas de place ou d’argent pour une prise en charge en libéral? Retroussez vos manches et essayez de le faire vous-même, en attendant mieux, les méthodes sont suffisament argumentées sur internet pour en comprendre les bases, et il y a de toute manière des choses que l’on sait faire d’instinct.

Renseignez-vous, postez, surfez, et si vous demandez de l’aide, ne dites pas « non » d’emblée à ce que l’on vous propose de faire (sauf grand n’importe quoi bien sûr…), sous prétexte que vous êtes un cas particulier. On a toujours une bonne excuse pour ne pas faire ce que l’on aurait à faire (forcément, sinon on l’aurait fait!), et que l’on a pas fait. Nous sommes tous des cas particuliers, mais il y a un minimum de choses à faire en ce qui nous concerne, nous, parents d’enfants autistes: leur donner coûte que coûte la possibilité de s’exprimer, les rendre le plus autonomes possible, agir ou non-agir, non pas en fonction de nos désirs, mais en fonction de leurs besoins pour l’avenir.

Allez zou, au boulot !

Attention DANGER: le nouveau consensus à la française entre psychanalyse et méthodes comportementales

Guest-post par Magali Denneulin

Attention DANGER: le nouveau consensus à la française entre psychanalyse et méthodes comportementales

Maman d’un petit garçon autiste Asperger qui a la chance d’avoir intégré depuis deux ans le SESSAD ACCES CeRESA à Toulouse dirigé par le Professeur Bernadette Rogé, je me suis arrêtée de travailler cette année, car je n’arrivais pas à faire face à ma vie professionnelle et à l’emploi du temps de mon fils.

Le peu de temps que j’ai, je le consacre à mon rôle au sein du conseil d’administration de l’association, et je suis également membre de la commission de scolarisation Midi-Pyrénées.

Dans ce cadre, je suis en train de dresser une carte précise et détaillée de l’ensemble des CLIS et ULIS TED et classes intégrées de France, pour pouvoir renseigner au mieux les familles en recherche de prise en charge adaptées.

J’ai donc contacté plusieurs SESSAD et autres associations rattachées aux classes, pour connaître le mode de prise en charge associé.

Ma conclusion est inquiétante.

Depuis que la Haute Autorité de Santé a écarté, en 2010, la psychose infantile comme définition de l’autisme, beaucoup d’établissements SESSAD et autres hôpitaux de jour essaient de berner les familles en proposant des prises en charges « pseudo-comportementales ».

Un peu de PECS par-ci… de TEACCH par là… et vous reprendrez bien un peu de psychanalyse, de culpabilisation parentale et pourquoi pas un peu de packing?

J’ai eu des entretiens avec plusieurs SESSAD qui me parlaient de  « méthodes contenantes nord-américaines » combinées « à la carte » avec des soins psychanalytiques.

La perversion est de mise, il sera encore plus difficile en tant que parent non averti de dissocier la bonne de la mauvaise prise en charge, car on ne parlera plus, pour ne pas froisser « le sujet », des choses qui fâchent, et surtout qui ne sont plus d’actualité dans les autres pays civilisés.

Nous restons, pour le moment, le petit village gaulois isolé sous l’apprise sectaire des adeptes de Lacan et de Freud.

Alors, si je peux donner un humble conseil aux autres parents en quête de prise en charge pour leur enfant autiste, certains mots trahissent des pratiques inadaptées: « soins », « sujet », « méthodes contenantes ».

Si vous avez des questions pratiques, je vous conseille de lire goulument les conseils prodigués sur le site de mamans formidables, Autisme Infantile, ou bien encore sur des sites tels que Autisme France ou Asperger Aide pour le syndrome d’Asperger.

Enfin, pour conclure, je dirais qu’il ne faudra jamais se sentir coupable, même si cela peut sembler dur parfois, surtout au début, à l’annonce du diagnostic, quand on ne sait pas encore bien là où l’on va.

Et surtout ne jamais oublié que, malgré ce que vous dirons les hôpitaux de jour et autre structures « à priori » bienveillante type CMP ou CATTP, non, 70% des autistes ne sont pas déficients mentaux, c’est tout l’inverse. La déficience est créé par notre société, qui fait de ces personnes aux talents « extra-ordinaires » des dépendants aux psychotropes placés, au mieux, à l’age adulte dans des ESAT, et au pire internés sans avenir ni perspective de bonheur.

Je conclurais donc en citant une phrase d’Anne-Claire Damaggio, autiste Asperger, étudiante en master de sciences politiques: « La normalité n’est pas le summum de ce qui ce qui peux s’atteindre. »

Itinéraire d’un autiste peu gâté

Sabrina CavretJe suis la maman de deux enfants dont Julien, l’aîné, est atteint d’autisme.

