Boîte à idées: Jeux d’imitation motrice

Une chose est sûre: éduquer un enfant autiste est un job créatif. Il faut avoir des idées, beaucoup d’idées. Des idées efficaces et motivantes.

Je vous propose de mettre en commun toutes nos idées de jeu, par thème, ça nous aidera lorsque nous aurons le cerveau un peu ramollo, ou lorsqu’un petit nain sera un peu lassé des pitreries de sa maman préférée. De plus, ça nous permettra à tous de travailler, dans la joie et la bonne humeur, les compétences essentielles pour que nos bouts de choux progressent.

Voici mes jeux d’imitation préférés:

  • Chanter des chansons de geste: L’Araignée Gipsy, Ainsi font font font, etc.
  • Jouer avec des instruments de musique: imiter le geste, imiter l’intensité (fort ou doucement) , imiter le tempo (lentement ou très vite)
  • Jouer aux marionnettes
  • Jouer aux legos en reproduisant des modèles, du plus simple (2 pièces) jusqu’à une dizaine de blocs, avec et sans distracteurs (pièces qui ne servent à rien pour reproduire le modèle)
  • Faire semblant: de nourrir un bébé, de préparer le café (ou le thé), de conduire une voiture, de conduire un train, de bricoler, de préparer un repas pour les poupées.

Et vous, à quoi jouez-vous pour travailler l’imitation motrice?

Poisson Rouge: Activités sympas sur l’ordinateur

Poisson Rouge: Activités sympas sur l'ordinateur

Le site Poisson Rouge regorge d’activités sympathiques pour nos enfants autistes, avec des puzzles, des lotos, des petits jeux où il faut cliquer au bon moment ou au bon endroit et font travailler la compréhension et la psychomotricité fine.

La totalité des jeux est en anglais, mais peu de ceux-ci nécessitent de comprendre cette langue, et une simple supervision de l’adulte est suffisante pour démarrer le jeu si l’enfant ne trouve pas le principe de lui-même. Matthieu adore!

Jouer avec les autres

Jouer avec les autres

Kids come out, summer has arrived (photo: broma)

C’est une rengaine qu’on a entendu tout au long de l’année scolaire 2010 à propos de Matthieu: « il ne veut pas venir dans le groupe ». Malgré nos demandes pour que l’AVS soit plus ferme dans ses exigeances (Matthieu étant à l’école pour apprendre à se sociabiliser avant tout), Matthieu, qui a parfaitement compris comment être le plus pénible possible et obtenir ce qu’il veut (jouer seul avec un adulte), a usé et abusé des cris et des roulements par terre, puisqu’il a bien vu que les intervenants à l’école lui cédaient pour éviter une crise.

« Il ne sait pas aller dans le groupe », « il ne veut pas se sociabiliser », « il veut faire les activités seul dans une pièce à part ». Que de fois je me suis rongée les ongles…

On donnait comme exemple ma nièce et mon neveu, Manon et Lucas, avec qui Matthieu accepte de cohabiter. Il n’a pas encore de jeux de société, mais il peut être au milieu d’un groupe pour jouer ou travailler. Ce qu’on me répondait, c’est qu’il était dans un lieu familier avec des enfants qu’il connait déjà. Soit.

Cette semaine, on a eu nos nouveaux voisins qui sont venus prendre l’apéro. L’un d’entre eux est venu avec deux jeunes enfants, à peine plus âgés que Matthieu. Il n’y a eu aucun problème pour les faire cohabiter, Matthieu ayant même fait un câlin au plus âgé, et ayant essayé de piquer les jouets au plus jeune. Il a joué aux Playmobils à côté d’eux sans problèmes.

Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une question de maturité, je pense surtout que pour ce qui est de sociabiliser mon fils à l’école, ils n’ont pas la bonne méthode.

Et chez vous, comment ça se passe? À l’école? Partagez dans les commentaires.

Écouter l’autisme (le blog)

En prolongement de son témoignage, Écouter l’autisme, que je vous recommande chaleureusement, Anne Idoux-Thivet a créé le blog éponyme Écouter l’autisme en décembre 2008 pour continuer à nous parler de son fils Matthieu ansi que partager ses expériences avec sa méthode du Je par le Jeu.

Elle y aborde souvent les jeux de leur ludothèque, en expliquant comment elle les a adaptés pour que son fils puisse y jouer, et que cela comporte un intérêt pédagogique ou thérapeutique par rapport à l’autisme.

