Pourquoi nous avons fait le choix du PECS pour notre fils

Pourquoi nous avons fait le choix du PECS pour notre fils

Pour rappel, Sacha a 7 ans et demi. Il est Belge, vit en Belgique, et est autiste typique, non-verbal, avec un âge mental moyen de 18 mois (pour le moment). Suite à la lecture de l’article Autistes non-verbaux, j’ai voulu vous faire part de notre choix.

Il y a un an d’ici, mon fils allait dans un centre où on ne lui proposait aucun moyen de communication. Il utilisait donc notre main comme un outil. Nous passions parfois des heures à vider les placards, montrer chaque chose, à essayer de comprendre ce qu’il voulait, parfois en vain, pendant que Sacha, très frustré, piquait des crises à répétition.

Cette manière de faire n’était pas pratique, et je me rendais bien compte qu’à l’âge adulte, avec de nombreux centimètres et kilos en plus, cette façon d’utiliser la main de l’autre serait très vite socialement incorrecte: je ne me vois pas me faire « tirer » le bras, moi avec mes os vieillis à 60 ans et lui avec la force de ses 35! Sans parler des crises à l’âge adulte, on n’y pense pas assez souvent.

J’avais déjà entendu parler des photos, des pictogrammes sur Internet, mais en rapportant mes infos au centre, on m’avait dit que le visuel freinait le langage (ce qui est au passage archi-faux, j’avais été très mal renseignée!).

Mon fils régressait de plus en plus: il se mordait, se frappait, se cognait la tête contre les murs, au coin de table, s’en prenait à nous, à sa soeur, refaisait pipi et caca dans son slip (or il était propre depuis l’âge de 3ans)… Ça ne pouvait plus continuer comme cela, surtout que, pour le calmer, on me proposait les médicaments, et ça il en était hors de question!

Au fil de mes lectures, j’avais appris que, pour un enfant non verbal, une des premières choses à faire était justement de lui fournir un moyen de communication. Je pense que nous aussi, si on nous empêchait de nous exprimer, on aurait rapidement quelques petits troubles du comportement. Donc, un moyen de communication… Oui, mais lequel?

Je n’étais pas attirée par les gestes, car mon fils aurait été trop dépendant du fait que la personne les connaisse. Et puis, j’avais peur que ceux-ci soient trop abstraits pour lui (par contre, je sais que ça fonctionne très bien avec d’autres), pour les autres personnes de son entourage.

Je cherchais donc une méthode avec des images, car elles peuvent être comprises par plus de monde, même par sa petite soeur de 5 ans et demi.

En discutant avec un ami enseignant (merci Quentin!), qui travaille avec des enfants entre autres TED, j’ai appris l’existence du PECS. Il allait, avec une partie de l’équipe de son boulot, à la formation « PECS débutant » à Bruxelles (ce qui m’avait rassurée un peu sur le sérieux de la formation, dont j’ignorais tout). Mais celle-ci (ouverte aux parents et professionnels) se déroulait quatre jours après notre discussion!

Il fallait donc agir, décider vite. Le soir même, je parcourais le site et m’inscrivais à la dernière minute. C’est vrai que le prix me semblait excessif au départ, mais il faut savoir que la logopédie (l’orthophonie), en Belgique, dans le cas de mon fils non-verbal, n’est absolument pas remboursée. Idéalement, Sacha aurait dû faire minimum deux séances par semaines (à 41€ la séance, gloups), ce n’était pas dans nos moyens. Les calculs ont été vite faits: l’équivalent de 9 séances de logopédie, contre pouvoir apprendre moi-même à mon fils à s’exprimer, et ce à vie, sans être dépendant de quelqu’un, ni devoir attendre la séance suivante pour poser une question… Le choix fut vite fait! Mon fils allait trop mal, et je voyais bien que toute sa frustration, ses troubles, venaient, entre autre, du fait qu’il ne pouvait pas s’exprimer. Je n’ai jamais regretté d’avoir cassé la tirelire, et si c’était à refaire, je le referai de suite.

Je me suis donc rendue à la formation durant deux jours. Les deux journées furent intenses en apprentissage. Je ne reviendrai pas là-dessus car il existe déjà certains articles sur notre site:

Je ne pourrai jamais expliquer le sentiment de légèreté que j’ai ressenti au bout de ces deux journées: je pesais deux tonnes de moins. J’avais enfin trouvé une méthode qui pouvait convenir au profil de mon fils, mais surtout qui allait lui permettre de s’exprimer! Je me suis, en même temps, rendue compte du boulot monstre qui m’attendait, mais peu importe, j’y croyais!