Il est né le 4 juillet 1996, il a aujourd’hui 15 ans. Il est dépendant dans tous les actes de la vie quotidienne, incontinent de jour comme de nuit, et non verbal.

Je dépose ce témoignage à la première personne du singulier, d’une part parce que le papa de Julien acceptait difficilement le diagnostic, et il n’avait pas la capacité d’être acteur dans les nombreuses démarches, mais les approuvait. D’autre part, il était en déplacement professionnel toutes les semaines, et il n’intervenait que ponctuellement dans l’éducation de Julien. Puis nous nous sommes séparés en 2003.

Lors de sa première année, Julien était très souvent malade. Nous avons consulté le médecin généraliste et le pédiatre très régulièrement. Il souffrait de reflux gastro-oesophagiens, de troubles digestifs et alimentaires, d’otites à répétition.

C’était un bébé qui alternait des périodes difficiles, avec beaucoup de pleurs, et d’autres où il pouvait être très calme et très souriant. Il semblait très fragile et sensible. Je constatais par exemple des réactions de sursaut et de pleurs lorsqu’il entendait certains bruits: aspirateur, grincements de portes, des voix hautes et graves. Je mettais cela sur le compte des otites.

Mais, peu à peu, j’ai commencé à me poser des questions. Je trouvais qu’il n’évoluait pas tout à fait « normalement »: à neuf mois, il ne tendait pas les bras, il ne manifestait aucune réaction lorsque je le laissais chez la nounou, il était encore très loin de pouvoir tenir assis, et il vomissait chaque fois que j’essayais d’introduire des purées avec tous petits morceaux (de la taille d’un grain de riz).

Le médecin traitant, ainsi que le pédiatre, me rassuraient en me disant que chaque bébé évolue de façon différente, que Julien se développait bien, et que tous ces petits soucis de santé avaient probablement influé sur son éveil, mais qu’il se rattraperait bien vite. Ils me laissaient entendre également que mes inquiétudes n’allaient pas aider Julien, qui devait ressentir mes angoisses.

À l’âge de un an, Julien était toujours en retard dans ses acquisitions, et le pédiatre me questionnait: « Est-ce que vous stimulez suffisamment votre fils? », « Lui parlez-vous, jouez-vous avec lui? », « Et vous, n’êtes-vous pas trop anxieuse? » Puis il me donnait des conseils du genre: « Expliquez à votre enfant ce que vous faites, parlez-lui, racontez-lui des histoires… »

Tout ceci me suggérait que je n’étais sans doute pas une bonne mère, que je m’y prenais mal, que par ma faute mon fils ne s’éveillait pas… J’étais à la fois contrariée d’entendre de tels propos, parce que je n’avais pas l’impression d’être une mauvaise mère, bien au contraire, mais devant le retard de mon enfant et ce que me renvoyait le pédiatre, je devais m’en remette à sa compétence.

Lorsque Julien avait 10 mois, la puéricultrice, qui passait régulièrement chez les assistantes maternelles, a constaté une absence de réponse de Julien lorsqu’elle l’appelait par son prénom. Elle a écrit un mot au pédiatre, qui a aussitôt prescrit un EEG et un examen permettant de détecter une éventuelle surdité (potentiels évoqués auditifs). Les résultats sont revenus normaux.

Puis, quelques mois plus tard, le médecin nous a orientés vers le Centre d’Accueil Médico-Social Précoce (CAMSP) pour une prise en charge de trois quarts d’heure par semaine, en raison d’un « retard dans les acquisitions motrices et de la communication ». Une infirmière travaillait la relation au moyen de jeux (cubes à empiler, jouets 1er âge, jeux d’eau) et d’activités musicales. Une psychologue pour enfants nous recevait également une fois par semaine.

À l’âge de deux ans, devant l’accentuation des retards d’acquisition et les problèmes d’alimentation, Julien a passé quelques nouveaux examens prescrits par le pédiatre: analyses de sang, d’urine, scanner cérébral et divers dépistages. Les résultats ne montraient pas d’anomalies, hormis une ammoniemie, des lactates et pyruvates au dessus de la normale, mais nous n’aurons jamais su à quoi cela correspondait…

Ayant le sentiment que rien n’évoluait, j’ai pris l’initiative de consulter une neuropédiatre réputée exerçant dans un CHU à 100 kilomètres de chez nous. Elle a hospitalisé Julien, qui avait alors près de deux ans et demi, pour une série d’examens, et, en l’absence d’anomalies, elle nous a orientés vers le centre de dépistage précoce dirigé par un Professeur de pédopsychiatrie. Nous nous sommes rendus à plusieurs reprises dans ce centre pour diverses évaluations.

