Comment j’ai vu des éléphants roses, ou les traitements farfelus de l’autisme

J’ai lu un truc hier. Un truc incroyable. J’en ris encore ce matin.

La white, une bonne variété de cannabis cultivée maison, serait terriblement efficace pour lutter contre le pica et les troubles comportementaux (agressivité, automutilation) des enfants autistes. Bon, OK, moi je veux bien, ce n’est pas nouveau, on est forcément plus peace and love après un bon space cake, mais est-ce bien nécessaire de tenter l’expérience sur un enfant autiste de 9 ans?

Un peu de fumée... (photo: N.ico)

Un peu de fumée... (photo: N.ico)

Les dauphins, lamas, chevaux sont tous convoqués au chevet de nos enfants. Je ne nie pas que je suis convaincue des bienfaits que leur douceur, leur intelligence provoque sur l’humeur et la confiance en soi de nos enfants, mais peut-on vraiment penser qu’ils peuvent « guérir » nos enfants de l’autisme?

Un mouvement plus ou moins sectaire aux US – Defeat Autism Now – tente de nous faire croire que changer le régime alimentaire de nos enfants, les « détoxifier », les sauverait de l’autisme… La méthode Tomatis ouvrirait les portes de la perception… la stimulation électromagnétique réveillerait les connections neuronales défaillantes des autistes… et moi, ce matin, j’ai croisé un éléphant rose dans mon jardin! Je ris, je ris, mais je ris jaune.

Jusqu’à quand le vide laissé par le manque de soin en France laissera-t’il croire à des parents désemparés que l’autisme se guérit? Je voudrais que ça soit bien clair, pour tous les parents qui croiseront cette page: oui, votre enfant peut arrêter le gluten, se mettre des électrodes sur la tête, fumer un petit joint de temps en temps. Mais non, ça ne le guérira pas.

L’autisme est un handicap que l’on rééduque (et, pourquoi pas, grâce à la médiation d’un animal),  et n’est pas une maladie que l’on guérit. C’est chiant, c’est désespérant, je sais, mais c’est comme ça. Il n’y aura pas de miracle. Ce n’est pas la peine d’aller à Lourdes.

Mettons toute notre énergie aujourd’hui et maintenant dans la rééducation de nos enfants. Ça, au moins, c’est du sûr, du concret – moins spectaculaire, mais efficace!