Dès ses premiers mois, mon fils Matthieu a épaté toute la famille par ses connaissances « pas de son âge ». Il savait faire tout ce que les bébés ne savent généralement pas faire: il savait ses chiffres et compter jusqu’à 30 à l’âge de deux ans. Il savait aussi son alphabet, dans l’ordre, et reconnaître la forme des lettres et des chiffres, pas seulement les réciter de mémoire.
Ces derniers jours, j’ai pu confirmer ce que je savais déjà…
Matthieu sait compter de deux en deux, je l’ai vu écrire des suites de chiffres sur son mini-ordinateur, sans se tromper.
Matthieu sait compter à rebours, mais pas seulement depuis 10: la dernière fois, je l’ai vu aller dans les centaines: 235, 234, 233, etc. À 200, je me suis dit qu’il allait se retrouver coincé, mais non, il a continué sans faire de pli: 199, 198…
Matthieu a très bien compris comment fonctionne le concept de l’heure, et il sait qu’il ne faut pas compter en base 100 mais en base 60. Je l’ai vu avancer dans les chiffres qu’il écrivait, et passer de 1559 à 1600… parce qu’il est passionné par l’heure, et qu’il a passé de nombreuses heures à regarder le réveil de notre chambre, cherchant à comprendre le fonctionnement du temps qui passe.
Et pourtant, à côté de ça, il y a tant de petites choses que Matthieu ne fait pas, ou ne sait pas faire! Il vient tout juste de comprendre l’idée du coloriage, mais c’est quelque chose qui n’est pas obsessionnel chez lui, et donc il est rapidement passé à autre chose, du moment où il a fini de colorier, avec mon aide, son premier cahier de coloriage.
Il n’est pas intéressé aux Legos de la même manière que les autres petits garçons de son âge. Au lieu de vouloir construire, de faire des bâtiments qu’il pourrait associer à sa maison, à l’école, la boulangerie, que sais-je… Il fait des lettres avec, en les arrangeant habilement dans ses mains, et vient nous les montrer en nous faisant bien entendre la lettre représentée – et qui est généralement très bien faite et très reconnaissable.
Comment un petit garçon si en avance peut-il être aussi en retard sur le reste? C’est le mystère de l’autisme, celui qui nous a fait douter les suspicions de la pédiatre de Matthieu lors de l’examen de ses deux ans, parce qu’on ne s’imaginait pas qu’un enfant aussi doué puisse avoir un problème neurologique.
Que nous reste-t-il quand on voit son enfant accumuler les retards? La meilleure solution est de s’appuyer sur ses obsessions et ses préférences pour l’aider à avancer et à rattraper, tant que l’on peut.
L’amour de Matthieu pour les chiffres et les lettres nous a souvent permis de lui faire essayer des choses nouvelles, et de le faire avancer dans le travail et la compréhension du monde extérieur. Et vous, comment faites-vous avec votre enfant? Partagez dans les commentaires.