En juin 1999, à presque trois ans, Julien a reçu le diagnostic de syndrome autistique sévère. L’équipe du professeur nous a donc dirigés vers le Centre d’Accueil et de Soins Psychologiques pour Enfants proche de chez nous: un hôpital de jour. Les évaluations mettaient en avant des aptitudes sociales intéressantes pour permettre à Julien d’évoluer favorablement, et des émergences prometteuses permettaient d’être assez optimistes sur les capacités de développement de mon fils.

Au même moment, j’ai inscrit Julien à l’école maternelle, qui me demandait de veiller à ce qu’il soit propre pour la rentrée de septembre. Je les avais informés qu’il avait du retard dans ses acquisitions, qu’il était assez instable sur le plan moteur, mais sans parler d’autisme: je ne souhaitais pas obtenir un refus.

Au mois de septembre suivant, Julien a intégré à l’hôpital de jour à raison de cinq jours par semaine. J’ai demandé comment cela pourrait s’articuler avec l’école. Le médecin m’a alors clairement annoncé que je mettais « la barre trop haute », et que je devais me faire à l’idée qu’il ne pourrait suivre une scolarité en milieu ordinaire, étant donné son sévère handicap. Il a ajouté que je devrais l’inscrire dans un IME pour une intégration à partir de six ans. C’était une annonce terriblement éprouvante, mais elle était tellement évidente dans le propos du médecin que je n’osais m’y opposer, puis je devais faire confiance au spécialiste!

Un an plus tard, j’ai inscrit mon fils, âgé de quatre ans, sur la liste d’attente de l’IME, et j’ai demandé au pédopsychiatre de l’hôpital de jour de constituer le dossier de demande d’orientation auprès de la CDES. C’est d’ailleurs seulement à cette occasion que j’ai appris que Julien pouvait prétendre à une allocation d’éducation spéciale!

Julien a obtenu l’orientation en IME en mars 2001 (à quatre ans et demi). Cet IME, proche de chez moi, avait une bonne réputation concernant la prise en charge des autistes. Le personnel y recevait régulièrement des formations spécifiques (EDI formation).

Parallèlement, j’ai appris l’existence d’une association régionale de parents d’enfants autistes, j’ai fait une formation théorique pour comprendre l’autisme et en découvrir les stratégies éducatives puis, plus tard, une formation sur la communication par échanges d’images (PECS). J’ai demandé à l’hôpital de jour de mettre en place un emploi du temps visuel et un classeur de communication pour Julien. L’équipe n’a pas souhaité accéder à ma demande me renvoyant que « les méthodes de dressage à l’américaine n’étaient qu’un miroir aux alouettes pour les parents désespérés! »

En avril 2001, j’ai rencontré le Directeur de l’IME, qui m’a informée que l’établissement était en sureffectif, du fait de l’amendement CRETON, et que Julien ne pourrait espérer une intégration que cinq ans plus tard, soit en 2006, à l’âge de dix ans!

En décembre 2001, lorsque mon fils avait cinq ans et demi, le pédopsychiatre de l’hôpital de jour m’a annoncé qu’il serait sortant de la structure six mois plus tard, en juillet 2002, même en l’absence d’une place à l’IME en évoquant les raisons suivantes: « Le contrat de départ était de le prendre en charge sur trois ans ». Je n’avais pourtant pas souvenir d’avoir signé le moindre contrat, je n’ai eu aucun document écrit.

« Nous ne pouvons nous substituer aux établissements spécialisés, la place des autistes n’est pas en Hôpital de jour. »

Merci de l’admettre, mais en ce cas il ne fallait pas le prendre en charge!

« Nous n’avons pas pour mission de faire de l’éducatif mais du soin. »

Ça, merci, je l’avais compris!

L’IME convoité étant saturé, j’ai contacté d’autres IME du département pour demander si une inscription de Julien était possible mais j’avais toujours la même réponse:

« Nous n’avons pas de place dans l’immédiat, nous ne prenons pas d’enfants autistes, ceux qui sont actuellement dans notre établissement ont été diagnostiqués après leur admission. »

Fin 2001, j’ai adressé un courrier à la Directrice de la DDASS, lui expliquant mon désarroi devant la situation de mon fils. Le retour ne fût qu’une réponse de courtoisie, m’assurant de toute sa compréhension et de toute son impuissance devant le manque de place en IME…

J’ai donc sollicité la commission de circonscription préscolaire et élémentaire, malgré le refus du pédopsychiatre, pour tenter une intégration en classe de maternelle pour Julien. Elle a été acceptée à raison de trois quarts d’heure par semaine, et à condition que Julien soit accompagné par une personne que je devais trouver et rémunérer. Malgré cela, cette intégration a été un échec, Julien était trop instable et le temps d’intégration était trop court.