J’ai donc passé cette formation fin octobre 2010, mais nous n’avons réellement commencé les séances avec Sacha que fin février 2011. Pourquoi attendre si longtemps, me direz-vous? Il y a plusieurs raisons:

  • Nous avons profité de cette période pour installer un journalier qui expliquerait à Sacha le déroulement de sa journée, grâce aux différentes photos des moments clés de la journée – ce qui me paraissait essentiel afin d’apaiser ses angoisses, ses troubles lors des changements d’activités, lieux, etc.
  • Il m’a fallu beaucoup de temps avant de digérer les informations (de relire le manuel d’apprentissage), de trouver les bons renforçateurs (Sacha ne s’intéressait pas à grand-chose à l’époque), de les comparer les uns aux autres, voir lesquels étaient plus puissants…
  • Lors de cette période de quatre mois, mon mari a été également suivre la formation à Paris, car je ne me sentais pas du tout capable de le former. Il y a trop de nuances dans le PECS (les types de leçons, les types de correction en fonction de la leçon, etc.) que je n’arrivais pas à lui faire comprendre. Nous ne voulions surtout pas compromettre nos chances et celles de Sacha d’accrocher à la méthode. Et puis surtout, pour les premières phases et la généralisation, il fallait être minimum deux personnes formées. Après avoir téléphoné à de nombreuses logopèdes, j’ai laissé tomber mes recherches car, soit ils n’étaient pas formés, soit ils étaient formés mais n’avaient pas de place. Que mon mari se forme était donc la solution la plus simple, ce qu’il fit en mi-décembre à Paris. De plus, la préparation des pictogrammes: les mettre dans des grilles, les plastifier, les découper… ça prend un certain temps.

Je précise de suite que nous ne roulons pas sur l’or. J’ai dû arrêter de travailler pour des raisons de santé. Mais à aucun moment nous n’avons regretté d’avoir payé les formations. Je ne suis également pas actionnaire chez eux. Nous sommes ressortis de là avec toutes les explications, du matériel, une grosse dose de motivation, et si par la suite, nous avions un souci, nous pouvions toujours envoyer un mail ou une vidéo afin que quelqu’un nous aide. Bref, c’est une question de choix personnel à faire… c’est le nôtre, mais chacun fait comme il l’entend.

Cependant, et je sais que certaines personnes risquent de mal prendre mes propos, mais j’assume, il ne suffit pas d’avoir du matériel PECS pour faire du PECS. Perso, j’utilise un mélange de pictogrammes: PECS, d’autres trouvés sur le net, des dessins faits moi-même, des photos. Bien souvent, je croise des mamans ayant acheté le matériel PECS et crier au secours, dire « ça ne marche pas, cette méthode », et quand je pose quelques questions, je me rends vite compte que les phases ne sont pas respectées, les corrections d’erreur pas connues, bref, qu’il y a un manque de formation/information… ce qui me dérange profondément, et ça doit être mon petit côté carré qui ressort, car du coup en disant autour d’elle que ça ne fonctionne pas, certaines personnes n’oseront peut-être pas tenter.

Je n’oserai jamais me prétendre pro du PECS, et je conseillerai bien souvent aux personnes de se former – et encore plus en Belgique, où la logopédie n’est pas remboursée si l’enfant est non-verbal.

Je pense que lorsque notre enfant suit une méthode, il est important que nous, parents, la connaissions également, afin que celle-ci ait encore plus d’impact, mais ça reste un avis personnel. Et si vous pouvez vous faire accompagner d’un professionnel, c’est encore mieux (ce qui ne m’est pas possible de faire à l’heure actuelle).

Enfin, nous allions devoir faire face à un autre problème de taille. Le centre où allait Sacha à l’époque ne voulait pas entendre parler du PECS, car (je cite): « ce n’est pas de leur philosophie », et ce n’était pas faute d’avoir argumenté! Donc, de fin févier à fin mars, Sacha, qui avait pourtant très rapidement accédé à la phase 4, ne pouvait avoir son classeur que le matin jusqu’à 8 heures, et à partir de 16 heures quand je le récupérais… Ce qui, pour moi, équivalait à lui mettre du papier collant sur la bouche la journée, et qui, pour Sacha, aggravait ses troubles. Il a fallu trouver un autre endroit, ce qui s’est fait en quelques jours. Sacha est depuis fin mars 2011 en classe TEACCH, où il peut emmener son classeur avec lui.