Écouter l'autisme (Anne Idoux-Thivet)

Anne continue à nous donner des pistes à explorer pour aider notre enfant autiste à progresser, tout en gardant le côté amusant pour faciliter les apprentissages. Elle a une énergie fantastique, et une boîte à idées qui déborde: vous trouverez là-bas de très nombreux articles à adapter pour votre propre usage.

Voici certains de mes articles préférés:

Un grand merci à Anne pour son travail, son partage d’information et son ingéniosité!

Travailler les formes et les couleurs

Travailler les formes et les couleurs avec les Jeux de Gommettes CrayolaJ’ai trouvé un petit jeu bien sympathique et peu cher pour ceux qui veulent faire travailler les formes et les couleurs à leur enfant autiste: les Jeux de gommettes Crayola.

En plus de le faire travailler les formes et les couleurs, cela peut être, comme pour mon fils, une récompense lorsqu’il a bien fait (par exemple, je lui fais coller une gommette quand il a fait son pipi dans les toilettes).

Il y a plusieurs jeux de gommettes, avec différentes couleurs et différentes formes, que l’enfant doit coller sur des images. Matthieu sait maintenant différencier le carré, le losange, le coeur, le rond, l’étoile et la fleur. N’hésitez pas à en faire un renforçateur pour encourager l’enfant à faire des progrès. De plus, cela fait travailler la psychomotricité fine: décoller la gommette, la coller dans le bon sens, etc.

Les enfants adorent les gommettes, adorent quand elles servent de récompense pour montrer qu’ils ont été bien sages et obéissants. À vous de voir si vous n’autorisez pas un plus grand plaisir quand une image a été terminée et que chaque emplacement a reçu une gommette: un DVD, une glace, une sortie au parc ou au zoo, ou un petit jouet qu’il veut très fort, par exemple.

Position des éléments du visage

Faustine a fait travailler Matthieu avec le puzzle des expressions, pour qu’il comprenne la position des éléments du visage, et lui montrer les émotions des petits personnages représentés.

Je remarque que Matthieu a eu besoin d’être bien aidé, avec un exemple et une guidance de la part de sa psychomotricienne, ce qui veut dire qu’il ne fait pas encore bien le rapport entre les pièces du puzzle et l’image qu’elles représentent.

C’est aussi pour ça qu’il est capable de faire des puzzles à encastrer de plus de trente pièces avec rapidité depuis ses un an, mais qu’il n’arrive toujours pas à faire un puzzle simple de quatre pièce qui représente quelque chose, en particulier si toutes les pièces s’encastrent les unes dans les autres. Il sembre s’attacher plus à la forme de la pièce qu’à ce qu’elle représente. C’est pour ça aussi qu’il a du mal à positionner les éléments du visage. Est-ce qu’il comprend qu’il faut former un visage, ou est-ce qu’il fait « au hasard »?

Position des éléments du visage

Vous pouvez vous procurer le puzzle des quatre expressions du visage, ou bien regarder les articles qui parlent du travail que l’on peut faire à ce propos à la maison, avec des jouets que vous avez peut-être déjà:

Je sais que pas mal d’entre vous travaillent, soit avec ce puzzle, soit avec d’autres jouets, la perception des émotions et la place des éléments du visage avec leurs enfants. Comment cela se passe-t-il?

Au nom du Grand-Père

Au nom du grand-pèreC’était le 7 mai 2008, je venais d’apprendre que mon père était atteint d’un cancer foudroyant incurable. Il n’en avait que pour quelques semaines.

Comment expliquer à mes enfants ce qui allait se passer, surtout à Adam, lui, petit garçon de cinq ans et de surcroît autiste? Il passait la moitié de ses journées avec son papy qui le conduisait à ses prises en charge. En pleurs, j’ai annoncé à Axel et à Adam que leur grand-père était très malade.

J’étais persuadée qu’Adam n’avait pas compris la gravité de la situation. Erreur! De mes deux enfants, Adam est celui qui avait parfaitement saisi que quelque chose n’allait pas. Un jour, je l’ai retrouvé allongé à côté de son grand-père qui était fatigué. Il était silencieux mais voulait manifestement tenir compagnie à son Papy, il n’avait pas peur de la maladie.