Au cours du premier trimestre 2002, désespérée, j’ai adressé des courriers à la Ministre déléguée aux personnes handicapées, ainsi qu’au Président dela République, au Premier Ministre, au Préfet, à la défenseure des enfants… Les réponses étaient pleines de compassion.

Deux mois plus tard, j’ai adressé un nouveau courrier à la Directrice de la DDASS, lui demandant de prendre des dispositions pour trouver une solution, lui rappelant que mon fils allait très vite se trouver exclu de toute prise en charge. Une copie été jointe au Directeur de l’IME, il n’y a eu de réponse ni de l’un, ni de l’autre.

La semaine suivante, accompagnée d’une association départementale de parents d’enfants atteints d’autisme, nous sommes allés rencontrer M. le Député René André pour exposer la situation des enfants sans solution de prise en charge. Nous avons demandé également une aide de sa part, pour  pouvoir remettre un courrier de l’association à M. Jacques Chirac, en campagne présidentielle, et venant à Avranches deux jours plus tard (courrier remis). Nous avons pu évoquer la situation de chaque enfant, M. Le Député a assuré qu’il allait tout mettre en oeuvre pour qu’une prise en charge soit offerte à chaque enfant pour la rentrée 2002. Nous n’avons pu le rencontrer par la suite, nous avons été reçus par son attaché parlementaire. Ce dernier nous a informés qu’une demande de rendez-vous était faite auprès de Mme Boisseau, alors Secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, et que nous y serions conviés. Nous n’avons eu, évidemment, aucune nouvelle…

En avril 2002, j’ai pris rendez-vous auprès de la directrice dela DDASS. Elle m’a fait part de son impossibilité de trouver une solution faute de moyens. Elle m’a conseillé de « prendre mes dispositions pour m’occuper de mon fils en attendant une solution de prise en charge et d’être patiente! » Elle a ajouté que la réforme de l’allocation d’éducation spéciale nous permettrait d’obtenir le complément 6, afin d’employer une personne ou de cesser mon activité professionnelle pour m’en occuper.

Dégoûtée par tout ce qu’on me renvoyait, j’ai voulu médiatiser la situation de Julien au moyen d’articles dans les journaux locaux, et j’ai lancé une pétition pour mon fils (plus de trois mille signatures obtenues). Elle a été transmise en mains propres à la Directrice de la DDASS, puis a été remise au Préfet de la Manche, qui nous a informé par courrier qu’il la transmettait au Ministère des personnes handicapées. Je n’ai jamais eu de retour… Autrement dit, toute l’énergie passée à expliquer la situation et obtenir des signatures est certainement arrivée dans le fond d’une corbeille à papier…

En juin 2002, j’ai contacté l’inspectrice de la DRASS de Caen par téléphone. Elle suggérait que je demande « une table ronde » auprès de la directrice de la DDASS, du directeur de l’IME, de l’assistante sociale de secteur, de l’association locale « Autisme Manche », et des élus qui connaissaient ma situation. Cette table ronde n’a jamais pu avoir lieu, malgré les nombreuses démarches que l’association et moi-même avons effectuées auprès des personnes concernées.

Nous arrivions aux six ans de Julien. L’hôpital de jour lui a fermé ses portes, il se trouvait donc sans aucune prise en charge. Je ne pouvais pas cesser mon activité professionnelle, faute de moyens financiers. J’ai alors postulé pour un changement de poste en horaires de nuit, de façon à employer une personne un minimum d’heures pour s’occuper de Julien le matin à la maison. Je prenais le relai à midi, je ne dormais que 4h30 après mes nuits de travail.

Julien était alors complètement exclu de la société: pas d’école, pas de prise en charge sanitaire ou médico-sociale… Je me souviens avoir vu au journal télévisé que des parents avaient été poursuivis parce qu’ils n’envoyaient pas leur enfant à l’école, c’était déroutant!

Courant octobre 2002, j’ai eu la visite des gendarmes à mon domicile, qui m’ont informée que le pédopsychiatre de l’hôpital de jour avait adressé un courrier au Procureur de la République (sans doute un remords de conscience). Il demandait le placement « urgent » de Julien à l’IME. Je n’ai pu obtenir une copie de ce courrier, mais le médecin nous a dit qu’il y insistait sur les troubles du comportement de Julien, et sur les conséquences que cela pouvait avoir sur notre famille. La gendarmerie envisageait aussi d’auditionner le Directeur de l’IME le lendemain même. Le dossier aurait été transmis au juge pour enfants, qui n’a pas donné suite.