Depuis un an, Sacha a bien progressé. Notre vie a positivement changé, mais cela fera l’objet d’un prochain partage.

Le PECS (Picture Exchange Communication System)

Le Système de Communication par Echange d’Image, PECS (Picture Exchange Communication System), est une méthode qui s’adresse aux enfants atteints de Troubles Envahissant du Développement (TED) de niveau préscolaire, mais qui est adaptable à tout âge.

Le PECS a été créé en 1985 par le Dr Bondy (Psychologue) et Lori Frost (orthophoniste). C’est une méthode globale basée sur l’ABA et l’ABA-VB. Elle consiste en une série d’enseignements unique et alternative qui permet d’apprendre à communiquer.

Le PECS (Picture Exchange Communication System)

Classeur PECS (photo: Valentin Monteleone)

Le PECS, qu’est-ce que c’est?

C’est un système de communication qui peut être soit alternatif,en venant remplacer la communication verbale (lorsqu’elle est absente ou inadaptée), soit augmentatif, en s’ajoutant au langage pour en augmenter l’efficacité (augmenter le nombre de mots connus, mais aussi faciliter le langage quand celui-ci est particulier). Il permet également d’apprendre à l’enfant à initier une interaction de communication, ce qui est bien souvent difficile chez les personnes atteintes de TED.

Cette méthode est, au même titre que l’ABA ou TEACCH, éducative et structurée. Elle nécessite un accompagnement régulier et correctement formé, ainsi que des évaluations et observations régulières pour ajuster au mieux la prise en charge. Elle utilise le renforcement positif, proposer une récompense à l’enfant, pour l’inciter à communiquer.

Comment marche le PECS?

Concrètement, ce système consiste en un classeur répertoriant tous les « mots », c’est-à-dire une image représente un mot, que l’enfant a pu apprendre avec cette méthode. Les mots désignent aussi bien des objets concrets (pomme, verre, fourchette, gant de toilette, ballon) mais aussi des verbes d’action (se promener, boire, manger, jouer) et des adjectifs (rouge, petit, gros).

À la fin des six phases d’apprentissage, l’enfant peut être ainsi capable de commenter son environnement à l’aide de ses images (par exemple: « je vois une voiture rouge » sera constitué des mots « je vois », de l’image « voiture » et de l’image « rouge »). Bien entendu, l’accès à la dernière phase du PECS est plus ou moins long en fonction de la prise en charge et du niveau de l’enfant.

Qu’apporte le PECS aux enfants autistes?

L’intérêt principal de cette méthode est de donner un moyen de communication à des enfants qui en sont généralement dépourvus. Cela réduit ainsi énormément les troubles du comportement liés à des frustrations ou des angoisses. De plus les images peuvent être comprises par tout le monde (même un inconnu dans la rue) et permettent la généralisation (un ballon peut être de toutes les tailles et de toutes les couleurs, par exemple).

Cette méthode permet aussi de structurer le langage quand il est par exemple écholalique. En demandant à l’enfant de passer par son classeur de communication, on va réduire ses écholalies jusqu’à essayer de les remplacer par des mots ou une phrase construits avec le PECS.

En contrepartie, les inconvénients sont minimes et plus d’ordre pratique. En effet, un classeur bien fourni peut être volumineux et peu pratique à transporter dans la vie quotidienne. Un classeur perdu revient à rendre muet l’enfant, qui se retrouve sans moyen de communication (un double voir un triple est plus que conseillé). Enfin, la communication reste lente et non immédiate, car l’enfant doit chercher dans son classeur, constituer sa phrase et la donner à la personne. Mais on peut tout de même dire que c’est un formidable outil qui permet la communication.

Le PECS, méthode parfaite?

Je tiens cependant à nuancer ce tableau de « méthode parfaite ». Tout d’abord, car c’est un travail long et difficile. Comme souvent, plus la méthode est mise en place précocement, plus il y a de possibilités pour aller au bout des six phases. La dernière phase est tout à fait envisageable, mais elle ne promet pas la fin du travail et l’accès à une communication totale. Il faut continuer à enrichir le vocabulaire, ce qui passe par un travail continu et souvent éreintant.