Presque instantanément, Adam a pris de l’autonomie dans ses activités et s’est mis a parlé de plus en plus distinctement, en formant parfois des phrases sans aucune faute grammaticale. Je me suis alors aperçue qu’il avait engrangé un formidable vocabulaire et qu’il ne se trompait jamais dans les genres (féminin ou masculin). Voulait-il enfin communiquer ou bien voulait-il simplement montrer à son grand père qu’il était capable de progresser de façon spectaculaire? Je me plais à le penser. Toujours est-il qu’Adam n’est plus le même enfant depuis l’année dernière et que mon père s’en est aperçu. « Il a fait beaucoup de progrès », m’avait-il dit quelques jours avant de mourir.

Je sais maintenant qu’Adam parlera correctement, et l’orthophoniste peut enfin faire un travail d’orthophonie classique avec lui en plus des activités spécifiques. La psychomotricienne a également noté une évolution importante. A l’école, Adam parvient plus facilement à communiquer avec les autres enfants, ils les appelle par leur prénom et peut jouer avec eux quelques instants, surtout à « chat ». Parfois, il est violent, faute de pouvoir s’exprimer correctement mais les gestes déplacés deviennent plus rares. Il finit souvent ses exercices, accompagné par son AVS, parfois avant ses camarades. L’espoir d’une orientation scolaire a refait surface au fur et à mesure que le spectre de l’hôpital de jour s’est éloigné.

Lorsque mon père est décédé à son domicile, le 12 juillet 2008, je n’ai pas réussi à faire comprendre à Adam que son Papy ne reviendrait plus. Alors, pendant plusieurs jours, Adam s’est couché sur le lit de son grand-père en attendant son retour. Il me fendait le cœur. Et puis un jour, Adam a cessé d’attendre. A-t’il compris ce qu’il s’est réellement passé? Je l’ignore encore.

Ce n’est qu’en lisant le faire-part de décès que j’ai appris que mon père ne souhaitait « ni fleurs, ni couronnes » à son enterrement, mais uniquement des dons en faveur de la recherche sur les maladies mentales. Ultime pensée d’un grand-père pour son petit fils autiste.

Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis. Lorsque nous regardons des photos de famille, Adam s’assied devant l’ordinateur et à chaque photographie de son grand père, il s’exclame « c’est Papy » ou encore « Papy, je t’aime ». Je sais maintenant qu’Adam a la permanence de l’être aimé. Hommage d’un petit fils autiste à son grand-père qui aurait tant aimé le voir grandir.

Jeu de loto

Faustine et Benjamin, la psychomotricienne et l’orthophoniste de Matthieu, ont accepté que je filme des séances de temps en temps pour pouvoir vous présenter le travail qu’ils font avec notre enfant. Je vous proposerai donc des vidéos pour illustrer les activités que l’on peut faire faire à un enfant autiste de quatre ans.

Matthieu a joué à un jeu de loto avec Faustine. Le but du jeu est de mettre la carte sur son équivalent sur une feuille.

Il faut savoir que c’est seulement la deuxième fois que Matthieu joue à ce jeu avec Faustine, et que la fois précédente il n’a pas utilisé le même support. On voit qu’il a bien compris le principe, et je remarque aussi un léger pointage de doigt pour indiquer à Faustine quelles sont les cartes qui manquent (l’impatience des enfants, c’est mignon parfois).

Séance de psychomotricité

Matthieu est resté assis à la table durant toute l’activité, ce qui est quelque chose de nouveau pour moi puisque d’habitude à la maison il ne tient pas en place cinq minutes. C’est une bonne chose, puisque comme ça il s’habitue à rester assis pour quand il commencera l’école et qu’on lui demandera de s’asseoir pour faire des activités scolaires.

De plus, il travaille l’appariement et les notions de « pareil » et « différent ». Ces notions pourront lui être utile dans d’autres apprentissages, ainsi que dans la communication de tous les jours.

N’hésitez pas à choisir les jeux de loto selon les intérêts de vos enfants pour que ça soit plus attrayant pour eux de jouer! Voici quelques jeux de loto qui pourraient leur plaire: Babar, Winnie l’ourson, Petit Ours Brun, les animaux familiers, premier loto P’tits Incollables, et un autre jeu de loto P’tits Incollables.

Jouez-vous au loto avec votre enfant? Comment se débrouille-t’il? Avez-vous des histoires à partager à ce sujet? Exprimez-vous dans les commentaires.