J’ai demandé une nouvelle intégration scolaire fin 2002, du fait de la baisse considérable des troubles du comportement de Julien. L’intégration est acceptée, à condition que Julien soit accompagné (par la personne que nous rémunérons) pour la rentrée de janvier 2003. Mon fils est alors accueilli en grande section de maternelle quatre fois une heure par semaine.

Cette intégration n’aura pu se prolonger l’année suivante, puisque Julien était en âge d’être scolarisé en CE1. Six mois d’intégration scolaire après six ans d’errance ne suffisaient pas à envisager une poursuite. Cela aura permis de le socialiser, de favoriser les contacts avec d’autres enfants, et de le préparer à un accueil en structure.

Le dossier de Julien est repassé en commission auprès dela CDES en avril 2003, et j’ai été reçue par l’équipe pluridisciplinaire. J’ai craqué, je leur ai fait part de mon dégoût, de ma colère, de mon désespoir, de mon épuisement, et de toute ma souffrance. Je me souviens de la gravité avec laquelle cette équipe m’a confié avoir eu peur pour ma santé physique et psychique à ce moment même. J’étais effectivement mal en point, le visage marqué par la fatigue, j’avais pris 20 kilos, et j’étais « démolie » psychologiquement. Ils m’ont assuré qu’ils allaient me trouver très vite une solution.

Un mois plus tard, j’ai reçu un courrier de la directrice de la DDASS qui m’annonçait qu’elle accordait une dérogation à l’IME pour prendre mon fils à temps plein, et ce dès la semaine suivante. Elle ne prenait pas de gros risques, puisqu’elle quittait son poste quelques jours plus tard…

Julien a donc intégré cet établissement, à mon grand soulagement, dès la rentrée des vacances de Pâques en 2003. Il y est toujours pris en charge actuellement. Il s’y est bien intégré, et y a fait des progrès.

Toutefois, je déplore que la prise en charge ne soit plus celle qui avait fait la réputation de cet établissement. Le Directeur qui avait été à l’initiative de la création d’unités spécifiques pour les autistes, et qui avait formé son personnel à l’éducation structurée sur le modèle TEACCH, est parti en retraite trois ans avant l’arrivée de Julien.

Son remplaçant, encore en poste aujourd’hui, ne s’est pas investi de la même manière, et les équipes n’ont plus reçu suffisamment de formations spécifiques à l’autisme. Petit à petit, la qualité de prise en charge s’est dégradée, et il ne reste aujourd’hui que très peu de personnel compétent qui puisse transmettre son savoir. Il existe donc encore quelques outils du modèle TEACCH dans les unités, tels que les espaces structurés d’apprentissages, les tableaux de communication, les repères visuels – mais le personnel n’est plus compétent. En outre, il n’y a plus qu’un éducateur par unité. Les autres personnels n’ont aucune qualification et ne connaissent rien à l’autisme, ils apprennent « sur le tas ».

Le Directeur actuel a également fait installer une pièce dite « d’apaisement », pour des enfants qui seraient trop agités, ingérables! Il s’agit d’une toute petite pièce (ancien cabinet de toilette), sans fenêtre, dans laquelle on enferme l’enfant le temps qu’il s’apaise! J’ose imaginer que Julien n’y a jamais été conduit, et j’y serais formellement opposée!

Je déplore également de ne pouvoir faire bénéficier à mon fils de séances d’orthophonie individuelles par une professionnelle libérale de mon département, qui est très compétente en matière d’autisme. La sécurité sociale refuse une prise en charge en externe, puisqu‘elle estime que l’IME disposant d’une orthophoniste, celle-ci doit pouvoir prendre en charge les enfants qui en ont besoin, ce qui n’est visiblement pas le cas de mon fils non verbal, selon elle. Julien n’a donc plus de séances individuelles d’orthophonie depuis 2002!

Après trois ans de prise en charge à l’IME, et devant le constat d’une évolution quasi nulle de Julien, j’ai fait appel à une psychologue libérale spécialisée dans la guidance parentale à domicile pour les enfants TED. Elle est venue durant deux ans et demi, à raison de une heure trenre par semaine, pour me donner des axes de travail afin d’aider Julien à progresser. Nous avions pour objectifs de l’aider à travailler à la table et à rester assis: imitation avec des pièces de construction, intégration du schéma corporel, reconnaissance auditive et visuelle, communication par les images, jeux éducatifs divers. Nous avons aussi établi un programme pour l’aider à acquérir la propreté et à diminuer les troubles du comportement. Nous avons rencontré l’équipe qui s’occupait de Julien à l’IME, afin d’harmoniser le travail à la maison avec celui de l’établissement. Toutefois, cela n’était pas ou peu appliqué, non pas par refus des équipes, mais par manque de moyens, en personnel notamment, et par manque de qualifications.

