Les circonstances ne nous ont pas laissé le choix. Nous avons déjà eu la chance de trouver très vite une psy ABA formidable pour enclencher la prise en charge de Stan dès son diagnostic. Même s’il nous était impossible de trouver des intervenants éducateurs, il a bien fallu avancer.
L’ABA, ce n’est pas une technique, un livre de recettes ou une baguette magique: c’est un traitement quotidien, intensif, sans répit. Nous nous sommes relayés, mon mari et moi, soutenus par la guidance parentale, et soulagés trois heures par semaine par l’intervention d’un éducateur.
Au final, cela a largement porté ses fruits. Dans la mesure où je suis un renforçateur sur pattes pour mon fils, mon simple enthousiasme pour chacun de ses comportements adaptés a suffi à lancer la machine.
Ceci dit, je m’interroge beaucoup sur mon rôle de maman dans ce cadre. D’abord, les parents ne sont pas dotés de superpouvoirs. Nous avons nos limites physiques, énergétiques, on ne peut pas être vigilant sur tout, à chaque instant, au taquet, et, par essence même, nous renforçons régulièrement les échappements, les demandes d’attention inappropriées, simplement par baisse de vigilance, par fatigue et par manque d’expertise. Ensuite une maman ou un papa, ce n’est pas seulement un éducateur, c’est beaucoup d’autres choses, et notamment un havre de paix, de tendresse et d’indulgence – indulgence qui cohabite mal avec la rigueur qu’exige un traitement comportemental.
Nous avons choisi, cet été, de confier la prise en charge de Stan a des intervenants, qui vont se succéder pour prendre notre relai de manière intensive. Stanislas a encore beaucoup de barrières comportementales à faire tomber pour exprimer pleinement ses compétences, et notre action trouve ses limites. Lorsque je vois les progrès réalisés en trois jours non-stop d’intervention par une pro, je vois bien la différence. La rigueur totale, l’impossibilité d’échapper, les reforcements parfaitement nivelés et superbement placés font des merveilles, ce que je ne peux pas faire.
En bref, je sais que nous avons fait un très bon travail. Je constate que les pros en font un bien meilleur encore, et j’espère que Stanislas a bien toujours une vraie maman et un vrai papa comme Adrien, son grand frère, qui a grandi dans la souplesse et la flexibilité de parents totalement gagnés à sa cause.
Vous êtes nombreux et nombreuses ici à avoir ces deux casquettes. Comment le vivez-vous? Comment vous sentez-vous encore parents avec vos faiblesses? Partageons nos expériences!
