Eh bien non, pas cette année… Pour une fois, nous échapperons à l’achat des vingt boules de toutes sortes que Mathilde reçevait tous les ans, parce qu’elle ne s’intéressait qu’à ça, et que l’on avait beau lui offrir autre chose, il ne fallait surtout pas commencer par les boules, sinon c’était peine perdue pour qu’elle daigne ouvrir les autres paquets. Donc, exit les boules qui finalement ne servent à rien, sauf à ce qu’elle stéréotype et nous envahisse la baignoire avec.
En fait, je me disais qu’écrire un article sur les Noëls de Mathilde n’avait pas grand intérêt, mais c’est une question sur la page Facebook d’Autisme Infantile qui m’a fait réagir. Est-ce normal que mon enfant n’ait choisi que deux choses pour Noël?
Question à laquelle j’ai répondu que c’est déjà une chance en soi que l’enfant choisisse quelque chose! Combien sommes-nous à appréhender ce moment fatidique de fin d’année, ou des anniversaires, quand nous nous trouvons dans le magasin de jouets (de préférence, vu leur âge), et que nous ne savons pas vers quel rayon nous diriger? Les poupées: mauvaise pioche, elles sont toujours restées au fond du bac. Les tables d’éveils et autres jeux musicaux et lumineux: stop on arrête, trop de stéréotypies avec. Et en plus, elle n’a plus trois ans.
J’y suis bien souvent allée à l’aveugle. Ça fait sept ans que je galère pour essayer de varier un peu, hormis les boules des magasins de sports ou celles que l’on trouve de plus en plus au magasin de jouets, mais qui résistent deux jours entre les doigts agiles de Mathilde qui prend un malin plaisir de les percer.
Il y a bien le super site en ligne pour les enfants exceptionnels, pour les classiques du genre discrimination visuelle, manipulation, apprentissage sensoriel… Mais, à chaque fois, je me dis que ce n’est pas un vrai cadeau, le cadeau dont elle rêverait (ça, je ne peux pas lui offrir… une piscine en dur dans le jardin, et couverte en plus pour l’hiver… et ça ne serait pas facile de la poser sous le sapin pour garder la symbolique de Noël!).
Alors, cette année, j’ai fait en fonction de ses activités de toute l’année, de l’école ou de la maison. Il est temps qu’elle passe à autre chose, qu’elle abandonne ses stéréotypies boulesques. Bien sûr, c’est encore moi qui ai choisi à sa place, et ce sont des jeux que nous pourrons faire ensemble: puzzles, memory, j’apprends les chiffres et les mots, spyrographe, agglobille… tout le matos pour travailler ensemble dans la joie et la bonne humeur.
Maintenant, reste à savoir si elle ne fera pas comme l’année dernière, passer devant le tas de paquets cadeaux au pied du sapin, malgré mes sollicitations, et filer direct à sa télé comme si de rien n’était, alors que les trois autres poussent des cris de joie et d’excitation en découvrant leurs cadeaux.
Cette année, je lui ferai poser ses chaussons aux pieds du sapin samedi soir, et dimanche matin j’irai la réveiller dans de grandes effusions pour qu’elle comprenne qu’il se passe quelque chose… Elle finira bien par comprendre ce qu’est Noël!






Ce n’est jamais très évident de choisir un jouet pour son enfant autiste. Je ne parle pas des jouets qui n’ont pas de valeur « éducative » ou « rééducative », mais pour une fois de jouets qui lui plaisent réellement, vers lesquels il est attiré automatiquement, et qui ne servent à rien de plus qu’à le divertir, sans pour autant favoriser une stéréotypie.