À l’âge de 10 ans, Julien a commencé à avoir des troubles de l’humeur assez importants, accompagnés de troubles du sommeil, d’une instabilité motrice grandissante, des crises de pleurs inexpliquées, de violence… J’ai dû accepter la mise en place d’un traitement par Risperidone, l’équipe me faisant comprendre que cela devenait trop difficile, et moi-même ayant de plus en plus de mal à gérer mon fils à la maison.

Itinéraire d'un autiste peu gâté

Aujourd’hui, Julien a un traitement assez conséquent, qui l’a plus ou moins stabilisé, mais qui n’aurait certainement pas été nécessaire s’il avait eu les moyens de communiquer son mal-être. Il semble assez serein, il est souriant, et manifeste positivement le fait d’aller à l’IME. Il a intégré le service d’hébergement de l’IME, deux nuits par semaine et un week-end par mois, parce que je n’avais moi-même plus de vie sociale en dehors du travail. Mon autre fils, deux ans plus jeune, souffrait lui aussi de l’articulation systématique de notre vie familiale autour du handicap de Julien.

Je ne me satisfais absolument pas de notre parcours, mais j’accepte de façon résignée notre situation actuelle, dans la mesure où Julien ne semble plus souffrir.

Malheureusement, dans cinq ans, il aura atteint l’âge de sortir de l’IME. J’imagine que son autonomie très limitée nous contraindra à l’orienter vers des structures du type maison d’accueil spécialisée, ou au mieux un FAM. Je sais aussi que beaucoup d’adultes autistes difficilement gérables, dans ce type de structures, se voient orientés ponctuellement dans les services psychiatrie adulte, et que le ponctuel devient bien souvent du long cours… Je suis infirmière dans un établissement psychiatrique, je parle donc en connaissance de cause, j’éprouve même une certaine honte à exercer ma profession, là où je ne voudrais surtout ne jamais voir mon fils!

Je vis seule, j’élève mes enfants du mieux que je le peux avec des moyens limités. Je rêve bien souvent de pouvoir offrir à Julien un traitement intensif ABA durant les cinq prochaines années, et lui éviter ainsi la destinée que je redoute…

Histoire Belge de Sacha et Cindy

Cindy FontaineEnceinte de Sacha, j’ai eu des tas de copines qui m’ont raconté leur grossesse, les joies de la maternité, l’échange qu’on avait avant et après l’accouchement. Elles décrivaient l’incroyable
contact qu’on avait de suite avec son enfant. Lors de mes études (je suis institutrice maternelle en Belgique), on nous avait montré des vidéos de nouveau-nés réagissant de suite à la voix de leur maman. Forte d’avoir vu et entendu tout cela, et même si le fait de devenir maman me faisait peur, j’étais  impatiente de découvrir cela à mon tour!

Sacha est mon premier enfant.  Ma grossesse ne fut pas des plus joyeuses: ordre de rester allongée à partir de 4 mois et demi et prise de médicaments afin d’éviter les contractions ainsi qu’un accouchement prématuré.

Histoire Belge de Sacha et Cindy

Mon fils est né le 24 juin 2004, à 36 semaines et demi par césarienne (car il était en siège). Dès la maternité, je me souviens m’être dit: « ça ne réagit pas beaucoup, un bébé ». Je n’avais pourtant  pas de quoi de quoi me plaindre: il buvait son biberon toutes les quatre heures… et, à entendre les infirmières, les visiteurs: « [c’était] un vrai petit ange, on ne l’entend pas »…

Cependant quelque chose me tracassait, je ne retrouvais pas du tout cette magie dont j’avais tant entendu les récits. Je faisais ce qu’on me disait de manière hyper appliquée, lui parlais avec tendresse, je voulais être la meilleure maman pour lui… mais je me souviens de cette sensation de froideur entre nous. J’avais l’impression que Sacha ne m’aimait pas.

Deux jours après mon retour à la maison, j’ai du être ré-hospitalisée, seule, pour une infection du rein. Trois longs jours sans le voir (mon mari refusait de me l’amener à l’hôpital où il y a des microbes… passons…). J’ai cru devenir folle, j’ai été bourrée de calmants car je voulais partir…

À peine sortie de l’hôpital, j’allais enfin revoir mon bébé! Et là, à nouveau, cette même froideur, non-réaction… comme un mur entre nous. Je n’oublierai jamais la phrase que j’ai dite à ma maman et à mon mari à ce moment-là: « il ne me reconnait pas ».