Ensuite, cette méthode, bien que de plus en plus répandue, n’est pas toujours correctement appliquée au sein des institutions. Elle demande à ce que l’ensemble du personnel soit formé à la méthode. De plus, le classeur ou les images peuvent être abimés ou perdus pour diverses raisons. Enfin, la compréhension des images génériques n’est pas toujours une chose aisée, surtout dans le spectre autistique qui contient autant d’autismes que d’autistes. Les spécificités visuelles (distinguer mieux le noir et blanc que la couleur par exemple) agissent sur l’utilisation du PECS. Il faut alors pouvoir l’adapter au mieux.

En espérant avoir été clair et compréhensible, je me tiens à votre disposition pour toutes questions. J’aborderai en détail les six phases dans un prochain article.

Phases

  1. Comment communiquer
  2. Déplacement et persistance
  3. Distinction
  4. Demande

Quelques mots sur Valentin Monteleone

Je m’appelle Valentin Monteleone. J’ai 27 ans et je viens récemment d’être diplômé en tant que Psychologue Clinicien à l’université Paris V. J’ai axé l’ensemble de mon cursus sur les Troubles Envahissant du Développement et plus particulièrement l’autisme. J’ai fait plusieurs stages m’amenant à être en contact auprès d’enfants, adolescents et adultes autistes. Actuellement, je travaille au sein de deux Foyers d’Accueil Médicalisés (FAM) pour adultes autistes au sein des Hauts-de-Seine. Personnellement, je suis intéressé par ce handicap car j’ai un oncle autiste que je connais depuis mon plus jeune âge.

Grâce à ma formation, j’ai pu me faire une idée de ce qu’est l’autisme. Aujourd’hui, je pose l’autisme comme un handicap de vie lié à des facteurs multiples mais principalement génétiques. Je tiens particulièrement à la notion de handicap, car ça signifie que l’on peut rééduquer la personne (pas dans un sens « avoir eu une mauvaise éducation », mais dans le sens « avoir besoin d’une éducation spécifique ») et adapter l’environnement pour permettre à la personne autiste une insertion dans la société qui soit à la fois plus efficace mais aussi moins douloureuse.

Pour moi, les intérêts du travail avec les personnes autistes, autre que les aider, sont la création et l’adaptation constante. Il faut s’adapter à chaque personne autiste car elle est unique dans son handicap. Il faut créer constamment de nouvelles solutions pour l’aider à révéler toutes ses capacités.

TEACCH: Autisme Infantile recherche des informations sur la méthode

TEACCH: Autisme Infantile recherche des informations sur la méthodeN’ayant que très peu d’informations sur cette méthode, j’ai peur d’écrire des informations erronnées en voulant bien faire, ainsi je préfèrerais que quelqu’un ayant l’habitude de l’utiliser nous en parle sur le site.

Vous connaissez la méthode TEACCH? Vous l’employez avec succès avec votre enfant, vous avez fait des formations ou vous êtes un professionnel de la santé qui utilise cette méthode avec ses patients?

Rejoignez l’équipe d’Autisme Infantile et rédigez des articles explicatifs pour que les parents ayant envie de pratiquer cette méthode puissent obtenir des informations utiles, et des réponses à leurs questions.

ABA, une méthode efficace durablement? Étude McEachin, Smith et Lovaas (1993)

everyone loves books... (photo: boltron-)

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Étude McEachin, Smith & Lovaas (1993)

L’objectif était d’évaluer le maintien des acquisitions des enfants étudiés en 1988. Les enfants ont été évalués à l’âge de douze ans par des professionnels indépendants à l’aide de tests d’adaptation sociale et d’intelligence: sur les neuf enfants qui ont réussi leur premier cycle dans l’étude de 1988, sans l’aide d’un intervenant, huit d’entre eux ont présenté des performances identiques à un enfant neurotypique.

Les professionnels en concluent que les gains produits par un traitement comportemental sont considérables et durables dans le cas d’enfants autistes.

À qui faire confiance pour aider mon enfant?

Un message de Clarinette à propos de la méthode des 3i la semaine dernière m’a fait me pencher sur l’inquiétude que les parents peuvent avoir par rapport aux méthodes et aux prises en charge pour leurs enfants autistes.

Je souhaite vous livrer mes réflexions, et simples conclusions que j’ai fini par tirer après avoir écouté les personnes étant intervenues sur cet article.