J’en ai énormément voulu à mon mari, je lui disais que c’était de sa faute, qu’il ne me l’avait pas amené pour que je puisse le voir à l’hôpital. Aujourd’hui encore, cela reste un des moments les plus pénibles de ma vie. Et ce fut le début d’une longue culpabilité: j’avais « abandonné » mon bébé trois jours…

Par la suite, Sacha s’est développé plus ou moins normalement. Du moins, c’est ce que je pensais, car avec le recul, certains signes de son autisme étaient déjà là:

  • Ce même mur entre nous, et pourtant ce n’était pas faute de l’aimer… Je ne comprenais pas pourquoi mon fils souriait très peu, ne voulait jamais de câlin ou pire quand je voulais en faire, se débattait, se dégageait très rapidement de mes bras. Je devais faire quelque chose de travers… Et hop, on rajoute 100 grammes dans la balance de la culpabilité.
  • Il ne s’adaptait pas à la crèche: il pleurait ou dormait mais ne jouait avec rien. Il restait assis là sur son tapis, le regard hagard. De par ce fait-là, on aurait pu croire qu’il aurait été heureux de quitter la crèche. Et pourtant, quand j’allais le chercher, pas de réaction, Sacha ne tendait pas les bras vers moi comme le faisaient les autres enfants avec leurs parents. Il est souvent tombé malade: une semaine de crèche, une semaine d’hospitalisation, une semaine à la maison, et rebelote une semaine de crèche… Je pensais que mon fils m’en voulait d’avoir repris le travail quand il avait deux mois. Que c’était sa manière de me le montrer… À nouveau, ma culpabilité se nourrissait.

Je suis institutrice, je m’occupais d’enfants de deux ans et demi à six ans depuis des années, et ce, tous les jours. Je ne recevais que des compliments des mamans d’élèves pour mon boulot, et je ne vous parle pas de ce que mes élèves me donnaient en retour! Alors pourquoi je
n’y arrivais pas avec le mien? Et hop, voilà encore comment la culpabilité grandissait en moi un peu plus…

Culpabilité sur laquelle les docteurs et psys ont, bien sûr, sauté quand j’ai commencé à chercher ce qui ne tournait pas rond chez mon enfant. Et ce, même si on dit souvent que la Belgique est un El Dorado pour les autistes. Je n’ai pas du tout vécu cela.

Histoire Belge de Sacha et Cindy

J’ai dû lutter pour qu’on m’écoute, et après avoir enfin vu un neuropédiatre, des tests ont été faits en février 2007. Le score du C.A.R.S. était de 24, donc enfant non autiste. IRM, tests ORL, génétiques normaux. Le bilan psychologique était par contre consternant. Ayant eu accès au rapport, un peu par hasard, car apparemment je n’avais pas le droit de le voir (un
comble!), j’ai pu y lire:

Le tableau met en évidence un trouble envahissant du développement ou psychose infantile avec retard sévère du langage, troubles relationnels sévères, dans le contexte de troubles de la relation précoce mère-enfant, s’inscrivant dans une problématique transgénérationnelle. Une prise en charge psychothérapeutique de l’enfant et une aide psychothérapeutique aux parents s’avère nécessaire, à ajouter à des séances de psychomotricité relationnelle qui seule serait à mon sens insuffisante.

Suite à cette lecture, je me suis effondrée. Tout était de ma faute, c’était écrit noir sur blanc… et voilà comment j’ai été embarquée dans la spirale infernale des psys (et oui, même en Belgique).

Pourtant, au fond de moi, je ne voyais toujours pas ce que j’avais mal fait. Heureusement, entre temps, en août 2006, j’avais donné naissance à ma fille. Et avec elle, tout a roulé de suite. Je n’agissais pourtant pas différemment qu’avec son frère.

Grâce à elle, et en la confiance que je retrouvais en mon rôle de mère, j’ai trouvé la force de
m’opposer aux psys. De leur dire que ce n’était pas moi le problème! J’ai commencé mes recherches… et suis retombée sur l’autisme. Tout concordait mais personne ne voulait employer ce mot comme diagnostic. Et oui, quand on est monté dans le train des psys, c’est difficile de changer de rails, on ne nous laisse pas faire et dire. Et malheureusement, quand on travaille, on n’avance pas rapidement dans ses recherches. Sans parler de la famille qui vous freine, vous dit que « non, tout va bien, ça va venir, » et des professionnels qui prenaient un air offusqué dès que je parlais d’autisme, car je ne devais pas mettre une étiquette à mon fils.

Suite à un problème de santé à la moelle épinière, j’ai arrêté de travailler en novembre 2009. J’ai d’abord dû m’occuper un peu de moi, réapprendre à marcher… mais une fois sortie de revalidation et étant à nouveau autonome, je me suis relancée dans mon combat: sortir mon fils des griffes des psys et des centres où il n’évoluait pas – pire, régressait…

J’ai réussi! Aujourd’hui, Sacha a sept ans. Il a repassé des tests fin 2010 avec le SUSA (Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme à Mons). Il est autiste sévère, non-verbal. Maintenant,  je peux le dire.

Il est, depuis fin mars 2011, dans une école spécialisée, dans une  classe TEACCH. Nous avons enfin rejoint les rails des méthodes comportementales (PECS, TEACCH, ABA). Ne travaillant plus, je ne peux malheureusement pas lui payer de logopède (orthophoniste), car cela n’est pas remboursé dans son cas (et ça coûte 40€ la séance).

J’ai donc pris le taureau par les cornes et, forte de mon métier de base, j’ai suivi trois formations avec Pyramid PECS France. J’ai également beaucoup lu. Depuis, j’assure moi-même le suivi de mon fils. Actuellement, Sacha progresse à vive allure, et ce n’est que le
début!

De mon côté, j’ai également bien évolué. Je suis toujours suivie par les psys, mais d’un autre genre que les premiers (on ne pourra pas me reprocher de les rejeter ou de les mettre tous dans le même panier). Nous sommes suivis toutes les six à huit semaines par une pédopsychiatre merveilleuse, qui nous a épaulée dans notre combat et a su nous redonner confiance en tant que parent. Je suis également une psychothérapie qui me permet une fois par semaine de vider mon sac.

Il me reste toujours un peu de culpabilité de ne pas avoir compris, vu tout cela plus tôt. Mais le changement majeur est que plus jamais on ne me fera croire que je suis une mauvaise mère! Notre relation est plus forte que jamais. Je sais ce que je vaux, et je sais ce que je veux
pour mon fils.

Histoire Belge de Sacha et Cindy

Liste non-exhaustive

Si, tout comme moi, à un moment, vous vous êtes sentis perdus face à tous ces termes qu’on nous balance sans qu’on sache ce que c’est, voici un florilège de tout ces mots pour vous faire une idée! Et ne vous inquiétez pas, on est là pour vous aider…

Tout d’abord, il vous faut un diagnostic que vous pourrez avoir au CRA où l’on fera passer à votre enfant le DSM ou le CHAT parce qu’il y a suspicion de TED, tests accompagnés d’une IRM et d’un test ADN. Si le diagnostic de TED est retenu, vous pourrez faire une demande à la MDPH pour que votre enfant soit fiché comme handicapé et ainsi obtenir une CA avec un taux calculé en fonction du TI. Bien sûr, il faudra que votre DA soit complet: c’est-à-dire avec le CM, le PV… Votre DA passera alors en EP à la MDPH, mais vous aurez totale approbation par la CDAPH. Vous suivez, là?

Une fois obtenue la reconnaissance du handicap, vous pouvez faire une demande à la CAF pour l’AEEH qui sera éventuellement agrémentée du C1 ou C2, … C6. Ou alors, autre option, l’AEEH sera complétée par la PCH. À vous de choisir… si vous y comprenez quelquechose. Et si vous choisissez la PCH (le montant dépendant de la présence de l’AF1 voire l’AF2 ou tierce personne), elle pourra être agrémentée aussi d’AS ou AT. Vous suivez toujours, là?

Assez parlez de sous, parlons école, PEC, méthode, etc.!

Votre enfant peut intégrer une classe normale en école ordinaire: super, mais il lui faudra peut-être une AVS ou EVS, et toute sa scolarité sera suivie et envisagée lors du PPS. S’il ne va pas en classe normale, peut-être intègrera-t-il une CLIS et plus tard une ULIS (avec PPS aussi…), ou alors tout autre chose, un IME suivi d’un IMP – ou alors il ira en HDJ. Et peut-être aussi aura-t-il des PEC au SESSAD ou au CAMPS ou au CMP ou au CMPP. Je ne sais pas si vous suivez toujours… mais je n’ai pas fini, concentrez-vous!

Peut-être choisirez-vous que votre enfant suive une méthode d’éducation ou de rééducation particulière. Auquel cas, vous aurez le choix entre l’ABA, le TEACCH, le PECS, les 3i, ou même les quatre en même temps, et même d’autres.

Je suis sure que j’en oublie… à vous!