À qui faire confiance pour aider mon enfant?

Il n’y a pas qu’une seule méthode de valable

Il ne faut pas vous livrer corps et âme à une seule méthode pour aider votre enfant. En effet, chaque enfant est différent et répondra plus ou moins bien à certaines méthodes ou morceaux de méthode. S’il ne fait pas de progrès avec une méthode, ça ne veut pas dire qu’elle ne fonctionne pas exeptionnellement bien avec un autre enfant.

Il ne faut pas hésiter à prendre par-ci par-là des informations ou tactiques intéressantes, et à les expérimenter avec votre enfant pour voir comment il y réagit.

Les prises en charge pour les enfants autistes coûtent cher

Avant d’investir dans telle ou telle méthode, il faut s’assurer que c’est bien celle qui va convenir à votre enfant. Logiquement, je pense que les associations ou les intervenants fournissant les méthodes devraient fournir plus de renseignements:

  • sur le coût global
  • sur les impératifs (lieux, nombre de bénévoles, tant d’heures par semaine, etc.)
  • sur le genre d’enfants qui a le plus de succès avec la méthode
  • sur l’implication à fournir

J’ai acheté la méthode PECS à prix d’or, et au final nous ne l’avons pas utilisée. Et au final, pourquoi ne pourrait-on pas fabriquer des pictogrammes nous-même? La méthode PECS est difficile à mettre en place, il y a beaucoup d’impératifs, contre-indications, choses à surveiller. Après discussion avec mon orthophoniste, il se sert du Makaton. Alors? Argent fichu à la poubelle?

Il n’y a pas de recette miracle

Tout au long de la prise en charge de votre enfant, pendant des années, vous allez tâtonner, vous serez des chercheurs, vous trouverez des solutions, vous rencontrerez des obstacles.

Attention, il n’y a pas que du vrai sur le net

Il est possible que vous tombiez sur quelqu’un qui vous donne de très bons – ou de très mauvais – conseils sur le net. C’est à vous, parents, de faire la part des choses, de jauger les informations, de recouper, bref, de vous faire votre propre opinion. Vous êtes ceux qui connaissez le mieux votre enfant, et vous devez être acteur de toute décision prise pour son développement et sa prise en charge.

Mais alors, à qui faire confiance?!

À vous. À votre capacité de comprendre, d’analyser, de jauger. C’est à vous de vous renseigner sur telle ou telle méthode jusqu’à ce que vous soyez satisfaits des informations reçues. Prenez le temps de poser des questions, de recouper des témoignages, de tester quelques méthodes sur votre enfant pour voir s’il y répond, et soyez la référence à propos de l’autisme de votre enfant.

Quels sont les points positifs et négatifs de la méthode ABA?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Je commencerai par les points positifs:

  • L’efficacité de la méthode ABA a été démontrée par des études scientifiques recensées par les Centres Ressources Autisme (CRA) qui prônent que cette méthode aide les enfants autistes à faire des progrès au niveau des apprentissages, de la communication et du langage.
  • Il a également été montré que ces progrès durent dans le temps.
  • Cette méthode est aussi intéressante car elle permet aux parents de stimuler leur enfant et d’établir une communication avec lui.
  • Si vous souhaitez aller plus loin, il existe des formations ABA destinées aux parents.

J’en viens aux points négatifs:

  • Cette méthode a ses limites car elle donne des résultats fluctuants en fonction du degré de déficience intellectuelle de l’enfant associé à l’autisme.
  • Cette méthode purement éducative peut amener à interpréter des comportements inadaptés de l’enfant comme volontaires tandis que c’est lié à l’autisme.
  • Il faut aussi être vigilant à ne pas être que dans un rapport d’apprentissage avec l’enfant, avec des renforçateurs comme c’est prévu dans cette méthode, mais être aussi dans un registre de jeu et d’ouverture relationnelle.
  • Il est vraiment important de tenir compte de la singularité de l’enfant en tant que sujet pour communiquer avec lui, et être à l’écoute de vos ressentis.

Écouter l’autisme

Écouter l'autisme (Anne Idoux-Thivet)Après avoir lu Autisme, comprendre et agir par Bernadette Rogé et Vaincre l’autisme par Barbara Donville, j’ai trouvé très rafraîchissant et intéressant de lire Écouter l’autisme, écrit par Anne Idoux-Thivet, la maman de Matthieu, un enfant autiste.

Pourquoi? Parce que, bien que très intéressants tous les deux, les livres que j’ai lu précedemment n’étaient pas un seul et même témoignage.

Dans le premier, Autisme, comprendre et agir, on apprend ce qu’est l’autisme, ses possibles causes, comment le dépister – ce qui est essentiel! Mais on ne voit pas franchement d’exemples, Bernadette Rogé fait une leçon essentielle sans nous proposer d’exemples pratiques.

Dans le second, Vaincre l’autisme, Barbara Donville au contraire nous donne des exemples à foison, mais on n’a pas de vue globale du développement de tous ces enfants. Tout est morcelé, des morceaux de la vie de chacun étant expliqués, sans le contexte de leurs autres problèmes.

Anne Idoux-Thivet nous donne une vision globale des problèmes de son fils Matthieu, ainsi qu’un pas à pas expliquant comment, à chaque fois, elle a trouvé une solution par le jeu pour que son enfant autiste surmonte ses stéréotypies, son isolement, et comment peu à peu il a pu commencer à vivre normalement.

Encore mieux! Anne a son propre blog: Écouter l’autisme, où on peut continuer à suivre Matthieu et voir d’autres exemples de stimulation ludique (le je par le jeu) mise en place par toute la famille pour le tirer de son repli autistique.

Je vous recommende la lecture de ce livre, qui va vous expliquer comment mettre en place à la maison une stimulation ludique pour aider votre enfant. Avec très peu d’efforts, vous pourrez adapter cette méthode aux besoins spécifiques de votre enfant.

Ce livre s’adresse aux parents qui cherchent un moyen d’aider leur enfant à la maison. En prenant exemple sur Anne et sa famille, il est possible d’adapter certains jeux pour aider l’enfant autiste à progresser et à sortir de son repli autistique.

Écouter l’autisme

Le livre d’une mère d’enfant autiste

La prise en charge des enfants autistes fait aujourd’hui l’objet d’âpres débats en France. On y oppose bien souvent les tenants des méthodes éducatives à ceux d’une prise en charge exclusivement psychiatrique; on renvoie dos à dos parents et soignants. Par peur de bousculer les vieilles certitudes, on hésite à les enrichir en s’appuyant sur les fabuleuses perspectives qu’ouvrent les neurosciences. Ce témoignage, écrit par la mère de Matthieu, un petit garçon autiste, veut réconcilier les deux approches et décloisonner les mondes.

Journal de bord, mode d’emploi, guide pratique… Ce récit se présente sous la forme d’un abécédaire, composé de 26 mots clés pour raconter sa vie avec un autiste: « Accompagner », « Ballon », « Dédramatiser », « Eau », « Sublimer », « Union »…
On passe de la vie quotidienne (l’école, le goûter, la sieste, le bain, les vacances ou la visite chez l’orthophoniste) à des questions plus profondes et ambivalentes sur l’éducation, les relations entre les parents, la quête de l’épanouissement, les causes de la maladie.

À la fois léger, pudique, généreux et grave, le livre est motivé par l’idée d’accompagner: accompagner les parents et les autres proches d’autistes, comme Anne et son mari, Thierry, accompagnent Matthieu. L’auteure ne donne pas de leçon ni de mode d’emploi; elle s’adresse à tous les parents, aux soignants et à tous ceux qui côtoient l’autisme de près ou de loin. Il ne s’agit plus seulement de partir en guerre contre l’autisme ou de le vaincre, mais de l’apprivoiser en jouant, pour sortir l’enfant de son isolement.

Table des matières

En avant-propos…

  1. Une écoute attentive (par le docteur Michèle Blum-Wittmann, psychiatre)
  2. Le je se construit à travers le jeu (par le docteur Christian Guibert, pédopsychiatre)
  3. Notre famille (par Thierry, le papa de Matthieu)

Prologue

Abécédaire

  • Accompagner
  • Ballon
  • Changement
  • Dédramatiser
  • Eau
  • Faire semblant
  • Gagner
  • Ha, ha, ha!
  • Inventer
  • Jeux
  • Kangourou
  • Livres
  • Moi
  • Nuances
  • Ouvrir
  • Parce que
  • Questions
  • Remplir
  • Sublimer
  • Théatraliser
  • Union
  • Valoriser
  • Wombat
  • Xylophone
  • Yoga
  • Zouzous

Et maintenant

Annexes

  • Bibliographie
  • Index
  • Remerciements